mercredi 27 janvier 2010

Les plus belles femmes du monde !



Note préalable : Oui le titre est aguicheur. Mais si vous venez ici pour des photos de nenettes à poil, ou presque, c'est raté. Mais alors complètement.
Je tente juste une expérience pour mesurer à quel degré les lecteurs de blogs sont à la recherche d'information saine. J'ai peur de regarder prochainement les statistiques. 

Il paraitrait que les femmes du venezuela  sont très jolies, voire les plus jolies au monde.
Il paraitrait qu'elles sont calientes (chaudes bouillantes)
Il est vrai qu'ici on ne refuse pas les marques d'affection physiques prononcées, y compris entre bon-ne-s ami-e-s.
Il est tout aussi vrai que le genre féminin ici attaque une large importance à la question de l'apparence physique.
Et qu'étant donné la chaleur, les tenues sont plutôt légères et transparentes.

Mais comment vous parler des femme sans parler de féminisme.
Et plus précisément de l'oppression machiste, qui a peu de chose en commun avec les relous européens.

Je pourrais vous décrire comment des amies vénézueliennes se font siffler continuellement dans la rue, sans que cela leur pose problème, selon leurs dires à eux et à elles.
Comment il faut être extrêmement doux, être un "caballero", un gentlemen, avec elles parce qu'elles ont moins de force et qu'on risque de les blesser si on leur serre la main tu comprends, et si tu refuses de considérer l'inégalité naturelle de condition de puissance, c'est toi le macho.
les même caballeros qui dansent avec elles le reggeaton qui s'apparente, vu de l'extérieur, à une meute de chien gesticulant du bassin autour d'un morceau de viande.
Vu de l'intérieur, on danse et on s'amuse me disent les amies d'ici.

On m'explique comment elles doivent être belles, toutes, qu'elles le veuillent ou non, à tout âge.


Avec les salons de manucure et de beauté plus nombreux que nos boulangeries.
Tellement belles qu'elles se voient dans l'intérêt évident pour leur image de s'afficher.
Les stéréotypes des mannequins toujours blanches, toujours parfaites, toujours anorexiques. 
Qui sert à vendre tout et n'importe quoi, le plus n'importe quoi étant la bière ...



A moins que ce soit un amendement constitutionnel :

Et puis les miss, du village, de la ville, du pays, du monde, voire l'univers.
Une industrie de la beauté "parfaite" et cela commence dès le plus jeune âge.
Avec son corolaire, l'industrie du bistouri comme la nomme certains, la chirurgie esthétique de 7 à 77 ans. Le débouché numéro des écoles de médecine. A tel point qu'il n'y a plus assez de pédiatres, osthéopathes ou chirurgiens ...
Il y a cet aspect-là indéniable. Ce culte de la beauté.

Mais les femmes du Venezuela sont surtout des femmes qui en ont. Qui tiennent la rampe.
Dans ce processus ?
Les hommes occupent toujours la large majorité des postes de pouvoir, même si cela tend à évoluer progressivement avec le processus.
Mais ce sont les femmes qui sont majoritaires dans les conseils communaux, dans les missions socialistes, dans les programmes gouvernements, elles sont omniprésentes partout.
Sans elles, il n'y a pas de processus révolutionnaire.

Au delà, la femme tient les rênes, car elle tient la famille, c'est elle qui éduque, souvent parce qu'elle a eu un enfant d'une homme parti le lendemain même de la rencontre.
Le plus souvent en fait c'est 5 ou 6 enfants. Les premiers dès 14 ou 15 ans.
Le lien familial est beaucoup plus fort que dans nos pays "civilisés". Et vu la crise du logement, les étudiants restent le plus souvent chez leurs parents jusqu'à la fin de leurs études, voire même après.

En fait, on pourrait parler de société machiste ET matriarcale. Avec des contradictions à la pelle.
De fervents socialistes se retrouvent être aussi de fervents opposants à l'avortement.
Car le socialisme / christianisme c'est la vie et l'avortement c'est la mort.
Et cela est une idée partagée très largement, y compris par de nombreuses femmes.

