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mardi 3 novembre 2009

Titre participatif .. par manque d'inspiration

Peu de nouvelles depuis quelque jours, je fais des chose ici et là, pas trop de temps pour vous chers lecteurs mais bon en résumé :

Jeudi : Gramoven, deuxième visite qui m'a permis de découvrir d'un peu plus près ce qu'est ce civico-militaire dont ils parlent tant. Je retrouve El Niño qui m'explique :
"Mêler peuple et militaires, c'est la seule chose à faire qui nous reste pour éviter qu'il nous arrive la même chose qu'au Honduras" . histoire d'armées populaires des années 70 au panama.
"il ne s'agit pas de s'armer pour combattre mais de créer nos défenses pour éviter d'avoir à le faire"
Circonspection; doute, prise de recul, analyse ... mais non décidément, pas moyen de parler de militarisation de la société. Peuple et armée, unis. Et pusi tout autour les avancées du barrio, circuit d'évacuation des eaux, toits en dur ...

Vendredi : je me désinforme toujours un peu plus sur la France. En zonant sur des sites gauchisants, je tombe sur un article traitant de l'Amérique latine par un "connaisseur" : Marc de Saint Upery.
Discussion en forme de commentaires successifs avec Monsieur Marc de Saint Upery en personne, auteur d'un ouvrage très détaillé sur les processus d'Amérique Latine mais qui ne correspond pas vraiment avec ma réalité quotidienne. Après débat riche et constructif, un des administrateur du site me contacte, il est intéressé pour que je lui fasse un article.
Dans la semaine donc, normalement, un article sort de ma plume sur le site : http://www.article11.info/

Samedi : ballade en ville. Passage à pied à côté du palais Miraflores, demeure du Président, situé quelques centaines de mètres ... des barrios. la garde présidentielle me fait signe : Interdiction de marcher sur le trottoir du côté du palais. Horreur et circonspection là encore. Au soir, je regarde un documentaire sur le coup d'Etat de 2002 contre Chavez. Comment l'opposition a fait tourner au sang une manif, comment les militaires sont restés fidèles au gouvernement, comment les médias ont fait l'impasse sur la réalité, comment des snipers ont tirés dans le tas entrainant une confusion monstre qui sera vu à le télé comme les méchants chavistes qui massacrent les gentils démocrates, comment 2 millions de personnes étaient le lendemain dans la rue pour demander le retour de Chavez. Tiens j'ai justement traversé une heure avant le pont où se trouvaient les snipers. Tu m'étonnes le besoin de sécurité du lider rouge à casquette, nulle circonspection aucune.



Dimanche : un tour au ciné. Bastardos sin Gloria, ou plutôt Inglorious Basterds de Quentin Tarantino. Nostalgie, on parle de la France. Bon autre époque puisque seconde guerre mondiale. Très drôle de regarder un film où l'on parle français et anglais sous titré en espagnol. Sauf que, drame international, j'ai vraiment beaucoup de mal à comprendre le français et je me rabat sur les sous titres beaucoup plus limpides. très bon film au final.
Au soir on parle du machisme avec les compagnons de la coordinadora Simon Bolivar en sirotant une cerveza. Ils rient de leur comportement, c'est un bon début.

http://images.allocine.fr/r_760_x/medias/nmedia/18/70/45/22/19123474.jpg

Lundi : retour à Fama de America, l'usine de café qui demande la nationalisation. Ambiance festive. Des ouvriers de l'entreprise la Gaviota sont venus jouer une pièce de théâtre. La Gaviota, usine de conserves de sardines, des mois de lutte, au final, expropriation du patron, contrôle ouvrier, sans direction ... ouais autogestion si vous voulez. C'est à Cumanà, dans l'Etat de Sucre, juste en face de l'île à touriste la Marguarita. Je sas déjà où j'irais s je me rends dans ce coin.



http://www.larevolucionvive.org.ve/IMG/jpg/hohoho-2.jpg

Au soir, les camarades mlitants de l'IEP m'apprenne que le syndicat est assigné en justice au tribunal Administratif de Toulouse par l'administration de science po pour ne pas avoir exécuté l'ordre d'évacuation du local syndical, requis : 1500 euros d'amende + 500 euros par jours de retard. On en est à près d'un mois d'occupation tacite. De là où je suis, je peux pas faire grand chose, mais j'oublie pas. Passage au tribunal lundi prochain. Au repas du soir on me fait goûter un papelon con limon, une limonade au citron et au jus de canne à sucre. rafraichissant.

Mardi : arrivée à Vive des compagnons d'Alba TV, pour l'instant un site web sur les mouvements latino américains, qui a vocation à devenir une véritable télé. Un canal du pouvoir populaire à dimension internationale. Ils sont là pour se former, ils viennent de toute l'Amérique Latine et nous racontent un peu les autres pays.

