vendredi 4 juin 2010

La guerre contre la vie avorte et ment

J'ai pu visionner récemment un film argentin intitulé « punto y aparte », qui présente le destin croisé de deux femmes un peu aprticulières.
L'une vivant dans les bidonvilles et ayant eu son enfant, l'autre petite bourgeoise des quartiers riches ayant avorté. En résumé, à la fin du film, la femme pauvre a cru en la vie et en Dieu ce qui l'a sauvé et lui a permis de s'en sortir, malgré qu'elle n'aie pas de travail, pas de maison, que son mari la batte, lui eut vendu son enfant sur le marché noir, avant de le récupérer. De l'autre, la bourgeoise a avorté et s'est donnée pour mission d'empêcher les autre de la faire dans son entourage devant le traumatisme que cela lui a causé, en invoquant elle aussi la puissance de Dieu, du pardon et de  l'amour. On ajoute que son petit ami se livrera rien de moins qu'à du harcellement pour entrainer sa compagne à avorter, avec succès.

Présenté comme ça, ça semble un poil culcul et certains dialogues du film rappellent presque les bons vieux sermons de la Très Sainte Mère l'Eglise Catholique qui Nous Sauvera Tous Amen.

A la fin, la pauvre se retrouve à aller faire le ménage dans la maison des riches. Justement ceux dont la fille est ce jour là en train d'accoucher, parce qu'elle a refusé d'avorter dans un acte de bravoure contre ses parents qui ont peur pour leur réputation. Fille qui est l'amie de l'autre bourgeoise qui elle a avorté et qui lui expliqué que « c'est pas bien »
En pour finir, écran final, sur fond noir :
« pertes de guerre nord-américaines » : guerre civile, guerre de Corée, guerre du Vietnam, etc … au total, un million de morts.
et en dessous :
« guerre contre les enfants non encore nés, depuis la légalisation de l'avortement aux Etats Unis en 1973 : 20 millions de morts ».

le problème c'est que ce film est construit de telle manière que si après la fin tu t'avises encore de défendre d'avortement tu es :
pour la « bonne réputation » et contre la l'auto détermination de soi
pour les riches et les blancs et contre les pauvres et les noirs
contre la vie, Dieu, et pour le machisme et l'oppression masculine et la mort
Bref tu es une ordure.

Après ça l'on ne peut que se remémorer ce passage à la clinique communautaire cubano-bolivienne de Riberalta.
Côté cubain, devant nous au dessus du bureau de la secrétaire, Fidel et le Che. « normal ».
Côté bolivien : une affiche : « le meilleur remède contre le Sida c'est l'abstinence. ». Signé en dessous USAID. Le préservatif est signé en dernière position.

Là où ça devient amusant c'est que c'est cette même agence américaine internationale pour le développement (USAID) est la même qui finance les mouvements séparatistes et coup d'étatistes au Venezuela comme en Bolivie. Il y a donc une continuité directe entre les pro vie et les pas pro-socialisme du XXIe siècle.
De la même manière, j'ai pu rencontrer ici des pasteurs évangélistes, tenant des propos à faire pâlir de rouge une avant garde  marxiste-léniniste, expliquant les méfaits du système capitaliste, de la destruction de l'environnement … glissant quand même que le changement c'est nous, chacun dans son foyer, la mère en éduquant ses enfants, le père par son autorité, et que le changement doit être individuel et SURTOUT PAS collectif. Evidemment.
On apprendra par d'autres sources qu'il y a dix ans ils faisaient leur mantras de la sauvegarde de la « démocratie » comme on l'entendait alors (déléguée et bi-partite). C'est l'intérêt de ce genre de groupes religieux, ils savent évoluer avec le vent là où l'Eglise catholique reste très rigide et pas vraiment « sexy ». Benoit XVI représente.

On en est donc là, dans un pays en révolution comme au Venezuela mais sur ce genre de question l'on ne travaille pas sur le même plan que chez nous.
Chez nous où lors des affrontements entre pro et anti avortement à Toulouse, les flics en sont à matraquer les pro avortements jusqu'à ouvrir le crâne à des militantes armées … de tomates.
Chez nous où désormais être gay et se faire des bisous devant une Eglise porte atteinte à la sûreté de l'Etat et aux bonnes moeurs des chastes âmes.
Chez nous où les opposants à l'avortement savent désormais se maquiller sous les groupes de conseils, via sites internet, numéro verts et savent également de mettre à l'écoute (en apparence du moins) d'une femme qui pense recourir à ce genre de pratique.

On ne va pas se jeter la pierre en permanence, mais il faut reconnaître que dans ce combat contre ce si lumineux obscurantisme des réactionnaires, on a tendance à toujours jouer ceux qui savent, ceux qui disent et qui font sans prendre en compte les gens qui vivent toutes ces oppressions, quelles soit capitaliste ou matri/patriarcale. A être de « bons » gauchistes quoi. Face à qui dire que l'avortement n'est pas juste un acte anodin range instantanément dans la catégories « connard de sexiste réactionnaire de droite ». j'exagère à peine.

Ici, là bas, on se demande qui est le plus avancé, enfin le plus conscientisé.






 Quand le bruit des tam-tam ne laisse pas entendre la plainte du pauvre
quand ceux qui n'ont pas de pain sont déjà en train de crier,
« Dieu s'en chargera »

Nous sommes semblables, nous ressemblons à ce que nous sommes
dans la manière de prier Dieu, de tromper Dieu, et la forme de tromper grâce à Dieu
Je veux l'égalité à l'école,  où les petit noir, indien et blanc apprennent le même « A »
Il n'y a pas d'égalité dans l'Eglise, car on peut y voir un homme assis sur une chaise avec son nom,
après avoir écrasé un autre homme, après avoir écrasé milles autres hommes.  
Voulant laver son âme et disant : « Dieu, pardonnez-moi »
 
quand le bruit des tam-tam ne laisse pas entendre la plainte du pauvre
quand ceux qui n'ont pas de pain sont déjà en train de crier,

« Dieu s'en chargera »
Quand cesserons nous donc d'être pauvres » (x2)

le Pape vint en Colombie. Le premier à lui baiser la main, ce fut un oligarque, Seigneur
et Camillo, le prêtre, celui qui ne trompait pas Dieu
dans une poche de sa soutane, un livre de Saint Thomas d'Aquin et dans l'autre, celle de gauche, un livre de Karl... Marx
Il cherchait l'égalité pour l'offrir à Dieu
« Pour une nouvelle société, sans collèges privés, sans grandes propriétés et sans patrons »

et Camillo, le prêtre, celui qui ne trompait pas Dieu
mourut seul, dévorés par les vers.Et savez-vous qui l'a tué ?
Ce fut celui-là même qui soutenait celui qui faisait le baisemain au pape
quand il descendit de son avion

quand le bruit des tam-tam ne laisse pas entendre la plainte du pauvre
quand ceux qui n'ont pas de pain se mettent à crier,
Leur Dieu, Mon Dieu, il s'en chargeront »


Ali Primera : « Dios se los cobre »


Note : Camillo fait référence au révolutionnaire Camillo Torres.

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