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lundi 1 février 2010

Vous l'avez tous vu et lu ...


Hein que vous l'avez tous vu cette vidéo !!!

Cette déclaration fracassante que même la droite décomplexée ose pas chez nous.

Quoi, vous me dites?

que chavez aurait dit que les Usa auraient déclenché le séisme en haiti à l'aide d'une arme ultra secrète ?

Mouimouimoui,

Décidément, le Parti de la Presse et de l'Argent (soit en langage courant les "médias dominants") a une fâcheuse tendance à tout oser.

Donc, non désolé, mais keud, niet, nana, rien, c'est juste un mensonge de plus, basé sur le principe :"plus c'est gros plus ça passe". D'ailleurs j'ai écrit un super, génial, youpi tout bien article là dessus.

Jugez plutôt :

Le PPA déclare la guerre à la nouvelle « conspiration chaviste » !

 
Bon au delà de la conséquence directe, à savoir après l'avoir fait passé pour dictateur totalitaire, de transformer Chavez en un fou paranoiaque, justifiant tous les moyens "médicaux"

Surtout ça permet de ne pas s'informer correctement.

Ainsi en est cette vidéo, que vous n'avez pas vue.

Ou sur une chaine que l'on croyait fermée depuis 2007 sur décision du Méchant Rouge, l'on a pu voir il y a quinze jours un leader de l'opposition, accessoirement directeur du patronat local (allez comprendre cette coïncidence !)

"La solutions aux problèmes au Venezuela, est une solution militaire"

Et pour les journalistes au Monde, au JDD, au Figaro, au Post qui recoupent les sources, la vidéo est ici (à 2min 40 environ) : http://www.youtube.com/watch?v=J_5MxTBSVms

Et il en rajoute : dans les commerces, l'industrie, la rue etc... Et le journaliste : "vous êtes liberté d'en penser ce que vous voulez, mais moi je suis d'accord"

What's the matter ? oh, c'est juste la préparation d'un nouveau coup d'Etat.

Le mieux pour le juger c'est de lire la presse (qui comme tout le monde le sait n'est pas libre) surtout celle d'opposition.


On l'on apprend des choses intéressantes, comme cette chaine de télévision, RCTV, déjà fermée en 2007, qui est refermée en 2010. Oui parce qu'elle était fermée mais juste sur le hertzien, elle était toujours visible sur le câble et le satellite.
Oui je sais on vous l'a pas dit, dommage.
Le sort s'acharne contre ces pauvres journalistes racistes, classistes, qui ont entre autre pu appeler à l'assassinat du président de la république et participer activement à un coup d'Etat en 2002.

Oui RCTV la chaine symbole de la liberté d'expression c'est ça.

Aujourd'hui, la CONATEL (le CSA vénézuelien) l'a sanctionné d'une mesure de suspension temporaire, pour non respect de la loi. C'est comme si TF1 décidait de diffuser du porno à la place des dessins animés pour enfant, refusait de mettre les logo pour la vigilance d'âge et refusait de diffuser les interventions présidentielles. Ici ce sont des "atteintes à la liberté"

Évidemment il suffit à RCTV de se remettre dans le cadre de la loi pour pouvoir émettre à nouveau. Mais à quoi ça leur servirait ?

Puisque depuis l'annonce de cette mesure, les ETUDIANTS SONT DANS LA RUE !
Bon en fait, sont pas super nombreux. On m'a parlé de manifestation quotidienne grossissant de jour en jour.
je n'ai pu dénicher dans tout l'est de Caracas qu'un misérable groupe à un Carrefour, distribuant des tracts dénonçant les "cadeaux" (partenariat économiques bilatéraux) du Venezuela avec Cuba, le Nicaragua, la Bolivie, et le pire de tous : un programme pour alimenter en électricité Haiti !