C'est ça, ce pays, une omniprésence de la femme mais une acceptation, au moins en public, de cette oppression permanente, d'être en permanence symboliquement ou physiquement ramenée à moins qu'un homme. Une intériorisation de sa supposée condition inférieure.
Sans oublier les questions des violences conjugales, encore plus répandues que monnaie courante.

Vous vous moquez ? Vous pensez qu'ils ont loupé une phase de leur révolution prétendument "socialiste" ?

Allons mes amis. Nous avons attendus un siècle et demi après notre révolution pour accorder le droit de vote à nos citoyennes. Il y a encore 40 ans, avorter était illégal.  Et aujourd'hui le président est en train de massacrer le Planning Familial en coupant toutes ses subventions. et utilise généreusement l'image de la beauté féminine exotique comme argument de vente électoral (Rachida Rama Fadela Etcetera)
Et dans combien de familles aujourd'hui c'est toujours la femme qui cuisine, qui fait le ménage, et l'homme avec sa bière devant le match de foot ? Oui les moeurs évoluent, mais lentement.
Sans oublier qu'une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son mari. Et qu'une femme gagne, à qualification égale, 80% du salaire d'un homme. En 2010 en France, pays "civilisé".

Ici la révolution a à peine plus de dix ans.
Il existe un ministère de la Femme et de l'Egalité des genres né il y a un an.
Et des ministres femmes, à la communication, aux populations indigènes, ...
Il existe une loi organique sur les droits de la femme à une vie libre de violence votée en 2007, bien que très partiellement appliquée.
Et on a un président qui clame à l'envie : "la révolution sera féministe ou ne sera pas".

Sachez également que le féminisme au Venezuela a d'abord été un thème porté par les classes moyennes et aisées, et contre le processus bolivarien. Et qu'il a fallu tout un travail de dé-construction et de ré-appropriation pour que féminisme et socialisme ne soient plus opposés et les classes populaires s'emparent de cette thématique dans le cadre de la Révolution Bolivarienne. Aujourd'hui c'est chose faite.

Maintenant, vous êtes peut être un peu mieux préparés à prendre un choc frontal :
Ou vous allez pouvoir apprécier les notions d'honneur, de bonne réputation, et comprendre comment la femme peut être désignée responsable de son propre viol, puisque "c'est elle qui séduit."
Les droits des femmes dans l'actuel code pénal vénézuelien.

Extraits : 
Article 378.2 “L’acte charnel effectué avec une femme de plus de 16 ans et moins de 21 ans avec son consentement, est passible de peine s’il y a eu séduction avec promesse matrimoniale et si la femme est réputée honnête. Au quel cas, la peine sera de six mois à un an de prison.”
Article 385.2 : “Quand un des délits prévus à cet article et les articles antérieurs (ndt : séquestration), est commis avec la seule fin de mariage, la peine de prison pourra s’appliquer avec sursis”. 

Ca fait peur, ce genre de chose. vraiment. et ce n'est qu'un extrait.

J'ai même rencontré des femmes ici, des vraies révolutionnaires accomplies, à qui cela ne posait pas de problème. Sans parler des hommes ...

Et puis on se rassure en voyant circuler dans la rue et les communautés ce genre de textes : 
"Il y a cent ans, le français Charles Fourier, l’un des grands annonciateurs des idéaux socialistes, a écrit ces mots mémorables : « dans chaque société, le degré de l’émancipation des femmes est la mesure naturelle du degré de l’émancipation générale. » Ceci est parfaitement vrai pour la société actuelle. La lutte de masse actuelle pour l’égalité des droits politiques des femmes est une des expressions et une partie de la lutte de libération générale du prolétariat. En cela réside sa force et son avenir. Le suffrage universel, égal et direct comprenant les femmes, ferait - grâce au prolétariat féminin - considérablement avancer et intensifierait la lutte de classe du prolétariat. C’est la raison pour laquelle la société bourgeoise craint le droit des vote des femmes, et c’est pourquoi nous le voulons et nous l’obtiendrons. En luttant pour le suffrage féminin, nous rapprocherons aussi l’heure où la société actuelle tombera en ruines sous les coups de marteau du prolétariat révolutionnaire.
Rosa Luxemburg, 

  Die Gleichheit, 8 mars 1912.
"La femme qui s'organise ne repasse pas les chemises !"

