Affichage des articles dont le libellé est antichavisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est antichavisme. Afficher tous les articles

lundi 1 février 2010

Vous l'avez tous vu et lu ...


Hein que vous l'avez tous vu cette vidéo !!!

Cette déclaration fracassante que même la droite décomplexée ose pas chez nous.

Quoi, vous me dites?

que chavez aurait dit que les Usa auraient déclenché le séisme en haiti à l'aide d'une arme ultra secrète ?

Mouimouimoui,

Décidément, le Parti de la Presse et de l'Argent (soit en langage courant les "médias dominants") a une fâcheuse tendance à tout oser.

Donc, non désolé, mais keud, niet, nana, rien, c'est juste un mensonge de plus, basé sur le principe :"plus c'est gros plus ça passe". D'ailleurs j'ai écrit un super, génial, youpi tout bien article là dessus.

Jugez plutôt :

Le PPA déclare la guerre à la nouvelle « conspiration chaviste » !

 
Bon au delà de la conséquence directe, à savoir après l'avoir fait passé pour dictateur totalitaire, de transformer Chavez en un fou paranoiaque, justifiant tous les moyens "médicaux"

Surtout ça permet de ne pas s'informer correctement.

Ainsi en est cette vidéo, que vous n'avez pas vue.

Ou sur une chaine que l'on croyait fermée depuis 2007 sur décision du Méchant Rouge, l'on a pu voir il y a quinze jours un leader de l'opposition, accessoirement directeur du patronat local (allez comprendre cette coïncidence !)

"La solutions aux problèmes au Venezuela, est une solution militaire"

Et pour les journalistes au Monde, au JDD, au Figaro, au Post qui recoupent les sources, la vidéo est ici (à 2min 40 environ) : http://www.youtube.com/watch?v=J_5MxTBSVms

Et il en rajoute : dans les commerces, l'industrie, la rue etc... Et le journaliste : "vous êtes liberté d'en penser ce que vous voulez, mais moi je suis d'accord"

What's the matter ? oh, c'est juste la préparation d'un nouveau coup d'Etat.

Le mieux pour le juger c'est de lire la presse (qui comme tout le monde le sait n'est pas libre) surtout celle d'opposition.


On l'on apprend des choses intéressantes, comme cette chaine de télévision, RCTV, déjà fermée en 2007, qui est refermée en 2010. Oui parce qu'elle était fermée mais juste sur le hertzien, elle était toujours visible sur le câble et le satellite.
Oui je sais on vous l'a pas dit, dommage.
Le sort s'acharne contre ces pauvres journalistes racistes, classistes, qui ont entre autre pu appeler à l'assassinat du président de la république et participer activement à un coup d'Etat en 2002.

Oui RCTV la chaine symbole de la liberté d'expression c'est ça.

Aujourd'hui, la CONATEL (le CSA vénézuelien) l'a sanctionné d'une mesure de suspension temporaire, pour non respect de la loi. C'est comme si TF1 décidait de diffuser du porno à la place des dessins animés pour enfant, refusait de mettre les logo pour la vigilance d'âge et refusait de diffuser les interventions présidentielles. Ici ce sont des "atteintes à la liberté"

Évidemment il suffit à RCTV de se remettre dans le cadre de la loi pour pouvoir émettre à nouveau. Mais à quoi ça leur servirait ?

Puisque depuis l'annonce de cette mesure, les ETUDIANTS SONT DANS LA RUE !
Bon en fait, sont pas super nombreux. On m'a parlé de manifestation quotidienne grossissant de jour en jour.
je n'ai pu dénicher dans tout l'est de Caracas qu'un misérable groupe à un Carrefour, distribuant des tracts dénonçant les "cadeaux" (partenariat économiques bilatéraux) du Venezuela avec Cuba, le Nicaragua, la Bolivie, et le pire de tous : un programme pour alimenter en électricité Haiti !


Le groupe c'était "Voluntad popular", soit une organisation qui vient dans les conseils communaux, avec pour objectif de discréditer les réalisations du processus, notamment les missions, et pour ficher les personnes ce qui a pour conséquence que des mafias ou groupes paramilitaires récupèrent ces infos et qu'il arrive des choses fâcheuses aux membres du conseil communal.
Quoi des fascistes ? Allons ! des militants de liberté et des droits de l'homme !

Bon, les étudiants (de droite) manifestent, ils sont largement moins nombreux qu'en 2007, mais ils suivent la même technique : groupes violents extrêmes (droite) qui provoquent la police, qui même ici, reste police, et qui donc réprime les étudiants qu'elle a devant eux, les gentils fils de classe moyenne amoureux de la liberté, qui comprennent pas ce qu'il leur arrive à part qu'un gouvernement les matraque et qui hurlent à la dictature. Le principe permet de déclencher du chaos générale et de mobiliser contre la répression.

Y a même déjà eu des morts !

Enfin, pas (encore) des étudiants d'opposition.
Non, juste deux étudiants chavistes, qui manifestaient POUR la fermeture, oui parce qu'il y en a qui ont le toupet de défendre les restriction à la liberté d'expression, c'est normal d'en subir les conséquences non ? 
2 étudiants dont un membre du PSUV tués à Mérida par des tireurs isolés, dont on ne sait ni qui ils sont, ni ce qu'ils font. Soit ce qu'on pourrait appeler des paramilitaires. Aucune preuve bien sûr.

Bien sûr, ceux-là ne seront pas retenus comme héros de la liberté. Par contre si un étudiant de l'opposition se fait buter ...ça risque de chauffer dur dans les facultés. Remarque ça chauffe déjà.
Résumons donc
Situation économique difficile : économies d'énergies forcées, ré-évalutation de la monnaie, crise mondiale.
Situation politique : des chavistes toujours aussi forts (55 à  65%) et une opposition fractionnée sans projet, sans leader,
Situation du patronat : prêt à une "solution militaire".
Situation des étudiants anti chavistes : dans la rue, avec la haine, comme toujours.
Situation des Etats-Unis : en cours de reprise en main de l'Amérique Latine.
Honduras : dictateur légitimé.
Haiti : en cours d'occupation avec des forces militaires à peine 4 fois inférieure à l'Afghnistan (20 000). Venezuela : survol régulier de bombardiers militaires en toute illégalité.

Je dis ça comme ça, mais vous le sentez à présent le climat du coup d'Etat qui va tenter de se jouer dans l'année ?

Oh, n'ayez crainte, tous le monde ici s'en rend compte, et croyez-le bien, ils ne laisseront pas faire, au sommet comme à la base. On peut leur faire confiance sur ce point, ils en ont déjà fait échouer au moins trois tentative.
Et puisque ce qui ne tue pas une révolution la rend plus forte ...


mercredi 16 décembre 2009

Noticiero Globovision


Je suis sur la chaine de télévision privée Globovision.
Un JT, un simple JT, dont j'ai pris la peine de vous le retranscrire quasi en temps réel.

