mercredi 27 janvier 2010

Les plus belles femmes du monde !



Note préalable : Oui le titre est aguicheur. Mais si vous venez ici pour des photos de nenettes à poil, ou presque, c'est raté. Mais alors complètement.
Je tente juste une expérience pour mesurer à quel degré les lecteurs de blogs sont à la recherche d'information saine. J'ai peur de regarder prochainement les statistiques. 

Il paraitrait que les femmes du venezuela  sont très jolies, voire les plus jolies au monde.
Il paraitrait qu'elles sont calientes (chaudes bouillantes)
Il est vrai qu'ici on ne refuse pas les marques d'affection physiques prononcées, y compris entre bon-ne-s ami-e-s.
Il est tout aussi vrai que le genre féminin ici attaque une large importance à la question de l'apparence physique.
Et qu'étant donné la chaleur, les tenues sont plutôt légères et transparentes.

Mais comment vous parler des femme sans parler de féminisme.
Et plus précisément de l'oppression machiste, qui a peu de chose en commun avec les relous européens.

Je pourrais vous décrire comment des amies vénézueliennes se font siffler continuellement dans la rue, sans que cela leur pose problème, selon leurs dires à eux et à elles.
Comment il faut être extrêmement doux, être un "caballero", un gentlemen, avec elles parce qu'elles ont moins de force et qu'on risque de les blesser si on leur serre la main tu comprends, et si tu refuses de considérer l'inégalité naturelle de condition de puissance, c'est toi le macho.
les même caballeros qui dansent avec elles le reggeaton qui s'apparente, vu de l'extérieur, à une meute de chien gesticulant du bassin autour d'un morceau de viande.
Vu de l'intérieur, on danse et on s'amuse me disent les amies d'ici.

On m'explique comment elles doivent être belles, toutes, qu'elles le veuillent ou non, à tout âge.


Avec les salons de manucure et de beauté plus nombreux que nos boulangeries.
Tellement belles qu'elles se voient dans l'intérêt évident pour leur image de s'afficher.
Les stéréotypes des mannequins toujours blanches, toujours parfaites, toujours anorexiques. 
Qui sert à vendre tout et n'importe quoi, le plus n'importe quoi étant la bière ...



A moins que ce soit un amendement constitutionnel :

Et puis les miss, du village, de la ville, du pays, du monde, voire l'univers.
Une industrie de la beauté "parfaite" et cela commence dès le plus jeune âge.
Avec son corolaire, l'industrie du bistouri comme la nomme certains, la chirurgie esthétique de 7 à 77 ans. Le débouché numéro des écoles de médecine. A tel point qu'il n'y a plus assez de pédiatres, osthéopathes ou chirurgiens ...
Il y a cet aspect-là indéniable. Ce culte de la beauté.

Mais les femmes du Venezuela sont surtout des femmes qui en ont. Qui tiennent la rampe.
Dans ce processus ?
Les hommes occupent toujours la large majorité des postes de pouvoir, même si cela tend à évoluer progressivement avec le processus.
Mais ce sont les femmes qui sont majoritaires dans les conseils communaux, dans les missions socialistes, dans les programmes gouvernements, elles sont omniprésentes partout.
Sans elles, il n'y a pas de processus révolutionnaire.

Au delà, la femme tient les rênes, car elle tient la famille, c'est elle qui éduque, souvent parce qu'elle a eu un enfant d'une homme parti le lendemain même de la rencontre.
Le plus souvent en fait c'est 5 ou 6 enfants. Les premiers dès 14 ou 15 ans.
Le lien familial est beaucoup plus fort que dans nos pays "civilisés". Et vu la crise du logement, les étudiants restent le plus souvent chez leurs parents jusqu'à la fin de leurs études, voire même après.

En fait, on pourrait parler de société machiste ET matriarcale. Avec des contradictions à la pelle.
De fervents socialistes se retrouvent être aussi de fervents opposants à l'avortement.
Car le socialisme / christianisme c'est la vie et l'avortement c'est la mort.
Et cela est une idée partagée très largement, y compris par de nombreuses femmes.

C'est ça, ce pays, une omniprésence de la femme mais une acceptation, au moins en public, de cette oppression permanente, d'être en permanence symboliquement ou physiquement ramenée à moins qu'un homme. Une intériorisation de sa supposée condition inférieure.
Sans oublier les questions des violences conjugales, encore plus répandues que monnaie courante.

Vous vous moquez ? Vous pensez qu'ils ont loupé une phase de leur révolution prétendument "socialiste" ?

Allons mes amis. Nous avons attendus un siècle et demi après notre révolution pour accorder le droit de vote à nos citoyennes. Il y a encore 40 ans, avorter était illégal.  Et aujourd'hui le président est en train de massacrer le Planning Familial en coupant toutes ses subventions. et utilise généreusement l'image de la beauté féminine exotique comme argument de vente électoral (Rachida Rama Fadela Etcetera)
Et dans combien de familles aujourd'hui c'est toujours la femme qui cuisine, qui fait le ménage, et l'homme avec sa bière devant le match de foot ? Oui les moeurs évoluent, mais lentement.
Sans oublier qu'une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son mari. Et qu'une femme gagne, à qualification égale, 80% du salaire d'un homme. En 2010 en France, pays "civilisé".

Ici la révolution a à peine plus de dix ans.
Il existe un ministère de la Femme et de l'Egalité des genres né il y a un an.
Et des ministres femmes, à la communication, aux populations indigènes, ...
Il existe une loi organique sur les droits de la femme à une vie libre de violence votée en 2007, bien que très partiellement appliquée.
Et on a un président qui clame à l'envie : "la révolution sera féministe ou ne sera pas".

Sachez également que le féminisme au Venezuela a d'abord été un thème porté par les classes moyennes et aisées, et contre le processus bolivarien. Et qu'il a fallu tout un travail de dé-construction et de ré-appropriation pour que féminisme et socialisme ne soient plus opposés et les classes populaires s'emparent de cette thématique dans le cadre de la Révolution Bolivarienne. Aujourd'hui c'est chose faite.

Maintenant, vous êtes peut être un peu mieux préparés à prendre un choc frontal :
Ou vous allez pouvoir apprécier les notions d'honneur, de bonne réputation, et comprendre comment la femme peut être désignée responsable de son propre viol, puisque "c'est elle qui séduit."
Les droits des femmes dans l'actuel code pénal vénézuelien.

Extraits : 
Article 378.2 “L’acte charnel effectué avec une femme de plus de 16 ans et moins de 21 ans avec son consentement, est passible de peine s’il y a eu séduction avec promesse matrimoniale et si la femme est réputée honnête. Au quel cas, la peine sera de six mois à un an de prison.”
Article 385.2 : “Quand un des délits prévus à cet article et les articles antérieurs (ndt : séquestration), est commis avec la seule fin de mariage, la peine de prison pourra s’appliquer avec sursis”. 

Ca fait peur, ce genre de chose. vraiment. et ce n'est qu'un extrait.

J'ai même rencontré des femmes ici, des vraies révolutionnaires accomplies, à qui cela ne posait pas de problème. Sans parler des hommes ...

