mercredi 7 avril 2010

Y a-t-il aussi aussi des anges pour les cocos ?

Je pose juste la question. Sans tenter d’y répondre.
Suis je coatché depuis mon entrée en Bolivie par un ange qui veut du bien ma stalino-bolchévique de personne ?
Sachant que je n'ai absolument rien fait (ou presque) pour me retrouver dans telle situation
A part peindre des façades aux couleurs du Movimiento Al Socialismo (MAS) de nuit, perché sur des murs en équilibre plus que précaire, engendrant une teinte blanchâtre de mes guêtres, ce qui ne changeant pas la couleur fondamentale de mes chemises blanches mais quand même si.

Et à part être tombé dans l'ONG la moins ONG et la plus révolutionnaire qu'on puisse trouver et c'est tant mieux ...

Je ne crois pas vraiment aux coïncidences. Ni au destin. Ni en dieu. A peine en Marx.

Toujours est il que sur trois semaines consécutives :

lundi,

Au resto, je rencontre Roberto Ribera, l'écrivain le plus célèbre de Santa Cruz, bien qu'il soit socialiste (pas un avantage là bas), qui me demande de prendre dans mes bagages le manuscrit de la traduction en français de son bouquin, un roman érotique dont la toile de fond est l'expérience « pré socialiste » des missions jésuites à Chiquitos au XVIIIe siècle, en Bolivie, puis de lui trouver un éditeur en Europe. Roberto qui se trouve être un vieux de 50 balais bien déluré et délirant et doté d'une grande culture et finesse de vue sur son pays et qui partage ma table au resto depuis.

mardi,

toujours au même resto, je fait connaissance avec Freddy Bersatti, le sénateur local du Movimiento al Socialismo (MAS) en visite dans la ville, avec qui je converse un brin ainsi que reçoit sa carte de visite avec son numéro de téléphone personnel, pour l'appeler le lendemain pour connaître l'heure de départ …

mercredi,

… de la caravane/manifestation. Je n'en ai pas eu besoin, on la voyait de loin. Ce fut la plus grande jamais vue dans la ville, 3 km continus de motos et camionnettes aux couleurs du MAS. Genre arriver pour la première fois en France pendant les grandes grèves du CPE. Historique. Et pour clore la journée un discours de Jessica Jordan, candidate aux élections régionales, qui je rappelle pour ceux qui n'ont pas suivi, est accessoirement Miss Bolivie 2005.

jeudi

Au restaurant une fois de plus, cette fois je suis seul. le sénateur est de nouveau là arrive et vient s'asseoir spontanément à ma table et me conte son désir d'aller planter des choux et traire les vaches, ce que je vous ai déjà raconté antérieurement : « tailler un costard sous les tropiques »

vendredi

Nouvelle manifestation, un peu moins grande que la précédente mais marquée tout de même. Cette fois sont présents Jessica Jordan qui arrivera à pleurer dans son discours au moment où elle dénonce « mais qu'ont ils fait pendant 20, 30 50 ans ces voleurs, ces corrompus, qui ont pillé notre région, qu'ont ils fait le monde, n'ont ils aucune honte ? »
Avec cette fois la présence notable de Alvaro Garcia Linera, vice president de l'Etat plurinational de Bolivie le François Fillon local, avec quelques différences soit qu'il est leader du moument vers le socialisme, qu'il tout aussi populaire et élu que le président et que c'est un orateur hors pair donnant des discours qui font mouche tels que « les choses ici sont simples, il y a 5 familles dans cette ville qui ont tout, argent, pouvoir, terres,  entreprises, et la population qu'il n'y a rien, ni eau courante, ni électricité, ni routes. La même population qui leur a fait confiance pendant trop longtemps. Ce temps là est désormais fini ». Et le pire c'est qu'il a raison.

dimanche

journée des élections régionales et locales. Au terme desquelles le MAS confirme son ancrage national, gagne de nouvelles régions. Et où le candidat à la mairie de Riberalta Mauro Cambero gagne. C'est précisément lui qui a été porté par les membres Organisés mais Non Gouvernementaux de l'institut où je suis travailleur volontaire.

mardi

Le score de la candidate aux régionales, Jessica Jordan reste en ballotage, il y a eu des fraudes de l'opposition dans la ville de Trinidad, et donc, vu le faible écart de votes, elle a des chances de gagner au final, en grande partie par les nombreux votes de Riberalta en sa faveur. Je suis donc tombé dans la plus révolutionnaire des villes de toute la media luna, ces 4 provinces d'opposition, en Bolivie. Au travail, vient me saluer Edmundo, celui qui m'a accueilli à l'institut (IPHAE) et m'a accompgné durant les premières semaines, accessoirement conseiller de campagne de Mauro, qui est le père d'une autre collègue à IPHAE. Edmundo qui me dit assez ému  : « tu sais que tu viens de voir quelque chose d'historique. Tu réalise que tu viens de voir l'histoire en marche ». J'ai du mal à répondre.

mercredi

On ne sait toujours pas si Jessica a gagné. En attendant c'est le président de la république, Evo Morales qui vient faire un tour et féliciter Mauro pour sa victoire. Évidemment tous les gens d'IPHAE sont invités. Je suis de la fête. Au dernier moment il annule, n'étant pas sûr des résultats de demoiselle Jordan. Ca ne fera que la 4e fois en deux semaines qu'il s'annonce sans venir. Ainsi va la Bolivie. On l'annonce apparemment pour la fin de semaine. Il finira par venir. Evidemment.

Maintenant sachant que

du 20 au 22 avril va se tenir l'évènement le plus important pour le monde non civilisé depuis le forum social mondial de porto allegre. Le point fondateur du post altermondialisme.

et j'exagere à peine,

conférence mondiale des peuples pour la lutte contre le changement climatique, CMPCC
à Cochabamba,
10 000 personnes attendues, bien plus seront là, des présidents, donc Evo Morales et peut être Hugo Chavez, depuis son remarqué « si le climat était une banque, il l'auraient déjà sauvé » devant els mouvements sociaux, à Copenhague, et bien d'autres, des grandes figures littéraires latino américaines comme Eduardo Galeano sans oublier accessoirement et surtout la présence de délégation de plus de 50 pays et de très nombreux (un petit millier) mouvements sociaux de défense de l'environnement (et non des « écologistes ») des pays du Sud


J'en déduis donc que


ou alors quelque chose de très particulier se passe dans ce pays,
et qu'il y a une sorte de magie sur ce continent.

ou par courbe ascendante de type exponentielle, telle que sont apprises les modélisations économiques à l'Université Toulouse 1, que ce sera mathématiquement la révolution en France en rentrant.

Ou alors troisième option non exclusive : j'ai une chance de cocu.
Ce qui est peu probable vu que je suis pour l'heure célibataire.


On s'y croirait
Presque.


En attendant je trimballe toujours ma tourista.
J'ai mal au ventre.
C'en serait presque tragique.
Presque.

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