Générique. Un homme, une femme, blancs por supuesto. c'est parti.

Le journal commence : le présentateur présente ... le dernier écran plat Cyber Lux, disponible partout, dans toutes les tailles, cyber lux, le mieux pour voir son match de base ball en haute qualité .. »

Retour plateau.

Premier sujet : les banquiers emprisonnés pour malversations financières. Trois d'entre eux ont obtenu la liberté conditionnelle : images en direct à la sortie de la prison de Yaré, où ils se trouvaient, avec un petit groupe de militants d'opposition et zoom sur les larmes des pauvre banquiers enfin libérés. Le zoom reste une bonne minute avec voix off « comme vous le voyez, leurs souffrances ont été terribles ». On n'en saura pas plus ni sur les origines, les causes.


Sujet suivant.

2 étudiants assassinés dans l'État de Tachira. La chaine « relaye » un appel à la grève générale dans l'État. « les étudiants et les travailleurs unis pour dénoncer ce crime odieux et exigent que le gouvernement commence à enquêter ».


Puis le dossier spécial sur la tragédie de Vargas. 10 ans déjà qu'une catastrophe naturelle à secoué cet État du Venezuela avec des centaines de milliers de sans abris. Reportage sur place avec un journaliste qui arpente les débris des habitations : « nous y voilà, 10 ans après c'est comme si c'était hier. La douleur, les témoignages ... » flash et en musique (triste soit dit en passant) livre les témoignages, de pauvres gens restés là, qui « depuis tout ce temps, on n'a rien vu venir, on souffre, et on a finalement décidé de s'organiser. » On ne les entendra pas plus puisque leurs paroles sont coupées par le « reporter » qui commente alors qu'on les voit parler sans son.

Retour reporter : « comme vous le voyez, rien n'a changé, rien n'a été fait la le Gouvernement, ici c'est toujours la misère, les souffrances, les témoignages » et retour sur les trois même témoignages que le « reporter » a eu le temps de recueillir. Et puis ?

Retour plateau. Une page de pub.


Ah tien on change de format publicitaire :
« ce communiqué est diffusé de forme gratuite et obligatoire, en application de l'article 3 de la loi des télécommunications » : Un spot montre une vieille dame, devant sa télé, et sa maison prend feu. Absorbée par son film (violent), les pompiers arrivent alors que le feu prend de toute part, ils l'appellent, celle-ci se se lève et les attaque avec un couteau reproduisant les actions du film.

Coupure :
campagne pour la conscience sociale : les médias ne disent pas toute la vérité.
Gouvernement Bolivarien du Venezuela.


transition avec ... « les meilleurs matelas (bruits de fond d'une femme qui jouit) sont chez » ... ça va trop vite, même pas la seconde de répit entre chaque pub, on passe à la nouvelle machine à laver non là c'est l'entreprise de téléphone, Digitel, présentée par ... les présentateurs. Puis encore trois autres pub. Retour plateau.

« tout comme la place bolivar, tout le monde connait où se trouve Zoom, Zoom, nous sommes partie de ton équipement, visitez www.zoom.ve»
Et le même reprend son journal comme si de rien n'était.
Les envahisseurs de l'édifice (...) dans l'est de Caracas sont encore revenus cette nuit ». Qui sont ils ? « les habitants sont fous de rage : « ils viennent, ils font croire qu'ils vont acheter quelque chose et puis ils restent à l'intérieur et s'enferment pendant des heures nous empêchant d'aller travailler ». J'ai pas compris. Eux non plus. Pas grave, changement de sujet.


« International : le tour du monde en 60 secondes ».

« le ministre des a confirmé la présence des FARC au Venezuela il demande des représailles sur Berlusconi hospitalisé pendant encore quelques jours pendant la conférence sur le climat au point mort avec un nouveau panda dans un zoo, .. ... ». 60 secondes et voilà, on sait l'État du monde, on passe à l'économie.
Juste avant : une petite page de pub, par les présentateurs là encore :
« vous voulez investir ? Quelle bonne idée. Tant de chose à faire. Ou allez vous recevoir le meilleur appui ? Kéops, la meilleure solution pour vos investissements financiers»
Deux sujets éco, un communiqué pour les épargnants des banques dans lesquelles l'État est intervenu. Un autre sujet sur ... « Je vais maintenant vous parler de Klin, les premiers pas de nos petits sont importants? Anti bactérielle, ultra absorbante,. Klin, c'est l'arme d'avant-garde dès les premiers pas, Klin » On parle de couches culotte pour bébé.
Une page de pub. Et voilà la page sport, dernier match de base ball, 2 min montre en main.
Le journal s'achève. « Bonne nuit, faites attention à vous ».


A tiens, revoila les journalistes, une dernière pub, encore Digitel (téléphones mobiles), les deux sont là cette fois.
Pub, re pub. Re re pub.... tunnel de pub.....


Écran fixe : programme de santé : ce programme contient des images de sexe, violence, non adaptées à un jeune public. Accompagnées les personnes mineures. Et ce qui suit c'est un ...show télévisé ! Et ça recommence, ils font des blagues que même le public ne ris pas. Leurs voix sont stridentes, ils parlent de tout et de rien, placent une vanne contre le gouvernement qui en fait rien contre les coupures d'électricité.


L'invité du jour : une avocate qui vient plaider la cause d'une des « prisonniers politiques ». Elle commence son explication, légaliste mais pertinente, avec une argumentation en béton sur les erreurs du gouvernement. Un des présentateurs présent la coupe : « oui au fond, vous ne faite que confirmer que ce président est mégalomane, que nous sommes en dictature catro-communiste »


J'éteins la télévision.

globovision te rend malade, globovision ne t'informe pas

Notes complémentaires :

-tragédie de Vargas : catastrophe naturelle du cyclone el Nino, ayant eu lieu il y a dix ans, le même jour que le vote pour la nouvelle Constitution (approuvée à 70%). clairement mal géré avec d'énormes retards. Mais le gouvernement a quand même réquisitionné des dizaines de logements dans tout le pays pour aider les sinistrés. Le gouverneur de Vargas estime qu'aujourd'hui 70% de l'État (entièrement dévasté) est reconstruit.

-2 étudiants assassinés : les anti-chavistes accusent un groupe d'étudiants de l'université bolivarienne, ultra-chavistes, donc mêlé au pouvoir. Les chavistes dénonceraient la police métropolitaine, sous les ordres d'un gouverneur d'opposition. l'enquête a commencé mais pas encore aboutit.

