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mercredi 21 avril 2010

Cochabamba 2010 (3) : le jour où l'ONU fut huée

Nous sommes le matin du 20 avril. Il est 9h, la foule se rassemble peu à peu dans le stade de Tiquipaya pour la cérémonie d'ouverture. 24 000 personnes sont présentes.

la foule est là, très latino americaine. Des boliviens en grand nombre, des péruviens en costume traditionnel, mais aussi pas mal de chiliens, argentins, colombiens, equatoriens, bref toute l'Amerique Latine se donne rendez vous. Mais pas que. L'on croise une délégation iranienne avec une femme en tenue "traditionnelle" elle aussi, des sud coréens, de Cap vert, du Zimbabwe, etc ... On apprendra que 1500 personnes ne viendront aps d'Europe en raison du nuage de cendre. Comme si ce sommet devait se faire sans les pays du Nord...

La cérémonie commence apr des rituels de purification et de bénédiction à la Terre Mère, par des indiens aymara. Dans un coin on croise une jeune americaine en train de recevoir une bénédiction, et qui soudain : "stop, les piles de mon appareil photo sont vides ! Vous pouvez attendre une minute" L'indien souris, je regarde partagé entre pathétique et tristesse. je croise un ami bolivien, un autre d'ALBA TV, déjà croisé au Venezuela, sort du cercle de la cérémonie. pas de bonjour, un salut de tête rien de plus, le moment est au recueillement.

la cérémonie s'achève et commencent les discours, d'abord le préfet local, puis des représentants des cinq continents, indiens d'alaska, d'Afrique centrale, d'Oceanie et d'Asie. la question indigène est centrale ici.
Et puis viendra Evo Morales, acclamé par une foule en liesse,
celui ci fera quelques blagues suscitant enfin un quelconque intérêt à la presse occidentale :
"la malbouffe est responsable de la calvitie",
"les poulets aux hormones génèrent des déviances sexuelles".
personne sur place n'y accorde l'importance, ile st comme Evo, il fait des blagues.
Il a aussi lancé le slogan "Planeta o muerte" qui se répand depuis lors comme une trainée de poudre entre les personnes membres, mais ca semble moins toucher les agences de com-presse-ion de l'information.

Et le plus important c'est que juste avant cet "Evo macho", s'etait exprimée la représentante du secrétariat des Nations Unies, venue soutenir l'initiative.

et elle fut sifflée.

pas chahutées comme le raconte l'Agence Francaise Partisane.
Non sifflée, et très amplement.
Et vous vous demandez pourquoi ?

J'en aurais l'explication un peu plus tard dans la journée, à la conférence traitant du tribunal de justice climatique.
Avec présence de Miguel d'Escoto, "diplomate" nicaraguayen, sandiniste, ex président de l'Assemblée générale des nations unies.
et c'est homme s'exprima en ces termes.

« Les Nations Unies sont une fraude, une fraude giganstesque. Elles ne représentent pas les peuples sinon les dirigeants des nations de ce monde. Il ne faut pas réformer l'ONU, il faut la réinventer, avec des principes véritablement démocratiques, et sans avoir peur de s'opposer à la toute puissante volonté des Etats Unis, ils n'ont jamais respecté les décisions de l'ONU et toujours agis contre et en dehors. ».

Nous y voila donc, l'ébauche d'une coopération mondiale sans l'égide des pays occidentaux et des Etats Unis. Voila ce qui pousse les indiens latino americains a siffler la représentante de l'ONU. C'est cet aveu d'échec qui doit être fait, dont le plus grand exemple récent fut la conférence sur le climat de Copenhague, où 25 pays ont décidé en secret dans une nuit d'un document final refusé par les autres pays. Avant que sous pression financière une bonne partie d'entre eux accepte de signer au cours des mois suivants.
Mais Copenhague ce fut avant tout 100 000 personnes manifestant pour une justice climatique.

Ainsi je me retrouve dans une autre réunion traitant des stratégies des mouvements sociaux après Copenhague. Etonnement la présence de personnes des pays du Nord y est beaucoup plus importante. Dans un débat cordial sur savoir si on va ou pas ça mexico, si on aprticipe ou pas aux negociations, intervient soudain une militante des mouvements sociaux indiens du mexique :
"mais enfin, il ne s'agit pas de savoir si on va faire une manif ou pas ! Le changement climatique dans mon pays, il tue, auotidiennement, c-est les famines, sçecheresses et inondations, nos peuples indiens sont en train d'etre exterminés ! Et c'est pareil dans le reste du monde. Ce n'est plus l'heure de faire des marches, il nous faut tous lutter quotidiennement, partout dans le monde. " Les etasuniens présents ont eu de mal à comprendre, avec ou sans traduction ... le débat continuera plus tard dans une autre réunion.

le premier jour de la conférence se conclut. L'issu de celui ci est incertaine. A l'heure actuelle 31 000 personnes sont sur places. et les files d'attente pour obtenir l'accréditation continue encore et toujours. On se dirige selon l'Agence de Franche Propagande vers un "semi echec" sans aucune proposition. Echec pourquoi pas, mais qui marquera sans doute l'Histoire.

samedi 17 avril 2010

Les nuages de poussières se couchent sous l'horizon révolutionnaire


Vous ne la voyez pas, vous ne la verrez pas. La révolution bolivienne n'est pas visible.
Il y a ici ces chemins, où à la nuit tombée plane un brouillard épais de poussière de terre à cause de la circulation abondante du jour, masquant et tâchant tout paysage aux alentours. Cette poussière, elle ne retombe que quand vient la pluie, la tempête, l'orage la tourmente, ou les rigoles se font torrents et les flaques se transforment en lacs.
Alors devant la force contrainte, l'on distingue effectivement un peu de ce qu'il y a ici,

La révolution bolivienne est un peu à cette image. Ce n'est que quand ça va mal qu'on peut l'apercevoir de nos fenêtres septentrionnales. Guerre de l'eau, 2000, guerre du gaz, 2003, élections puis conspirations, 2005 – 06, séparatisme 2008 et ce n'est pas fini vu comment les loges d'extrême droite et autres délicieux comités civiques repartent à l'assaut.

