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lundi 1 février 2010

Vous l'avez tous vu et lu ...


Hein que vous l'avez tous vu cette vidéo !!!

Cette déclaration fracassante que même la droite décomplexée ose pas chez nous.

Quoi, vous me dites?

que chavez aurait dit que les Usa auraient déclenché le séisme en haiti à l'aide d'une arme ultra secrète ?

Mouimouimoui,

Décidément, le Parti de la Presse et de l'Argent (soit en langage courant les "médias dominants") a une fâcheuse tendance à tout oser.

Donc, non désolé, mais keud, niet, nana, rien, c'est juste un mensonge de plus, basé sur le principe :"plus c'est gros plus ça passe". D'ailleurs j'ai écrit un super, génial, youpi tout bien article là dessus.

Jugez plutôt :

Le PPA déclare la guerre à la nouvelle « conspiration chaviste » !

 
Bon au delà de la conséquence directe, à savoir après l'avoir fait passé pour dictateur totalitaire, de transformer Chavez en un fou paranoiaque, justifiant tous les moyens "médicaux"

Surtout ça permet de ne pas s'informer correctement.

Ainsi en est cette vidéo, que vous n'avez pas vue.

Ou sur une chaine que l'on croyait fermée depuis 2007 sur décision du Méchant Rouge, l'on a pu voir il y a quinze jours un leader de l'opposition, accessoirement directeur du patronat local (allez comprendre cette coïncidence !)

"La solutions aux problèmes au Venezuela, est une solution militaire"

Et pour les journalistes au Monde, au JDD, au Figaro, au Post qui recoupent les sources, la vidéo est ici (à 2min 40 environ) : http://www.youtube.com/watch?v=J_5MxTBSVms

Et il en rajoute : dans les commerces, l'industrie, la rue etc... Et le journaliste : "vous êtes liberté d'en penser ce que vous voulez, mais moi je suis d'accord"

What's the matter ? oh, c'est juste la préparation d'un nouveau coup d'Etat.

Le mieux pour le juger c'est de lire la presse (qui comme tout le monde le sait n'est pas libre) surtout celle d'opposition.


On l'on apprend des choses intéressantes, comme cette chaine de télévision, RCTV, déjà fermée en 2007, qui est refermée en 2010. Oui parce qu'elle était fermée mais juste sur le hertzien, elle était toujours visible sur le câble et le satellite.
Oui je sais on vous l'a pas dit, dommage.
Le sort s'acharne contre ces pauvres journalistes racistes, classistes, qui ont entre autre pu appeler à l'assassinat du président de la république et participer activement à un coup d'Etat en 2002.

Oui RCTV la chaine symbole de la liberté d'expression c'est ça.

Aujourd'hui, la CONATEL (le CSA vénézuelien) l'a sanctionné d'une mesure de suspension temporaire, pour non respect de la loi. C'est comme si TF1 décidait de diffuser du porno à la place des dessins animés pour enfant, refusait de mettre les logo pour la vigilance d'âge et refusait de diffuser les interventions présidentielles. Ici ce sont des "atteintes à la liberté"

Évidemment il suffit à RCTV de se remettre dans le cadre de la loi pour pouvoir émettre à nouveau. Mais à quoi ça leur servirait ?

Puisque depuis l'annonce de cette mesure, les ETUDIANTS SONT DANS LA RUE !
Bon en fait, sont pas super nombreux. On m'a parlé de manifestation quotidienne grossissant de jour en jour.
je n'ai pu dénicher dans tout l'est de Caracas qu'un misérable groupe à un Carrefour, distribuant des tracts dénonçant les "cadeaux" (partenariat économiques bilatéraux) du Venezuela avec Cuba, le Nicaragua, la Bolivie, et le pire de tous : un programme pour alimenter en électricité Haiti !


Le groupe c'était "Voluntad popular", soit une organisation qui vient dans les conseils communaux, avec pour objectif de discréditer les réalisations du processus, notamment les missions, et pour ficher les personnes ce qui a pour conséquence que des mafias ou groupes paramilitaires récupèrent ces infos et qu'il arrive des choses fâcheuses aux membres du conseil communal.
Quoi des fascistes ? Allons ! des militants de liberté et des droits de l'homme !

Bon, les étudiants (de droite) manifestent, ils sont largement moins nombreux qu'en 2007, mais ils suivent la même technique : groupes violents extrêmes (droite) qui provoquent la police, qui même ici, reste police, et qui donc réprime les étudiants qu'elle a devant eux, les gentils fils de classe moyenne amoureux de la liberté, qui comprennent pas ce qu'il leur arrive à part qu'un gouvernement les matraque et qui hurlent à la dictature. Le principe permet de déclencher du chaos générale et de mobiliser contre la répression.