Et puis on se rassure en voyant circuler dans la rue et les communautés ce genre de textes : 
"Il y a cent ans, le français Charles Fourier, l’un des grands annonciateurs des idéaux socialistes, a écrit ces mots mémorables : « dans chaque société, le degré de l’émancipation des femmes est la mesure naturelle du degré de l’émancipation générale. » Ceci est parfaitement vrai pour la société actuelle. La lutte de masse actuelle pour l’égalité des droits politiques des femmes est une des expressions et une partie de la lutte de libération générale du prolétariat. En cela réside sa force et son avenir. Le suffrage universel, égal et direct comprenant les femmes, ferait - grâce au prolétariat féminin - considérablement avancer et intensifierait la lutte de classe du prolétariat. C’est la raison pour laquelle la société bourgeoise craint le droit des vote des femmes, et c’est pourquoi nous le voulons et nous l’obtiendrons. En luttant pour le suffrage féminin, nous rapprocherons aussi l’heure où la société actuelle tombera en ruines sous les coups de marteau du prolétariat révolutionnaire.
Rosa Luxemburg, 

  Die Gleichheit, 8 mars 1912.
"La femme qui s'organise ne repasse pas les chemises !"

Sur le mur sur le chemin pour aller au travail tous les matins je vois ce graffiti.
Et une fois encore, ça me redonne confiance en ce peuple. Ils n'ont nul besoin de nous. Les cercles de femmes commencent à émerger, un campamento international de las mujeres (forum international des femmes) s'est tenu il y a peu. Et c'est comme tout, ca avance doucement.

NB : pour creuser la question sur les droits des femmes dans les processus révolutionnaires en Amérique Latine : Nicaragua : le Front Sandiniste et les droits de la femme

dimanche 24 janvier 2010

Ceci n'est pas un soutien populaire

Vous vous en doutez, si j'ai assisté à la manifestation de ce 23 janvier, ce n'est que par considération purement journalistique visant à décrire le plus fidèlement le déroulement d'un de ces rassemblements dont la vocation n'est que d'appuyer la dictaturrrrrrrrrrrrrrre. On m'a prévenu d'ailleurs, un ami bien informé m'a dit qu'il avait entendu un de ses cousins dire qu'un ami a lui avait vu des militaires entrer dans les maisons pour forcer les gens à aller manifester. Une source sûre.

Ainsi donc, suivant l'appel du Gouvernement, je me rends deux heures après le départ de la manifestation sur le point d'arriver, à proximité du centre-ville. Evidemment, je n'ai pas été surpris de voir qu'il n'y avait personne, que c'était tout juste à moitié vide, et qu'il n'y même pas de personnalité politique sur l'estrade. Les "gens" aux alentours m'ont dit que c'était parce que la manifestation n'était pas encore partie.

Rassuré sur la véritable capacité de mobilisation de ces socialo-communistes rouges à casquettes, je me dirige vers le centre ville histoire de déguster un entremet au restaurant français le plus proche.

Le problème c'est qu'à cause de ces Jean-foutre, toutes les rues étaient bordélisées. Tous les deux cents mètres, un petit groupe écoutait un muezzin bolchevique  faisant le sermon en criant des "Viva Chavez" et autres signes d'aliénation collective. A certain moment on croirait presque qu'il y a une manifestation, mais je ne me laisse pas avoir, je sais bien que cela ne peut être vrai.





Sur les coups des 14h, je me décide à retourner sur le point d'arrivée de l'action : la place O'Leary.
Et là je ne sais pourquoi, mais les gens se sont unis pour m'empêcher de passer ! Impossible d'approcher plus près. Certains arguaient du fait qu'il y avait trop de monde.
Sottise ! Je vois bien qu'il restait encore de l'espace au beau milieu de la fontaine.




Bien décidé à ne pas me laisser abattre je me fraye un passage, en m'offrant au passage un casquette couleur locale, histoire de m'infiltrer au cœur de la populace sans être identifié.

Après moult coups de coudes et de fesses et un certain nombre de pieds écrasés, j'arrive enfin à 4 mètres des barrières marquant la fin du territoire autorisé. Devant moi une pancarte : "Je donnerais tout pour pouvoir t'embrasser". J'ai cru un instant qu'il s'agissait de moi. Dommage.

Il est 15h.

Venue du fond de l'avenue, à présent toute aussi bondée que là où je me trouve, descend une camionnette avec à son bord un type, qui fait des signes de la main. Il semble que cette personne relève d'une certaine importance étant donné le mouvement d'hystérie collective qui se déclenche à sa vision.






Enfin, hystérie serait un mot beaucoup trop faible, ça crie, ça hurle, ça court vers la camionnette, sans se préoccuper des risques importants qu'il y a à se faire écraser sous un pneu.
Le type perché sur le toit de la camionnette sourit, et quand il regarde dans la direction de quelqu'un, celui-ci hurle. rarement on a vu pareil spectacle, sauf peut être à Rome avec Jean Paul IV.





Enfin, hystérie serait un mot beaucoup trop faible, ça crie, ça hurle, ça court vers la camionnette, sans se préoccuper des risques importants qu'il y a à se faire écraser sous un pneu.

Le type perché sur le toit de la camionnette sourit, et quand il regarde dans la direction de quelqu'un, celui-ci hurle. Rarement on a vu pareil spectacle, sauf peut être à Rome avec Jean Paul IV.

La voiture passe devant moi, sans laisser le temps aux journalistes aux alentours de poser une seule question au type. Quel toupet !

Et puis des balcons aux alentours, des gens balancent des confettis. Enfin le type arrive sur l'estrade.

Les gens hurlent des cris animaliers tels "Uh Ah, Chavez s'en va pas"

Et voila que le type commence à prendre la parole en chantant l'hymne national. J'en suis désormais sûr, il y a un grand péril nationaliste ici. La preuve ? Tout le monde chante autour en coeur, plus ou moins juste (ne peuvent-ils pas prendre des cours de chant à la fin ? C'est agaçant pour les oreilles sensibles)






Il enchaîne avec deux trois autres chansons connues également du public. Je commence à comprendre qu'il s'agit d'un amuseur public. En attendant, je suis comprimé entre une représentante de la « Mission santé" et un membre du « Front national (raciste ?) paysan Ezequiel Zamora ». Je révise ma Bible, Ezequiel était une figure maléfique de l'Ancien Testament. Difficulté à respirer, mais je dois rester, pour l'honneur de l'information juste et équilibrée.

Et puis il commence son discours, sous les cris toujours plus animaliers d'une foule qui ne l'écoute pas. Enfin ils se taisent (c'est agaçant vraiment), les quelques groupies à l'avant daignent baisser leur drapeau pour permettre aux autres groupies de voir le spectacle.
Bon le type parle,  parle, parle ;  en fait de parler, il se répète un peu beaucoup.
"Vive les femmes, vive la révolution, vive la socialisme !"
Apparemment, ce qu'il raconte a un peu d'impact sur la foule qui crie de plus belle.
Au-dessus de lui, un écran géant montre le type, puis montre la foule. Il semble qu'il y ait du monde.

Décidé à rendre compte de la réalité de la supercherie (puisque tout ceci est une mise en scène bien entendu).

Je remonte les avenues adjacentes. Non, elles sont vraiment bondées. L'autre avenue ... aussi, sur encore 200 mètres. Et plus bas ? Egalement. Mais il y a vraiment des centaines de milliers de personnes dans la rue ?