Sauf que la poussière masque, cache. Et nos yeux occidentaux sont incapable d'entrevoir de la moindre mesure de ce qui se joue ici. Et de mon point de vue délocalisé, ce n'est qu'une lorgnette qui s'ouvre à moi.

Bien sûr, parlons de l'éducation pour tous jusqu'aux indiens Takana ou Chakobo au coeur de la forêt. Bien sûr parlons des briques, des ponts, des routes, des pavés. OU de la nationalisation des ressources naturelles, de la redistribution des richesses.
Et parlons encore plus de ce qui va se jouer du 20 au 22 avril 2010, une date qui fera date sans aucun doute, ou presque, pour les deux tiers de l'humanité.

Voilà toute l'Europe perdue sous un immense nuage de poussière, émanation d'une éruption naturelle, un caprice pachamamien venu de l'Islande, pays déjà turbulé ces derniers temps.
C'est drôle ces coïncidences, tous ces évènements qui ici prennent un sens, un ordonnement, un évidemment, c'est "logique". A l'extrême opposé d'une "logique" de système rationnelle. si tant est qu'un système qui plus il avance, plus il s'autodétruit, peut être considéré comme rationnel.

Finalement à quoi cela servirait-il que je tente de vous en parler ?
Je l'ai fait d'une certaine manière, qui ne me satisfait pas suffisamment, pour le Venezuela, je pense en être pour l'heure incapable pour la Bolivie.

Et quand bien même j'en serais capable, nous, lecteurs, serions nous capables de nous décentrer de notre centre ? De nos désoccidentaliser un instant de notre occidental apostolique romain même plus catholique ? Je ne veux présumer de rien, mais je pense que pour le moment nous en sommes tous incapables.
Moi le premier.

Oh je vous ferais bien un de ces jours un topo sur tout ce qui se fait ici en matière révolutionnaire. Mais comme je le ressens actuellement, cela semble bien peu dire au regard des forces qui jouent ici.
On flirterais presque avec le mystique, qui fait si peur aux laicards athéicistes, les mêmes qui n'ont jamais eu autant de foi pour leur athéisme. Reconnaissons le pour le moins, croire en la révolution est une forme de foi. Ca ne fait pas de nous des odieux curetons ni des je ne sais quelle secte.

Qu'il y ait des conditions historique, un processus de soulèvement populaire gradué arrivant à l'élection d'un indigène au pouvoir, très bien. Mais l'on oublie à chaque fois que la force qui pousse ce soulèvement populaire n'est pas sur-déterminée par je ne sais quelle dialectique historique.

L'on peut (et l'on doit) établir les causes et conséquences d'un processus révolutionnaire au regard de cette outil d'analyse extraordinaire qu'est la lutte des classes, mais le moment révolutionnaire pour sa part n'est pas révolutionnaire pour rien. 
C'est qu'il va au delà de conditions matérielles préalables, qu'elles soient objectives ou subjectives d'ailleurs. On ne parle plus de matérialité, mais d'humanité en mouvement. Autre registre, autre sons, autres sens.

Voilà pourquoi vous et moi ne comprendrons jamais la révolution bolivienne, et la vénézuelienne aussi d'ailleurs, parce qu'elles ne s'expliquent pas. Et le meilleur exemple de cette certitude de l'incertain, je l'ai sous les yeux, moi, qui ne peux croire ce qui m'arrive.
Réel, irréel, magique, concret ? Ces termes se mélangent et forment un corpus nouveau, qui justement ne se théorise pas. Il se vit.
Je pourrais tout aussi bien vous dire que quand je quitte le centre de la ville où je me trouve, je sens au tréfond de moi la puissance immense et écrasante d'une force supérieure. Vous me répondrez que je parle aux arbres, comme un fou, et ce sera d'ailleurs ce que je répondrais une fois rentré.
Inaudible, hors champ.

Je pourrais vous dire aussi que ces mêmes forces extrêmement naturelles, font peu de cas du jeu social que nous jouons quotidiennement, dans nos sociétés. Bas les masques, tous à poil, les humanités dévoilées sans qu'on puisse rien maitriser.
Et vous me répondrez certainement qu'ici aussi je joue un rôle, que c'est aussi une société et qu'elle fonctionne aussi avec ses rôles sociaux.
Et vous aurez parfaitement raison.

Raison ne fait pas révolution.

C'est une chose extrêmement violente pour un esprit cartésien rationnel tel que le mien, de découvrir que le fait révolutionnaire ne se fait pas, ne se déclenche pas seulement en fonction de conditions préalables, mais qu'il se supporte en lui même, sans explications.

Et c'est alors que nos bons révolutionnaires, et je ne suis pas le dernier dans le lot, diront : "Alors quoi ? On arrête tout ? La militance ? Et laisse venir le Grand Soir et en attendant on attend ? Bref, éloge de l'innaction ?"

Ce qui fera une fois de plus la preuve de notre totale stupidité à tenter en vain de comprendre, puisque c'est bien du contraire qu'il s'agit.

Cette action collective, ce mouvement social, cette union qui fait la force, elle est révolution en soi. Par exemple, tant que dans les Assemblées générales mêmes des plus stériles, si au moins un étudiant sort avec une possible remise en question sur ce qu'il croit, alors nous auront provoqué quelque chose de révolutionnaire et il y na justification pour continuer.

A ma gauche on me dira que cela aboutit à la Révolution permanente, chacun son petit bout de mouvement, et là encore c'est erreur.