Mail de l'administration de science po, ah ils ont enfin un scanner et même un service dédié pour les stages. je découvre ma 2e convention de stage et le programme pur la Bolivie : "re-dynamisation des expériences de développées par le centre de communication de l'ONG. Relance de la stratégie communicationnelle de l'association de phase 1.
Sans novlangue, en clair, ça veut dire que je vais participer à construire avec mes petits bras une radio communautaire locale et que je vais remodeler leur site web. Ça va être bien.
Au soir, des camarades indigènes de Bolivie viennent visiter la coordinadora. j'en apprend au passage plus sur ce lieu, symbole de la résistance depuis près de 50 ans, avec le frère ou la sœur d'un tel, mort sous les tirs de la dictature/"démocratie représentative".

Et ce n'est pas tout puisque ...

vendredi je me rends à la l'Université Centrale du Venezuela (UCV), fac largement conservatrice puisque réservée à l'élite jusqu'à il y a peu. où une organisation de jeunesse organise une consultation des étudiants sur la participation directe des étudiants dans la décision des politiques de l'université, de la cogestion révolutionnaire, ca va être bien aussi.

Et lundi, mardi, mercredi prochain, immersion totale pendant 3 jours avec les compagnons d'Alba TV dans un atelier de communication populaire qui se déroulera chez d'autres camarades, à Catia TV une autre télé communautaire plus locale mais tout aussi intéressante.

Les coupures d'eau sont fixes maintenant, le mercredi et le jeudi, celle d'internet non et durent plus longtemps. J'ai enfin croisé ma première cucaracha (gros cafard) dans la douche, sensation assez surprenante vu la taille du machin, surtout le matin au réveil. Surprise aussi avec les fourmis, étonnamment minuscules.

Pour le reste, je vais toujours très bien et j'ai pas le temps de causer à des gens qui passent leur vie sur internet ...

samedi 17 octobre 2009

Transports : le péril de tous les instants, enfin faut pas exagérer non plus

Chers européens si après tout ce que j'ai dit, si vous n'avez pas encore peur de ce pays, ce qui va suivre vous achèvera ... ou pas.

Ainsi donc, les transports au Venezuela. Comment dire.

Un peu de musique pour accompagner le billet : Oyé, pana, qué pasa por la calle ?



D'abord le terme voiture n'est pas très approprié, il y a deux grandes catégories de "carros", (de véhicules)

D'abord le diable des routes, le terreur des montagnes et des villes, l'ogre des banlieues et le terroriste des bleds paumés, j'ai nommé : le 4x4.

c'est assez impressionnants au début mais on s'y fait très vite. Il y a beaucoup de 4x4, vraiment beaucoup. Certains sont plus grands que nos petites camionnettes. Pire que le Hummer américain, ce sont des monstres de la route. Et quand tu crois avoir vu le plus gros tu a un plus gros encore qui arrive derrière.

Et peu comme une réforme de sarkozy, on peut dire ça
ou la crise économique aussi ......

Et chose assez amusante ils ont tous les même alarmes, vous savez ces sonneries d'alarme qui changent (tuuuuuuiiiiiiiiuuuu - tiuiuiuiui - piii tuuuu piii tuuuu, je connais par cœur) et se répètent pendant bien 5 minutes, et bien ici c'est pas un jeu, c'est pour de vrai. Et je ne sais pas si ce sont des feuilles mortes qui tombent ou les chiens qui urinent sur la roue, mais ces alarmes sonnent tout le temps, surtout en pleine nuit, si jamais tu dormais, ce qui semble peu probable grâce aux joyeux chœurs canins.

J'ai compris l'utilité suprême du 4x4 à Caracas l'autre jour, où après 5 minute de pluie il y a avait 30 cm d'eau sur la route, route qui comme l'ensemble du réseau, y compris voies "rapides" était percluse de trous et nids d'autruche (nids de poule en plus gros) en tout genre. Et c'est vrai que là c'est pratique d'avoir des bons amortissement et d'être en hauteur.

Il y a aussi des voitures plus "traditionnelles", mercedes, bmw, chrysler, chevrolet, qui transportent les riches, mais on s'en fiche d'eux non ? et puis la plupart ont quand même des 4x4. Oui il y a aussi des camions, des estafettes, mais c'est MON billet et c'est MON blog alors hein ...


SI même INTERPOL s'y met

Donc les 4x4 occupent une bonne partie de l'espace urbain.
Face à eux, il y a ... comment dire, ruines serait trop présomptueux,

Ce sont ces vieux modèles qu'on voyait à cuba ou ailleurs y a trente quarante cinquante ans, qui roulent encore, enfin on dirait. Certains c'est vraiment une tôle froissée sur des roues, rien de plus. D'autres c'est vraiment la pure classe à l'ancienne. Mais quoi qu'il en soit ça roule et ça se comporte comme un 4x4, soit pas très respectueusement.