Avec toute la mauvaise volonté que l'on peut admettre vis-à-vis de ce genre de sauterie, il faut admettre que oui, il y a vraiment tout ce monde. Et les trois quarts d'entre eux portaient des t shirts, casquettes, drapeaux, rouges, signe qu'ils ne sont pas tout à fait inconscients de pourquoi ils sont là. Mais bon dieu, rentrez chez vous, ça ne sert à rien, vous ne passerez pas à CNN, qu'est-ce que vous croyez ? Vous ne vous rendez pas compte que vous êtes en train d'appuyer démocratiquement une dictature sanguinaire qui outrepasse la liberté de consommation et de spéculation ?







Alors bon, résigné, découragé par tant d'acharnement à détruire ma haute et juste pensée journalistique, je m'en vais, suivant une des avenues, toujours bondée, en fait, on peut croiser des manifestants pendant encore près d'un kilomètre. 1h plus tard, arrivé à mon logis, je regarde Globovision, la véritable télévision : il semble qu'il n'y a pas eu de manifestation place O'Leary aujourd'hui, seulement un rassemblement de l'opposition dans les quartiers de l'est, avec un très très très grand succès. Je regarde les images ... comparativement, c'est quand même un bel un échec pour les forces de la liberté.

Et puis finalement je me rassure, puisque je sais pertinemment que demain l'on ne verra que cette seconde manifestation là dans les médias occidentaux et nullement la première.

Re-motivé, et bien décidé de rendre compte de la réalité objective d'un pays dictatorial sans liberté d'expression j'entame mon article à paraître demain qui s'intitulera : "Malgré les pressions du régime, la population du Venezuela a boycotté massivement la parade militaire du dictateur".




Qui ira vérifier ?


En direct de Caracas, JPL, pour Le monde de la désinformation

PCC Grégoire SOuchay



Post Mortem : On annonce que c'est un confrère d'El pais, journal espagnol toujours objectif et jamais partisan, qui s'est rendu complice de la couverture de cette manifestation de mauvais-sens (en espagnol) :



jeudi 21 janvier 2010

faut-il souffrir pour être révolutionnaire ?

Je pense tout de même pas que c'était volontaire. Ni consciemment, ni inconsciemment.

Parce que la solidarité avec un processus o, mais quand ça commence à toucher les cervicales, ça devient limite.

Bref.

Après une nuit sur un lit dont le sommier est dans un état de démembrement avancé

Je me réveille ce matin avec un mal de dos atroce.

Genre le point qui tire dans le milieu du dos et qui te lance jusqu'au bout de l'oreille et dans le crâne.

Un mouvement simple, me lever, insuffle à la douleur une puissance inexorable au sus-dit dos.

bref, j'ai très mal et ne peut pas bouger d'un pouce.

Je trouve un anti douleur d'origine européenne donc non-douteuse pour soulager sous peu ce tiraillement.

Mais c'est que ça fait vraiment mal.

Alors bon, autant aller vérifier s'il y a pas une déchirure de la 13e côte doublée d'un sciatique avancé nécessitant une opération immédiate.

MAAAAAAAAIS, comme nous sommes au Venezuela,
dans un pays en Rrrrrrrrrévolution

je me suis dit : tiens et si j'en profitais pour aller voir de plus près ces guérisseurs merveilleux guérissant les pauvres.

soit les médecins cubain.

Et la mission Barrio Adentro.




Je me dirige donc vers le centre médical le plus proche. les dispensaires état réservés aux quartiers pauvres, ici il n'y a "que" le Centre de Diagnostic Intégral. un par quartier environ.

Un CDI c'est quoi ? c'est une sorte de clinique publique avec pleins de docteurs, où l'on trouve tant une infirmerie, des salles de consultations ou également une unité de soin intensif.
C'est une structure intermédiaire entre l'hôpital et le docteur en somme.

H'entre, des gens un peu partout, je me dirige à l'accueil où l'on m'inscrit sur une liste pour les consultations et l'on m'invite à m'asseoir sur une des chaises sur le côté.
Je discute avec ma voisine, immigrante portugaise, qui m'explique qu'ici "on est mieux soigné que dans les cliniques avec des médecins vénézueliens, qui sont incompétents, prescrivant les médicaments à la volée, sans se soucier des contre indications et tout le tralala."

Elle me raconte qu'il y a quelques semaines, elle a été admise dans ce CDI à l'unité de soin intensif pour problème cardiaque. Elle y est resté une semaine en très bonne santé. j'apprends également que dans le privé faire une simple radiographie des poumons coûte : 900 bolivars fuertes, soit 300 euros.

Consultation non comprise.




Un quart d'heure plus tard vient mon tour. La docteur m'examine rapidement et conclut aussi sec à un froissement de muscle suite à faux mouvement, en somme ce qu'il était hautement plausible que ce soit.

Dans la salle de consultation, on trouve à droite sur le mur une alerte pour la grippe A, et à gauche une photo de Che Guevara et une citation d'Hugo Chavez.

Elle sort d'un tiroir une plaquette de médicament, des anti-inflamatoires, me prescrit le traitement sur un petit bout de feuille découpé en hâte semble-t-il à la règle,
Elle signe, la tamponne, et c'est fini.

Je sors, les remercie et voila.

Ah petit détail : tout cela a été totalement gratuit.

c'est une des "minuscules" conséquences de la Révolution Bolivarienne.

Je passe à la pharmacie la plus proche pour prendre le deuxième médicament, non fourni.

En fait de pharmacie, c'est un supermarché contenant un espace de pharmacie.
A côté des brosse à dent l'on vend des bonbons et des sucreries.
A côté des médicaments des sodas et boissons gazeuses et sucrées.

Je passe à la caisse, après avoir fait pris un ticket avec un numéro d'appel et attend mon tour.
En payant le médicament, j'en profite pour m'informer sur le paludisme,
Ils ne savent pas, ils n'ont pas de formation médicale, ils vendent simplement un "produit" médical.
il faudra pour savoir ça que je retourne au Centre de Diagnostic Intégral.

Bon au delà de l'excuse du mal de dos, provoqué par mon inconscient pseudo-journalistique, j'ai juste pu me rendre compte que cette mission fonctionne au moins ici dans les quartiers riches.
Je gage que Chavez haissant (c'est bien connu) les riches, ça ne peut aps être pire chez les pauvres.

On a dit beaucoup de chose sur l'inefficacité des missions de santé, de la corruption, de la bureaucratie.

Il est vrai que le principal problème est qu'une fois les missions des médecins cubains achevées, il n'y a pas de relève vénézuelienne aussi bien formée, ceux-ci étant plus attiré par le privé, avec le prestige et le revenu correspondant. Ou dans le public mais des les filières plus rentables : la chirurgie plastique par exemple.

L'hôpital public est actuellement dans un état accablant, dans l'ensemble du pays avec parfois les équipements nécessaires mais pas le savoir faire pour l'entretenir, celui-ci ne servant donc rapidement plus à rien. Et autant ces hôpitaux sont publics, autant les médecins qui y travaillent sont en majorité (pas en totalité bien sûr) des personnes formées à la santé de forme "privée", à faire du chiffre, loin des aspirations humanistes du gouvernement bolivarien ...



... Ou plutôt bolchévisante, de ces terribles "cubains",
qui comme on le sait "injecte le communisme dans les veines" quand ils font un vaccin
ou qui "crèvent les yeux" quand ils opèrent de la cataracte.

Vous riez peut être mais ces phrases on peut les entendre à la télévision et même en vrai dans la bouche d'anti chavistes.

"Comment ? se "mêler" au bas peuple ? à ces pauvres ?"