Y a même déjà eu des morts !

Enfin, pas (encore) des étudiants d'opposition.
Non, juste deux étudiants chavistes, qui manifestaient POUR la fermeture, oui parce qu'il y en a qui ont le toupet de défendre les restriction à la liberté d'expression, c'est normal d'en subir les conséquences non ? 
2 étudiants dont un membre du PSUV tués à Mérida par des tireurs isolés, dont on ne sait ni qui ils sont, ni ce qu'ils font. Soit ce qu'on pourrait appeler des paramilitaires. Aucune preuve bien sûr.

Bien sûr, ceux-là ne seront pas retenus comme héros de la liberté. Par contre si un étudiant de l'opposition se fait buter ...ça risque de chauffer dur dans les facultés. Remarque ça chauffe déjà.
Résumons donc
Situation économique difficile : économies d'énergies forcées, ré-évalutation de la monnaie, crise mondiale.
Situation politique : des chavistes toujours aussi forts (55 à  65%) et une opposition fractionnée sans projet, sans leader,
Situation du patronat : prêt à une "solution militaire".
Situation des étudiants anti chavistes : dans la rue, avec la haine, comme toujours.
Situation des Etats-Unis : en cours de reprise en main de l'Amérique Latine.
Honduras : dictateur légitimé.
Haiti : en cours d'occupation avec des forces militaires à peine 4 fois inférieure à l'Afghnistan (20 000). Venezuela : survol régulier de bombardiers militaires en toute illégalité.

Je dis ça comme ça, mais vous le sentez à présent le climat du coup d'Etat qui va tenter de se jouer dans l'année ?

Oh, n'ayez crainte, tous le monde ici s'en rend compte, et croyez-le bien, ils ne laisseront pas faire, au sommet comme à la base. On peut leur faire confiance sur ce point, ils en ont déjà fait échouer au moins trois tentative.
Et puisque ce qui ne tue pas une révolution la rend plus forte ...


mercredi 16 décembre 2009

Noticiero Globovision


Je suis sur la chaine de télévision privée Globovision.
Un JT, un simple JT, dont j'ai pris la peine de vous le retranscrire quasi en temps réel.

Générique. Un homme, une femme, blancs por supuesto. c'est parti.

Le journal commence : le présentateur présente ... le dernier écran plat Cyber Lux, disponible partout, dans toutes les tailles, cyber lux, le mieux pour voir son match de base ball en haute qualité .. »

Retour plateau.

Premier sujet : les banquiers emprisonnés pour malversations financières. Trois d'entre eux ont obtenu la liberté conditionnelle : images en direct à la sortie de la prison de Yaré, où ils se trouvaient, avec un petit groupe de militants d'opposition et zoom sur les larmes des pauvre banquiers enfin libérés. Le zoom reste une bonne minute avec voix off « comme vous le voyez, leurs souffrances ont été terribles ». On n'en saura pas plus ni sur les origines, les causes.


Sujet suivant.

2 étudiants assassinés dans l'État de Tachira. La chaine « relaye » un appel à la grève générale dans l'État. « les étudiants et les travailleurs unis pour dénoncer ce crime odieux et exigent que le gouvernement commence à enquêter ».


Puis le dossier spécial sur la tragédie de Vargas. 10 ans déjà qu'une catastrophe naturelle à secoué cet État du Venezuela avec des centaines de milliers de sans abris. Reportage sur place avec un journaliste qui arpente les débris des habitations : « nous y voilà, 10 ans après c'est comme si c'était hier. La douleur, les témoignages ... » flash et en musique (triste soit dit en passant) livre les témoignages, de pauvres gens restés là, qui « depuis tout ce temps, on n'a rien vu venir, on souffre, et on a finalement décidé de s'organiser. » On ne les entendra pas plus puisque leurs paroles sont coupées par le « reporter » qui commente alors qu'on les voit parler sans son.

Retour reporter : « comme vous le voyez, rien n'a changé, rien n'a été fait la le Gouvernement, ici c'est toujours la misère, les souffrances, les témoignages » et retour sur les trois même témoignages que le « reporter » a eu le temps de recueillir. Et puis ?

Retour plateau. Une page de pub.