Car le mouvement qui provoque ce mouvement ne peut être dissocié du mouvement vers lequel il se meut. En somme, on ne peut conscientiser un étudiant dans une AG si l'objectif ultime de notre mouvement n'est pas d'aboutir à un changement des fondements institutionnels qui régisse notre société.

Oh je n'invente rien, ça a été dit et redis par les uns ou les autres et ça fait un bout de temps que j'en suis convaincu. En revanche ce qui est nouveau pour moi c'est à quel point ce mouvement là, cette tension collective vers ce changement fondateur, est mystique. Plus qu'une croyance, c'est une expérience de vie.

J'en viens du coup à élaborer des théories vaseuses. 

Comme quoi la chute du mur de Berlin n'a été en rien la chute de l'idéologie soviétisante, qui s'est fondue à merveille dans le néolibéralisme financier et sécuritaire. le fonctionnement d'un fond de pension ou autre banque d'investissement à plus à voir avec le stalinisme que n'importe quel parti communiste contemporain.
En revanche, par cet effondrement, quelque chose d'autres a été détruit pour une moitié de l'humanité, la faute aux acteurs du pourrissement de longue date du processus originel, mais aussi à ceux qui ont toujours lutté contre ce dessein originel.
Et c'est cette mystique que nous avons pour tache de reconstruire aujourd'hui.
Le propos vous dérange ? Je serais en train de faire l'éloge d'un totalitarisme ? 
Je justifie et excuse l'horreur la plus noire ?

faites tomber les grilles.

L'excuse perpétue le jugement de valeur, le bien ou le mal
. « On » aurait mal fait ? Mais réalisons d'abord que nous n'existions tout simplement pas alors ? Ce ne sont pas d'excuse qu'il faut aujourd'hui, poour personne.
Assez de condescendance, même après avoir commis tout ce que nous avons commis, l'on continue à juger à l'aune du bien ou du mal nos actions.
en revanche, oui, reconnaissance.

En premier lieu celle que JAMAIS la révolution industrielle qui nous a mené à devenir des pays dits développés, absolument JAMAIS n'aurait été possible sans l'accumulation préalable de capital, issu du pillage systématique de l'ensemble des ressources dans le monde entier, à commencer par les filons d'argent sans fins des mines de Potosi, et tout le reste de ce continent dont les veines ouvertes ne se refermeront sûrement jamais. Et ce pillage humain, cette destruction destructrice, de l'Afrique, des autres cultures, pillées, esclavagisées et massacrées jusqu'à la dernière goutte.
Cela ets prouvé, re prouvé et fait partie de notre Histoire.
Notre richesse n'est que la conséquence de leur exploitation.
Nous ne sommes pas des coupables, mais notre civilisation est responsable.
C'est la première chose que nous devons reconnaître.
Avec son corolaire : le système capitaliste actuel est génocidaire.
c'est un fait mainte fois démontré, par le passé en encore le présent.
Et ce n'est pas le million de morts d'Irak qui m'en donnera tort (oui un million, soit le chiffre des organisations indépendantes, puisque le chiffee officiel est celui de l'armée américaine .. vous ne saviez pas ?)

Je glisse sur des terrains glissants ? Sauf que les nuages de poussières ne glisse pas. La terre on la sent bien, on l'a tant autour de soi pour bien garder les pieds bien ancrés, bien plus que dans notre modernité flottante.

Et nous devons maintenant reconnaître que ce sont ces mêmes populations que nous avons si longtemps soumises, qui aujourd'hui; au travers de siècles de luttes, dessinent la nouvelle voie pour l'avenir du monde et de l'Humanité. Et sauf changement de dernière minute, cela se fait et se fera sans nous.

Il faut en commencer par là pour saisir ce que peut être le mouvement révolutionnaire en cours ici. Commencer par révolutionner notre vision de nous mêmes comme pays développés, occidents, là où nous avons des siècles de retard dans notre mystique sur le reste du monde.

Et se révolutionner soi même. Une fois à nu, l'on découvre ses contradictions les plus profondes qui font mal. Et c'est bien cela le problème majeur pour nos étroits esprits égotistes : a quoi bon faire la révolution si elle ne m'apporte pas "Mon" bonheur sur terre ?

Et tout ça il faut le mener de front, et collectivement.
Et c'est extrêmement difficile mais c'est une nécessité impérieuse.
Et quand des gens qui ont a peine de quoi manger une fois apr jour mènent depuis leur naissance jusqu'à leur mort cette lutte, on peut se questionner sur nous mêmes.

Ces 20 au 22 avril 2010 va se dérouler une rencontre entre 15 000 personnes, membres d'organisations sociales du monde entier, de plus de 111 pays, qui vont collectivement décider de la manière dont ils s'accordent pour trouver des solutions à la faillite prochaine de la civilisation humaine devant la destruction environnementale.
Cette conférence mondiale des peuples pour le climat ne tiendra peut être pas toutes ses promesses, et l'hypothèse est possible qu'a posteriori l'on dise que ce fut un échec.
L'échec de quoi, l'échec pour qui ? Pour quoi ?

Lexistence même de cette conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre Mère, est en soi une réussite. Tout ce qui en sortira ne pourra être qu'un pas de plus vers des jours meilleurs.

J'y serais et vous transmettrais comme je le pourrais au cours des jours prochain la quotidiannité d'un tel évènement.
si tant est que ce soit possible. Enfin le possible désormais ... vous savez ....

mardi 2 mars 2010

Dans la jungle merveilleuse du capitalisme pur et parfait

Je dois vous avouer que je ne suis pas tout à fait au meilleur endroit pour observer la révolution bolivienne.
C'est un peu comme si j'avais choisi l'Alsace-Lorraine pour faire une étude sur l'athéisme en France.
Ou la Vendée pour évoquer la Commune de Paris ...