-Relations Chavez - Farc : Comme n'importe quel gouvernement vivant avec des groupes armés à sa frontière, il y a des rencontres, mais les Farc ont toujours tenu à ne pas pénétrer dans le territoire vénézuelien et préfèrent que le conflit reste une affaire interne à la colombie. On oublie souvent mais en terme d'atteints aux droits humains les chiffres d'Amnesty International sont : 70% pour les paramilitaires et 30% pour les guérillas (Farc, ELN)

-Intervention dans les banques : ces malheureux banquiers enfin libérés sont avant tout coupable d'avoir détourné des sommes extravagantes d'argent, l'État ayant entrepris une politique d'assainissement du secteur bancaire. Mais à chaque nationalisation on découvre une nouvelle affaire de corruption dans une autre banque privée, etc ... Dernièrement c'est le frère d'un ministre (qui a démissionné) qui est tombé pour corruption.

-conférence sur le climat : les délégations de l'ALBA ont déclaré d'une seule voix accepter de prolonger Kyoto et de prendre un nouvel accord avec mesures contraignantes dans lesquels les pays riches s'engageront à prendre leur part dans les émissions de gaz à effet de serre, ainsi qu'à transférer les technologies vertes aux pays moins développés.

-spot fixe de santé : imposé par la loi des télécommunication pour limiter l'exposition télévisuelle à la violence des jeunes. Un peu comme le fait notre CSA français.

mardi 15 décembre 2009

Antichavisme : généralités populistes

Les anti-chavistes sont ignorants. Pas imbéciles ni stupides, ignorants.
Ignorants de la politique de leur pays, des dynamiques collectives, ignorant de leur conditionnement social, confondant révolutionnaire et chaviste, socialisme et communisme, droits de l'homme et propriété privée
ignorance qui les pousse a accepter comme possible une autre réalité.
A tel point qu'en 2002 alors que le coup d'Etat de ceux là même suivait son cours, plusieurs millions de personnes défilait dans le centre de Caracas en soutien à Chavez. Mais ils ne "savaient pas".

Les anti chavistes sont méprisant pour Chavez qu'ils haïssent jusqu'au plus haut point, mais aussi pour ceux "d'en bas" ce "Peuple" dont on ne sait qui il est, tantôt stupide, dogmatisé, ou manipulé,
tantôt violent, voleurs, paresseux, sales. Et puis dépensier, qui leur volent leur électricité, leur eau, alors que, eux, subissent les coupures d'eau, les apagones (coupures d'électricité).
Avec des discours flânant parfois avec le classique "ils sont trop mal éduqués pour voter".
Classe laborieuse, classe dangereuse disait-on il y a déjà un siècle.


Et à l'inverse ils ont aussi un complexe de supériorité qui leur fait croire que eux, la classe moyenne, sur-visible à la télévision, représentent la majorité voire la totalité de la population : "Chavez doit être le président de tous les Vénézueliens" disent-ils. Ils sont dans les faits entre 25 et 35% à être anti chaviste, taux évoluant assez peu au fil des élections.Ce n'est pas pour rien que Chavez a gagné TOUS les scrutins sauf un (en 2007) depuis le début du processus.

Ils sont anti chaviste comme nous avons chez nous les anti sarkozystes. (soit ceux qui ne militant pas pour un changement de société bien entendu). Sans projets, sans débouché politique, avec des divisions internes pour le leadership, ne portant rien sinon du vent, aucun idéal, dans la contestation systématique, chaque mouvement de Chavez étant perçu comme une attaque contre eux, ils s'opposent à tout, y compris à des mesures pouvant aller dans leur intérêt personnel. Et pour cela ils peuvent, comme en 2002, utiliser la violence.


Le plus surprenant, c'est qu'ils doivent tout ou presque au processus.
Ceux-là même vont acheter leur nourriture moins chère au Mercal, tout en expliquant qu'il n'y a rien à manger à cause des rationnements. Ils se font soigner à Barrio Adentro tout en expliquant que les cubains font du mauvais travail. les mêmes bénéficient des programmes d'aide aux personnes âgées, aux handicapés, aux femmes enceintes, et crachent sur l'assistanat.


Cette classe moyenne anti chaviste a tout simplement peur.
Peur de l'autre, du pauvre, peur de la dictature, peur de son voisin,



Car il ne faut pas se faire d'illusion. Si l'on enlève les crédits et les quelques avantages en nature de leur travail intellectuel, plus favorisé que le travail manuel, ils sont comme les autres.


Bassement marxiste comme idée, mais la question de la classe moyenne a depuis longtemps été un outil pour diviser la classe des exploités. Avec succès.


Comment leur en vouloir de défendre leurs "minimes privilèges", de haïr le pauvre et d'envier le riche ?
Et la crise actuelle leur en a fait brutalement prendre conscience. 40 ans de néo libéralisme, et bien plus d'éducation à l'individualisme, l'égoïsme laissent des traces. Ils ont voté pour les partis qui ont exécuté la répression pendant 40 ans allant jusqu'à faire entrer les chars et l'armée dans l'université. Et ce sont leurs enfants dans cette même université (l'UCV) qui manifestent aujourd'hui contre les lois de démocratisation de l'enseignement.

Un chiffre ? Taux de pauvreté : 1996, 80% de la population. 2006, 30%. Chiffres ? de l'ONU bien sûr.

Cette classe moyenne n'était que peau de chagrin avant le chavisme.


Ou alors tellement réduite que ridicule. Elle s'est considérablement développée grâce à lui et ses politiques de redistribution (et mourra avec lui)
Et c'est peut être ça qui les rends si haineux, si anti chavistes. C'est qu'ils ont une dette envers Chavez. Il les a enrichis au début en commençant à redistribuer à les richesses. eux qui n'était pas tous forcément aussi fortunés qu'ils le sont aujourd'hui. Ce n'est pas qu'ils se sont enrichis sur la révolution (ça c'est la bourgeoisie bolivarienne ou boliburgesia), c'est plutôt qu'en diminuant les inégalités ils se sont retrouvés de fait avantagés. Et aujourd'hui, Chavez continue de redistribuer plus largement à ceux qui n'ont toujours rien et ce sont ceux-là même qui se retrouve "victimes des politiques redistributives". Ils font une fixation sur Chavez, car il représente tout ce qu'ils haissent : l'autre, l'étranger, le métis, le pauvre, le populaire.
Tout ce qui sort de leur idéal : occidental, blanc, riche, autoentrepreneur, libéral.
Ils dénoncent le castro-communisme rampant, le culte du chef qui est extrêmement fort chez eux, en permanence focalisé sur Chavez, qu'ils haïssent autant qu'il leur est indispensable pour se sentir exister.
Ils se disent en dictature, disent qu'ils n'ont pas possibilité de s'exprimer, et le disent sur tous les médias d'opposition, télé radio, journaux, à l'étranger, même sur les murs ou dans la rue.