Ah tien on change de format publicitaire :
« ce communiqué est diffusé de forme gratuite et obligatoire, en application de l'article 3 de la loi des télécommunications » : Un spot montre une vieille dame, devant sa télé, et sa maison prend feu. Absorbée par son film (violent), les pompiers arrivent alors que le feu prend de toute part, ils l'appellent, celle-ci se se lève et les attaque avec un couteau reproduisant les actions du film.

Coupure :
campagne pour la conscience sociale : les médias ne disent pas toute la vérité.
Gouvernement Bolivarien du Venezuela.


transition avec ... « les meilleurs matelas (bruits de fond d'une femme qui jouit) sont chez » ... ça va trop vite, même pas la seconde de répit entre chaque pub, on passe à la nouvelle machine à laver non là c'est l'entreprise de téléphone, Digitel, présentée par ... les présentateurs. Puis encore trois autres pub. Retour plateau.

« tout comme la place bolivar, tout le monde connait où se trouve Zoom, Zoom, nous sommes partie de ton équipement, visitez www.zoom.ve»
Et le même reprend son journal comme si de rien n'était.
Les envahisseurs de l'édifice (...) dans l'est de Caracas sont encore revenus cette nuit ». Qui sont ils ? « les habitants sont fous de rage : « ils viennent, ils font croire qu'ils vont acheter quelque chose et puis ils restent à l'intérieur et s'enferment pendant des heures nous empêchant d'aller travailler ». J'ai pas compris. Eux non plus. Pas grave, changement de sujet.


« International : le tour du monde en 60 secondes ».

« le ministre des a confirmé la présence des FARC au Venezuela il demande des représailles sur Berlusconi hospitalisé pendant encore quelques jours pendant la conférence sur le climat au point mort avec un nouveau panda dans un zoo, .. ... ». 60 secondes et voilà, on sait l'État du monde, on passe à l'économie.
Juste avant : une petite page de pub, par les présentateurs là encore :
« vous voulez investir ? Quelle bonne idée. Tant de chose à faire. Ou allez vous recevoir le meilleur appui ? Kéops, la meilleure solution pour vos investissements financiers»
Deux sujets éco, un communiqué pour les épargnants des banques dans lesquelles l'État est intervenu. Un autre sujet sur ... « Je vais maintenant vous parler de Klin, les premiers pas de nos petits sont importants? Anti bactérielle, ultra absorbante,. Klin, c'est l'arme d'avant-garde dès les premiers pas, Klin » On parle de couches culotte pour bébé.
Une page de pub. Et voilà la page sport, dernier match de base ball, 2 min montre en main.
Le journal s'achève. « Bonne nuit, faites attention à vous ».


A tiens, revoila les journalistes, une dernière pub, encore Digitel (téléphones mobiles), les deux sont là cette fois.
Pub, re pub. Re re pub.... tunnel de pub.....


Écran fixe : programme de santé : ce programme contient des images de sexe, violence, non adaptées à un jeune public. Accompagnées les personnes mineures. Et ce qui suit c'est un ...show télévisé ! Et ça recommence, ils font des blagues que même le public ne ris pas. Leurs voix sont stridentes, ils parlent de tout et de rien, placent une vanne contre le gouvernement qui en fait rien contre les coupures d'électricité.


L'invité du jour : une avocate qui vient plaider la cause d'une des « prisonniers politiques ». Elle commence son explication, légaliste mais pertinente, avec une argumentation en béton sur les erreurs du gouvernement. Un des présentateurs présent la coupe : « oui au fond, vous ne faite que confirmer que ce président est mégalomane, que nous sommes en dictature catro-communiste »


J'éteins la télévision.

globovision te rend malade, globovision ne t'informe pas

Notes complémentaires :

-tragédie de Vargas : catastrophe naturelle du cyclone el Nino, ayant eu lieu il y a dix ans, le même jour que le vote pour la nouvelle Constitution (approuvée à 70%). clairement mal géré avec d'énormes retards. Mais le gouvernement a quand même réquisitionné des dizaines de logements dans tout le pays pour aider les sinistrés. Le gouverneur de Vargas estime qu'aujourd'hui 70% de l'État (entièrement dévasté) est reconstruit.

-2 étudiants assassinés : les anti-chavistes accusent un groupe d'étudiants de l'université bolivarienne, ultra-chavistes, donc mêlé au pouvoir. Les chavistes dénonceraient la police métropolitaine, sous les ordres d'un gouverneur d'opposition. l'enquête a commencé mais pas encore aboutit.