Bienvenue en Amazonie bolivienne, entre la province du Beni et celle du Pando, dans cette media luna (demi lune), qui avec la région de Santa Cruz forme l'arc oppositionnel du pays.
Dans une ville reliée au reste du pays (et du monde) par une route, une seule, ou plutôt un sentier de terre qui traverse la ville en direction de la frontière du Brésil toute proche.
Riberalta, (Rive-haute), à la confluence des fleuves Beni et Madre de Dios.

Dans cette zone, pendant des siècles, l'on a exploité, jusqu'à il y encore 50 ans, le caoutchouc, comme disent les locaux, la goma, que ce soient les boliviens comme les étrangers. L'économie était florissante, le paternalisme économique aussi. Et puis la goma fut gommée, la ressource a été épuisée à force de surexploitation, les entrepreneurs sont partis, la pauvreté est revenue, ou plutôt a juste continué, la richesse des terres ne profitant qu'aux riches. Quand aux habitants originaux, les "indiens", ils étaient mis en esclavage pour mles plus pacifistes ou torturés et massacrés pour plus véloces. 
Vient depuis lors l'industrie de la cacahuète, la cascarra, florissante, fournissant une manne financière énorme, elle fonctionne toujours aussi « bien » aujourd'hui.

Quelle que soit la période, le modèle est le même : les maitres sont quelques grandes familles, richissimes et qui détiennent tout. D'une part l'économie, la richesse et avec elle la survie physique de la population, mais plus encore le contrôle des propriétaires des moyens de production porte la vie elle-même. Allant jusqu'à décider de qui se marie avec qui. Et bien entendu de pour qui voter lors des élections. "Indien" et "paysan" sont toujours des injures, pour la majorité de la population. Au niveau de la vie quotidienne, tout est à faire : eau potable, électricité, égouts, aménagement du territoire, routes, … Mais peu importe, la population a survécu ainsi pendant 200 ans, elle peut bien continuer encore un quelques décennies.

Au cœur de ce tiers de quart-monde, les produits les plus visibles se nomment Kawasaki et Toyota, les motos, quasi unique moyen de transport et symbole de reconnaissance sociale, à l'exception de quelques 4x4 pour les plus aisés, ou de simples vélos pour les plus pauvres. Le plus souvent ceux-là n'ont que leurs jambes pour se déplacer. Les paysans sont comme de coutume soumis au patronage des propriétaires terriens, à la monoculture de la cacahuète et la dépendance perpétuelle. S'ils tentent de sortir du cadre obligatoire, ils sont vite rappelés à la raison puisqu'il en coûte plus d'être transporté à la ville que de vendre ses quelques plants de manioc (la yucca) au marché. Le "choix" entre la mort miséreuse dans la dignité et la survie sous dépendance perpétuelle est vite réglé, il faut bien bouffer. Et pourtant avec le climat, il serait possible de faire deux à trois récoltes de céréales à l'année. Mais l'exploitation des terres agricoles est consacrée à l'élevage de bétail, sur des kilomètres de terres libérés grâce à la déforestation.

Le plus gros problème est finalement que la population a intégré totalement jusqu'au plus profond de sa conscience ce lien de dépendance qu'elle doit au maitre, si bien qu'elle se retrouve démunie lorsqu'elle se trouve devant la nécessité de s'organiser collectivement. Et qu'un bon tiers des paysans ayant recu des terres de l'Etat ne les cultivent tout simplement pas, préférant encore acheter leur subsistance à la ville et laisser inactif leur petit bout de terrain. Et de se propager un peu plus dans les villes le discours sur la fainéantise et l'incapacité des paysans et des indiens ... 

Les travailleurs sont d'abord ceux de la cacahuète, très nombreux, exploités, sans syndicat sinon patronal et non organisés. Les lois du travail ont beau avoir été votée à la Paz, ils semblent qu'elles ne soient pas encore arrivées ici. Il faut dire qu'elles n'étaient d'aucune utilité, la population ne sachant ni lire ni écrire jusqu'à l'arrivée récente des programmes gouvernementaux qui ont depuis, fait positif, délivré le territoire de l'analphabétisme.

Les rapports humains s'organisent ainsi : dis moi qui t'emploie, je te dirais ce que tu penses. La parole d'autorité reste en premier lieu celle du maitre, du patron, puis celle de l'archevêque, du gouverneur, et enfin l'évêque et le maire. Au delà, il faut se rendre dans les quartiers pauvres où un embryon d'organisation populaire existe avec les présidents de quartier, qui défendent les intérêts du voisinage, mais qui ici n'ont que très peu de marge de manoeuvre.

Au niveau politique ce n'est guère plus glorieux. Le MAS est arrivé depuis peu, à construit quelques routes, mais la province comme la mairie sont toujours d'opposition. Fin 2008 ont eu lieu des émeutes sanglantes avec massacres de population. Les « bons citoyens » en venant à tabasser  les paysans et les indigènes. Pendant ce temps à Santa Cruz, coeur oppositionnel du pays, Les étudiants taguaient des croix gammées sur les murs de leur fac pour clamer leur amour de la démocratie. A Riberalta, les militants révolutionnaire ou tout simplement les personnes engagées dans l'aide aux plus démunis ont dû s'exiler de la région pour un temps devant le danger pour leur vie. C'est seulement depuis la fin de cet enième tentative de coup d'Etat intérieur, appuyé par l'administration américaine via son ambassadeur, depuis expulsé, qu'il n'est plus motif de menace de mort que de se dire publiquement massiste (partisan du MAS). Mais là encore, cela reste le plus souvent quelque chose qu'on ne crie pas sur les toits, sous peine de licenciement, problèmes judiciaires ou menaces diverses à son intégrité ou celle de sa famille. De fait, le Mouvement vers le Socialisme n'a pas encore pu prendre racine, seul 30% de la population à soutenu de son vote le MAS aux dernières élections.