Et ainsi beaucoup refuseront par principe idéologique d'aller dans ces centres, pourtant ouvert à tous. Certains iront peut être se faire soigner quand même, discrètement.
Mais ils vont pas le clamer sur les toits. imaginez la honte !


Oui il y a des dysfonctionnements, des problèmes importants.

Et avant il n'y avait pas des problèmes.
 
Il ne pouvait pas y en avoir puisqu'il n'y avait pas, de service de santé, pas de médecins.

La santé publique n'existait pas.

Dans les quartiers pauvres bien sûr, les barrios,

Les riches et membres de classe moyenne non déclassée ayant les moyens de se payer leurs soins.
Pour eux, la révolution, n'a rien changé, s tant est qu'ils ne veulent pas le voir.

je me souviens de cette phrase prononcée à plusieurs reprises par des gens rencontrés, est une des meilleures manières d'expliquer pourquoi il y a bien un processus révolutionnaire ici :
"Si on voulait se soigner, il fallait payer. Et si l'on ne payait pas, on mourrait."

c'est simple, simpliste. Mais c'était la réalité dans ce pays.

Et la réalité c'est qu'aujourd'hui plus de 15 millions de personnes ont accès aux soins gratuits au venezuela.


Alors ce soi j'ai mal au dos, toujours, malgré les médicaments.

Mais bon, je suis dans un pays en révolution,
Alors gageons que cela ne soit pas de très très grande importance.

Plus d'information/propagande sur la mission Barrio Adentro :

jeudi 14 janvier 2010

Pornographie compassionnelle néocoloniale


 http://giscard.blog.lemonde.fr/files/expocoloniale2006_1.thumbnail.jpg

Il est des pays qui semble attirer par malchance tous les malheurs possible.

Haïti, le pays le plus pauvre de l'Amérique Latine a été de nouveau frappé par un violent tremblement de terre de 7;3 degré sur l'échelle de Richter, dont l'épicentre se trouve au milieu d'une zone extrêmement peuplée.


Les images sont Bouleversantes.

http://www.arretsurimages.net/media/breve/s68/id6739/original.22014.jpg



Atroces

http://www.arretsurimages.net/media/breve/s68/id6759/original.22063.demi.jpg


Dramatiques

http://www.arretsurimages.net/media/breve/s68/id6771/original.22102.plein.png



Insoutenables


 http://www.arretsurimages.net/media/breve/s68/id6759/original.22062.demi.jpg

Et tous les grands médias, télévisés ou écrits, de CNN à Telesur, de Libération à la Dépêche du Midi font leur chou gras de cela.
Bien sûr on exprime sa "solidarité avec les victimes de la catastrophe".

Même si l'on est parfaitement conscient que "la gamine qui pleure ensevelie sous les décombres, excellent c'est bon ça coco, double tirage demain, avec encart central !".


Au point de faire quelques erreur. Vous comprenez, dans la précipitation ...



Et puis bon, on va pas non plus compter les morts un à un.

Enfin si certains,

nos bons "Français".

Ou les braves soldats de la mission de pacification de l'ONU.

Deux victimes françaises, un drame,
10 victimes une tragédie.
50 une catastrophe.
100, un cataclysme.
Parfois, si dans le tas, il se trouve un auteur connu, on peut l'évoquer.
Sinon dans tous les cas on dira 100 000 morts.
Et puis on retrouvera les bons françois rescapés qui raconteront l'horreur.

Bien sûr que nous allons envoyer une mission d'aide d'urgence.

Et les ONG lanceront une collecte de fond, ou de produits de première nécessité.

Vous comprenez ces pauvres, il FAUT les aider.
Et notre bonne conscience s'en portera d'autant mieux.

Et puis on oubliera, on aura fait notre devoir de "citoyen du monde", et les choses reprendront leur cours normal. accident : trois chiens écrasés, deux chats amputés.
Et Le pays sombrera de nouveau dans la violence, l'exploitation, et peut être subira une nouvelle catastrophe naturelle ... mais celle là, il n'y aura pas de Français, pas de soldats de l'ONU, alors forcément, seulement 25 000 nouveaux morts ça ne fera pas la couverture des gazettes. Ainsi va la hiérarchie de l'information humanitaire.

Je suis cynique ? Certainement.

En colère ? également.

Nous avons depuis quelques semaines à Vive Tv des camarades venus d'Haiti qui travaillent avec nous et qui se forment à la communication populaire.

Et les premiers mots qui leurs viennent voyant l'attitude de l'Occident, c'est :

"hypocrisie"

"mensonge"


"honte"



Pourquoi ?

Parce qu'ils ont une mémoire, ils connaissent leur Histoire.
 
Outre les cataclysmes, l'ile est actuellement victime d'une crise sociale et environnementale. Et celle-ci ne tombe pas de la Punition Divine.

Elle remonte à très loin, au temps où la population menait la première révolution des Amériques, contre l'esclavage et la colonisation.

Au temps lointain où la France fit payer le pays pour accepter son Indépendance.
Dont la dette tient aujourd'hui encore le pays par la gorge.

Au temps un peu moins lointain où les Etats Unis envahirent l'ile, et façonnèrent la Constitution selon leur dessein, permettant de favoriser les intérêts des firmes étasuniennes.

Mais plus récemment ...

"Entre 1971 et 1986, Haïti a saigné sous la férule de Jean-Claude Duvalier, dit « Bébé Doc », président à vie à 19 ans par la grâce de son père et avec le soutien des Etats-Uniens. Il put impunément massacrer 60 000 personnes dont des écoliers de moins de dix ans, livrer la rue aux sinistres « tontons macoutes » avant d’être obligé de prendre la fuite, non sans avoir vidé les caisses de son pays. On estime à 600/800 millions de dollars les sommes détournées par les Duvalier père et fils et à 500 000 le nombre de morts de faim sous leur règne (sur moins de 7 millions d’habitants)." (source : ici)
C'est ce même Duvalier qui a été accueilli lui et sa fortune, en France en 1986 par Laurent Fabius, premier ministre d'alors. Un socialiste voyez-vous.

Ou encore plus récemment, en 2004 cette mission de l'ONU, MINUSTAH, à laquelle participe la France et le Brésil entre autres, qui se comporte en véritable armée d'occupation, les soldats de la "mission de stabilisation" violant les femmes, tuant les hommes, pillant et massacrant comme à la cité du Soleil en 2005. Tout en menant ce "programme de développement" qui n'a constitué qu'à procéder à la déforestation de presque l'ensemble du territoire.

Tout ça pour quoi ?

Assurer le contrôle des ressources naturelles, et répondre à l'appétit des entrepreneurs des multinationales du monde entier, convoitant les riches ressources naturelles de ce pays.

Ainsi, oui l'on peut parler d'hypocrisie. Aide humanitaire en pleine catastrophe, mais domination néocoloniale le reste du temps, y compris sous mandat de l'ONU, dont les soldats ont été jugés mais non condamnés, pour cause de vide juridique.

Ici au Venezuela, Haïti est un pays frère, leur processus révolutionnaire fait l'objet de respect de la part des chavistes. la population qui se mobilise largement pour faire des collectes et les dons ne sont aps seulement le vieux jeand e l'oncle Albert mais bien des produits de qualité et surtout de première nécessité.
C'est l'Etat qui organise le tout, et qui envoie immédiatement ses troupes les plus entrainées pour aider le pays. Mais qui ne se borne pas à l'aide d'urgence. Depuis des annés le Venezuela aide économiquement le pays, tout comme Cuba envoie ses meilleurs médecins.