-Relations Chavez - Farc : Comme n'importe quel gouvernement vivant avec des groupes armés à sa frontière, il y a des rencontres, mais les Farc ont toujours tenu à ne pas pénétrer dans le territoire vénézuelien et préfèrent que le conflit reste une affaire interne à la colombie. On oublie souvent mais en terme d'atteints aux droits humains les chiffres d'Amnesty International sont : 70% pour les paramilitaires et 30% pour les guérillas (Farc, ELN)

-Intervention dans les banques : ces malheureux banquiers enfin libérés sont avant tout coupable d'avoir détourné des sommes extravagantes d'argent, l'État ayant entrepris une politique d'assainissement du secteur bancaire. Mais à chaque nationalisation on découvre une nouvelle affaire de corruption dans une autre banque privée, etc ... Dernièrement c'est le frère d'un ministre (qui a démissionné) qui est tombé pour corruption.

-conférence sur le climat : les délégations de l'ALBA ont déclaré d'une seule voix accepter de prolonger Kyoto et de prendre un nouvel accord avec mesures contraignantes dans lesquels les pays riches s'engageront à prendre leur part dans les émissions de gaz à effet de serre, ainsi qu'à transférer les technologies vertes aux pays moins développés.

-spot fixe de santé : imposé par la loi des télécommunication pour limiter l'exposition télévisuelle à la violence des jeunes. Un peu comme le fait notre CSA français.

jeudi 19 novembre 2009

Interlude dispensable : autocritique bloguesque

Vous avez dû remarquer depuis le début de ce blog qu'il y a ici comme une consonance assez particulière à la fois particulièrement militante, avec un certain degré de béatitude niaise, mais également avec comme un arrière goût d'inachevé, de « c'est tout ? et après ? ».
Je suis parfaitement conscient, et c'est pourquoi je m'arroge la possibilité unilatérale de faire ce billet qui ne sort pas du cadre même si quand même un petit peu.Et en plus, OH SACRILEGE, je vais m'autoriser à m'arroger quelques qualités.
Quand on vous disais qu'un blog ça monte à la tête et ça rend égocentrique.

Je n'aime pas les blogs.

Le ton, la manière, le fond, la forme. C'est presque une haine maladive et j'en serais dégoûté si je ne m'étais confronté à cet exercice depuis déjà un bout de temps.

J'ai déjà eu trois blogs dans ma courte jeunesse cybernétique.

Un premier en 2007, un skyblog, soit la pire chose concevable pour un blogueur conséquent, l'antre de fange des adolescents qui cherchent à se créer une gloire éphémère dans leur courte existence. Bon et puis finalement, ça m'a saoulé, j'ai arrêté, conscient de l'inutilité de la tâche. J'ai trouvé quelques perles rares mais bon, hormis ces exceptions, j'ai bien dû me rendre compte que c'était effectivement à 98% quelques chose qui ne me convenait pas. Et puis j'ai supprimé, désolé pour les archivistes, le temps cybernétique n'est pas le même que celui d'un historien.

Le second fut déjà plus satisfaisant à mon goût, http://www.rastalavictoria.oldiblog.com/
sur la plateforme oldiblog encore à cette époque considérée comme « alternative » au skyblog-roi. Là j'ai pu parler de tout et de rien, de philo, de ma génération de jeunes, de politique aussi, toujours privilégiant l'écrit sur le visuel ou le sonore. Ca a tenu deux ans, c'est celui qui a eu le plus de succès d'ailleurs en terme d'audience virtuelle.

Et puis une fois entré à l'université compte tenu de mes évolutions personnelles, j'ai tourné cette page et j'en ai ouvert un troisième : http://blaaah.wordpress.com/
Beaucoup plus politique, parfois tendant au copier-collé de tracts militants, des fois simple coup de gueules, d'autres plus dans la tentative de réflexion de fond, avec des contenus humoristiques aussi.
Ces blogs-là ils me ressemblaient plutôt bien dans mon apparence sociale, c'était un bon passe-temps. Sauf qu'à chaque fois ça allait pas, mais pas du tout avec ce que je voulais faire et combien de fois ais-je pesté devant l'inconsistance de mes propos. Non j'y arrivais pas à faire un truc bien. J'abandonne, c'est pas pour moi.