Enfin, pour parfaire le tableau, les médias, télé, radio comme journaux, sont tous exclusivement privés, l'Etat n'ayant pas encore pu implanté dans tout le pays sa chaine de télévision publique. Se détache quelques radios dont le propriétaire n'est autre que l'Eglise catholique, ce qui ouvre un peu le champ des possibilités en comparaison avec les médias privés. Avec ces derniers l'on retrouve les si familiers « cubanisation », « dictature », « atteinte à la liberté d'expression ». Là non plus il n'y a aucun fondement concret, mais à la différence au Venezuela, il n'y a rien en face pour contre attaquer.

Et c'est dans cela que je me trouve, travaillant pour une ONG du terroir, pas vraiment ongisto-colonialiste, et beaucoup plus vraisemblablement révolutionnaire, socialiste, protectrice de l'environnement et populaire. Un îlot de résistance avant-gardisé au milieu du poumon de la planète, où l'expression jungle capitaliste peut librement prendre toute son ampleur.


En somme, le paradis sur terre.

jeudi 18 février 2010

Cha'lla malekum à Riberalta


Je vous ferais bien un résumé de mon arrivée à Riberalta,
mais étant donné les circonstances, lisez plutôt ce qui suit
ca vous donnera une idée de mes activités dès le deuxième jour.
et puis vous en saurez plus sur la signification du terme Amazonie,
ca y est-il pas merveilleux ? 


Et le pire c'est que toutca  est arrivée parce que j'ai fait la fête la veille

... mais c'est une autre histoire.


source de l'image : http://impedimento.wordpress.com



Déclaration fondatrice du Movimiento Pachamama


Devant l’évident changement climatique issu de la surconsommation généré par le capitalisme,Face aux conséquences désastreuses du changement climatique qui touche principalement les populations pauvres, dû aux inégalités des richesses, de quelques privilégiés responsables de la pauvreté de la majorité des habitants de la planète,

Devant la menaçante dégradation de l’environnement causée par la démesurée et inhumaine exploitation des ressources naturelles et la pollution destructrice,

Face à l’inhumaine homogénéisation de la culture des peuples due à la mondialisation de la soumission des travailleurs ruraux et urbains aux intérêts des multinationales,

Devant la manipulation commerciale de la démocratie, utilisée par les intérêts des entreprises et les égoïsmes nationaux qui ne cherchent qu’à imposer leurs intérêts par la force de coup d’Etat, d’invasions, de séparatismes, de mensonges, d’abus de pouvoir et de guerres,
Face à la destruction de la Terre Mère,

Devant le défi commun pour empêcher ce désastre et défendre les droits de la Terre Mère,
Nous déclarons sollenellement que :

La Terre peut survivre sans l’Humanité mais l’Humanité ne peut subsister sans la Terre.

A ce jour, seules des luttes pour les droits humains se sont engagées, mais ce millénaire, le Troisième Millénaire, est celui de la lutte en faveur des droits de la Terre Mère, la lutte pour la protection de l’environnement pour le bien des sociétés, la lutte pour le « bien vivre » de toute l’humanité en équilibre avec l’environnement, la lutte pour garantir les droits de la Terre Mère pour l’Humanité toute entière.

Il est aujourd’hui nécessaire de donner un cadre institutionnel au mouvement pour les droits de la terrez Mère, initié par la société bolivienne, sous le leadership d’Evo Morales Ayma, premier président indigène de Bolivie et de l’Amérique Latine, proclamé « leader historique des droits de la Terre Mère » par l’Organisation des Nations Unies (ONU)

 

C’est pourquoi, Nous, membres fondateurs,

 
rassemblé-e-s en ce moment historique d’importance, sur le lieu de fondation de la ville de Riberalta, au point culminant de la rive de cette région amazonienne, point de confluence entre le fleuve Madre de Dios, (Manu Ena : fleuve mère) et le fleuve Beni (Manu Tata : fleuve Père), union des hommes et des femmes, des enfants et des personnes âgées, des habitants des villes et des campagnes, au cœur de l’allégresse du carnaval andino-amazonien, dans la joie et la félicité pour « bien vivre » sur cette Terre.

Fondons avec amour et paix,

le mouvement interculturel urbain rural pour la défense des droits de la Terre Mère, Movimiento Pachamama.

Le principe fondateur de notre mouvement est l’Amour, le véritable Amour de notre terre et de notre société, exprimé par la solidarité, la démocratie culturelle, dans un « bien vivre » au cœur d’une société culturellement plurielle, socialement juste, économiquement réussie, dans un environnement équilibré et qui politiquement pousse à agir.

Notre mouvement a pour base la philosophie en quatre points :
Ama Sua, Ama Kella, Ama llulla, Ama Zonas

(Ama sua : Ne pas mentir, Ama llulla : ne pas voler, Ama Kella : ne pas faiblir, Ama Zonas : aimer ton territoire, notre terre, la Terre Mère)



Acte réalisé au point de confluence des fleuves Manu Ena et Manu Tata (Madre de Dios et Beni)



en un mardi de carnaval, jour de cha’lla à la Pachamama (offrande à la Terre Mère)



le 16 février de l’an 2010.


En conscience signent :
...
...
...,    Riberlata, Bolivia
...,    La Paz, Bolivia...,    Barcelona, España
G.S, Toulouse, France.
...


mercredi 25 novembre 2009

De l'air ! ... ou la genèse d'une question cruciale






Au cours de mon périple au Venezuela j'ai eu l'occasion de rencontrer l'ultra gauche locale, ceux qu'on appelle ici « les écologistes ». Farouches adeptes de l'indigénisme jusqu'à outrance, allant jusqu'à défendre l'un des leurs (eux qui sont des fils de classe moyenne caraquègne (de Caracas), même si celui-ci se révèle avec force de preuves être un brigand, attaquant propriétaires terriens comme ses compatriotes. Dans une région où se mêlent latifundios, indigènes, guérilleros et paramilitaires, soit un contexte plutôt complexe, les voilà partis sauver la veuve (noire) et l'orphelin (blanc) des griffes du méchant chavisme rouge qui ne fait rien que tout étatiser et d'assassiner les pauvres indigènes. Je caricature EVIDEMMENT.
Pour ceux qui cherchent vraiment les indiens et les écologistes, voici un article résumant la controverse en question : « Peaux blanches, masques Yukpas », avec la parole des indigènes eux-mêmes, les seuls que bizarrement nous n'entendons jamais quand ces « écologistes » parlent.