Les voila donc les anti chavistes. Demain ils manifesteront pour la liberté d'expression. Après demain ils se plaindront de leur pouvoir d'achat qui diminue, le surlendemain, ils s'insurgeront contre la violence qui augmente. Puis ils manifesteront contre la nouvelle loi de la Police Bolivarienne, nouvel instrument de la dictature chaviste.OU contre la fermeture (non renouvèlement de concession hertzienne) d'une chaine d'opposition (disponible sur le câble) et pour les droits de l'homme.
Et c'est comme ça depuis 10 ans m'affirme-t-on ici. Ils sont tellement dans leur monde parallèle qu'il est très difficile pour les déçus du chavisme de se rallier à eux. Ils ne montent pas en puissance.
C'est la critique des problèmes dans la révolution qui prend (un peu) d'ampleur.


Mais ce qui sauvera le processus pendant encore un bout de temps, c'est qu'ils sont tellement pétris de haine, d'individualisme, tellement irrationnels, qu'ils ne peuvent pas s'organiser collectivement pour défendre leur vision politique commune. Et quand ils le font, corruption et lutte de pouvoir reprennent le dessus très rapidement. Le seul moyen pour eux de détruire le processus est la violence. Ils le savent et ont échoué en 2002, où ils auraient pu renverser la dictature.
Mais voila, si pour eux rien n'a changé, les pauvres, les miséreux, les exclus, ont retrouvés leur dignité.
Et ça ils l'avaient oublié en 2002, et ils l'oublient toujours. Et c'est ce qui sauvera ce processus.
car les pauvres eux, s'organisent, s'éduquent, critiquent et s'auto-critiquent, manifestent, et avancent, lentement (trop?), mais surement.


PS : je sais que ceci était un panorama totalement à charge, né de ma défiance contre les propres membres de ma classe sociale, dans une tentative de rejet systématique pour expier en vain mon habitus petit bourgeois. Merci de me le rappeler.

Antichavisme : ballade dans les quartiers Est

Au delà du discours parfois troublant (c'est le moins que l'on puisse dire) juste quelques mots sur ces quartiers de l'est. Je ne les connais pas, où très peu. La première fois que je suis allé dans un barrio, c'était pour célébrer la naissance d'un programme de construction autogérée. Donc mes a priori (ils sont pauvres, ils sont malheureux, comment les aider ?) sont vite tombés. En revanche, n'ayant pas pu m'intégrer aussi facilement au cadre de vie des classes moyennes, je n'ai que l'apparence. la voici.

Je me suis donc baladé hier rapidement dans les quartiers de l'est. J'ai commencé par le plus fameux, le rendez-vous branché de tous les jeunes de la vie caraquègne (de Caracas) : Sabana Grande.

De part et d'autre de la rue de grands immeubles, en bon état, les rues assez propres, des gens habillés de manière bien plus fashion ou à la mode.
Sur les côté les boutiques, d'habits, d'électronique, de tout ce que l'on veut, 2 fois plus cher qu'un km plus loin évidemment. même les gobelets en plastique sont plus solides, différents de ceux qu'on trouve ailleurs dans la ville.
Le prix aussi. Le jus de fruit de base dans la boutique de base coute 10 BsF (bolivars fuertes), dans le centre c'est 5. Les repas, le menu ejecutivo (une soupe, un plat chaud, une boisson, le déjeuner du venezuelien moyen) c'est 50 BsF, contre 20 à 30 ailleurs.
Et tout est comme ça, comme une société parallèle, avec ses propres règles, ses propres prix, ses propres habitants. On peut vivre ici sans jamais voir une seule fois un barrio. c'est ici qu'atterrissent et restent les "journalistes" des agences de presse européennes.

Rien que la station de métro est différente, plus luxueuse. Les sortis de la station sont des noms de centre commerciaux, pas des rues. En sortant, on croise des affiches de la police du municipe (équivalent d'une maire d'arrondissement, Caracas est comme Paris avec un maire central et des mairies d'arrondissement) qui appellent les gens à dénoncer les crimes et actes de délinquance.
Les rues sont pleines de passants, mais plutôt désertes au niveau des restants, des gens qui sont là toute la journée.
A droite un Mac Donald, à gauche un burger king, plus loin un autre Mac do.
Une boutique pour avoir des vols pas cher pour la Colombie et l'Europe. ici on a les moyen et le temps pour voyager.
Les boutiques ne lésinent sur rien pour attirer le client, "el palacio del blummer" dispose d'une sono extérieure très puissante avec un type au micro qui fait des commentaires sur les allées et venues des personnes dans le magasin. c'est une boutique de lingerie.
Il y a des pubs partout, parfois immenses, plus large que la route du bruit, la musique surtout du reggeaton, pas de salsa par ici. ca consomme ça achète, les bolivars pleuvent. les gens passent repassent vivent à cent à l'heure. Je change de quartier décidé à retrouver le calme.


Passage sous un pont d'autoroute et j'entre dans le municipe Baruta, le quartier Las Mercedes. Là c'est un standing différent d'entrée de jeu. Plus propre, ce n'est plus "bien habillé" mais chic. On croise des voitures de luxe.
Je me ballade et première impression : c'est mort. Pas un chat, les rues désertes. Quelques balayeurs, quelques vigiles, mais rien. Deux trois poivrots, chavistes, les seuls avec qui j'aurais l'opportunité de discuter dans la rue.
Des vendeurs de bijoux, de jaccuzi, d'art japonais. Galeries d'art contemporain.
Les gens d'ici s'étonnent que les "pauvres" ne viennent pas se "cultiver".
J'entre dans le premier restaurant venu : pas de menu ejecutivo, seulement à la carte, le premier prix est à 70 bolivars. Il y en a quelques uns moins cher heureusement. Pas de bario adentro, pas de mercal ici. Supermarché privé, cliniques privées, vie privée.
On croise la rue Madrid, la California, l'avenue Mexico,on est comme dans un rêve, pas de ranchos, pas de bidonvilles à l'horizon. Rien pureté, et en plus avec les cocotiers. Caracas est très agréable finalement.
Je passe devant un grand bâtiment, imposant avec des écritures plutôt inhabituelle. Un énorme portail et un mur de 2,5 m de haut m'empêche de voir de l'autre côté, mais derrière émerge un bâtiment imposant avec de nombreux étages : l'ambassade de Chine.
On continue, on croise une petite affiche d'un candidat d'opposition.
Pas de graffitis, pas de vendeurs ambulants.