Et puis nous voilà arrivés depuis deux mois ce carnet de voyage. Encore un exercice différent, dans une situation toute particulière puisque, si je n'explore pas un terrain tout à fait inconnu pour mes compatriotes européens, à savoir ces terres latino-américaines, j'ai le privilège d'être un des rares blogueurs français à avoir voulu confronter la découverte de ce pays au concret à l'intérieur du processus. Ce n'est pas du courage, juste un point de vue pas forcément courant, dont j'ai senti un besoin cruel pour mes camarades aussi intéressés par ces expériences politiques, et pour moi-même également, face à la non-information sur ce qui se passe ici dans notre occident.

Je l'ai dis, je n'aime pas les blogs.

J'ai beau avoir trouvé quelques liens plutôt sympa, je persiste à croire que c'est la forme d'expression parmi la plus apolitique qui soit. Les blogs – principalement politiques mais pas que - sont aujourd'hui une de mes principales source d'information sur l'actualité de ce monde, mais il reste que pour moi un blog ça reste l'antithèse parfaite de ce que je conçois comme militer. C'est du virtuel à l'abri derrière son clavier, et même si dans certains pays c'est la seule ouverture pour avoir un peu de liberté, ça ne me semble pas convenir à une véritable émancipation du genre humain.
D'une part dans l'aspect visuel du blog, qui est préétabli, ce qui en fait d'ailleurs sa facilité d'utilisation et donc son principal attrait, mais également dans la forme dont il s'utilise. Instantané, flash, et lu comme une brève avant de passer à une autre, sans profondeur, même si on s'y prend d'attention, on ne reste presque jamais plus de 2 minute sur un même blog faute de contenu rassasiant pour notre soif d'info. La virtualité résiste à mon humble avis peu à l'épreuve de l'analyse politique. D'ailleurs, malgré les louanges de certains milieux fanatiques, lire un livre numérisé est certainement la pire chose à faire pour apprécier un bouquin.

Je ne suis pas quelqu'un de dogmatique. Je déteste les dogmatiques, à tel point que j'en suis parfois dogmatique sur ce point, mais c'est une des pires insultes qu'on puisse me dire. Ceux qui me connaissent réellement savent bien qu'au contraire j'essaye toujours de privilégier le dialogue et surtout l'écoute. C'est un gros défaut pour mes camarades, pour moi c'est essentiel d'écouter les voix, quelles qu'elles soient. Et d'abord celles qui sont contre moi, jusqu'aux plus radicales, avec la notable exception des fascistes, les nazis (il en existe encore pas si loin), et ce depuis une mésaventure qui m'a fait comprendre que quand en face on ne cherche que le combat violent, des jambes peuvent servir plus qu'une langue, même bien pendue. On me l'a déjà reproché d'accorder trop d'importance à celui qui m'est opposé, tant pis, tant mieux.

J'ai aussi une autre caractéristique c'est de ne vouloir m'affilier à aucun courant politique de gauche de la gauche, plus clairement aucune chapelle. Ni communiste, ni écologiste, ni social démocrate, ni trotskyste, ni stalinien, ni anarchiste, ni libertaire. Clairement, de gauche, vaguement révolutionnaire et un peu moins vaguement socialiste, enfin selon ce que cela signifie. non violent mais même plus pacifiste. Absolument non croyant en aucune religion, mais avec néanmoins un certain goût du spirituel. Je suis membre d'un syndicat étudiant de lutte mais en remise en question constante sur ce qu'il est et ce qu'il fait.

Il y un principe qui demeure dans la majeure partie de mes digressions politiques c'est la question de la lutte des classes, plus particulièrement depuis le dernier blog Mais si ce principe est observable partout et tout le temps, je n'espère pas non plus en faire l'alpha et l'omega de ma pensée je ne suis donc pas non plus marxiste. Et puis j'aime bien aussi ne pas suivre la pensée dominante des quelque milieu militant que ce soit, tenter d'être, non pas impertinent ce qui ne veut rien dire, mais plutôt innovant, constructeur, parfois avec succès, d'autres fois c'est un désastre total. Le revers c'est que j'ai beaucoup de mal à me situer ce qui me met dans une position plutôt solitaire la majeure partie du temps. Bref un gauchiste lambda ou presque.


Pourquoi telle présentation ?

Parce que je viens de relire les quelques articles qui composent le début de mon blog. Et comment dire, j'ai comme un arrière goût qui pique. Comme le sentiment de ne pas avoir été sincère. Non, pas sur le Venezuela, rien à regretter de tout ce que j'ai écris, je persiste et signe sur le fait que ce pays vit un processus révolutionnaire, aucun doute là-dessus.

