Affichage des articles dont le libellé est venezuela. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est venezuela. Afficher tous les articles

lundi 8 février 2010

La Colombie ne fait pas le moine

Le pont franchi, j'entre dans un nouveau pays, inconnu.

La Colombie on le dit et le sait, est un pays démocratique, où règne l'ordre, et où la population ne souhaite que sa sécurité et lutte courageusement contre les terribles guérillas des FARC-EP (pyuisque c'est leur nom : Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia - Ejercito Popular) et de l'ELN (Ejercito de Liberacion Nacional).

j'entre donc dans ce pays terriblement démocratique.
D'emblée ce qui surprend, c'est l'ordre. c'est propre, rangé, les limitations de vitesse sont respectées, il y des policiers un peu partout, même qu'ils sont extrêmement aimables, polis.
Certains diront " ah ben ça change des vénézueliens !". je dirais juste que la révolution bolivarienne est ce qu'elle est, soit foutraque, bordélique, parfois hasardeuse. Mais révolution quand même.

Ici point de révolution. Ordre et liberté, la devise de l'armée. On peut leur faire confiance.
Après avoir pris un mini-bus, qui respecte  étrangement le code de la route, j'arrive au terminal, où un type m'offre une réduc de 50% sur le billet en échange d'une petite compensation. Service rendu entre bons amis en somme.

Billet en main, je grimpe dans le bus juste avant son départ.
Confort, ceintures de sécurité, peu bruyant; On est bien.
Je remarque juste un numéro à l'arrière suivi de : "dites moi comment je conduis". Et à l'avant un compteur, qui indique aux passagers la vitesse suivie.

Et on part, on dépasse pas les limites, la route est plutôt en bon état. 
Premier arrêt : douane. Contrôle de routine. Sauf qu'un contrebandier s'est glissé dans le lot. DVD, TV, Hifi, venant du venezuela, moins cher (malgré la terriiiiiible inflation), pour être revendus en Colombie.
Douanier signifie guerrier sous apparence policière armé d'une mitraillette dans le dos. Accueillant.
Ils ouvrent la soute. Ils déchargent quelques valises et les mettent à l'écart.
La mienne.
non
Il vont ...
pas possible.
ils vont trouver ma casquette à étoile rouge, m'emprisonner, me livrer aux paramilitaires, je suis foutu ! Je prépare déjà mon discours pour la vidéo de la séquestration et la demande de rançon.

Non en fait 'est juste qu'il y avait 4 autres sacs de contrebande cachés derrière.
je suis profondément déçu.

Après une heure et demi, le type reste sur place, il aura 72h pour fournir les preuves d'achat, sinon il sera l'objet d'une procédure judiciaire.

Et l'on repart. Tranquillement sur des routes de plus en plus montagneuses et sinueuses et cahoteuses.
Jusqu'à arriver au deuxième point crucial du voyage.
Dans une descente digne du col de l'Izoard, la foret en contrebas en plus, le bus s'arrête. Plus bas des lumières  clignotes, les voitures éteignent les phares.
cette fois ça y est, j'en suis sûr, c'est la guérilla, je savais bien que le voyage était pas sûr.
Et je l'avais déjà prédis cette nuit dans un rêve prémonitoire. séquestration misère, et puis je vais même choper le paludisme si ça continue dans cette jungle hostile avec l'armée colombienne qui nous bombarde à tout bout de champ.
On s'approche ... arrive au coin du tournant. 
BAM
Eboulement de terrain. une canalisation d'eau en surplomb percée et un bout demontagne est tombé. 
Alors, ben on y va tous, enfin certains plus que d'autres. Les chemises blanches un peu moins, soit les  chauffeurs de bus, quelques autres et moi. On me tane : Hé Gringo, arrête de prendre des photos, viens filer un coup de main. Je réponds que ma chemise en tweed anglais risque d'être endommagée par le contact avec la surface telurique d'une boue dégueu.



Et j'ajoute que je suis aps gringo, mais zeuropéen.



Et comme les Colombiens sont des perfides soldats de l'Empire, fanatique de cocaïne et de sécurité :


"tu sais ici, les gringo, (les zétasuniens) ils ont font 3 choses : 
ils prennent les richesses, 
ils construirent des bases militaires 
et ils font du commerce de drogue".
 
Bon après il enchaine un couplet enchanteur sur l'Europe qui les aide au développement, je modère ses ardeurs. 
On finit par en sortir. 3 heures plus tard.

plus tard, j'écoute des conversations au téléphone dans le bus histoire de m'habituer à l'accent :
" tu vas là-bas ? bon alors fais bien attention, tu sais comment sont les choses" (...)
"Et n'oublie pas que ... tu sais bien".


En Colombie, le dernier président a été élu avec un taux de 60% d'abstention, il est un des plus gros narcotrafiquant du pays : il s'appelle Alvaro uribe. Le même qui a vendu son pays aux Etats-Unis en leur offrant sur un plateau sept ases militaires, "pour lutter contre le narcotrafic". On imagine bien le type se rendre dans la base américaine : "coucou, emprisonnez moi, je suis un narcotrafiquant". Soyons sérieux, c'est une nouvelle forme 'intervention pour reprendre le contrôle de l'Amérique Latine, c'est juste tellement évident qu'il faut quand même le dire.
Le même Uribe qui a une solidarité féroce avec les paramilitaires, dont sont plus que très proches certains membres du gouvernement colombien, et pour qui il a gentillement crée une loi d'amnistie. Ces paramilitaires qui sont responsables de 70% des assassinats et enlèvements en Colombie. Les guérillas c'est 30 %.

effectivement, on verra des manifestations mondiales contre les terribles criminels FARC. Mais on entendra moins de monde  pour se mobiliser contre le paramilitarisme.
Pas principalement par blocage idéologique. Tout simplement par sécurité physique.