En repartant, je remarque un bâtiment à l'entrée du municipe que je n'avais pas vu jusqu'alors : Centro Venezolano Americano. Un air de Miami. Ici on n'est plus chez les anti chavistes, c'est l'opposition.
Les gens me dévisage étrangement. Je me ballade avec un T-shirt de solidarité avec le Honduras récolé lors d'une des manifs de ces dernières semaines, j'ai alors presque envie de l'enlever tellement il fait contraste dans le paysage. Finalement je m'en vais, retrouver un peu le 23 de Enero, un quartier populaire, populeux, dangereux, où certains me saluent désormais dans la rue.

dimanche 13 décembre 2009

Antichavisme : témoignages

Autan vous le dire, cela fait un bout de temps que j'ai envie d'écrire ce billet, mais que j'ai remis la chose à plus tard, tellement le sujet est sensible.

D'une part parce que ce faisant j'ose parler (selon "certaines sources") de plus de la majorité des vénézueliens. D'autre part parce que ceux dont je vais discourir sont socialement beaucoup plus proche de ma condition que tous ceux que j'ai rencontré jusqu'alors.

Je vais donc vous entretenir des anti-chavistes.

A ne pas confondre avec l'opposition, l'oligarchie, composée des groupes de médias privés d'une classe d'affaire et financière et d'une haute bourgeoisie avec également dans le tas quelques propriétaires terriens. Ceux là c'est un cas à part.

Ici je vais bien vous parler des anti chavistes. Ou si vous préférez de la classe moyenne. Et plutôt que tenter des généralités douteuses (ça viendra après), je vais plutôt vous retranscrire quelques conversations avec des anti-chavistes.


Je rencontrais ma première anti-chaviste au Venezuela paradoxalement dans un quartier populaire, à Catia, lors de l'élection (et de la naissance) d'un nouveau conseil communal. Alors que j'interrogeais les habitants sur les détails de fonctionnement pratique de ces conseils, une femme, la cinquantaine, est venu m'entretenir de ses problèmes, du gouvernement qui en fait rien pour elle, dans ce pays dictatorial, sans liberté d'expression où personne en fait rien pur elle et où rien de change. Je l'écoute au début, mais rapidement je sens que son discours perd une large partie de rationalité. Elle s'exprime de plus en plus rageusement, postillonnant, presque la bave aux lèvres. A la fin de son discours devenu un délire général elle nous expliquera que les médecins cubains sont des incapables et "percent les yeux des enfants qu'ils soignent", (mission Milagro : soin gratuits des yeux) et qu'ils "injectent le communisme dans les veines en faisant les piqûres" (Mission Barrio Adentro : médecins gratuits dans les quartiers pauvres) Ou encore que "Chavez nous dira bientôt ce que l'on doit manger", (mission mercal : aliments de premières nécessité à bas prix). J'ai soudain peur, serais-je manipulé moi aussi par la conspiration communiste mondiale ? Je m'entretiens avec un voisin qui m'explique que son fils à été opéré d'une fracture par des médecins de la mission très correctement, et totalement gratuitement. Et cette femme ? "Elle regarde juste un peu trop la télévision et vit dans un autre monde" Ouf, sauvé.

Autre rencontre, autre lieu, chez une amie dans les quartiers de l'Est de Caracas. Si représentatifs de ceux qui y vivent, rues vides, sans activités, sans musique, sans groupes de gens vaquant à leur occupation à l'extérieur, encore plus déserts la nuit, grands immeubles, banques, compagnies d'assurances. On est riche ici, au sens où l'ion est en tout cas (du moins en apparence) moins pauvres que cette masse informe de miséreux qui s'entassent dans les barrios sur les flancs des collines.

Soirée donc où je rencontre des professeurs du Colegio de Francia (lycée français). lycée où en plus de la sélection par l'argent, on sépare les "autochtones" des "expatriés" dans deux classes distinctes, des fois qu'ils pourraient sympathiser. J'ai eu une très très courte discussion avec des professeurs y travaillant d'où j'extraie de son contexte cette phrase : "de toute façon, le pays cours à la faillite, il n'y a plus aucune place pour les vrais entrepreneurs, l'économie est totalement sous contrôle de l'Etat (à 20% en vérité), l'inflation n'a jamais été aussi importante (en tout cas toujours inférieure à celle du gouvernement précédent) ça va s'écrouler comme l'URSS (qui n'a pas chuté pour cette raison)." J'ai arrêté là devant la suite d'âneries proférés en une minute. Dans la soirée on croisera également quelqu'un travaillant pour PDVSA (Pétrole du Venezuela, entreprise publique) et un autre pour la compagnie Total.
On est resté avec les autres amis, pas vraiment anti chavistes, et on est allé en discothèque, dans les quartiers riches, toujours.

Image irréelle, de la jeunesse plus ou moins dorée, se dandinant sur de la musique de jeunes (reggeaton, R&B, techno) avec seule affront à cette libération de l'oppression chaviste extérieure : un panonceau du ministère de la santé : "fumer provoque des cancers. L'abus d'alcool est dangereux pour la santé". Le chavisme s'affiche décidément partout. Un des jeunes dansant me souffle à ce propos : "tu vois, c'est ça l'oppression. contrôler le moindre de nos faits et geste, on est plus libre": Bon Dieu si c'est ca l'oppression, en Franc en doit être dans un État quasi totalitaire ! Détail amusant, malgré que l'on soit en boite et que la musique soit plutôt assourdissante, il y a toujours un groupe de gens qui battent le rythme avec des claves et des percussions, toute la soirée.


Encore une autre encontre, moins caricaturale à l'origine, acceptant par exemple d'entendre qu'il existe encore des gens (et plutôt une majorité de fait) qui soutiennent le gouvernement dans ce pays, essentiellement dans les quartiers populaires. C'est cette fois avec des membres du réseau couchsurfing, un réseau de jeunes qui t'offrent pendant tes voyages à travers le monde gratuitement une place sur leur canapé pour une ou plusieurs nuits. Concept sympa, très djeun's donc que je n'avais encore jamais utilisé. On prend un pot histoire de faire connaissance, au détour d'un café, le Cordon Bleu (ça ne s'invente pas) près de Plaza Venezuela, zone limite entre quartiers Est et centre.
Et bien évidemment on en vient à discuter de politique. Face à mois un vénézuelien de classe moyenne qui travaille dans les quartier pauvre des banlieues péri-urbaines de Caracas et un allemand travaillant à l'institut Goethe, ici depuis plus d'un an. Je leur parle de mon expérience dans les barrios avec Vive.

Après m'avoir écouté, ils me répondent comme j'en suis bien conscient : "mais tu sais que ce n'est pas ça le Venezuela". Je rétorque "Oui, ce n'est pas QUE ça". Petit sourire de leur part.