Le groupe c'était "Voluntad popular", soit une organisation qui vient dans les conseils communaux, avec pour objectif de discréditer les réalisations du processus, notamment les missions, et pour ficher les personnes ce qui a pour conséquence que des mafias ou groupes paramilitaires récupèrent ces infos et qu'il arrive des choses fâcheuses aux membres du conseil communal.
Quoi des fascistes ? Allons ! des militants de liberté et des droits de l'homme !

Bon, les étudiants (de droite) manifestent, ils sont largement moins nombreux qu'en 2007, mais ils suivent la même technique : groupes violents extrêmes (droite) qui provoquent la police, qui même ici, reste police, et qui donc réprime les étudiants qu'elle a devant eux, les gentils fils de classe moyenne amoureux de la liberté, qui comprennent pas ce qu'il leur arrive à part qu'un gouvernement les matraque et qui hurlent à la dictature. Le principe permet de déclencher du chaos générale et de mobiliser contre la répression.

Y a même déjà eu des morts !

Enfin, pas (encore) des étudiants d'opposition.
Non, juste deux étudiants chavistes, qui manifestaient POUR la fermeture, oui parce qu'il y en a qui ont le toupet de défendre les restriction à la liberté d'expression, c'est normal d'en subir les conséquences non ? 
2 étudiants dont un membre du PSUV tués à Mérida par des tireurs isolés, dont on ne sait ni qui ils sont, ni ce qu'ils font. Soit ce qu'on pourrait appeler des paramilitaires. Aucune preuve bien sûr.

Bien sûr, ceux-là ne seront pas retenus comme héros de la liberté. Par contre si un étudiant de l'opposition se fait buter ...ça risque de chauffer dur dans les facultés. Remarque ça chauffe déjà.
Résumons donc
Situation économique difficile : économies d'énergies forcées, ré-évalutation de la monnaie, crise mondiale.
Situation politique : des chavistes toujours aussi forts (55 à  65%) et une opposition fractionnée sans projet, sans leader,
Situation du patronat : prêt à une "solution militaire".
Situation des étudiants anti chavistes : dans la rue, avec la haine, comme toujours.
Situation des Etats-Unis : en cours de reprise en main de l'Amérique Latine.
Honduras : dictateur légitimé.
Haiti : en cours d'occupation avec des forces militaires à peine 4 fois inférieure à l'Afghnistan (20 000). Venezuela : survol régulier de bombardiers militaires en toute illégalité.

Je dis ça comme ça, mais vous le sentez à présent le climat du coup d'Etat qui va tenter de se jouer dans l'année ?

Oh, n'ayez crainte, tous le monde ici s'en rend compte, et croyez-le bien, ils ne laisseront pas faire, au sommet comme à la base. On peut leur faire confiance sur ce point, ils en ont déjà fait échouer au moins trois tentative.
Et puisque ce qui ne tue pas une révolution la rend plus forte ...


mardi 5 janvier 2010

La mémoire dans la peau (brune)



Reportage de Vive.

Le programme : « Prohibido Olvidar » (interdiction d'oublier) traite des luttes et de la répression politique avant le processus.



Je vous parlait il y a peu du massacre de Cantaura.


Là il s'agit d'un militant qui a été persécuté, parce qu'il appartenait au même parti que celui de guérilleros, le Parti communiste du Venezuela entré en clandestinité au début des années 60. La guérilla ne touchait pas tout le monde, puisque pour abandonner identité, lien de famille, pour aller vivre dans la forêt et être prêt à donner sa vie pour changer la société, il fallait déjà être pas mal armé.

Lui était juste militant ce qui ne l'a pas empêché de subir un traitement « adapté » de la part des autorités d'alors. Torture, isolement, ... Il y a survécu. Il est mort de vieillesse en 2008.

Vive TV lui consacre cet hommage réalisé début 2009, avec témoignage de membres de la famille, de proches.