j'arrive à Bogota après 17 heures de route depuis Cucuta. Une ville ultra moderne, bien carrée, bien rangée, bien propre, bien sécurisée. j'y reste que très peu, le temps d'appeler un ami, qui m'explique qu'il doit partir, je dois faire gaffe, avec les élections (sénatoriales) c'est très tendu dans la ville et dans le pays.
On me rétorquera que la criminalité a fortement diminué et que la ville al plus dangereuse est Caracas. Certainement, pour les touristes, ça doit être Caracas, pas super accueillante pour le chaland international.
Mais pour les gens qui y vivent, Bogota est bien moins sûre. 
la criminalité, la peur, elle existe, même si elle n'est pas visible. Elle est souterraine.
L'ami travaille dans les questions de droits de l'homme, et les réunions qu'il tient sont clandestines. SInon, il a des chances de se faire butter.
Oui parce qu'il bosse pour les droits de l'homme.


J'ai oublié de vous dire qu'ici les mots "révolution bolivarienne", "socialisme", "lutte des classes" sont interdits. pas par principe. Par sécurité. On retire la casquette à étoile rouge, les T-shirt compromettants. Le mieux c'est même de ne pas parler de politique.On vote quand on nous le demande et on se tait,Ou alors on en parle mais très doucement, que "l'on" ne vous entende pas.
Et si l'on vous entend, vous en aurez les conséquences à subir.
et puis tout ira bien, tout ira bien.


finalement je retourne à l'aéroport, ce même aéroport qui avait été mon point d'entrée sur le continent. Toujours le cireur de pompe. Cette fois maitrisant la langue, je peux discuter avec les gens, de tout de rien (sauf de politique) et j'ai désormais 5  nouveaux points de chute en terre Colombienne au cas où je repasserais par là.

je passe une nuit dans cet aéroport. Toujours aussi peu confortable le siège en bois, mais ça remet en place les 3 vertebres déplacées pendant les ... 26 heures de bus depuis Mérida.
Au matin, tôt, très tôt, 6h du matin, je décolle pour Lima.

dimanche 7 février 2010

Derniers instants avant début du commencement de la suite

Me voila parti donc. 
15h de trajet, de nuit. Au matin, arrivée à la première étape : Mérida, 
Une ville du sud ouest du Venezuela, au pied des montagnes, et du Pic Bolivar, 4981 mètres.
Une ville bien différente pour qui a vécu un peu à Caracas.

c'est calme, pas violent, peu bruyant, posé, tranquille.


C'est plutôt propre, assez touristique bien qu'il n'y ait pas une foule incroyable.
Une ville contrastée, ni chaviste, ni antichaviste, ils veulent ici l'unité national, ils en ont assez de voir le pays être divisé.

symbole inconnu suivi de 
"Regarde ! c'est comme ça que Cavez s'en va !"
Etudiants de l'Université des Andes pour le Oui
 (Je précise que l'opposition n'est pas beaucoup plus fine dans ses représentations symboliques)

Une ville où deux étudiants ( un chaviste et un anti) se sont fait butter dans les manifestations suite aux récentes mesures prises de suspension de 6 chaines de télé câblées pour non respect de la loi, donc la fameuse RCTV.

Mérida c'est fleuri, des fleurs longtemps que je n'en avais pas vues, de toutes les couleurs. Ca a beau être la ville la plus froide du pays, il fait une bonne petite chaleur.

Un jour, pas plus, juste le temps de flâner. De croiser cette place Bolivar avec ses artistes ressemblant à s'y méprendre à Montmartre.
Ou ce quai de rivière tendant vers les quais du Rhone.
 
Et le lendemain c'est repartit, tôt, croyais-je, 10h, pour San Cristobal, 7h au sud ouest. Pas encore la frontière.

La route, c'est un avalanche de paysages, désertiques, boisée, forestiers, mointagneux, de toutes les couleurs.
Arrivée à San cristobal, grande ville, pas de bol, c'est au moment de la coupure d'électricité, donc des feux tricolores ... un sacré merdier dans les avenues.

On sort de bus et monte dans un autre, un micro comme ceux de Caracs, petit inconfortable et bruyant. Direction San Antonio, qui marque la frontière avec la Colombie.
2h et demi au lieu d'une. J'y arrive à 8h du soir.
Passage à l'office de l'immigration, dernier perro caliente et dernière discussion politique avec les vendeurs avant de quitter le pays.

J'ai préféré parcourir le demi kilomètres qui me sépare de l'Autre Pays, à pied. 
En traversant un pont. Un simple pont.

Je me retourne une dernière fois. Je suis rassuré. 
De toute façon, il serait présomptueux pour moi de ne pas l'être.
Ils n'ont pas besoin de nous. Ils mènent leur vie, je ne suis que de passage, et bien qu'ayant activement participé durant mon séjour, je n'en reste pas moins un élément extérieur, observateur, de passage. Comme tous ces expatriés français.

Ils n'ont pas besoin de nous, ils savent très bien la faire leur révolution, à leur manière, certes avec des aspects très dérangeants pour nos petites consciences occidentalo-centrées. Mais de toute façon, ils en ont un peu rien à faire de savoir qu'un tel ou tel groupuscule gauchiste les critique sur tel ou tel point.
Et puis elle y est la dynamique, ces gens, cette chaleur humaine, cette humanité, ça existe.


Rassuré, je passe sous l'arche marquant l'entrée du pont avec une dernière banderole :
"revenez vite dans la République Bolivarienne du Venezuela, terres de grands progrès"

Je marche droit devant. Non pas que j'y tourne le dos. Au contraire. 
C'est juste que cette fois ... c'est fini.

En avant.

mardi 2 février 2010

Alors, c'était comment ?

On a dû me poser 20 fois cette question cette semaine, et plus de 15 en ce jour.