Vu que j'ai été personnellement visé par des insultes plutôt violente (agent de propagande étatique EST une insulte) et que ceux-ci continuent leurs opérations de désinformation permanente, voilà une manière de leur répondre, avec humour.

Cette nuit, il s'est passé un évènement exceptionnel qui m'a fait prendre conscience du retard qu'ont ces gens sur nous, européens. Non parce que d'accord un processus contradictoire, de nombreux paradoxes c'est encore acceptable, ... mais à un moment donné ça commence à bien faire ... et il faut bien ouvrir les yeux.

Nous étions apprêtés pour aller nous coucher quand soudain éclata le drame en ces terres arriérées : il faisait chaud.

Tout être humain normalement constitué et civilisé à dans ce cas 2 options élémentaires, un s'ajoute dans ce pays d'arrière-garde qu'est le Venezuela :
 OU accuser l'officialisme chavisto-soviétique de faire rien pour changer ta situation quotidienne de classe moyenne déjà précaire qui manque de tomber dans les tréfonds des classes populaires si elle ne peut plus rembourser son crédit revolving pour le 4e écran LCD indispensable pour le petit.
 OU enlever un vêtement et ouvrir la fenêtre
 OU allumer la climatisation.

Or les gens d'ici étant ce qu'ils sont, soit ayant une fâcheuse tendance à être des braves soldats du consumérisme capitalistique pas vraiment révolutionnaires, soit de consommer comme des barbares en mettant la clim' à fond.

Et c'est ce qu'ils fissent.

Sauf que, je ne sais si c'est parce qu'ici tout est possible, qu'il faisait alors largement plus chaud qu'en été en plein cagnard dans une voiture bloquée dans des bouchons sur une autoroute du Sud de la France. Toujours est-il que la température de l'air climatisé descend ici bien plus bas, soit atteint quasiment des conditions arctiques.

Convaincu depuis longtemps de ma supériorité sur ces êtres rustres qu'on appelle dans notre pieuse langue « latino-américains », j'entrepris de les évangéliser aux rudiments de la logique humaine.

« Ok il fait chaud, mais si on ouvre la fenêtre, il fera moins chaud puisque la nuit il fait quand même moins chaud dehors que dedans »

Sauf qu'ici ni Houston, ni la logique ne répondent plus. C'est comme s'ils ne comprenaient pas, les yeux grands ouverts et la bouche et cœur, on pourrait tout aussi bien leur dire que le marché rend heureux, ou que le capitalisme est un modèle irremplaçable, ils seraient capable de mettre en doute cette bonne parole, rendez-vous compte du degré d'inconscience.

Donc ils ont pas compris et ont laissé la clim', à fond.

A ce stade, des gens aussi primaires en seraient certainement venus aux mains à ma place, mais bien évidemment, puisque MOI, je suis civilisé, je n'en ai rien fait. Et je me suis donc soumis à l'insu de mon plein gré, en sachant bien que demain ce seront eux qui se soumettront à notre grand et beau système (anti)social occidental.

La nuit a suivi son cours et j'ai tout d'un coup eu une drôle de sensation.

J'avais FROID.

Je ose la question à mon congénère qui ne dormait que d'un oeil, prêt à bondir sur les quelques biens me permettant de survivre en ce milieu hostile : mon appareil photo et mon ordinateur portable.
Celui-ci me répondit sans aucune gêne : « t'as qu'à mettre un pull »

Et c'est là que j'ai réalisé que Nicolas Hulot, Yann Artus Bertrand ainsi qu'Anne Lauvergeon (PDG d'Areva) étaient des saints, des envoyés de Dieu Gaïa pour veiller sur ces terres, tels des descendants de peuplades mayas ou incas sur nos terres orientales (puisqu'ici l'Est c'est l'Europe). Eux savaient et je savaient avec eux depuis que je les avaient entendu.

C'était donc ça la cause de la dégénérescence de notre planète, c'était EUX, non content d'être communisto-bolchéviques, étaient également les fossoyeurs de notre belle terre. Alors qu'en Europe tous font des efforts pour couper TOUTES leurs lumières en même temps 5 minutes deux mois par an, ici rien n'est fait c'est la décadence la plus totale. Et cette décadence ne les empêche pas de râler le jour où leur État, leur saint, qui a exproprié les philanthropes multinationales, décide de couper hebdomadairement l'eau, et parfois l'électricité pour cause de « y en a pas assez pour tout le monde ».

Normalement là encore, il y aurait bien longtemps qu'on aurait augmenté les prix histoire de faire comprendre à ces pouilleux que si toi yen a pas couper l'eau avant de te brosser les dents, toi yen a aller te raser ta barbe avec de la terre ». Mais rien n'y fait.

J'ai finalement pu m'endormir,

Malgré la pneumonie qui m'assaillait, mais mon nez ne coulait déjà plus, la goutte étant déjà congelée, et seul les battements accélérés de mon thorax m'ont sauver des engelures cardiaques.
même si après avoir enfilé le 4e T-shirt et la 2e couverture, j'avais toujours froid.
Même si j'ai déclenché une crise d'asthme digne de Che Guevara, communiste asthmatique, pour cause de manque d'oxygène (puisque climatisation signifie refroidissement de l'air et NON renouvèlement.)