Ce n'est pas sur "l'analyse" du processus en elle-même que il y a cet arrière gout. C'est juste que plongé dans le terrain, d'abord j'en ai oublié les quelques uns qui me lisent. Soit des européens. Et j'ai aussi la prétention de vouloir non seulement écouter mais aussi être entendu par ceux qui veulent bien m'écouter à leur tour. Bon pour le moment, ça se réduit à quelques amis, la famille et quelques visites de militants sympathisants, pas de quoi fouetter une tortue, mais je désespère pas de devenir un peu plus connu. Quoi qu'il en soit, j'ai eu l'impression de souvent parler ma propre « langue » de rester dans les quatre murs de mon cerveau pour parler à des gens au loin qui n'ont pas des yeux ici pour voir ce que je découvre aussi. J'ai oublié aussi quelques uns des principes que je crois me caractériser.

Et j'en ai surtout clairement marre d'être consensuel comme je le suis depuis le début du blog.
Je ne me risquerais sous aucun prétexte à un jugement tranché sur le processus, parce que cela d'une part j'en suis parfaitement incapable et que je n'en ai aucune idée à l'heure actuelle, d'autre part parce que ce serait exactement le contraire de ce que je veux faire avec ce carnet de voyage.

Mais il y a des aspects qui m'ont touchés profondément ici, des « vérités » préétablies qui ont été ébranlées, d'autres qui ont été confirmées. Et puis des choses que je n'ai pas dites clairement, et pour finir des choses dont je ne dis mot parce que je ne les comprends pas, bref j'ai été un peu trop descriptif et un peu trop timide jusqu'à maintenant.

Donc ce re-cadrage permettra peut être d'avoir un avis encore moins objectif, toujours aussi concret, mais qui colle plus avec ce que je vois, je vis et je ressens ici. Et puis en plus, il parait que ce genre de comportement à tendance à plaire aux lecteurs de blogs, et donc dopera mes statistiques, bref tout bénef.

Bref, un pas en avant, trois pas en arrière, et on redémarre. En avant !

vendredi 13 novembre 2009

Nuit de fraternisation à Gramoven

Ce fut donc ce mercredi 11 novembre l'anniversaire de Vive TV. 6 ans d'information du pouvoir populaire. ON est parti fêter ça au milieu des communautés, à Gramoven, au campement civico-militaire.
On est en direct nationalement, une télé pour le peuple qui fête son anniversaire avec peuple dans un barrio populaire.


http://www.larevolucionvive.org.ve/IMG/jpg/granvive6aniv_gramoven.jpg

Le public est en joie, notre arrivée est une fête elle aussi. Public ? non, en fait le public, c'est nous la télé, ce sont eux les acteurs, c''est la caméra le spectateur. Elle filme les gens, les porte paroles mais aussi les travailleurs de la communication de Vive. Mécaniciens, caméraman, perchistes, tous ont leur mot à dire sur ce qui se passe. Il n'y a plus de journalistes, que des travailleurs de la communication, et ça se sent. De Vive comme de Gramoven, ils vivent dans les mêmes quartiers. Unis, un même peuple, une même classe.

Je m'éloigne un peu prendre un peu l'air et admirer la vue sur la vallée.
Je m'approche du parc à jeu pour enfants.
Ca grouille, ça crie, ça joue. L'attraction n°1 c'est cette vieille chaussure comme on en pêche dans les vieux étangs, et surtout, les pétards. et pis d'un coup, PAF ! ils s'amusent ainsi et recommence inlassablement.
D'autres jouent à la balançoire. Tiens, mais au fait, cette balançoire ? Eh oui, pas de doute, et ce cabanon en bois aussi, eux aussi fait partie du processus, aux aussi ont été construits par la communauté, dans le cadre de la mission Barrio Nuevo. Eux aussi sont révolutionnaires.

Ces gosses, sont-ils trop jeunes pour comprendre ? ou bien comprennent-ils déjà bien mieux que moi ?
Ces gosses, combien d'entre eux seraient aujourd'hui illettrés sans les missions Robinson et les écoles bolivariennes ? combien seraient drogués, dealers ou délinquants sans le processus ? Ces gosses qui demain seront ceux qui feront pérenniser cette révolution.
Car il n'y a presque plus de doute là dessus, c'est bien une révolution que vit ce pays.

Au loin, la vallée pleine de lumières. Jaunes, pour l'éclairage public, et les riches. Blanches, basse consommation, pour les pauvres.La lumière elle aussi reflète la lutte des classes.

