lundi 4 janvier 2010

Feliz Chavidad !

Comme vous vous en êtes éventuellement rendus compte, il y a un peu plus d'une semaine, c'était Noël.
Le 25 décembre plus exactement, oui comme chaque année depuis ... non pas deux milles ans, je ne pense pas qu'on a fêté la naissance du piti jésus dans le monde entier pour ses 2 ans ou ´pour ses premiers pas, bien qu'il fusse déjà très précoce pour son âge selon certains dires écrits.

Les fêtes, ici on appelle ça la Navideña, la période de la Nativité en bon françois.
Disons simplement qu'il n'y a pas que le petit Jesus qui renait.
Au Venezuela, Navidad, c'est une période très particulière.
Alors, avis aux amateurs, voilà deux billets PAS DU TOUT (ou presque) POLITIQUE.

La « renaissance » touche de fait l'ensemble de la société : riches, classe moyenne, pauvres, chavistes, anti chavistes, c'est comme ça, c'est un rite. Le Père Chavez a beau mettre en garde lors de ses dernières allocutions télévisées du 23 décembre sur les abus, sur les excès, rien n'y fait.

Pour Noël il faut acheter. 

Tout, n'importe quoi, mais en quantité.

Il y a bien sûr les septentrionaux cadeaux de Noël pour les petits, soit une poupée blonde à poitrine pour les filles, une grosse voiture pour les garçons (me ferez penser de leur passer la vidéo de la conférence sur les jouets sexistes)






Ces cadeaux sont bien évidemment importés de Chine, et l'équation pitinenfan surexcité + cadeau chinois ne se vérifie pas positivement au delà de 24h date à laquelle le jouet réduis à un tas de cendre/blocs de plastique signe son acte de décès.

Mais Noël c'est également synonyme de réveillon de noël et donc de bon gros gueuleton en perspective.
Le plat traditionnel vénézuelien c'est l'hallaca : une sorte de ragoût de viande/légumes/épices/olives/raisins secs, dans une pâte à base de farine de maïs, l'ensemble enroulé dans une feuille de bananier, le tout fermé avec un fil en lui donnant la forme d'un paquet cadeau, cuit au bain marie pendant plusieurs heures . C'est un plat fait collectivement, voisins, amis, famille, généralement fait en grande quantité (on parle de centaines d'hallaca,sa chant qu'une personne en mange deux maximum) sur deux ou trois jours et partagé ensuite avec la famille, les voisins, les amis ...

http://www.venezuelaunoasis.com/imagenes/hallaca7.jpg

La légende voudrait que les indigènes luttant contre l'envahisseur espagnol dans les années 1492, réfugiés dans les montagnes bordant les côtes du Venezuela, gardaient les restes de nourriture de la tribu dans des feuilles de bananiers enfouissaient leur plat sous terre, où il était maintenu au chaud par le soleil, leur fournissant les ressource pour survivre plusieurs jours au combat  sans que les espagnols puisse débusquer le source de nourriture.


L'hallaca s'accompagne du pan de jamon qui comme son nom l'indique est un pain au jambon, agrémenté d'olives et de raisins secs. Enfin, on a joute au tout une tranche de rôti de porc. Une petite salade. Et des bières.
Et l'ensemble est particulièrement savoroso ! (délicieux).

http://3.bp.blogspot.com/_9FPkhQ1I4Tg/SO2GPeM-hdI/AAAAAAAAAoM/k1OLA8kCIws/s320/foto-hallaca.jpg

La bière ... ça doit être la chaleur, mais effectivement, la consommation de cerveza est plutôt comato-alcolémique. On parle en terme de cajas (caisses) une caisse étant égale à 30 bières. Parfois on parle de dizaines de caisses en une soirée.
Pour Noël on multiplie le nombre de caisse par le nombre d'invités.

On fait des cadeaux, on mange bien, mais il faut s'habiller, Estrenar, soit acheter avant le jour J des beaux habits neufs (et chers) que l'on ne pourra porter que le 24 et le 25, avec éventuelle réutilisation pour le réveillon du 31.



Cette période permet également de mettre à jour son environnement, sur tous les plans, donc on repeint bien sûr la maison à l'extérieur, parfois de jour comme de nuit, puisque tout ce tintoin se met en branle réellement à la mi-décembre et donc il faut aller vite. On change la machine à laver (neuve de l'an passé), le téléphone portable, l'ordinateur, la chaine hifi pour une nouvelle plus neuve.... note importante, on ne jette rien, on donne généralement à ceux qui n'ont pas les moyens de se livrer à cette folie.

Évidemment, noël ne serait pas noël sans son Sapin de Noël, importé du canada ou en plastique selon le budget, qu'on trouve dans toutes les maisons,ni ses décorations, parfois ça va un peu loin : chaises, tables, dessous de table, sièges, murs, toit, extérieurs, avec les éclairages correspondants, qui cette année en raison des nécessités vitales d'économie d'énergie, sont remplacées par des basses consommation.






Enfin, n'oublions jamais qu'ici Noël c'est essentiellement Jésus, christianisme et tous ces trucs de cathos et donc, la crèche (el pecevre) avec ses figures traditionnelles quasi identiques à celles des européennes... même si la mairie de la ville où je me trouvais avait fait une crèche « écologique », soit avec des bonhomme en papier mâché et des moutons en laine. Folklorique.






Bon, à ce moment vous devez vous dire, mais tout ce fric qu'ils jettent ainsi par les fenêtres, d'où il sort ? Il faut comprendre que ce n'est pas une lubie d'hystériques noélophiles, c'est la société qui est organisée comme ça.

On a donc pour tous les travailleurs, y compris les fonctionnaires publics (l'État cautionne, outrage !) la prime de noël qui est un pourcentage économisé chaque mois sur le salaire destiné uniquement cette période, auquel s'ajoute l'équivalent de notre treizième mois, auxquels s'ajoute d'autres primes de vacances de noël. Et si ça ne suffit pas, il suffit de ... s'endetter. Tout simplement, contracter un crédit à taux plus ou moins variable et le rembourser pendant le reste de l'année. Évidemment, il serait plus simple d'honorer la tradition mais d'acheter le tout un mois avant, quand les prix sont 50% moindres. Mais non.

On assiste encore au spectacle étrange des files d'attentes des banques dans, devant, derrière, à 500 mètres, où tout le monde vient exactement en même temps retirer l'argent nécessaire. Le but de tous étant le même, sortir les sous pour la Navidad, on est loin du jeudi noir de 1929, ici ça se passe généralement plutôt très calmement, les vénézueliens étant un peuple très patient pour faire la queue (on en reparlera très bientôt ici même).

Les course sont faites ! (le jour même), les habits sont prêts (depuis la veille), les cadeaux sont empaquetés (depuis une heure), les convives arrivent (deux heures après).

Le réveillon peut commencer.

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