Évidemment, c'est un petit peu logique. vu que je pars demain, enfin presque.

Comment c'était ?

Au soir, je quitte Caracas. 12 h de route plus loin, j'arrive à mérida, petit plaisir de touriste avant de s'en aller.
Non, pour ceux qui demandent, je ne vais pas enquêter sur la mort des 2 étudiants dans les manifs de ces derniers jours. Je suis réellement en voyage, non plus au travail.

C'était comment ?

c'était bien, oui bon mais encore ? très bien, exceptionnel, fantastique, incroyable...

Un jour à Mérida et ensuite direction Bogota, en bus branlant passant par des zones où il ne fait pas bon être touriste, ou autochtones. On va espérer qu'il n'y aura pas de problème. j'ai survécu à un mois et demi au 23 de Enero, je peux bien traverser des zones tribales ?

Et ben, dis, c'était comment ?

Des images qui reviennent.

Cette nana, à Gramoven, casquette rouge, t shirt rouge, pantalon rouge, rouge à lèvre rouge. pas plus que 17 ans. Un sourire rouge, avec en gros sur sa poitrine : SI CHAVEZ. 
Ces chavistes, partout, cet amour pour un homme, prêts à mourir pour leurs (ses?) idées. Et cette humanité sans limite pour autrui.

A Bogota, on passe une journée on en profite pour voir des gens qu'on verra jamais ailleurs et puis ensuite avion, direction le Pérou, Lima.

Ou ce jeune allemand, en brigade internationale, rencontré à la Coordinadora Simon Bolivar, beau, blond, musclé, sûr de lui, trotskyste, qui n'a réussi au Venezuela qu'à internationaliser son sexe avec toutes les révolutionnaires du quartier. Tous ces beaux parleurs qui ne s'écoutent que parler. Incapables d'écouter le réel qui s'offre à leurs yeux. j'ai failli en être il fut un temps.

Lima, on y passe une journée, pas envie de rester en ville. Immédiatement, montée dans un bus direction le sud, la route panaméricaine, en évitant d'aller jouer touriste à Cuzco, Machu Pichu, aussi beau que ce soit.

Alors c'était comment ici ?

Y avait aussi ces gosses à Guanare, le soir du jour de l'an, s'amusant à jeter des pétards. Les gosses ici, y en a partout, jouant, criant, ça nous change de la maison de retraite France. Pays jeune, y a de l'avenir. On prendrais presque un coup de vieux à presque 20 ans.

On arrive ensuite dans une zone rurale, visitant les Canyons de Colca, pourquoi ? Pourquoi pas ?

Et ce type à Maracay. Un qui était tout jeune quand la dictature est tombée en 1958, et qui dans les années 80 à rejoint les autres dans les montagnes. Un guérilléro, qui participera au coup d'Etat de 1992. Il ira en prison, sera torturé, libéré, suivra Chavez, aujourd'hui travaillant dans un média communautaire. le même totalement bourré dans cette voiture, faisant tomber sa bière sur mes genoux rouges feu des coup de soleil.

Quand est-ce que tu reviens ?

Après cette escapade, c'est repartit pour Arequipa, une ville belle, ça changera de la grande Caracas. Deux jours. Puis direction Puno, qui comme le dit si bien celle qui m'a conseillé ce chemin : "Puno, c'est ... Puno quoi". Et puis si on a le temps, une ballade sur le lac Titicaca.

Y a eu aussi cette nuit au Mani, LE bar à salsa dans les quartiers courus, incapable d'aligner deux pas de danse, plus occupé à vivre cette effusion générale salsera au son des trompettes et percussions. Ou ces nanas de l'Oriente, aux blagues machistes à faire rougir les mecs, les vrais.

Du Titicaca, on retourne sur terre, au Pérou ou en Bolivie, suivant où le vent nous portera. En quelques heures on est à la Paz. La paix ? pas de suite. Juste une journée pour visiter la capitale la plus haute du monde, et puis il faudra déjà repartir.

Que restera-t-il du Venezuela ? Des émotions, des gens, des rencontres, des contacts, un peuple debout et digne, un pays chaleureux et accueillant, qui avance propose et réalise ses rêves.

Au 15 février je serois arrivé à Riberalata, dans le département Beni.
Ca ne s'invente pas une telle escapade bolivarienne.

Un Venezuela auquel on dédiera cette chanson douce, pour un peuple vaillant :

Le larmier des salines
couvre toutes les terres
Il clame la vie 
et lui donne cent ans, 
mais il ne se passe rien.
 Ma douce terre ...

 
Quand est-ce que je reviens ?

lundi 1 février 2010

Vous l'avez tous vu et lu ...


Hein que vous l'avez tous vu cette vidéo !!!

Cette déclaration fracassante que même la droite décomplexée ose pas chez nous.

Quoi, vous me dites?

que chavez aurait dit que les Usa auraient déclenché le séisme en haiti à l'aide d'une arme ultra secrète ?

Mouimouimoui,

Décidément, le Parti de la Presse et de l'Argent (soit en langage courant les "médias dominants") a une fâcheuse tendance à tout oser.

Donc, non désolé, mais keud, niet, nana, rien, c'est juste un mensonge de plus, basé sur le principe :"plus c'est gros plus ça passe". D'ailleurs j'ai écrit un super, génial, youpi tout bien article là dessus.

Jugez plutôt :

Le PPA déclare la guerre à la nouvelle « conspiration chaviste » !

 
Bon au delà de la conséquence directe, à savoir après l'avoir fait passé pour dictateur totalitaire, de transformer Chavez en un fou paranoiaque, justifiant tous les moyens "médicaux"

Surtout ça permet de ne pas s'informer correctement.

Ainsi en est cette vidéo, que vous n'avez pas vue.

Ou sur une chaine que l'on croyait fermée depuis 2007 sur décision du Méchant Rouge, l'on a pu voir il y a quinze jours un leader de l'opposition, accessoirement directeur du patronat local (allez comprendre cette coïncidence !)