Et n'oublions pas une chose, ce pays n'est pas simplement une îlot misérable, où tout s'écroule en permanence, mais aussi un terre de luttes sociales, avec une histoire, un contexte sociopolitique et des espoirs.


http://www.decroissance.info/IMG/jpg/q85-500x500-dev_19002000-2.jpg

Un de ces camarades haïtien de VIVE a écrit quelques papiers que je vous invite à lire pour mieux saisir comment les Haïtiens voient les choses Son point de vue est violent pour notre conscience d'Occidentaux, mais néanmoins chargé de vérité, et se retrouve chez tous les Haïtiens que j'ai rencontré ici jusqu'à ce jour. Je vous invite a le lire.

lundi 11 janvier 2010

Quand l'Empire contre-attaque

Il achète des armes,
à ceux qui veulent bien lui en vendre,
soit la Russie, l'Iran, la Libye ...
et pleins d'autres pays in-fréquentables dont on ferait bien d'aller les aider un peu à retrouver le chemin de la « démocratie ».

Certes la Bolivie (du si gentil Morales), le Brésil (du modéré Lula), l'Argentine, le Chili, s'arment tout autant. mais Chavez étant un militaire, on sait ce qu'ont donné des militaires militaristes au pouvoir en Amérique Latine.

http://www.americas-fr.com/geographie/cartes/amerique-latine.gif

Voici une carte de l'Amérique Latine, somme toute anodine.
Au centre (du monde c'est bien connu), le Venezuela.
A l'ouest la Colombie. Au nord-ouest Panama, le Salvador, le Honduras.
Au Nord, les Antilles néerlandaises, Puerto Rico, à l'Est, Antigua y Barbuda.
Au Sud ouest, l'Equateur. Tous ces pays entourent donc le Venezuela.

Le gouvernement colombien a accepté en novembre 2009 l'installation de 7 bases militaires étasuniennes en Colombie. Dans le cadre du Plan Colombie, le gouvernement étasunien verse 750 millions de dollars bien sûr)

Le président de Panama a approuvé en décembre 2009 l'installation de deux nouvelles bases étasunienne sur son territoire. (Panama, envahis en 1990, dans une guerre éclair destinée à renverser le "dictateur narcotrafiquant" que les Etats Unis avaient soutenus pendant 20 ans.)

Le gouvernement des Pays Bas a mis à disposition depuis de nombreuses années les Antilles Néerlandaises (soit les îles d'Aruba et Curazao) pour y installer deux bases étasuniennes en pleine activité.

Avant 2008, existait en Équateur la base de Manta, une des plus importante base aérienne pour l'ensemble de l'Amérique Latine du fait de sa position stratégique. Elle a été fermée par le gouvernement équatorien, suite à l'incursion de l'armée colombienne en territoire équatorien en 2008, dont à résulté la mort du chef militaire et négociateur des FARC-EP, Raul Reyes.

Enfin se trouvent depuis la guerre Froide (et les dictatures militaires installées à l'époque) d'autres bases étasuniennes respectivement à Cuba (Guantanamo), au Costa Rica, au Salvador, au Honduras et à Antigua et Barbade.

Vous comprenez bien que tout cela a pour seul et unique objectif pour les États Unis d'amener la paix, la sérénité, et surtout, priorité n°1 des États Unis en Amérique Latine : de lutter contre le narcotrafic.

Quelques évènements plus ou moins récents assez fâcheux.

Comme l'encadrement des bases aériennes du Venezuela par les bateaux de la flotte étasunienne stationnés à Curazao (une des îles des Antilles Néerlandaises) pendant le coup d'État de 2002.

Comme l'entrée fin 2009 de troupes colombienne sur le territoire vénézuelien prétextant que celui-ci cache des camps des guérillas colombiennes, soit des Forces armées révolutionnaires de Colombie, Armée Populaire (FARC-EP), et de l'Armée de Libération Nationale (ELN).

Comme l'utilisation pendant 50 ans des bases militaires au Panama pour former des forces armées du monde entier aux techniques de contre-insurrection, enseignée à l'origine par nos brillant généraux français, expérimentés depuis la guerre d'Algérie, dans la célèbre école des Amériques (toujours en activité mais déplacée aux Etats Unis)

Comme l'utilisation d'une des bases aérienne étasunienne au Honduras pour faire transiter hors du pays le président constitutionnel Manuel Zelaya, destitué par un putsch militaire le 28 juin 2009.

Comme la réactivation de la IVe flotte étasunienne en juillet 2008, flotte dédiée à l'Amérique Latine, qui n'avait plus été utilisée depuis 1948, au début de la Guerre Froide.

Bref des circonstances fâcheuses.
Mardi dernier (5 janvier), on a pu voir dans le ciel de Caracas un avion militaire étasunien. Celui-ci venait de la base de Curazao et avait pénétré sans autorisation sur le territoire vénézuelien.
Le pilote a déclaré ne pas être conscient de son entrée illégale sur le territoire Vénézuelien (sachant qu'il se trouvait tout de même à plus de 500 km de distance de Curazao).
Par un curieux hasard, il se trouvait pile au dessus du secteur totalement interdit sans autorisation spéciale, de l'île de la Orchila, une base aérienne vénézuelienne.

Ce vendredi (8 janvier), re-belote, un autre avion militaire étasunien, venant lui aussi de Curazao, a  pénétré dans l'espace aérien vénézuelien. Après un rappel de la tour de contrôle, il a quitté le territoire prétextant une erreur (encore). Mais il est revenu quelques heures plus tard, et cette fois le rappel à l'ordre de la tour de contrôle n'a pas suffit et il a fallu envoyer des avions de la flotte vénézuelienne pour surveiller cet intrus et l'engager à quitter l'espace aérien vénézuelien.

enfin, dimanche, l'aviation vénézuelienne capture un avion servant au narcotrafic, immatriculé .. aux Etats Unis.

Je pense que les pilotes militaires étasuniens ont actuellement quelques soucis avec leur sens de l'orientation.

... Ou alors il se passe des choses pas jolies jolies dans la base de Curazao, et ailleurs.

Parallèlement, le gouvernement a rendu public peu avant Noël des informations qui tendraient à démontrer (conditionnel puisqu'aucune preuve physique ... pour le moment) que l'armée colombienne préparerait des faux positifs dans le but de déclencher des représailles du Venezuela et justifier une intervention étasunienne.


http://patalata.net/files/2960/Residente%20camiseta%20contra%20bases.jpgLes faux positifs ? Pratique consistant à tuer des gens (généralement des civils et des pauvres) et de maquiller leur assassinat pour faire croire que c'est le camp adverse qui a procédé au massacre.
Cette technique est couramment utilisée en Colombie par les paramilitaires pour maquiller leurs morts en crimes des FARC-EP. L'armée colombienne et le gouvernement d'Alvaro Uribe l'utilisent également. Puisque ce sont tous trois les mêmes. (Alvaro Uribe étant un des plus gros narco-trafiquant de la région, preuves à l'appui)

Je rappelle que les paramilitaires (communément appelés paracos, car également narco-trafiquants) sont des milices d'extrême-droite assassinant alternativement syndicalistes, leaders populaires, paysans ou civil sur le passage dans l'objectif de maintenir une politique de terreur sur le territoire colombien. et dont les glorieux aînés ne sont autres que la contra au Salvador, au Nicaragua et au Guatemala occasionnant quelques dizaines de milliers de morts et disparus.