Ils m'entretiennent alors des prisonniers politiques au Venezuela.
Sujet hautement délicat s'il en est dont j'ai commencé à m'indigner depuis quelques temps, en bon occidental défenseur des droits de l'homme (et des femmes, des indigènes, des pauvres ...). En bon propagandiste, je leur rétorque que sur 40 prisonniers politiques recensés par l'ONG américaine Venezuela Awarness déclarés comme emprisonnés illégalement :
  • Environ un tiers sont des prisonniers ayant été jugés pour homicide pendant le coup d'Etat de 2002 (et non pas pour participation au coup d'Etat, ceux là n'ont jamais été condamnés, mais dont beaucoup ont de leur propre gré fui le pays par peur des représailles)
  • Une autre partie est constitué de délinquants économiques, corruption, détournements de fonds, dont se trouvent des ex-chavistes.
  • Enfin il reste quelques cas qui seraient peut être prisonniers politiques mais au vue des dossier qui m'apparaissent plutôt comme des erreurs judiciaires. Je tente de trouver des infos plus précises actuellement la question. Je leur ajouteque sur la situation générale des droits de l'homme dans le pays, je ne peux rien dire ne connaissant pas le sujet. Mes deux amis rient. "Oui ça c'est que dit la propagande. D'ailleurs tu nies les atteintes aux libertés tu viens de le dire". Mouvement de recul de ma part.

Ils changent de sujet et m'entretiennent de la situation économique "désastreuse, il n'y a pas besoin d'être un expert pour savoir que le développement du pays va mal". je ne dis rien même si je pense tout bas qu'il y a une crise mondiale et une chute des cours du pétrole qui peut avoir un certain impact.
Je leur répond "développement économique ou social ?"
-Les deux bien sûr"
Et le je sors mon arme ultime, pour défendre ce désastreux régime au bord du chaos : un chiffre de l'ONU. "l'IDH du Venezuela qui se situe un peu en dessous du Mexique et supérieur à la Russie ou au Brésil et à la Colombie"
Problème : mon interlocuteur ne sait pas ce qu'est l'Indicateur de Développement Humain. Malgré mon étonnement (on m'en avait déjà parlé plusieurs fois dans des quartiers pauvres) je lui explique. Pas convaincu.

J'enfonce le clou dans un exercice d'endoctrinement digne des plus grands staliniens (les maitres de la manipulation des chiffres) : "au niveau de l'éducation, on peut pas contester des progrès. En 2005, l'UNESCO a déclaré le Venezuela territoire libre d'analphabétisme, et c'est le pays d'Amérique Latine aujourd'hui avec un des plus forts taux de scolarisation."
"Mais ce sont les chiffres du gouvernement !"
"non, c'est l'organisation des Nations Unies".
"Je ne peux pas le croire"

Un dernier témoignage pour la route ?
Peut-être le seul que j'ai pu entendre réellement car le seul lucide.
Une autre fête, à l'ateneo popular cette fois. Une jeune fille engage la conversation avec moi et on en vient (la politique est le sujet de conversation numéro 1) à parler rapidement de nos opinions sur le pays. Avec un certains malaise visible sur son visage elle me dira ceci : "Ecoute, tu vois, d'un côté je sais bien ce que fait Chavez pour les pauvres, que je ne suis pas, donc je ne peux pas le voir directement mais ça existe. Mais mon père était propriétaire d'une petite entreprise d'emballage de nourriture, pour l'exportation. Il s'est fait exproprier au nom de la souveraineté alimentaire. Et toute ma famille est comme ça anti chaviste, Sauf un cousin, franchement révolutionnaire, avec qui toute la famille a rompu tout contact. Je peux pas me le permettre, c'est ma famille tu comprends, je ne veux pas que ça se reproduise avec moi. Même si je le voulais, et je ne le veux pas, je ne pourrais pas être chaviste."

C'est un des rares propos qui ne m'est pas paru totalement caricatural. Un peu de sincérité parfois fait du bien, même dans la bouche de ses adversaires politiques. Et avec qui on peut tout à fait partager une bonne bière et (tenter de) danser la salsa, les deux n'étant nullement incompatibles.

samedi 21 novembre 2009

Paroles d'expats (mais pas tous)

J'ai depuis quelques temps rencontré un petit bout de la communauté française expatriée au Venezuela. C'est pas des simples touristes révolutionnaires, puisque ceux-là se sont établis ici depuis déjà quelques années. Et leur discours n'évoque pas vraiment celui que j'ai pu voir ou entendre jusqu'ici dans les milieux que je fréquente.

J'ai unilatéralement exclu les trotskystes moines-soldats (dont j'ai parlé dans le billet précédent) et les escuálidos, les gens de « l'opposition » de droite, qui sont concrètement allergique au moindre fait et geste du Gouvernement vénézuelien et dont le discours demande une analyse complémentaire systématique dont je fais l'économie ici.

Ça laisse quand même un champ libre à pas mal de monde rassurez-vous.

J'ai retenu encore une fois unilatéralement deux thèmes simples qui sont revenues un peu partout au fil des conversations. le processus révolutionnaire ? Et Vive TV ? Voici quelques réponses (transcriptions de tête)

Ah et je cite personne, d'une part parce que j'ai aucune autorisation des auteurs des propos, d'autre part parce que je me souviens plus qui a dis quoi. Non ce n'est pas parce qu'ils risquent des représailles pour leurs idées, nous sommes en démocratie (ici).

Enfin dernière précision, je ne dirais pas non plus avec lesquels je suis d'accord et lesquels non, puisque sur un certain nombre de sujet je ne sais tout bonnement pas quoi en penser. Et je m'en tire à bon compte, je sais.

« Mon problème c'est que je suis resté confinée ici, à l'Est. J'ai bossé pour le Colegio de Francia (lycée Français), une micro-société, les gens qui y travaillent restent dans leur petite vie et ne connaissent rien du pays. Et sont bien évidemment d'opposition anti-chaviste. Tellement élitiste que dans les classes, les « locaux », les vénézueliens sont séparées des étrangers, peur du mélange social. Sans parler du coût, c'est évidemment que pour les plus riches. Tu vois, ça fait plus d'un an que je vis ici, mais j'ai encore jamais vu de conseil communaux ».