Retour à la fête. L'ambiance est toujours aussi chaleureuse, et cette chaleur humaine monte encore d'un cran lorsque arrive deux ministres du gouvernement. D'abord Blanca Ekhout, fondatrice de Catia TV, présidente actuelle de Vive TV et également ministre de l'information et la communication. Joie, clameurs, applaudissements. Puis c'est le tour du ministre du logement, Diosdado Cabello, bolivarien de la première heure, et fervent porteur du projet Barrio Nuevo, qui passe le temps de son interview à faire des blagues.
Pas de cordon de sécurité, pas de garde du corps. Un chauffeur en costard et c'est tout. c'est décontracté à souhait. C'était pas prévu au programme mais ils s'intègrent parfaitement et on termine le direct. Puis on attaque le gâteau. C'est la responsable de la cuisine communautaire qui coupe. Blanca Ekhout, au delà de serrer les mains, fait surtout la bise à tous et toutes les camarades de Vive, encore une fois des mécanos aux "journalistes" et aux membres de la communauté. En fait, il n'y a pas de différence, en dehors du statut officiel. Elle aussi est du peuple, elle aussi vient d'un barrio, d'ici elle aussi. C'est pas pour rien qu'on parle de Ministères du Pouvoir Populaire. Démagogie ? Certainement, la preuve non ?

Je discute avec des gens de la communauté, pas en journaliste, en simple être humain au milieu d'autre humains avec une envie commune de fraterniser. Bref on parle de rien et de tout. Ils m'interroge sur ma manière de voir le pays et le processus et sur les conseils que je peux leur donner. Alors limpide, me sort la seule m'est à l'esprit alors. "Mais vous vous rendez pas compte qu'on a rien à vous apprendre ? Et que c'est plutôt à nous d'apprendre de vous ?" On ris tous devant cet élan de lucidité, ou de folie ou ne sait plus bien. Une dame me dit que Chavez est en train de devenir un nouveau Libertador, un nouveau héros national, comme Simon Bolivar.
Quand on pense que les missions n'existent pas sans lui, que le processus a été impulsé par lui, on peut se dire que ce n'est totalement faux.
Tiens et puis vive aussi, un canal du pouvoir populaire, c'est lui qui l'a fait démarrer.
Mais ils en ont tous conscients, même jusqu'aux plus profonds chavicistes : s'il est l'impulsion, l'essence, la force, les réalisations, c'est pas lui, c'est la base, le peuple. Et c'est loin d'être abstrait.

Une nuit à Gramoven. Les gosses jouent. Vive TV a 6 ans.

http://www.larevolucionvive.org.ve/IMG/jpg/granvive_6.jpg

INFORMATION COMPAREE ENTRE DEUX MEDIAS "PUBLICS"

Venezolana de TeleVision (canal du pouvoir): hier le ministre du commerce a accordé la nationalisation de Fama de America : "nous allons créer un grand service public de la filière du café" a déclaré le ministre du commerce et de l'industrie.

Vive TV (canal du pouvoir populaire): Hier, les travailleurs de Fama de America ont gagné la nationalisation de leur usine : "les travailleurs sont désormais tout à fait capables de prendre les rênes de l'entreprise" a déclaré Gustavo le porte parole du syndicat révolutionnaire de l'entreprise.

vendredi 30 octobre 2009

Honduras : ce n'est qu'un début ...

Allez, on reparle du Honduras parce qu'aujourd'hui est un jour historique.

Vous allez pouvoir sauter de joie.

Micheletti, le président puschiste du Honduras a accepté le retour de Manuel Zelaya au pouvoir.

YOUPI C'EST FINI VICTOIRE CONTRE LES PUTSCHISTES
PAN PAN DANS TES DENTS L'IMPERIALISME AMERICAIN !!!
ON A RENVERSE UNE DICTATURE !

http://www.lexpress.fr/reuters/monde/2009-10-30T090109Z_01_APAE59T0P2100_RTROPTP_3_OFRWR-HONDURAS-ACCORD-20091030.JPG
Alors donc, vraiment ?

Eh ben chers amis, je vais vous décevoir mais non. c'est loin d'être gagné.

D'abord parce que c'est l'administration américaine, qui n'est pas vraiment connue pour son altruisme, qui a engagé le processus de résolution du conflit. et que ce n'est pas un hasard ni une coïncidence si cet accord survient le jour même où est signé l'autre accord final pour l'implantation des 7 nouvelles bases américaines en Colombie.