"La solutions aux problèmes au Venezuela, est une solution militaire"

Et pour les journalistes au Monde, au JDD, au Figaro, au Post qui recoupent les sources, la vidéo est ici (à 2min 40 environ) : http://www.youtube.com/watch?v=J_5MxTBSVms

Et il en rajoute : dans les commerces, l'industrie, la rue etc... Et le journaliste : "vous êtes liberté d'en penser ce que vous voulez, mais moi je suis d'accord"

What's the matter ? oh, c'est juste la préparation d'un nouveau coup d'Etat.

Le mieux pour le juger c'est de lire la presse (qui comme tout le monde le sait n'est pas libre) surtout celle d'opposition.


On l'on apprend des choses intéressantes, comme cette chaine de télévision, RCTV, déjà fermée en 2007, qui est refermée en 2010. Oui parce qu'elle était fermée mais juste sur le hertzien, elle était toujours visible sur le câble et le satellite.
Oui je sais on vous l'a pas dit, dommage.
Le sort s'acharne contre ces pauvres journalistes racistes, classistes, qui ont entre autre pu appeler à l'assassinat du président de la république et participer activement à un coup d'Etat en 2002.

Oui RCTV la chaine symbole de la liberté d'expression c'est ça.

Aujourd'hui, la CONATEL (le CSA vénézuelien) l'a sanctionné d'une mesure de suspension temporaire, pour non respect de la loi. C'est comme si TF1 décidait de diffuser du porno à la place des dessins animés pour enfant, refusait de mettre les logo pour la vigilance d'âge et refusait de diffuser les interventions présidentielles. Ici ce sont des "atteintes à la liberté"

Évidemment il suffit à RCTV de se remettre dans le cadre de la loi pour pouvoir émettre à nouveau. Mais à quoi ça leur servirait ?

Puisque depuis l'annonce de cette mesure, les ETUDIANTS SONT DANS LA RUE !
Bon en fait, sont pas super nombreux. On m'a parlé de manifestation quotidienne grossissant de jour en jour.
je n'ai pu dénicher dans tout l'est de Caracas qu'un misérable groupe à un Carrefour, distribuant des tracts dénonçant les "cadeaux" (partenariat économiques bilatéraux) du Venezuela avec Cuba, le Nicaragua, la Bolivie, et le pire de tous : un programme pour alimenter en électricité Haiti !


Le groupe c'était "Voluntad popular", soit une organisation qui vient dans les conseils communaux, avec pour objectif de discréditer les réalisations du processus, notamment les missions, et pour ficher les personnes ce qui a pour conséquence que des mafias ou groupes paramilitaires récupèrent ces infos et qu'il arrive des choses fâcheuses aux membres du conseil communal.
Quoi des fascistes ? Allons ! des militants de liberté et des droits de l'homme !

Bon, les étudiants (de droite) manifestent, ils sont largement moins nombreux qu'en 2007, mais ils suivent la même technique : groupes violents extrêmes (droite) qui provoquent la police, qui même ici, reste police, et qui donc réprime les étudiants qu'elle a devant eux, les gentils fils de classe moyenne amoureux de la liberté, qui comprennent pas ce qu'il leur arrive à part qu'un gouvernement les matraque et qui hurlent à la dictature. Le principe permet de déclencher du chaos générale et de mobiliser contre la répression.

Y a même déjà eu des morts !

Enfin, pas (encore) des étudiants d'opposition.
Non, juste deux étudiants chavistes, qui manifestaient POUR la fermeture, oui parce qu'il y en a qui ont le toupet de défendre les restriction à la liberté d'expression, c'est normal d'en subir les conséquences non ? 
2 étudiants dont un membre du PSUV tués à Mérida par des tireurs isolés, dont on ne sait ni qui ils sont, ni ce qu'ils font. Soit ce qu'on pourrait appeler des paramilitaires. Aucune preuve bien sûr.

Bien sûr, ceux-là ne seront pas retenus comme héros de la liberté. Par contre si un étudiant de l'opposition se fait buter ...ça risque de chauffer dur dans les facultés. Remarque ça chauffe déjà.
Résumons donc
Situation économique difficile : économies d'énergies forcées, ré-évalutation de la monnaie, crise mondiale.
Situation politique : des chavistes toujours aussi forts (55 à  65%) et une opposition fractionnée sans projet, sans leader,
Situation du patronat : prêt à une "solution militaire".
Situation des étudiants anti chavistes : dans la rue, avec la haine, comme toujours.
Situation des Etats-Unis : en cours de reprise en main de l'Amérique Latine.
Honduras : dictateur légitimé.
Haiti : en cours d'occupation avec des forces militaires à peine 4 fois inférieure à l'Afghnistan (20 000). Venezuela : survol régulier de bombardiers militaires en toute illégalité.

Je dis ça comme ça, mais vous le sentez à présent le climat du coup d'Etat qui va tenter de se jouer dans l'année ?

Oh, n'ayez crainte, tous le monde ici s'en rend compte, et croyez-le bien, ils ne laisseront pas faire, au sommet comme à la base. On peut leur faire confiance sur ce point, ils en ont déjà fait échouer au moins trois tentative.
Et puisque ce qui ne tue pas une révolution la rend plus forte ...


mercredi 27 janvier 2010

Les plus belles femmes du monde !



Note préalable : Oui le titre est aguicheur. Mais si vous venez ici pour des photos de nenettes à poil, ou presque, c'est raté. Mais alors complètement.
Je tente juste une expérience pour mesurer à quel degré les lecteurs de blogs sont à la recherche d'information saine. J'ai peur de regarder prochainement les statistiques. 