Sur le mur sur le chemin pour aller au travail tous les matins je vois ce graffiti.
Et une fois encore, ça me redonne confiance en ce peuple. Ils n'ont nul besoin de nous. Les cercles de femmes commencent à émerger, un campamento international de las mujeres (forum international des femmes) s'est tenu il y a peu. Et c'est comme tout, ca avance doucement.

NB : pour creuser la question sur les droits des femmes dans les processus révolutionnaires en Amérique Latine : Nicaragua : le Front Sandiniste et les droits de la femme

3 commentaires:

Cici a dit…

J'entends bien tout ce que tu dis sur la "beauferie" de Noël ou le machisme. Je saisis bien que ça n'enlève rien à l'entièreté du processus révolutionnaire, que on en fait pas la moitié etc. etc.

Mais en quoi faudrait-il pour autant faire profil bas et traîner la culpabilité occidentale ? Enfin, si on est pas d'accord avec le machisme, la religion ou la sacro-sainte famille, on peut le faire remarquer sans pour autant être un sale intelectuel élitiste occidental bourgeois toussa toussa, non ?

(Je penses bien que ton propos ne va pas dans ce sens, mais y'a des moments c'est peut-être un poil maladroit et peut être mal interprété.)

En gros, si au niveau moeurs un est plus révolutionnaire en occident (ce qui de mon point de vue semble être le cas) c'est pas parcequ'on est à la ramasse sur le reste qu'il faut s'autoflageller. L'avantage comparatif, ça te parle ? ;)

Bref, ils n'ont pas besoin de nous je n'en doute pas. Mais est-ce que justement là où ils nous apportent une démonstration de la possibilité du socialisme, une envie, un optimise, une effervecense et pleisn d'autres trucs, on ne pourrait pas apporter la remise en cause des "valeurs" tradditionnelles que sont le sexisme, la famille, la religion...

Et ainsi nous avancerons tous au plus vite vers le socialisme du XXIe siècle et d'au-delà ;).

(tout ça pour dire que non, je me la fermerais pas, jamais, pour quelque raison que ce soit XD)

P.S : et cette obsession de la pseudo-beauté me terrifie...

Greg a dit…

je sais bien que quand tu commence à commenter tu ne t'arretes plus. Pour cette fois je donne quelques précisions l'article étant un peu bâclé.

c'est toujours la meme idée de colonialisme intellectuel. Ils ont beau puer le patriarcat à plein nez, ils ont une loi pour défendre les droits des femmes battues, bien plus avancées que nous. Donc là non plus, difficile de donner les leçons, surtout que les femmmes elles memes légitiment cet ordre des choses.

Justement, je suis pas certain qu'au niveau des moeurs ce soit si révolutionnaires.

La famille a un rôle toujours ambivalent : elle cimente. Elle enferme mais protège. Ici, elle protège actuellement plus qu'elle n'enferme.

et puis la religion, j'en dirais un mot très bientot. mais bon tu a dû entendre parler de la théologie de la libération et des pretres ouvriers...

Anonyme a dit…

"Les femmes vénézueliennes seraient les plus belles femmes du monde". C'est marrant, aucune des "jolies femmes" qui figurent en string sur ces photos de pubs n'ont l'air vénézuéliennes...
Celles qui le sont en revanche (photo avec le gamin en laisse) ne sont pas franchement canons.

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