Cela va aussi permettre de faire oublier à nos journalistes occidentaux que c'est avant tout et surtout parce que la majorité du peuple hondurien s'est soulevé depuis le début du conflit, que tout le jours depuis le 28 juin il y a des manifestations d'ampleur dans les villes honduriennes. Ainsi que des manifestations dans l'ensemble des villes d'Amérique Latine et un soutien unanime des présidents latino-américains, avec la position assez courageuse de Lula, président brésilien, qui a abrité dans son ambassade Zelaya depuis son retour au Honduras. Et que surtout c'est aussi parce que la population dans sa très large majorité a refusé de reconnaitre quelconque légitimité aux élections organisées par le régime.
Donc qu'une administration mette fin au coup d'Etat qu'une autre partie de son administration a largement soutenu, jusque là rien de révolutionnaire.

Mais regardons de plus près les termes de ce fameux accord :

- retour de Zelaya au pouvoir SOUS RESERVE d'approbation par le Congrès hondurien.
Et là on se rappelle que c'est ce même congrès qui a lancé 18 chefs d'accusations contre Zelaya, dont celui de haute trahison et que c'est l'usurpation pseudo démocratique de ce congrès qui a permis de justifier le putsch. Les Américains sont derrière alors peut être que les congressistes vont se raviser.

- reconnaissance des élections de novembre : là on se pose une question, quel besoin de procéder à des élections si le président constitutionnel Zelaya est reconnu comme légitime. Donc il y a bien un problème ici encore. Le doute persiste sur ce président "putsch-au-crime" comme le qualifie Le LibéMonde

- création d'un gouvernement d'unité nationale : imaginez que Pinochet et Allende faire un accord d'unité nationale après le coup de 1973, ça ne vous aurait pas semblé bizarre ? Mais ici c'est tout à fait logique. Pourquoi ? Parce que Zelaya, malgré ses bons sentiments et son récent virage à gauche est un puissant, un membre du parti libéral, un homme de droite. Qui n'a pas un passé totalement blanc blanc, un petit massacre à son actif et des positions jusqu'à récemment très libérales. Il peut sans aucun gêne trahir les politiques qu'il à mise en place quelques temps plus tôt, ce ne sera pas le premier. Mais laissons lui le bénéfice du doute.

- création d'un comité pour la vérité : encore une fois, on met en doute le fait qu'il y a eu un coup d'Etat. Au passage, cela permet de rétablir l'aide américaine et internationale, les entrepreneurs seront contents.

Mais le terme le plus important de l'accord est celui-ci :

- renoncement à TOUTE tentative de référendum constituant et de réforme constitutionnelle.
Oui, c'est à dire que Zelaya doit approuver le fait qu'il ai fait un erreur par la demande de ce référendum constitutionnel. Sauf que le Front de résistance a annoncé pas plus tard que ce dimanche, que restitution ou pas de Zelaya, le mouvement social continuerait jusqu'à obtention de cette constituante.

Alors donc NON ce n'est pas fini, c'est juste maintenant que ça commence.

Le Congrès va-t-il voter le retour de Zelaya et la cour suprême va-t-elle l'autoriser ?

Les militaires putschistes seront-ils jugés et emprisonnés ?

Que reste-t-il des nombreux morts et centaines de blessés graves par la répression du régime putschiste ? et des dirigeants syndicaux assassinés ?

Quelle sera la position du Front de résistance pour la suite des évènements ? et de la population ?

La population ira-t-elle voter ou boycottera-t-elle le scrutin de novembre ?

Zelaya prendra-t-il le risque de convoquer quand même la constituante s'il est réélu ?

Vous le voyez, rien n'est réglé, ce n'est pas fini pour les "zévènements" du Honduras.

Ce jour pourrait être le début d'une victoire populaire. Mais il peut tout aussi ben être la victoire de la "normalisation démocratique" à l'américaine dans un nouveau pays, en empêchant toute évolution dans un pays latino américain. parce que si ça a marché là, putsch puis rétablissement démocratique avec renonciation aux changements structurels, il n'y a pas de raison que ça ne se reproduisent pas ailleurs.

Et au vue de ce qui se passe au Nicaragua, avec une campagne similaire contre le président constitutionnel sandiniste Daniel Ortega ... on a de quoi être inquiet.

Allez, pour l'heure, joignons nous à la fête du peuple hondurien qui est descendu dans la rue hier soir pour célébrer ce possible renversement d'un putsch militaire. mais restons vigilants, l'Empire veille au grain.

EDIT . selon les chiffres de l'UNICEF, plus de 1600 mineurs ont été assassinés depuis le début du putsch.

Hier matin Hier Soir


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