« Un des principaux problèmes du processus aujourd'hui c'est qu'avec tout le discours anti impérialiste contre les bases américaines en Colombie, qui est vrai, vient un discours anti-colombien. Plusieurs millions de vénézueliens sont d'origine colombienne et les réfugiés qui arrivent aujourd'hui vivent dans un misère crasse. Ils en sont souvent réduis à vendre des cacahouètes dans les petits bus de la ville. J'ai rencontré il y a quelque jours une vieille dame, immigrée colombienne, handicapée moteur, qui s'était fait littéralement violemment jetée dehors d'un bus et insultée parce qu'elle disait être colombienne. Cette haine du colombien devient quelque chose de très problématique. »



« Pour moi c'est clair, il n'y a aujourd'hui aucune révolution dans ce pays ni dans aucun pays d'Amérique Latine »


« Après l'échec du coup d'État de de 2002 de l'opposition et la révélation de leur vrai visage, même les classes moyennes soutenaient Chavez. C'était à ce moment qu'il aurait dû fermer les chaines d'opposition ayant participé au coup d'État, pas 5 ans après. Et puis il aurait pu à ce moment lancer des véritables réformes, structurelles, attaquer radicalement la corruption, la bureaucratie bref faire cette révolution. Il a été trop gentil avec l'opposition. La corruption augmente encore. L'inflation c'est 20% chaque année. Après 10 de « révolution » c'est plus tolérable ! Chavez va évidemment « perdre » médiatiquement les élections législative, puisque la dernière fois l'opposition n'a pas participé. Mais je pense qu'il peut tout aussi bien perdre la majorité elle même dans ces élections. J'espère que non mais j'en ai bien peur. Et le pire c'est que sur terrain où je suis tous les jours (ndb : le type vit dans un barrio et bosse aussi là-bas) les gens commencent eux aussi à douter du processus, même dans les classes populaires. »



« Vive Tv ? Le canal du gouvernement quoi. »
[Moi : chaine publique ok mais pas quand même de propagande, si ?]
Oui si tu veux, le canal public du gouvernement. Le problème c'est qu'à l'origine c'était une excellent projet, la première année, j'y bossais et il y avait une vraie dynamique. [Moi : oui mais la chaîne n'émettait que sur un minuscule secteur. Aujourd'hui elle est nationale] peut-être mais niveau qualité et élan révolutionnaire y a pas photo, c'était au début qu'il fallait le voir, ça avait une autre gueule que ce canal institutionnel qui alterne entre propagande du gouvernement et programme, faut bien le dire, chiants. »



« Le problème de Vive c'est qu'il n'accepte plus les critique des gens qui font partie du processus. Le pire c'est que regarde les chaines d'opposition comme Globovision, tu regardes leurs JT, c'est quasiment que des thématiques sociales ! Et ils donnent la paroles aux ouvriers en grève, aux contestations même de la part de révolutionnaires. Bien sûr ils l'instrumentalisent pour discréditer le processus, mais cette voix discordante on ne l'entends pas sur Vive, et l'autocritique c'est la seule chose qui peut sauver une révolution, d'ailleurs Chavez lui-même l'a déclaré dans son dernier Alô Presidente »



« Vive TV ? Qu'est ce c'est ? Je connais pas »

« la dynamique est retombée. Je suis là depuis 2003. Et j'ai vu ce que c'était l'élan révolutionnaire des première année. Dans la rue t'avais vraiment des gens qui chantaient et criaient vive Chavez, spontanément. C'était hallucinant l'élan. Et puis regarde aujourd'hui. Tu me parles de Gramoven, de Fama de America mais fondamentalement, ça se restreint de plus en plus. Tout ça avant c'était majoritaire dans le pays et ça se voyait partout. Aujourd'hui c'est plus pareil»



« Vive TV c'est bien, mais personne va te dire "tiens hier soir j'ai vu telle émission sur Vive". La réalité c'est que personne ne regarde cette chaine »



« On parle là et on critique le processus. Mais on est d'accord, si on entend un escualido commenter le processus, toi et moi on se retrouvera clairement pour le défendre. Bien évidemment que je tiens pas le même discours, c'est pas de l'hypocrisie, je ne vais pas quand même servir le discours de la droite sous prétexte d'être critique avec le processus ! La critique doit se faire en interne. D'ailleurs c'est un des gros problèmes du prochain congrès extraordinaire du PSUV( parti socialiste unifié vénézuelien), il n'y a eu aucun débat interne, donc les délégués seront ceux qui sont le plus connus, donc logiquement les mêmes qu'avant. Mais en même temps, comment tu fais pour faire régner la démocratie dans un parti de 7 millions d'adhérents ? »



« C'est drôle mais avec tes questions, tu me rappelles moi il y a dix ans. »

mercredi 21 octobre 2009

Une histoire de propagande et de contre-propagande


Voici donc hier matin que l'on découvre en arrivant à VIVE un communiqué signé par les plus puissants mouvements populaires, paysans et indigènes latino américains tels le Mouvement des Sans Terre (Brésil), Via CAmpesina International, la CONAIE (Equateur), la MINGA (Colombie) et l'EZLN (les zapatistes du Chiapas, au Mexique)

Communiqué dénonçant les attaques dont sont victimes les indigènes Yukpas, dans la Sierra Perija, au Venezuela. Concernant cette communauté indigène il y a deux problèmes simultanés.

D'abord le gouvernement bolivarien, conformément à la constitution de 1999 qui reconnait leur droit à l'existence et la possession des terres, est en train de procéder à la démarcation de ces terres, pour le plus grand déplaisir des propriétaires terriens locaux qui ont bien déclaré qu'ils opposerait toute résistance.

Deuxième problème, il y a quelque jours, les indigènes ont été attaqués et 2 d'entre eux ont été tués. Pour le moment, on n'en sait pas plus sinon que cela semblerait être un règlement de compte entre personnes.

Ils se trouve que la remise des terres et l'attaque des Yukpas ont eu lieu à un jour d'intervalle.

Des petits malins ont cru bon de mettre cette attaque sur le dos de .... Chávez.
Sauf qu'aucune preuve existe que ce soient des militaires (donc le gouvernement) qui aient organisés l'attaque, d'une part parce qu'ils n'ont pas de mobile pour cela, d'autre part parce que c'est la Garde Nationale, arrivée peu après sur les lieux, qui a tout de suite emmené les blessés à l'hôpital.

Mais c'est quand même ce que sous-tend le communiqué diffusé sur tous les réseaux “alternatifs” ce qui signifie au Venezuela plus gauchiste que les gauchistes.

Le problème est que ce communiqué n'a jamais été signé par aucune de ces organisations. Pour preuve, un des représentants du MST et de Via Campesina Brésil était présent à Vive et ni lui, ni les portes-parole officiels du MST n'ont jamais entendu parler de ce problème ni jamais signé quelconque communiqué. IDEM pour Via Campesina Brésil. Et après rapide recherche, rien de tel pour la MINGA, la CONAIE ou pour l'EZLN


Alors le camarade du MST écrit un contre-communiqué en urgence.
C'est moi qui l'ai traduis. Mais je ne me suis pas arrêté en si bon chemin.