Réveillé sur le coup des 3h du matin par une sorte de machine industrielle extrêmement bruyante, enfin mon voisin qui ronflait, je n'en tint plus. Armé de mes pieds nus et de mes mains engourdies, j'entrouvre la porte fermée et suis enfin libéré. De l'air, pur, pollué et puant, enfin !!!
la seule chose que je pouvais alors espérer c'était une bonne pluie (acide) histoire de me réhydrater sans toucher à ces infects breuvages qu'ils appellent encore eau.

Rassasié et prêt à ne plus me laisser abattre par ces assauts indigènes ne visant qu'à déstabiliser mon extrême acuité spirituelle, je retournes me coucher.

Au matin, drôle d'impression, comme si un igloo m'était passé sur la tête et un dromadaire assis sur mes pieds.
Je me lève et première constatation, j'ai chaud, très chaud.
Alors, bénissant Adam Smith et Schumpeter, qui fissent que les progrès scientifiques atteignent ce lieu en perdition, j'allume la clim'.

après tout, c'est pas ça qui va tuer les ours polaires, ça se saurait sinon.

D'ailleurs Nicolas Hulot n'a rien dit à ce sujet, alors ça doit pas être important ... hein ?

samedi 17 octobre 2009

Transports : le péril de tous les instants, enfin faut pas exagérer non plus

Chers européens si après tout ce que j'ai dit, si vous n'avez pas encore peur de ce pays, ce qui va suivre vous achèvera ... ou pas.

Ainsi donc, les transports au Venezuela. Comment dire.

Un peu de musique pour accompagner le billet : Oyé, pana, qué pasa por la calle ?



D'abord le terme voiture n'est pas très approprié, il y a deux grandes catégories de "carros", (de véhicules)

D'abord le diable des routes, le terreur des montagnes et des villes, l'ogre des banlieues et le terroriste des bleds paumés, j'ai nommé : le 4x4.

c'est assez impressionnants au début mais on s'y fait très vite. Il y a beaucoup de 4x4, vraiment beaucoup. Certains sont plus grands que nos petites camionnettes. Pire que le Hummer américain, ce sont des monstres de la route. Et quand tu crois avoir vu le plus gros tu a un plus gros encore qui arrive derrière.

Et peu comme une réforme de sarkozy, on peut dire ça
ou la crise économique aussi ......

Et chose assez amusante ils ont tous les même alarmes, vous savez ces sonneries d'alarme qui changent (tuuuuuuiiiiiiiiuuuu - tiuiuiuiui - piii tuuuu piii tuuuu, je connais par cœur) et se répètent pendant bien 5 minutes, et bien ici c'est pas un jeu, c'est pour de vrai. Et je ne sais pas si ce sont des feuilles mortes qui tombent ou les chiens qui urinent sur la roue, mais ces alarmes sonnent tout le temps, surtout en pleine nuit, si jamais tu dormais, ce qui semble peu probable grâce aux joyeux chœurs canins.

J'ai compris l'utilité suprême du 4x4 à Caracas l'autre jour, où après 5 minute de pluie il y a avait 30 cm d'eau sur la route, route qui comme l'ensemble du réseau, y compris voies "rapides" était percluse de trous et nids d'autruche (nids de poule en plus gros) en tout genre. Et c'est vrai que là c'est pratique d'avoir des bons amortissement et d'être en hauteur.

Il y a aussi des voitures plus "traditionnelles", mercedes, bmw, chrysler, chevrolet, qui transportent les riches, mais on s'en fiche d'eux non ? et puis la plupart ont quand même des 4x4. Oui il y a aussi des camions, des estafettes, mais c'est MON billet et c'est MON blog alors hein ...


SI même INTERPOL s'y met

Donc les 4x4 occupent une bonne partie de l'espace urbain.
Face à eux, il y a ... comment dire, ruines serait trop présomptueux,

Ce sont ces vieux modèles qu'on voyait à cuba ou ailleurs y a trente quarante cinquante ans, qui roulent encore, enfin on dirait. Certains c'est vraiment une tôle froissée sur des roues, rien de plus. D'autres c'est vraiment la pure classe à l'ancienne. Mais quoi qu'il en soit ça roule et ça se comporte comme un 4x4, soit pas très respectueusement.

Il y a aussi les minibus, les carritos quand ils sont grands, micros pour les petits, les transports en commun. La destination est affichée en temps réel par des petits panneaux de couleur que le chauffeur ou son copilote change suivant le trajet. Il y a évidemment des stations d'arrêt mais en gros si tu veux monter tu fais signe et tu monte... ou pas, bref c'est un peu à la roulette vénézuelienne.

Ça parait également minuscule mais comme dans le métro on y rentre beaucoup de monde aux heures de pointe, sauf que là, la porte reste ouverte, "gain de temps", apparemment. Certains ont l'air d'être des machines à vapeur tellement la fumée est noire et épaisse quand ils passent en trombe. A te faire regretter ta vieille mobylette.




Tout ce petit monde se retrouve donc dans les rues. Et là drame : les rues sont pleines et bouchées du matin au soir. Caracas n'est ville où l'on circule facilement avec des roues. Sauf s'il on est moto, là c'est différent, on a la possibilité de se comporter comme sur une autoroute ... en ville.

Il y a bien sûr un code de la route.

AHAHAHAH

Non, j'admets le feu rouge est a peu près respecté (par 80% des conducteurs dans les grandes avenues. Il reste donc 20% de chance que quelqu'un passe au rouge).
Sans oublier les motos qui s'arrêtent ... aléatoirement.
Ensuite beaucoup de rues sont à sens uniques, même les grandes avenues.
Pour nous piétons, ça pourrait sembler plus simple. Mais non, parce que il faut quand même regarder des deux côtés (motos à contre sens) et beaucoup plus fixer son regard sur ce qui s'amène quand on s'engage. Sans oublier d'éviter les autres piétons qui ne s'écartent pas quand ils vous croisent.