Il paraitrait que les femmes du venezuela  sont très jolies, voire les plus jolies au monde.
Il paraitrait qu'elles sont calientes (chaudes bouillantes)
Il est vrai qu'ici on ne refuse pas les marques d'affection physiques prononcées, y compris entre bon-ne-s ami-e-s.
Il est tout aussi vrai que le genre féminin ici attaque une large importance à la question de l'apparence physique.
Et qu'étant donné la chaleur, les tenues sont plutôt légères et transparentes.

Mais comment vous parler des femme sans parler de féminisme.
Et plus précisément de l'oppression machiste, qui a peu de chose en commun avec les relous européens.

Je pourrais vous décrire comment des amies vénézueliennes se font siffler continuellement dans la rue, sans que cela leur pose problème, selon leurs dires à eux et à elles.
Comment il faut être extrêmement doux, être un "caballero", un gentlemen, avec elles parce qu'elles ont moins de force et qu'on risque de les blesser si on leur serre la main tu comprends, et si tu refuses de considérer l'inégalité naturelle de condition de puissance, c'est toi le macho.
les même caballeros qui dansent avec elles le reggeaton qui s'apparente, vu de l'extérieur, à une meute de chien gesticulant du bassin autour d'un morceau de viande.
Vu de l'intérieur, on danse et on s'amuse me disent les amies d'ici.

On m'explique comment elles doivent être belles, toutes, qu'elles le veuillent ou non, à tout âge.


Avec les salons de manucure et de beauté plus nombreux que nos boulangeries.
Tellement belles qu'elles se voient dans l'intérêt évident pour leur image de s'afficher.
Les stéréotypes des mannequins toujours blanches, toujours parfaites, toujours anorexiques. 
Qui sert à vendre tout et n'importe quoi, le plus n'importe quoi étant la bière ...



A moins que ce soit un amendement constitutionnel :

Et puis les miss, du village, de la ville, du pays, du monde, voire l'univers.
Une industrie de la beauté "parfaite" et cela commence dès le plus jeune âge.
Avec son corolaire, l'industrie du bistouri comme la nomme certains, la chirurgie esthétique de 7 à 77 ans. Le débouché numéro des écoles de médecine. A tel point qu'il n'y a plus assez de pédiatres, osthéopathes ou chirurgiens ...
Il y a cet aspect-là indéniable. Ce culte de la beauté.

Mais les femmes du Venezuela sont surtout des femmes qui en ont. Qui tiennent la rampe.
Dans ce processus ?
Les hommes occupent toujours la large majorité des postes de pouvoir, même si cela tend à évoluer progressivement avec le processus.
Mais ce sont les femmes qui sont majoritaires dans les conseils communaux, dans les missions socialistes, dans les programmes gouvernements, elles sont omniprésentes partout.
Sans elles, il n'y a pas de processus révolutionnaire.

Au delà, la femme tient les rênes, car elle tient la famille, c'est elle qui éduque, souvent parce qu'elle a eu un enfant d'une homme parti le lendemain même de la rencontre.
Le plus souvent en fait c'est 5 ou 6 enfants. Les premiers dès 14 ou 15 ans.
Le lien familial est beaucoup plus fort que dans nos pays "civilisés". Et vu la crise du logement, les étudiants restent le plus souvent chez leurs parents jusqu'à la fin de leurs études, voire même après.

En fait, on pourrait parler de société machiste ET matriarcale. Avec des contradictions à la pelle.
De fervents socialistes se retrouvent être aussi de fervents opposants à l'avortement.
Car le socialisme / christianisme c'est la vie et l'avortement c'est la mort.
Et cela est une idée partagée très largement, y compris par de nombreuses femmes.

C'est ça, ce pays, une omniprésence de la femme mais une acceptation, au moins en public, de cette oppression permanente, d'être en permanence symboliquement ou physiquement ramenée à moins qu'un homme. Une intériorisation de sa supposée condition inférieure.
Sans oublier les questions des violences conjugales, encore plus répandues que monnaie courante.

Vous vous moquez ? Vous pensez qu'ils ont loupé une phase de leur révolution prétendument "socialiste" ?

Allons mes amis. Nous avons attendus un siècle et demi après notre révolution pour accorder le droit de vote à nos citoyennes. Il y a encore 40 ans, avorter était illégal.  Et aujourd'hui le président est en train de massacrer le Planning Familial en coupant toutes ses subventions. et utilise généreusement l'image de la beauté féminine exotique comme argument de vente électoral (Rachida Rama Fadela Etcetera)
Et dans combien de familles aujourd'hui c'est toujours la femme qui cuisine, qui fait le ménage, et l'homme avec sa bière devant le match de foot ? Oui les moeurs évoluent, mais lentement.
Sans oublier qu'une femme meurt tous les deux jours sous les coups de son mari. Et qu'une femme gagne, à qualification égale, 80% du salaire d'un homme. En 2010 en France, pays "civilisé".

Ici la révolution a à peine plus de dix ans.
Il existe un ministère de la Femme et de l'Egalité des genres né il y a un an.
Et des ministres femmes, à la communication, aux populations indigènes, ...
Il existe une loi organique sur les droits de la femme à une vie libre de violence votée en 2007, bien que très partiellement appliquée.
Et on a un président qui clame à l'envie : "la révolution sera féministe ou ne sera pas".

Sachez également que le féminisme au Venezuela a d'abord été un thème porté par les classes moyennes et aisées, et contre le processus bolivarien. Et qu'il a fallu tout un travail de dé-construction et de ré-appropriation pour que féminisme et socialisme ne soient plus opposés et les classes populaires s'emparent de cette thématique dans le cadre de la Révolution Bolivarienne. Aujourd'hui c'est chose faite.

Maintenant, vous êtes peut être un peu mieux préparés à prendre un choc frontal :
Ou vous allez pouvoir apprécier les notions d'honneur, de bonne réputation, et comprendre comment la femme peut être désignée responsable de son propre viol, puisque "c'est elle qui séduit."
Les droits des femmes dans l'actuel code pénal vénézuelien.