Il y a aussi les minibus, les carritos quand ils sont grands, micros pour les petits, les transports en commun. La destination est affichée en temps réel par des petits panneaux de couleur que le chauffeur ou son copilote change suivant le trajet. Il y a évidemment des stations d'arrêt mais en gros si tu veux monter tu fais signe et tu monte... ou pas, bref c'est un peu à la roulette vénézuelienne.

Ça parait également minuscule mais comme dans le métro on y rentre beaucoup de monde aux heures de pointe, sauf que là, la porte reste ouverte, "gain de temps", apparemment. Certains ont l'air d'être des machines à vapeur tellement la fumée est noire et épaisse quand ils passent en trombe. A te faire regretter ta vieille mobylette.




Tout ce petit monde se retrouve donc dans les rues. Et là drame : les rues sont pleines et bouchées du matin au soir. Caracas n'est ville où l'on circule facilement avec des roues. Sauf s'il on est moto, là c'est différent, on a la possibilité de se comporter comme sur une autoroute ... en ville.

Il y a bien sûr un code de la route.

AHAHAHAH

Non, j'admets le feu rouge est a peu près respecté (par 80% des conducteurs dans les grandes avenues. Il reste donc 20% de chance que quelqu'un passe au rouge).
Sans oublier les motos qui s'arrêtent ... aléatoirement.
Ensuite beaucoup de rues sont à sens uniques, même les grandes avenues.
Pour nous piétons, ça pourrait sembler plus simple. Mais non, parce que il faut quand même regarder des deux côtés (motos à contre sens) et beaucoup plus fixer son regard sur ce qui s'amène quand on s'engage. Sans oublier d'éviter les autres piétons qui ne s'écartent pas quand ils vous croisent.

Le passage piéton, est une invention formidable mais hormis mettre de la couleur par terre il ne sert pas à grand chose. c'est un peu comme le Pôle Emploi chez nous quoi...
Bref la question que vous vous posez tous depuis le début c'est COMMENT TRAVERSER LA RUE

En fait, c'est simple, tout se joue à la bonne appréciation des distances et de la vitesse des véhicules. Le meilleur moyen de traverser c'est de suivre un vénézuelien qui sait quand il faut y aller (à quelques exceptions près). Vous vous doutez que j'ai déjà suivi une exception et ai pu sentir la brise fraiche de vent provoqué par le frôlement du pare-choc d'un hummer généreux avant de le voire filer loin loin ... ah ben je le vois plus.

Dans les embouteillages, aucun problèmes. Il suffit de se faufiler entre les bestiaux rutilants. Quand la situation se décante, le Vénézuelien est généralement légèrement stressé ce qui donc l'oblige à redoubler de rapidité pour atteindre le prochain bouchon.
Dans ce cas il faut attendre ou s'engager, tout est question de feeling.

Mais heureusement il y a les AGENTS DE CIRCULATION

RE -HAHAHAH

En fait, au milieu du bordel général, puisque tout le monde klaxonne dès qu'il y a une demi seconde de trop au démarrage, des fois on trouve des agents de circulation. Bon en fait, ils ne servent à rien, mais faut pas le dire, ça fait du travail.
Et les rares fois où ils exécutent leur boulot c'est pour te siffler toi pauvre piéton parce que tu traverse au feu piéton vert. Logique.

Autre évènement extraordinaire, il est possible de traverser un périphérique ou des autoroutes, il n'y a pas toujours l'installation nécessaire pour passer de l'autre côté à portée de pied donc certains le tentent et c'est assez impressionnant à voir.

Sachez néanmoins qu'en allant vite, en suivant le rythme sans hésiter à traverser une 4 voies en 3 fois, en osant arrêter un monstre des rue en levant la main sur le coté et regardant droit devant soi et en priant Bolivar Jésus et Marx pour que ça passe, ben ça passe, on s'en sort, et même on circule et on reste en vie.

Tiens pour finir, un panneau sur l'autoroute qui mène de l'aéroport à Caracas : pour les gens ne parlant pas espagnol : évitez les accidents, ne vous précipitez pas, conservez votre file"
Et c'est pas de trop de le rappeler.


Mais qu'est-ce qu'on faisait sur l'autoroute arrêté ? un 4x4 en surchauffe, 4x4 de ... VIVE TV Argh !

c'était la page guide du routard routier de la route.

dimanche 4 octobre 2009

Baptème de rue

Youpi ! c'est le seul mot qui me vient à l'esprit ce soir.

A l'origine j'avais prévu de vous raconter Caracas, photographie à l'appui.
Ça on le fera un peu plus tard avec les quelques photos que j'avais prises hier.