"On estime que 70% des assassinats perpétrés en Colombie sont dus aux paramilitaires et 30% aux deux guérillas (soit les FARC-EP et l'ELN). Le chiffre grimpe à 90% en faveur des paramilitaires en ce qui concerne les disparitions."
Ces données sont celles d'Amnesty International, peut soupçonnable de sympathie gauchisante.






Et pendant ce temps le peuple vénézuelien s'arme ...

Ou plutôt se prépare.
Car l'Empire, les Etats-Unis et leurs gouvernements alliés (Colombie et Pays-Bas entre autres) menacent.
De plus en plus.
Il ne s'agit pas de céder à la panique, de hurler "c'est la guerre !", simplement d'être lucide.
Une attaque aura lieu.
On ne sait ni où ni quand mais elle aura lieu à un moment donné.
des tentatives ont déjà eu lieu en 2002, avec le coup d'État (flotte étasunienne prête à attaquer en cas de besoin), en 2002-03 (grève patronale), en 2005 et 2007 (mouvements étudiants financés par la Fondation Nationale pour la Démocratie, ou NED ainsi que l'USSAID)
Et c'est une certitude car quelle qu'ait été le gouvernement étasunien, depuis son origine, il est presque endogène à la politique étrangère de ce pays d'user de la violence pour assurer ses intérêts à l'étranger.
Et ça ne date pas d'hier, la doctrine Monroe (« l'Amérique aux Américains ») apparait en 1827.
http://wiserblog.files.wordpress.com/2009/02/monroe_doctrine.jpg

Ennemi intérieur

Ce n'est pas pour rien que l'opposition anti-chaviste est qualifiée d'apatride.
Parce qu'elle sert objectivement les intérêts économiques des États Unis.
Sa stratégie pour reprendre le pouvoir est basée sur la peur, la terreur et la création de troubles à l'ordre public, et la dénonciation systématique de toute action du gouvernement.
Ils l'ont démontré à de nombreuses reprises, ce n'est même plus la peine d'en faire la démonstration. Une intervention militaire  ? L'opposition vénézuelienne n'attend que cela.

Une preuve ? Avant hier durant un programme « d'opinion » (soit de propagande anti-chaviste) de Globovision. Un leader de l'opposition expliquait la catastrophe actuelle des rationnements qui vont conduire le pays au bolchévisme. Somme toute, la routine. L'interview se concluait : par « quelle est la solution à tout ça ? » demande le présentateur. Et le leader de répondre « bien sûr les élections en 2012, si nous arrivons à nous unir, à trouver un programme commun. Mais avant tout la solution est militaire ». Le présentateur a poussé un cri de surprise signifiant surement "Comment ose-t-il dévoiler publiquement ce que nous pensons tous ?"

Ils en sont conscients, les contradictions du processus ne sont pas suffisantes pour que celui-ci s'effondre de lui-même. Dommage pour eux, dans l'État actuel des choses, Chavez dispose d'un soutien de la population oscillant entre 55 et 65%. Aucun sondage, aucune étude sérieuse ne le montre, simplement c'est l'état du rapport de force politique au Venezuela, depuis 10 ans de processus, jamais la popularité du projet révolutionnaire n'a chuté en dessous de 50%.

Quand aux chavistes armés jusqu'aux dents, depuis l'origine Chavez l'a toujours répété :
« la révolution bolivarienne est une révolution pacifique mais elle n'est pas désarmée ».

Alors on tombe dans la dictature sous contrôle militaire ? Certainement, tout comme l'Armée zapatiste de Libération Nationale dans le Chiapas, qui comme on le sait est une organisation terroriste, et qui porte les armes depuis 1994 et que ne s'en est plus servi depuis un mois après son insurrection. Ah c'est pas pareil ? parce que là c'est un Etat ?

Tout cela fait peur en Occident, à juste titre.

L'armée ça nous rappelle la Seconde Guerre Mondiale.
Les milices ça nous remémore les SS, ou les voltigeurs et le GUD.
Le drapeau, l'hymne, c'est Vichy.
La Nation, c'est le fascisme.
La Patrie c'est Pétain.
Et il est clair que vu l'État actuel du débat sur l'identité (raciste) national(ist)e,
Il vaut mieux manier ces thèmes là avec les plus extrêmes précautions.

Mais il ne faut pas projeter notre histoire sur le monde entier tels les Lumières de la civilisation que nous ne sommes plus (et n'avons peut être jamais été).}
Ici,
L'armée c'est le peuple.
Les milices c'est les gens des barrios, organisés pour défendre leur processus.
Le drapeau c'est la lutte d'indépendance et contre l'oligarchie.
L'Hymne, c'est "Gloria al bravo pueblo", il passe à la télé et la radio 4 fois par jour (6h du matin, 12h, 6h du soir, minuit) sur toutes les chaines, y compris privées..
La Patrie, elle est grande (Patria Grande), c'est l'Amérique Latine.
Ils ont des héros, des figures, Rodriguez, Miranda, Bolivar, Sucre, Zamora, Cipriano Castro ...
La Nation, c'est la fierté des vénézueliens.

Et ils peuvent être fier d'être le premier peuple qui a su mener une révolution au XXIe siècle, au moment où triomphait le The Is No Alternative, où  l'altermondialisme émergeait à peine (Seattle en 1999), le Venezuela était seul État à tenter une aventure socialiste novatrice. (le zapatisme fut un mouvement certes antérieur mais sans prise du pouvoir)
Et il a tenu.

La menace est Occidentale. 
Vous vous en doutez mais il faut le rappeller : Aujourd'hui, la menace mondiale à la paix n'est pas le « terrorisme ».

Ce sont les Etats-Unis en Irak, l'OTAN en Afghanistan, Israël en Palestine, l'ONU et la France en Haïti. Oui c'est aussi du terrorisme, si l'on veut.
(vous l'apprenez pour Haïti ? Allez lire le billet suivant si vous ne l'avez pas encore fait)

http://3.bp.blogspot.com/_Bd4FsIhMglM/SnomXBvGQ-I/AAAAAAAAAHI/unz-MK9k1TA/S760/Nuestra+America+en+Lucha.jpgEt là dedans, le principal responsable, c'est le yankee, l'étasunien. Soit son gouvernement et son armée. Non pas l'américain car dire ce mot pour parler des étasuniens c'est encore affirmer cette doctrine Monroe qui voudrait que les Amériques appartiennent toutes entières aux habitants des Etats-Unis. D'ailleurs ALBA est l'acronyme d'Alliance Bolivarienne pour les peuples de « Notre Amérique ».