Extraits : 
Article 378.2 “L’acte charnel effectué avec une femme de plus de 16 ans et moins de 21 ans avec son consentement, est passible de peine s’il y a eu séduction avec promesse matrimoniale et si la femme est réputée honnête. Au quel cas, la peine sera de six mois à un an de prison.”
Article 385.2 : “Quand un des délits prévus à cet article et les articles antérieurs (ndt : séquestration), est commis avec la seule fin de mariage, la peine de prison pourra s’appliquer avec sursis”. 

Ca fait peur, ce genre de chose. vraiment. et ce n'est qu'un extrait.

J'ai même rencontré des femmes ici, des vraies révolutionnaires accomplies, à qui cela ne posait pas de problème. Sans parler des hommes ...

Et puis on se rassure en voyant circuler dans la rue et les communautés ce genre de textes : 
"Il y a cent ans, le français Charles Fourier, l’un des grands annonciateurs des idéaux socialistes, a écrit ces mots mémorables : « dans chaque société, le degré de l’émancipation des femmes est la mesure naturelle du degré de l’émancipation générale. » Ceci est parfaitement vrai pour la société actuelle. La lutte de masse actuelle pour l’égalité des droits politiques des femmes est une des expressions et une partie de la lutte de libération générale du prolétariat. En cela réside sa force et son avenir. Le suffrage universel, égal et direct comprenant les femmes, ferait - grâce au prolétariat féminin - considérablement avancer et intensifierait la lutte de classe du prolétariat. C’est la raison pour laquelle la société bourgeoise craint le droit des vote des femmes, et c’est pourquoi nous le voulons et nous l’obtiendrons. En luttant pour le suffrage féminin, nous rapprocherons aussi l’heure où la société actuelle tombera en ruines sous les coups de marteau du prolétariat révolutionnaire.
Rosa Luxemburg, 

  Die Gleichheit, 8 mars 1912.
"La femme qui s'organise ne repasse pas les chemises !"

Sur le mur sur le chemin pour aller au travail tous les matins je vois ce graffiti.
Et une fois encore, ça me redonne confiance en ce peuple. Ils n'ont nul besoin de nous. Les cercles de femmes commencent à émerger, un campamento international de las mujeres (forum international des femmes) s'est tenu il y a peu. Et c'est comme tout, ca avance doucement.

NB : pour creuser la question sur les droits des femmes dans les processus révolutionnaires en Amérique Latine : Nicaragua : le Front Sandiniste et les droits de la femme

dimanche 24 janvier 2010

Ceci n'est pas un soutien populaire

Vous vous en doutez, si j'ai assisté à la manifestation de ce 23 janvier, ce n'est que par considération purement journalistique visant à décrire le plus fidèlement le déroulement d'un de ces rassemblements dont la vocation n'est que d'appuyer la dictaturrrrrrrrrrrrrrre. On m'a prévenu d'ailleurs, un ami bien informé m'a dit qu'il avait entendu un de ses cousins dire qu'un ami a lui avait vu des militaires entrer dans les maisons pour forcer les gens à aller manifester. Une source sûre.

Ainsi donc, suivant l'appel du Gouvernement, je me rends deux heures après le départ de la manifestation sur le point d'arriver, à proximité du centre-ville. Evidemment, je n'ai pas été surpris de voir qu'il n'y avait personne, que c'était tout juste à moitié vide, et qu'il n'y même pas de personnalité politique sur l'estrade. Les "gens" aux alentours m'ont dit que c'était parce que la manifestation n'était pas encore partie.

Rassuré sur la véritable capacité de mobilisation de ces socialo-communistes rouges à casquettes, je me dirige vers le centre ville histoire de déguster un entremet au restaurant français le plus proche.

Le problème c'est qu'à cause de ces Jean-foutre, toutes les rues étaient bordélisées. Tous les deux cents mètres, un petit groupe écoutait un muezzin bolchevique  faisant le sermon en criant des "Viva Chavez" et autres signes d'aliénation collective. A certain moment on croirait presque qu'il y a une manifestation, mais je ne me laisse pas avoir, je sais bien que cela ne peut être vrai.





Sur les coups des 14h, je me décide à retourner sur le point d'arrivée de l'action : la place O'Leary.
Et là je ne sais pourquoi, mais les gens se sont unis pour m'empêcher de passer ! Impossible d'approcher plus près. Certains arguaient du fait qu'il y avait trop de monde.
Sottise ! Je vois bien qu'il restait encore de l'espace au beau milieu de la fontaine.




Bien décidé à ne pas me laisser abattre je me fraye un passage, en m'offrant au passage un casquette couleur locale, histoire de m'infiltrer au cœur de la populace sans être identifié.

Après moult coups de coudes et de fesses et un certain nombre de pieds écrasés, j'arrive enfin à 4 mètres des barrières marquant la fin du territoire autorisé. Devant moi une pancarte : "Je donnerais tout pour pouvoir t'embrasser". J'ai cru un instant qu'il s'agissait de moi. Dommage.

Il est 15h.

Venue du fond de l'avenue, à présent toute aussi bondée que là où je me trouve, descend une camionnette avec à son bord un type, qui fait des signes de la main. Il semble que cette personne relève d'une certaine importance étant donné le mouvement d'hystérie collective qui se déclenche à sa vision.






Enfin, hystérie serait un mot beaucoup trop faible, ça crie, ça hurle, ça court vers la camionnette, sans se préoccuper des risques importants qu'il y a à se faire écraser sous un pneu.
Le type perché sur le toit de la camionnette sourit, et quand il regarde dans la direction de quelqu'un, celui-ci hurle. rarement on a vu pareil spectacle, sauf peut être à Rome avec Jean Paul IV.