Sauf que, bien évidemment avec ma gueule de blond trop occidental et ma chemise blanche et mon jean trop bleu, même si ça ne m'a pas couté grand chose en Europe, je suis un "cible potentielle".

Mais bon, il est vrai que je m'y attendais pas.



j'étais en pleine rue, quartier centre de Caracas, pas vraiment quartier pauvre quoi, les riches européens comme moi restent avec les riches vénézueliens, solidarité de classe évidemment.
Et puis je bois un chicha (boisson à base lait et maïs)
Une pointe néocolonialiste cette boisson que j'ai gouté comme on découvre une tribu indigène.
Et je m'assoie une minute afin de profiter et de regarder les passants.
Stupide me direz vous, après tout, les passants sont moches et pour mater les nanas, on peut le faire en marchant, c'est même plus discret.

1 minute plus tard, je sens une présence à coté de moi et trouve deux jeunes ( un mec et une fille) qui me regarde d'un air pas super commode.

Lui en espagnol me dit "tu restes calme, tu nous donne tout ce que t'a comme fric"
La fille traduit en anglais. Au cas où le message ne serait pas passé.
Je reste calme et dit au mec que j'ai pas grand chose en espagnol.
Grossière erreur de capitaliste de bas de gamme ! Ma cupidité m'effraie parfois.
Là, il s'énerve et dit "on a un flingue, ce serait con pour toi de crever ici pour quelques billets".
La fille traduit en anglais.Au cas où je serais un gringo, un vrai.
Il fouille à tâtons mes poches et ouvre le petit sac en plastique et me dit "tu le vois ? alors donne TOUT"
Dans le sac, dépassait le canon d'un flingue.
Peu habitué à ce genre de chose, je la joue pas non plus héros : je lui dis ok, prends tout
(au passage notez que je m'adresse exclusivement à l'homme, relents machistes très violents)
je sors mon porte monnaie et lui donne en tremblant tous mes billets.
Mais il veut plus.
Et j'avoue que j'ai été pingre puisque j'ai conservé les pièces !
Il approche le sac et je sens la pointe du merdier sur ma hanche.
J'ai pas voulu tenter le diable là non plus. Il est si joueur l'imbécile.
Je lui donne donc tout ce qu'il y avait dans mes poches soit des travellers cheques et mon appareil photo numérique.
Il me regarde, apparemment aussi stressé que moi et me dis subitement :
"Tu ne bouges pas, tu ne cries pas, tu ne nous cours pas après, y des gens qu'on connais autour et si tu fais un geste, ils ont aussi ce qu'il faut"
Traduction en anglais bien sûr.
Je lui dis en espagnol que je peux rien faire puisque la police ici ne pourra rien pour moi (corruption), je lui demandes de partir. J'ai même pas dis s'il te plait.
Mais il ne s'est pas énervé pour ce sans gêne impérialiste.
Il me serre la main, pas rancunier pour mes outrages, je lui tends également pour m'excuser de mon attitude scandaleuse.
Ils devaient avoir entre 16 et 20 ans, pas plus.
et ça a duré moins d'une minute.

Il s'en vont se retournent deux trois fois histoire de vérifier que je n'ai pas bougé.
Consciencieux qu'ils étaient d'accomplir un travail de qualité et d'éviter les accidents du travail.
Et partent.

Point positif, ils m'ont laissé ma chicha, que j'ai donné au premier mendiant qui passe, pas le cœur à boire.

M'ont laissé aussi mon ticket de métro pour rentrer et 2 bolivars, j'ai apprécié le geste de solidarité collective entre démunis on sait se serrer les coudes.

m'ont aussi laissé mes lunettes, mes fringues et ne m'ont pas touché.

A ce point là, c'est du pur atruisme.

Et je ne les ais même pas remerciés pour tout ça.

Bon, autant vous le dire, j'ai rien perdu ou presque.
50 bolivars (15 euros) c'est que dalle.
A la limite le plus chiant c'est l'appareil photo. Mais là encore ça se rachète.

Non, je ne deviendrais pas paranoïaque demain.
Simplement je planquerais ailleurs mes thunes, je n'aurais pas d'appareil photo, je ne m'arrêterais pas seul et puis tout ira bien.

Et si je me fais re-braquer
ben ils auront moins puisque j'aurais planqué mon fric dans un endroit un peu plus sûr.
Et s'ils le veulent, ils n'auront cas être réduits à faire comme la police française : toucher rectal !
Et je n'aurais aucune compassion pour ces jeunes désœuvrés, bourgeois que je suis.

En résumé, aujourd'hui j'ai été stupide, machiste, cupide, pingre, discourtois, sans compassion, bourgeois.

Mais je suis vivant et en bonne santé.

Et ça vaut bien un peu de rire jaune-orangé n'est-ce pas?