L'exemple de la continuité de cette doctrine impériale nous a été donné récemment avec le coup d'État au Honduras, dont les manifestations monstres de mercredi dernier ont démontré que le peuple est toujours fermement mobilisé 194 jours après le début du "´putsch démocratique"

Ici des communiqués du gouvernement décorent Obama du prix Nobel de la comédie.
Des spots de propagande passent tous les quarts d'heure, y compris sur les chaines privées où c'est imposé, appelant à la paix, à la conciliation, à l'union avec le peuple colombien, et contre ces nouvelles bases étasuniennes, contre l'impérialisme.
Les chaines publiques passent et repassent Full Metal Jacket, Apocalypse Now, Docteur Folamour, et des documentaires sur Martin Luther King, Gandhi, Malcom X.
On apprend que les pauvres aux Etats Unis souffrent actuellement de la faim, (1/6 des New Yorkais)
On réétudie les interventions étasuniennes depuis un siècle dans le monde entier, les activités occultes de la CIA dont nous n'avons aucune, absolument aucune, idée de l'ampleur, du peu que nous savons en Europe.
Non, NON, par pitié, ne me ressortez pas l'excuse de la « théorie du complot » pour discréditer mon propos.
Il n'y a aucun complot
Il y a une politique suivie, à visage découvert, si tant est que nous voulons ouvrir les yeux, de conquête impériale par la plus grande puissance mondiale dans le monde entier.

http://neccint.files.wordpress.com/2009/11/imperialismo_3.gif
Dès son origine, ce pays a été basé sur la conquête et la guerre : contre la Grande Bretagne, puis contre le Mexique, (avec annexion de la moitié du territoire), puis contre les populations originaires communément appelées « Indiens », commettant au passage un génocide monstrueux, puis contre Cuba, et l'Amérique Centrale, arrivant à ce qui est plus ou moins connu, la Corée, l'Iran, le Vietnam, l'Afghanistan (avec les Talibans), l'Irak, la Yougoslavie, et de nouveau l'Afghanistan (contre les Talibans) et l'Irak. et bientôt l'Iran une fois encore.

Mais aussi n'oublions pas le Cambodge, le Laos, le Timor, le Congo, le Guatemala,Panama, ...
Et tous ces "gouvernements de paille" maintenus dans toute de l'Amérique latine pendant des décennies, pour assurer la domination étasunienne, utilisant également sans complexe des dictatures.
Et tout ceux dont nous ignorons les interventions.
Comme ces gouvernements "démocratiquement" renversés, telles ces « révolutions oranges » dans les pays de l'Est, tous financés par la NED, l'USAID, ... les mêmes qui tentèrent de déstabiliser le pays en 2002 ou 2005 au Venezuela.

La propagande  la télé parle donc de l'impérialisme, mais aussi des réalisations du gouvernement. Des avancées sociales et du socialisme du XXIe siècle.

Car n'oublions pas une chose.
La lutte anti-impérialiste ne se fait pas contre un pays mais contre une idéologie.
Avant tout, ces guerres impériales n'ont pour objectif global que d'asseoir les intérêts économiques de la nation nord-américaine et des multinationales étasuniennes ... et du capitalisme. Je rappelle que la vente d'armes (et le narcotrafic) sont deux manières très simples de faire de l'argent. La lutte anti-impérialiste est indissociable de la lutte contre le capitalisme.
Et le meilleur moyen de lutter contre cet impérialisme c'est encore de développer un modèle de société autre que le capitalisme.

Voilà pourquoi le peuple s'arme.
Pas pour faire la guerre, mais paradoxalement pour défendre la paix. et je sais que c'est inaudible en Europe, tant ce propos à été utilisé pour justement justifier ces guerres.

Voilà pourquoi le "civico-militaire".
Pour qu'il n'y ait pas de guerre entre ces deux peuples frères que sont le Venezuela et la Colombie.
Pour que n'arrive pas au Venezuela ce qui est arrivé au Honduras,
et dans tant d'autres pays du monde entier.
Car si un peuple et une armée ne forment qu'un, l'armée ne peut tirer sur le peuple.
Que l'on le veuille ou non, ici ils y croient.
Quand à la guerre sociale, elle se joue au quotidien.
Ici, comme aux Etats-Unis, comme en France.
Et que dans cette bataille de l'exploiteur contre l'exploité, l'État bolivarien, a pris le parti de l'exploité.

Et il est clair que cette guerre-là, nous savons qui nous devons soutenir, quoi qu'il arrive.

Et tant qu'on y est : Élevons la voix dans une chanson à faveur de la paix.
Chanson de propagande, je précise.

De la militarisation du régime


Cet article est polémique et me place dans une position peu confortable.
Cet article peut alimenter le discours anti chaviste, car il fournit des arguments à ceux qui cmbattent le processus vénézuelien. 


N'étant en rien anti-chaviste, (pas plus que chaviste au passage) je le publie néanmoins, en espérant que mes lecteurs auront suffisamment de recul pour ne pas projeter immédiatement leurs préconçus occidentaux sur ce qui va être dit.
Laissez de côté votre colonialisme intellectuel
. Et lisez jusqu'au bout, ou ne lisez pas du tout.
Il ne s'agit pas de justifier mais d'expliquer et de tenter de comprendre un contexte lointain pour des européens.
Et si vous voulez imaginer d'autres choses, libre à vous, mais ce ne sera dès lors que le fruit de votre imagination fertile.


Car malgré le panorama idyllique et propagandiste que je vous dresse depuis on arrivée,
il y a une chose qui est pour moi très dérangeante dans ce pays, soit :

la MILITARISATION DU RÉGIME (bouh!)


Et je me dois de vous conter la vérité.

Ou presque.

Alors donc le Venezuela se militarise.
Vu l'avez sans doute lu, entendu, vu, même des journalistes plutôt connaisseurs des réalités de terrain le disent, ce doit donc être vrai.

Je n'aime pas les militaires.
Education à la non-violence, ayant vécu à proximité du plateau du Larzac et de la lutte contre l'extension du camp militaire des années 70 ...
La dernière que j'ai vu des militaires ailleurs qu'au Venezuela, c'était à Strasbourg pour le contre-sommet de l'OTAN et ils n'avaient pas des intentions pacifistes.

http://blaaah.files.wordpress.com/2009/04/dsc_242200011.jpg


Le bruit de botte n'est donc pas un son qui m'est spécialement sympathique.

Existe a ce jour, au Venezuela comme partie des forces armées du Venezuela (fuerzas armadas venezolanas):
- L'Ejercito Nacional, soit l'Armée De Terre, armée de métier, qui a pour but de défendre le pays contre les menaces extérieures. Elle intervient principalement le long des frontières. Environ 120 000 personnes.

- La Garde Nationale Bolivarienne (anciennement Guardia Nacional) : autre composante des forces armées qui peut se voir attribuer des compétences civiles comme le maintien de l'ordre public, ou selon les compétences définies par la loi, des missions de police administrative mais également participe au développement du pays. Mais peut servir de support à l'Armée .Facilement reconnaissable à sa casquette rouge. effectifs : 36 000 personnes.

- La Garde d'Honneur Présidentielle, qui protège le président et le palais de Miraflores. On peut la différencier de la GNB de par les lettres GH inscrites sur sa casquette rouge.

- La Milice Nationale : composée d'une part de la réserve, soit des personnes ayant réalisées leur service militaire (volontaire et non obligatoire à ce jour) et d'autres part des milices civiles : Il s'agit de groupes civils qui ont suivi une formation militaire et sont prêts à défendre le pays en cas de nécessité. Il existe les milices populaires (dans les barrios) les milices ouvrières (dans les usines), les milices paysannes (dans els campagnes) et els milices de Femmes. ON estime actuellement son nombre à 600 000 hommes et femmes, l'objectf étant d'atteindre 1,2 millions.

- On doit ajouter à cela l'Armée de l'Air, la Marine Nationale ainsi qu'un corps de services secrets récemment renforcé.