Enfin, hystérie serait un mot beaucoup trop faible, ça crie, ça hurle, ça court vers la camionnette, sans se préoccuper des risques importants qu'il y a à se faire écraser sous un pneu.

Le type perché sur le toit de la camionnette sourit, et quand il regarde dans la direction de quelqu'un, celui-ci hurle. Rarement on a vu pareil spectacle, sauf peut être à Rome avec Jean Paul IV.

La voiture passe devant moi, sans laisser le temps aux journalistes aux alentours de poser une seule question au type. Quel toupet !

Et puis des balcons aux alentours, des gens balancent des confettis. Enfin le type arrive sur l'estrade.

Les gens hurlent des cris animaliers tels "Uh Ah, Chavez s'en va pas"

Et voila que le type commence à prendre la parole en chantant l'hymne national. J'en suis désormais sûr, il y a un grand péril nationaliste ici. La preuve ? Tout le monde chante autour en coeur, plus ou moins juste (ne peuvent-ils pas prendre des cours de chant à la fin ? C'est agaçant pour les oreilles sensibles)






Il enchaîne avec deux trois autres chansons connues également du public. Je commence à comprendre qu'il s'agit d'un amuseur public. En attendant, je suis comprimé entre une représentante de la « Mission santé" et un membre du « Front national (raciste ?) paysan Ezequiel Zamora ». Je révise ma Bible, Ezequiel était une figure maléfique de l'Ancien Testament. Difficulté à respirer, mais je dois rester, pour l'honneur de l'information juste et équilibrée.

Et puis il commence son discours, sous les cris toujours plus animaliers d'une foule qui ne l'écoute pas. Enfin ils se taisent (c'est agaçant vraiment), les quelques groupies à l'avant daignent baisser leur drapeau pour permettre aux autres groupies de voir le spectacle.
Bon le type parle,  parle, parle ;  en fait de parler, il se répète un peu beaucoup.
"Vive les femmes, vive la révolution, vive la socialisme !"
Apparemment, ce qu'il raconte a un peu d'impact sur la foule qui crie de plus belle.
Au-dessus de lui, un écran géant montre le type, puis montre la foule. Il semble qu'il y ait du monde.

Décidé à rendre compte de la réalité de la supercherie (puisque tout ceci est une mise en scène bien entendu).

Je remonte les avenues adjacentes. Non, elles sont vraiment bondées. L'autre avenue ... aussi, sur encore 200 mètres. Et plus bas ? Egalement. Mais il y a vraiment des centaines de milliers de personnes dans la rue ?

Avec toute la mauvaise volonté que l'on peut admettre vis-à-vis de ce genre de sauterie, il faut admettre que oui, il y a vraiment tout ce monde. Et les trois quarts d'entre eux portaient des t shirts, casquettes, drapeaux, rouges, signe qu'ils ne sont pas tout à fait inconscients de pourquoi ils sont là. Mais bon dieu, rentrez chez vous, ça ne sert à rien, vous ne passerez pas à CNN, qu'est-ce que vous croyez ? Vous ne vous rendez pas compte que vous êtes en train d'appuyer démocratiquement une dictature sanguinaire qui outrepasse la liberté de consommation et de spéculation ?







Alors bon, résigné, découragé par tant d'acharnement à détruire ma haute et juste pensée journalistique, je m'en vais, suivant une des avenues, toujours bondée, en fait, on peut croiser des manifestants pendant encore près d'un kilomètre. 1h plus tard, arrivé à mon logis, je regarde Globovision, la véritable télévision : il semble qu'il n'y a pas eu de manifestation place O'Leary aujourd'hui, seulement un rassemblement de l'opposition dans les quartiers de l'est, avec un très très très grand succès. Je regarde les images ... comparativement, c'est quand même un bel un échec pour les forces de la liberté.

Et puis finalement je me rassure, puisque je sais pertinemment que demain l'on ne verra que cette seconde manifestation là dans les médias occidentaux et nullement la première.

Re-motivé, et bien décidé de rendre compte de la réalité objective d'un pays dictatorial sans liberté d'expression j'entame mon article à paraître demain qui s'intitulera : "Malgré les pressions du régime, la population du Venezuela a boycotté massivement la parade militaire du dictateur".




Qui ira vérifier ?


En direct de Caracas, JPL, pour Le monde de la désinformation

PCC Grégoire SOuchay



Post Mortem : On annonce que c'est un confrère d'El pais, journal espagnol toujours objectif et jamais partisan, qui s'est rendu complice de la couverture de cette manifestation de mauvais-sens (en espagnol) :



jeudi 21 janvier 2010

faut-il souffrir pour être révolutionnaire ?

Je pense tout de même pas que c'était volontaire. Ni consciemment, ni inconsciemment.

Parce que la solidarité avec un processus o, mais quand ça commence à toucher les cervicales, ça devient limite.

Bref.

Après une nuit sur un lit dont le sommier est dans un état de démembrement avancé

Je me réveille ce matin avec un mal de dos atroce.

Genre le point qui tire dans le milieu du dos et qui te lance jusqu'au bout de l'oreille et dans le crâne.

Un mouvement simple, me lever, insuffle à la douleur une puissance inexorable au sus-dit dos.

bref, j'ai très mal et ne peut pas bouger d'un pouce.

Je trouve un anti douleur d'origine européenne donc non-douteuse pour soulager sous peu ce tiraillement.

Mais c'est que ça fait vraiment mal.

Alors bon, autant aller vérifier s'il y a pas une déchirure de la 13e côte doublée d'un sciatique avancé nécessitant une opération immédiate.

MAAAAAAAAIS, comme nous sommes au Venezuela,
dans un pays en Rrrrrrrrrévolution

je me suis dit : tiens et si j'en profitais pour aller voir de plus près ces guérisseurs merveilleux guérissant les pauvres.

soit les médecins cubain.