Je commence à faire la chasse sur le net à ce faux communiqué pour donner un droit de réponse. Et là je découvre la puissance du réseau. Je vois d'abord que c'est parti très très vite en quelques heures ça inonde les sites d'info sur l'Amérique Latine, même si ça se restreint pour l'heure surtout à la communauté vénézuelienne anti-chaviste gauchiste, alternative. Je cherche un peu et découvre le site à l'origine du communiqué, vers lequel toutes les sources mènent : http://www.soberania.org/

Je vous invite à y faire un tour pour voir ce que c'est qu'un site de propagande.

Conforté dans mon jugement originel, je me lance dans la propagande à proprement parler. Et je vous assure que c'est un travail de fourmi qui créerait tellement d'emplois de devoir diffuser continuellement des contre-informations. Sarkozy devrait y penser. J'y passe deux heures, pendant lesquelles l'info continue de se propager. Mail, commentaires sur des blogs, tout y passe.

Enfin je commence à recevoir des mails de sites que j'ai contacté. Après vérification ils se rendent compte que leur source n'est pas sûre du tout et ils enquêtent. L'article n'est pas encore traduit ni en anglais ni en français. Ça y est le message est passé, les articles sont retirés peu à peu de certains site. J'ai propagandisé.

Je prends une pause et un café, c'est pas une vie propagandiste.

Cela me permet de réfléchir. Quand il s'agit de quelques imbéciles devant leur ordi qui utilisent le rayonnement symbolique du Mouvement des Sans-Terre pour faire de la propagande, il est toujours possible de contre-attaquer. Mais quand cette même propagande est l'œuvre de "journalistes" tout ce qu'il y a de plus officiels et professionnels, c'est éminemment plus difficile. Et le seule moyen de contrer la désinformation, c'est d'informer, mais différemment, en partant du terrain, du concret.

Alors je reprends mon boulot classique de traduction d'articles, aujourd'hui sur la loi organique du travail. Qui prévoit indexation des salaires sur l'inflation, création de régimes spéciaux pour les professions travaillant plus que la moyenne, augmentation des primes de nuit, de vacances, pour les jours fériés et qui étudie la possibilité d'une réduction du temps de travail, qui interdit les licenciements sans justification ainsi que l'externalisation des tâches. :http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article508

Quoi qu'en pensent les anti-chavistes les plus gauchistes, qui dénoncent à juste titre une bureaucratie d'Etat, ce pays avance, progresse, envers en contre toutes les oppositions qu'il affront, ce pays met en marche une Révolution et progresse vers le Socialisme.

Et là je fais effectivement de la propagande.

Vous vous en étiez doutés non ?

dimanche 11 octobre 2009

Les anars, c'est mieux quand c'est pas autonome

Cher petit anarchiste, anarcho-autonome, libertaire ou ultra gauchiste, ne sais-je.

Je sais que la vie en France n'est pas rose, et est de pire en pire en ce moment.

Cela ne m'a pas échappé c'est pourquoi je me suis barré un an en Amérique Latine pour voir du pays.

Il se trouve que je découvre aujourd'hui qu'un certain nombre d'entre toi a fait quelque pérégrination originale dans la belle ville de Poitiers (dont certains diront qu'on n'y arrêta les Arabes qu'à moitié mais c'est un autre débat)

J'apprends la nouvelle par le biais de l'Express ce qui j'en conçois n'est pas une source extrêmement fiable quand il s'agit de traitement objectif de l'information sociale.
Après un petit tour sur des sites un poil plus subjectif, j'en déduis ce qui se passe à chaque fois, qu'il ne s'est quasi rien passé, que les forces de l'Ordre ont encore une fois chargé ...
Et je sais bien que comme souvent, c'est du "bouclé-commissariat" le plus simple qu'il s'est agis.

Cher petit anarcho-autonome, je t'ai déjà rencontré, à Strasbourg, en d'autres circonstances où l'usage de la violence même physique pouvait se révéler d'une possible légitimité.

Mais bon, là j'avoue que casser des vitrine dans une manif contre le transfert de détenus, ça me semble un peu court.

Que tu sois responsable ou non, je t'invite à m'écouter sur ce qui suis :

Pas plus tard qu'hier j'ai rencontré des nanars, des vrais, qui n'ont besoin de se réclamer de théories inoffensives un peu fumeuses ne servant qu'à faire paratonnerre du sécuritaire national.

Qui ne se diront jamais anarchistes. à raison

Mais si tu suis l'histoire, se rapprochent un peu plus que toi de cette noble idée.

L'action se situe à San Francisco de Yaré, petite ville vénézuelienne célèbre pour ses fêtes religieuses catholiques, les diables dansants de Yaré, fête mêlant danses, célébration religieuse et artisanat local avec des masques typiques.

Nouveau modèle de cagoule
pour les contre-sommets






Ces bons croyants se trouvent aussi être une communauté particulièrement pauvre.
(50% de taux pauvreté, une des pires statistique nationale)

Communauté qui n'a pas d'eau potable à disposition.

qui n'a pas l'électricité

Sans oublier un potentat local qui détient 70% des terres dont il ne fait rien.

Soit une situation tu en conviendra un poil plus catastrophique que la France.
(qui, je m'empresse de le dire, n'est pas un paradis, .. évidemment)

dans ce trou perdu de misère, j'ai pas trouvé de cocktail molotov ni de Julien Coupat.

Juste des Conseils Communaux, des assemblées de citoyens.

Et quelques habitants bien décidés à en finir avec leurs problèmes.

Alors ils ont eu une idée, permise par la nouvelle constitution votée en 2000.
Une idée qui se résume à une idée simple : la démocratie : Pouvoir du peuple, pour le Peuple par le Peuple.

Et qui se traduit par quelque chose d'encore jusque là inédit au Venezuela, et hormis au Chiapas, surement au monde : Assemblée Constituante Municipale.

Il s'agit donc, pour faire face aux volontés de l'état régional de droite de parer toute avancée sociale dans cette communauté, de créer des règles locales édictées par les habitants, tous ensemble, démocratiquement et de joindre directement le pouvoir de cette communauté avec le pouvoir national, sans intermédiaire que ce soit la mairie ou l'Etat (au sens d'Etat régional)

Et ces citoyens là avait beaucoup plus d'espoir, d'idéal, que toi quand tu pars dans les manifs pour détruire le capitalisme et l'Etat bourgeois.

Parce qu'ici ils cherchent à construire le socialisme.

Alors cher petit anarcho-autonome, je veux bien que la situation de la France soit un peu désespérée sous ces airs de sarkozysme, mais oublies l"insurrection qui vient" et "Guy Debord " on n'en a pas besoin pour changer le monde, ... au contraire.

Et tiens, voila une analyse qui me plait bien : http://www.article11.info/spip/spip.php?article572#nb4