Le passage piéton, est une invention formidable mais hormis mettre de la couleur par terre il ne sert pas à grand chose. c'est un peu comme le Pôle Emploi chez nous quoi...
Bref la question que vous vous posez tous depuis le début c'est COMMENT TRAVERSER LA RUE

En fait, c'est simple, tout se joue à la bonne appréciation des distances et de la vitesse des véhicules. Le meilleur moyen de traverser c'est de suivre un vénézuelien qui sait quand il faut y aller (à quelques exceptions près). Vous vous doutez que j'ai déjà suivi une exception et ai pu sentir la brise fraiche de vent provoqué par le frôlement du pare-choc d'un hummer généreux avant de le voire filer loin loin ... ah ben je le vois plus.

Dans les embouteillages, aucun problèmes. Il suffit de se faufiler entre les bestiaux rutilants. Quand la situation se décante, le Vénézuelien est généralement légèrement stressé ce qui donc l'oblige à redoubler de rapidité pour atteindre le prochain bouchon.
Dans ce cas il faut attendre ou s'engager, tout est question de feeling.

Mais heureusement il y a les AGENTS DE CIRCULATION

RE -HAHAHAH

En fait, au milieu du bordel général, puisque tout le monde klaxonne dès qu'il y a une demi seconde de trop au démarrage, des fois on trouve des agents de circulation. Bon en fait, ils ne servent à rien, mais faut pas le dire, ça fait du travail.
Et les rares fois où ils exécutent leur boulot c'est pour te siffler toi pauvre piéton parce que tu traverse au feu piéton vert. Logique.

Autre évènement extraordinaire, il est possible de traverser un périphérique ou des autoroutes, il n'y a pas toujours l'installation nécessaire pour passer de l'autre côté à portée de pied donc certains le tentent et c'est assez impressionnant à voir.

Sachez néanmoins qu'en allant vite, en suivant le rythme sans hésiter à traverser une 4 voies en 3 fois, en osant arrêter un monstre des rue en levant la main sur le coté et regardant droit devant soi et en priant Bolivar Jésus et Marx pour que ça passe, ben ça passe, on s'en sort, et même on circule et on reste en vie.

Tiens pour finir, un panneau sur l'autoroute qui mène de l'aéroport à Caracas : pour les gens ne parlant pas espagnol : évitez les accidents, ne vous précipitez pas, conservez votre file"
Et c'est pas de trop de le rappeler.


Mais qu'est-ce qu'on faisait sur l'autoroute arrêté ? un 4x4 en surchauffe, 4x4 de ... VIVE TV Argh !

c'était la page guide du routard routier de la route.

mercredi 14 octobre 2009

Du syndrôme du Titanic à la Minga



Je n'aime pas Nicolas Hulot.

Tout comme d'ailleurs je ne supporte pas Yann Arthus Bertrand.
 

Ca n'a rien de physique, c'est juste que je ne comprends pas comment quelqu'un qui est impressionné par le Paris-Dakar, qui a fait des dizaines de voyage dans le monde entier pour nous faire découvrir les "beautés" de ce monde, à chaque fois en hélico, en avion.
je ne comprends pas comment quelqu'un qui dépense en un voyage plus qu'un ménage français moyen en un an puisse nous donner des conseils sur l'écologie.
Je comprends pas non plus que quelqu'un ami du nain musqué national, sponsorisé par total, ELF, TF1 et Areva puisse oser nous parler d'écologie.
Ou qu'il ose lancer une gamme de produit de beauté "Ushuaia" qui contient plus de substances dangereuses et cancérigènes que n'importe quel savon de Marseille.

je veux dire c'est comme demander à Serge Dassault comment améliorer le sort des travailleurs ou faire la paix dans la monde.

Il parait donc qu'en ce moment notre hélicologiste national sort un film.
Tout comme pour le spot de propagande Home, je n'irais pas le voir.

Et je vais même me permettre de critiquer sans l'avoir vu puisque ce film mène au catastrophisme sucidaire du ON VA TOUS MOURIR caractéristique du discours ... néolibéral sur l'écologie

et la conclusion c'est "donnons tous la main, Si on s'y met tous, on sauvera la planète."

Sauf que le "tous" en question c'est Tous en tant qu'individualités, chacun nos "petits gestes du quotidien".
Or personne ne pourrait me contredire si j'osais exprimer l'idée hautement subversive que Total a un rôle un minuscule poil plus important à jouer que le "travailleur français" moyen.

Bref, tout ça pour vous dire que à part le film de Hulot, il se passe quelque chose d'autrement plus emportant dans le domaine de la sauvegarde de l'espèce humaine (puisqu'il s'agit de nous sauver nous pas la planète, évidemment)

J'imagine que personne n'en parle par nos contrées occidentales, même ici, peu de monde connaissait ce mouvement.

Ca s'appelle la Minga pour la Terre Mère et c'est le plus grand rassemblement des populations indigènes en Colombie depuis longtemps.

Et ces braves peuples "primitifs" comme ne rechigneraient pas à le dire certains, ont tout à fait compris l'entourloupette et clament haut et fort :

“nous continuerons à travailler unis pour la construction d'une société de justice, dans laquelle prévaudront le respect des Droits Humains, de la culture et des identités des peuples, en opposition à la marchandisation de la vie et des politiques de globalisation économique”.

Ainsi donc la Minga de résistance, vers un congrès mondial des peuples. se tient en ce moment, du 12 au 16 octobre dans de nombreux pays latinoaméricains et plus particulièrement en Colombie.

Et je pense qu'ils ont un minuscule poil plus de chose à nous apprendre en terme d'écologie que n'importe quel écotartuffe européen. Pour plus de détail, je vous invite à lire l'article qui y est consacré que je viens de traduire en français sur le site la revolucion vive :

ou pour plus d'informations :