Et la mission Barrio Adentro.




Je me dirige donc vers le centre médical le plus proche. les dispensaires état réservés aux quartiers pauvres, ici il n'y a "que" le Centre de Diagnostic Intégral. un par quartier environ.

Un CDI c'est quoi ? c'est une sorte de clinique publique avec pleins de docteurs, où l'on trouve tant une infirmerie, des salles de consultations ou également une unité de soin intensif.
C'est une structure intermédiaire entre l'hôpital et le docteur en somme.

H'entre, des gens un peu partout, je me dirige à l'accueil où l'on m'inscrit sur une liste pour les consultations et l'on m'invite à m'asseoir sur une des chaises sur le côté.
Je discute avec ma voisine, immigrante portugaise, qui m'explique qu'ici "on est mieux soigné que dans les cliniques avec des médecins vénézueliens, qui sont incompétents, prescrivant les médicaments à la volée, sans se soucier des contre indications et tout le tralala."

Elle me raconte qu'il y a quelques semaines, elle a été admise dans ce CDI à l'unité de soin intensif pour problème cardiaque. Elle y est resté une semaine en très bonne santé. j'apprends également que dans le privé faire une simple radiographie des poumons coûte : 900 bolivars fuertes, soit 300 euros.

Consultation non comprise.




Un quart d'heure plus tard vient mon tour. La docteur m'examine rapidement et conclut aussi sec à un froissement de muscle suite à faux mouvement, en somme ce qu'il était hautement plausible que ce soit.

Dans la salle de consultation, on trouve à droite sur le mur une alerte pour la grippe A, et à gauche une photo de Che Guevara et une citation d'Hugo Chavez.

Elle sort d'un tiroir une plaquette de médicament, des anti-inflamatoires, me prescrit le traitement sur un petit bout de feuille découpé en hâte semble-t-il à la règle,
Elle signe, la tamponne, et c'est fini.

Je sors, les remercie et voila.

Ah petit détail : tout cela a été totalement gratuit.

c'est une des "minuscules" conséquences de la Révolution Bolivarienne.

Je passe à la pharmacie la plus proche pour prendre le deuxième médicament, non fourni.

En fait de pharmacie, c'est un supermarché contenant un espace de pharmacie.
A côté des brosse à dent l'on vend des bonbons et des sucreries.
A côté des médicaments des sodas et boissons gazeuses et sucrées.

Je passe à la caisse, après avoir fait pris un ticket avec un numéro d'appel et attend mon tour.
En payant le médicament, j'en profite pour m'informer sur le paludisme,
Ils ne savent pas, ils n'ont pas de formation médicale, ils vendent simplement un "produit" médical.
il faudra pour savoir ça que je retourne au Centre de Diagnostic Intégral.

Bon au delà de l'excuse du mal de dos, provoqué par mon inconscient pseudo-journalistique, j'ai juste pu me rendre compte que cette mission fonctionne au moins ici dans les quartiers riches.
Je gage que Chavez haissant (c'est bien connu) les riches, ça ne peut aps être pire chez les pauvres.

On a dit beaucoup de chose sur l'inefficacité des missions de santé, de la corruption, de la bureaucratie.

Il est vrai que le principal problème est qu'une fois les missions des médecins cubains achevées, il n'y a pas de relève vénézuelienne aussi bien formée, ceux-ci étant plus attiré par le privé, avec le prestige et le revenu correspondant. Ou dans le public mais des les filières plus rentables : la chirurgie plastique par exemple.

L'hôpital public est actuellement dans un état accablant, dans l'ensemble du pays avec parfois les équipements nécessaires mais pas le savoir faire pour l'entretenir, celui-ci ne servant donc rapidement plus à rien. Et autant ces hôpitaux sont publics, autant les médecins qui y travaillent sont en majorité (pas en totalité bien sûr) des personnes formées à la santé de forme "privée", à faire du chiffre, loin des aspirations humanistes du gouvernement bolivarien ...



... Ou plutôt bolchévisante, de ces terribles "cubains",
qui comme on le sait "injecte le communisme dans les veines" quand ils font un vaccin
ou qui "crèvent les yeux" quand ils opèrent de la cataracte.

Vous riez peut être mais ces phrases on peut les entendre à la télévision et même en vrai dans la bouche d'anti chavistes.

"Comment ? se "mêler" au bas peuple ? à ces pauvres ?"

Et ainsi beaucoup refuseront par principe idéologique d'aller dans ces centres, pourtant ouvert à tous. Certains iront peut être se faire soigner quand même, discrètement.
Mais ils vont pas le clamer sur les toits. imaginez la honte !


Oui il y a des dysfonctionnements, des problèmes importants.

Et avant il n'y avait pas des problèmes.
 
Il ne pouvait pas y en avoir puisqu'il n'y avait pas, de service de santé, pas de médecins.

La santé publique n'existait pas.

Dans les quartiers pauvres bien sûr, les barrios,

Les riches et membres de classe moyenne non déclassée ayant les moyens de se payer leurs soins.
Pour eux, la révolution, n'a rien changé, s tant est qu'ils ne veulent pas le voir.

je me souviens de cette phrase prononcée à plusieurs reprises par des gens rencontrés, est une des meilleures manières d'expliquer pourquoi il y a bien un processus révolutionnaire ici :
"Si on voulait se soigner, il fallait payer. Et si l'on ne payait pas, on mourrait."

c'est simple, simpliste. Mais c'était la réalité dans ce pays.

Et la réalité c'est qu'aujourd'hui plus de 15 millions de personnes ont accès aux soins gratuits au venezuela.


Alors ce soi j'ai mal au dos, toujours, malgré les médicaments.

Mais bon, je suis dans un pays en révolution,
Alors gageons que cela ne soit pas de très très grande importance.

Plus d'information/propagande sur la mission Barrio Adentro :