L'une des personnes interrogée est une de ses petite-fille. Elle raconte ce jour où son grand père l'avait trouvé en train de se disputer avec son frère, pour qui allait manger un pot de lait en poudre. Le grand père les a calmé et leur a appris à partager la nourriture ensemble "là où une personne peut manger, il y en a pour tout le monde" disait-il. Elle parle du legs de la solidarité, de l'union, du lien familial.


La petite-fille en question, elle s'appelle Betzany Guezdes.


Elle fait partie depuis 3 mois de l'école latino-américaine de formation audiovisuelle en cinéma et télévision.

La formation intégrale à Vive TV quoi.

Dans moins de 6 mois elle sera productrice intégrale de Vive, elle réalisera des programmes complets dans tout le pays sur le processus révolutionnaire.


A VIVE, son bureau est juste à côté du mien



mardi 6 octobre 2009

El Niño le révolutionnaire

C'est un homme âgé, la soixantaine mais il en parait plus.
Pas l'air très costaud, mais pas non plus faible, il se tient droit et est souriant.

Il a un T-shirt et une casquette rouge, mais pas avec un portrait de Chavez, un logo du PSUV (parti socialiste vénézuelien)
Poder parroquial. Pouvoir du quartier.

La discussion commence en demandant mon prénom et d'où je viens.
Je lui donne et demande le sien.

Il s'appelle Manuel mais tout le monde l'appelle El Niño dans la communauté. pourquoi ?
"Parce que quand j'étais petit, j'étais pas bien grand et puis j'ai grandit mais c'est resté comme ça qu'on m'appelle"

Et puis nous commençons à parler de son quartier.

Il me raconte qu'il est né dans ce quartier et y a toujours vécu.
Il a vu la grande misère, les personnes qui criait "santa madre de dios" implorant le ciel pour avoir quelque chose à manger.

Et puis il me dit qu'il était là le jour où s'est réunit le premier conseil communal.
Grande émotion. Il l'a vu, ce premier conseil se réunir.
Il a vu arriver la caravane de Barrio Adentro procurant les soins médicaux gratuits.
Et puis il a participé à la mise en place de l'école d'architecture populaire. Le matin les cours dans la tente à quelque mètres de nous et l'après midi aux chantiers.
Et il a une lueur dans les yeux quand il me dit ça.
Et ce n'est pas de l'orgueil.

Je fais alors une réflexion symptomatique de la situation :
"Je regarde autour de moi, tout ce qui parait à l'extrême dénuement, mais quand je t'entends, j'ai l'impression qu'il n'y a pas de pauvreté."

Il sourit et me dit "non il n'y a pas de pauvre ici, il n'y a que des révolutionnaires".



Et puis je regarde autour de moi "émerveillé", ces maisons qui devaient tomber et qui tiennent parce qu'un habitant à eu un prêt de l'Etat et que le Conseil Communal a utilisé les fonds pour empêcher une partie du quartier de s'effondrer.

Je regarde ces tas de taules, de planches et de terre qui vont servir à construire des maisons, en dur pour ceux qui vivent dans les zones à risque.



Je lui fait part de mon admiration pour leur force à tous.

"ce n'est pas de la force, ni du courage, hombre, c'est de l'amour et c'est ainsi qu'on fait une révolution"

Il y avait de fierté dans ses yeux.

Chaque fois que je me méprenais à dire "tu" il me regardais et je me reprenais en mettant au pluriel du "nous".
"Je n'ai rien fait moi ici, juste aidé comme je peux, c'est la communauté dans son ensemble qui a tout fait".

Et puis on a continué à parler un peu, notre discussion se concluant sur un "Mais la révolution ça n'est pas finit ! Dans deux ans on aura les résultats de Barrio Nuevo, mais c'est pas terminé, toujours "un paso adelante" mimant un saut dans le ravin qui jouxtait la place.



On s'est quitté ainsi.

j'ai aussi croisé d'autres habitants du quartier dont une m'a appris que Blanca Eeckhout a grandi dans ce barrio.

Blanca qui est la ministre de la communication et la présidente de Vive TV.