Ils sont donc partout les militaires. On les croise dans la rue. On en croise à l'entrée du parking souterrain de Vive TV. Devant les ministères. Également dans les quartiers, accompagnant la mission Barrio Nuevo Tricolor pour construire des maisons.
Oui, il y a des militaires dans les rues, dans le métro, dans les café, dans les quartiers populaires, dans les usines  ...

Puisqu'il n'y a pas de police.
Ou quand il y en a une, elle est corrompue, au service des fortunés, que ce soit du flic de rue au haut gradé.
(Chose qui risque de changer avec la création de la Police Nationale Bolivarienne qui outre sa formation à l'ordre public, suit un cursus spécial portant sur ... le respect des droits de l'homme.)

En attendant ils sont indispensable pour assurer un semblant d'ordre public dans un pays où criminalité ne se limite pas à un vol de sac à main.

Comme je l'ai déjà expliqué dans un précédent article, (si les exceptions ne confirment plus la règle) il existe ici une doctrine, caractéristique du processus vénézuelien, que l'on appelle l'union civico-militaire.
Et pour la comprendre, il faut en référer avant tout à l'histoire du pays.

Le point de balancement entre la lutte sociale et la naissance d'une nouvelle espérance politique populaire dans ce pays a été le Caracazo, une émeute populaire le 27 février 1989, contre les privatisations et le gouvernement néolibéral, les pauvres ayant été poussés à la rue par la faim. Au delà de l'émeute sanglante (2000 à 3000 morts selon les sources), a pu être observé un élément fondamental :  certains militaires ont refusé de tirer sur la foule.

http://www.megaresistencia.com/megaresistencia/noticias/images/stories/caracazo-fidelvasquez.jpg

Issus des classes populaires, ces militaires ont formé au cours des années 80 des groupes militants internes à l'armée prenant l'appellation de ... bolivariens. Ils portent des valeurs de justice sociale ainsi que l'idée que les militaires ne peuvent être dissociés de la population.

En 1992, ce sont ces mêmes militaires bolivariens, avec à leur tête le colonel Hugo Chavez, qui tenteront un coup d'État contre l'oligarchie encore en place. Malgré l'échec, c'est là que nait l'admiration populaire pour Chavez, qui va oser assumer la responsabilité du coup, et lancer un nouvel espoir.

http://www.notitarde.com/portadas/ediciones/aniver/aniver2006/imgespe/30G/1992/CHAVEZ-GOLPE%204%20FEBRERO.jpg

En 1998, Chavez est élu président. Face à lui, une opposition et une administration largement hostiles. Mais les programmes sociaux ne doivent pas attendre. Qui va sur le terrain, planifier, construire les routes, aider les personnes en difficultés, organiser les constructions de logements ? Les militaires bien sûr, qui nouent ainsi des liens de plus en plus étroits avec le peuple.


http://www.venezueladeverdad.gob.ve/archivos/media/articulos/2009/08/guardia-nacional-bolivariana-celebra-72-aniversario-1.jpg
En avril 2002, c'est le coup d'État de l'opposition appuyé par les États Unis et par les médias privés. Ce coup sera mis en échec par la très large mobilisation de la population ... et une importante partie des personnes d'extraction populaires au sein de l'Armée, mais également des gardes bolivariens et de la garde d'honneur, restés fidèles à Chavez, qui reprendront le Palais présidentiel des mains des militaires putschistes.
A partir de là, du fait d'un travail interne et d'une prise de conscience collective, le secteur bolivarien va devenir majoritaire au sein de l'institution.

Au vu de tous ces éléments, vous devez bien comprendre que les militaires ont eu un rôle plus qu'essentiel dans le processus révolutionnaire actuel.

Au niveau de l'histoire même du pays, l'armée vénézuelienne n'a également que peu de choses à voir avec les armées occidentales. Ainsi que les héros de la cause du peuple ont été aussi des militaires.

http://www.seniorjadore.com/var/plain_site/storage/images/loisirs/genealogie/l_aventure_bolivarienne_de_madame_coquis/77303-3-fre-FR/l_aventure_bolivarienne_de_madame_coquis_large.jpg

Les seules guerres extérieures menées par l'armée vénézuelienne l'ont été contre les Espagnols, soit une guerre de libération nationale. Nous fêtons d'ailleurs cette année le bicentenaire de l'indépendance. Le général Simon Bolivar, commandant cette armée indépendantiste, portait déjà cette idée que l'armée et la population ne font qu'un.

Le projet « expansionniste » du même Bolivar de Grande Colombie n'a consisté qu'à libérer la moitié nord de l'Amérique Latine du colonialisme espagnol et de tenter d'unifier ces nations frères, c'est la seule intervention extra-territoriale jamais menée par le Venezuela. On est loin de la conquête impériale de notre Napoléon national. Ce dernier projet transnational échoua, du fait de trahisons et de luttes pour la succession.

Suivra quelques dizaines d'années plus tard une guerre fédérale, entre les armées de l'oligarchie souhaitant se maintenant au pouvoir après l'indépendance, et l'armée du général Ezequiel Zamora. L'armée de Zamora était constituée de paysans, de pauvres et d'esclaves libérés. Son mot d'ordre : "Terres et hommes libres. Que tremble l'oligarchie !".
On a fêté le 150 anniversaire de son assassinat ce week end.

http://1.bp.blogspot.com/_k-Ysg6dqo6s/SrzRj2nf3ZI/AAAAAAAABfE/RuSnyJxCjoQ/s320/2_ezequielzamora+2.jpg

Après cette époque, l'armée a joué pendant des décennies son rôle classique de force répressive au service du pouvoir, en allant, par exemple, jusqu'à intervenir à l'intérieur de l'université centrale du Venezuela en 1969 (el allanamiento) pour mettre un terme à la contestation estudiantine, avec un effectif de 2000 soldats, auxquels s'ajoutaient quelques chars. L'Armée, comme la Police, étaient alors synonymes de répression, de peur et d'injustice.

http://ve.kalipedia.com/kalipediamedia/historia/media/200808/03/hisvenezuela/20080803klphishve_36_Ies_SCO.jpg


Mais le développement de la conscience "bolivarienne" dans les années 80 a peu à peu fait évoluer cette mentalité proprement militaire.
Actuellement, dans le prolongement des idées bolivariennes, l'Armée se forme .. intellectuellement. Cercles de discussion, lecture, alphabétisation, conscientisation politique, études supérieures et action de terrain avec la population, à la fois pour protéger et organiser les projets populaires ...

Alors quoi, serais-je devenu militariste ?
Amoureux de la « ration de topinambour et de la Ligne Maginot ? » comme le chantait (l'ex) chanteur populaire Renaud.
Pas pour un sou.
Il y a simplement une légère différence entre nos forces de répressions occidentales et las Fuerzas Armardas Venezolanas.

Et je crois que le fait que je puisse serrer la main du Garde Bolivarien de garde en allant le matin au boulot,
ou d'en croiser en pleine ville en train de discuter, rire, faire la bise aux passants, à des amis,
d'en voir acheter des clopes, téléphoner, manger le midi dans une panaderia, même d'en voir aux toilettes publiques,
et de voir des hommes mais également un nombre non négligeable de femmes,
se comporter comme n'importe quel "citoyen" ...

constituent suffisamment de preuves à mes yeux de cette différence.

Ça ne vous suffit pas comme explication ?

Très bien.

Alors passons à la deuxième partie de l'explication :