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mardi 2 février 2010

Alors, c'était comment ?

On a dû me poser 20 fois cette question cette semaine, et plus de 15 en ce jour.

Évidemment, c'est un petit peu logique. vu que je pars demain, enfin presque.

Comment c'était ?

Au soir, je quitte Caracas. 12 h de route plus loin, j'arrive à mérida, petit plaisir de touriste avant de s'en aller.
Non, pour ceux qui demandent, je ne vais pas enquêter sur la mort des 2 étudiants dans les manifs de ces derniers jours. Je suis réellement en voyage, non plus au travail.

C'était comment ?

c'était bien, oui bon mais encore ? très bien, exceptionnel, fantastique, incroyable...

Un jour à Mérida et ensuite direction Bogota, en bus branlant passant par des zones où il ne fait pas bon être touriste, ou autochtones. On va espérer qu'il n'y aura pas de problème. j'ai survécu à un mois et demi au 23 de Enero, je peux bien traverser des zones tribales ?

Et ben, dis, c'était comment ?

Des images qui reviennent.

Cette nana, à Gramoven, casquette rouge, t shirt rouge, pantalon rouge, rouge à lèvre rouge. pas plus que 17 ans. Un sourire rouge, avec en gros sur sa poitrine : SI CHAVEZ. 
Ces chavistes, partout, cet amour pour un homme, prêts à mourir pour leurs (ses?) idées. Et cette humanité sans limite pour autrui.

A Bogota, on passe une journée on en profite pour voir des gens qu'on verra jamais ailleurs et puis ensuite avion, direction le Pérou, Lima.

Ou ce jeune allemand, en brigade internationale, rencontré à la Coordinadora Simon Bolivar, beau, blond, musclé, sûr de lui, trotskyste, qui n'a réussi au Venezuela qu'à internationaliser son sexe avec toutes les révolutionnaires du quartier. Tous ces beaux parleurs qui ne s'écoutent que parler. Incapables d'écouter le réel qui s'offre à leurs yeux. j'ai failli en être il fut un temps.

Lima, on y passe une journée, pas envie de rester en ville. Immédiatement, montée dans un bus direction le sud, la route panaméricaine, en évitant d'aller jouer touriste à Cuzco, Machu Pichu, aussi beau que ce soit.

Alors c'était comment ici ?

Y avait aussi ces gosses à Guanare, le soir du jour de l'an, s'amusant à jeter des pétards. Les gosses ici, y en a partout, jouant, criant, ça nous change de la maison de retraite France. Pays jeune, y a de l'avenir. On prendrais presque un coup de vieux à presque 20 ans.

On arrive ensuite dans une zone rurale, visitant les Canyons de Colca, pourquoi ? Pourquoi pas ?

Et ce type à Maracay. Un qui était tout jeune quand la dictature est tombée en 1958, et qui dans les années 80 à rejoint les autres dans les montagnes. Un guérilléro, qui participera au coup d'Etat de 1992. Il ira en prison, sera torturé, libéré, suivra Chavez, aujourd'hui travaillant dans un média communautaire. le même totalement bourré dans cette voiture, faisant tomber sa bière sur mes genoux rouges feu des coup de soleil.

Quand est-ce que tu reviens ?

Après cette escapade, c'est repartit pour Arequipa, une ville belle, ça changera de la grande Caracas. Deux jours. Puis direction Puno, qui comme le dit si bien celle qui m'a conseillé ce chemin : "Puno, c'est ... Puno quoi". Et puis si on a le temps, une ballade sur le lac Titicaca.

Y a eu aussi cette nuit au Mani, LE bar à salsa dans les quartiers courus, incapable d'aligner deux pas de danse, plus occupé à vivre cette effusion générale salsera au son des trompettes et percussions. Ou ces nanas de l'Oriente, aux blagues machistes à faire rougir les mecs, les vrais.

Du Titicaca, on retourne sur terre, au Pérou ou en Bolivie, suivant où le vent nous portera. En quelques heures on est à la Paz. La paix ? pas de suite. Juste une journée pour visiter la capitale la plus haute du monde, et puis il faudra déjà repartir.

Que restera-t-il du Venezuela ? Des émotions, des gens, des rencontres, des contacts, un peuple debout et digne, un pays chaleureux et accueillant, qui avance propose et réalise ses rêves.

Au 15 février je serois arrivé à Riberalata, dans le département Beni.
Ca ne s'invente pas une telle escapade bolivarienne.

Un Venezuela auquel on dédiera cette chanson douce, pour un peuple vaillant :

Le larmier des salines
couvre toutes les terres
Il clame la vie 
et lui donne cent ans, 
mais il ne se passe rien.
 Ma douce terre ...

 
Quand est-ce que je reviens ?

dimanche 24 janvier 2010

Ceci n'est pas un soutien populaire

Vous vous en doutez, si j'ai assisté à la manifestation de ce 23 janvier, ce n'est que par considération purement journalistique visant à décrire le plus fidèlement le déroulement d'un de ces rassemblements dont la vocation n'est que d'appuyer la dictaturrrrrrrrrrrrrrre. On m'a prévenu d'ailleurs, un ami bien informé m'a dit qu'il avait entendu un de ses cousins dire qu'un ami a lui avait vu des militaires entrer dans les maisons pour forcer les gens à aller manifester. Une source sûre.

Ainsi donc, suivant l'appel du Gouvernement, je me rends deux heures après le départ de la manifestation sur le point d'arriver, à proximité du centre-ville. Evidemment, je n'ai pas été surpris de voir qu'il n'y avait personne, que c'était tout juste à moitié vide, et qu'il n'y même pas de personnalité politique sur l'estrade. Les "gens" aux alentours m'ont dit que c'était parce que la manifestation n'était pas encore partie.

Rassuré sur la véritable capacité de mobilisation de ces socialo-communistes rouges à casquettes, je me dirige vers le centre ville histoire de déguster un entremet au restaurant français le plus proche.

Le problème c'est qu'à cause de ces Jean-foutre, toutes les rues étaient bordélisées. Tous les deux cents mètres, un petit groupe écoutait un muezzin bolchevique  faisant le sermon en criant des "Viva Chavez" et autres signes d'aliénation collective. A certain moment on croirait presque qu'il y a une manifestation, mais je ne me laisse pas avoir, je sais bien que cela ne peut être vrai.





Sur les coups des 14h, je me décide à retourner sur le point d'arrivée de l'action : la place O'Leary.
Et là je ne sais pourquoi, mais les gens se sont unis pour m'empêcher de passer ! Impossible d'approcher plus près. Certains arguaient du fait qu'il y avait trop de monde.
Sottise ! Je vois bien qu'il restait encore de l'espace au beau milieu de la fontaine.




Bien décidé à ne pas me laisser abattre je me fraye un passage, en m'offrant au passage un casquette couleur locale, histoire de m'infiltrer au cœur de la populace sans être identifié.

Après moult coups de coudes et de fesses et un certain nombre de pieds écrasés, j'arrive enfin à 4 mètres des barrières marquant la fin du territoire autorisé. Devant moi une pancarte : "Je donnerais tout pour pouvoir t'embrasser". J'ai cru un instant qu'il s'agissait de moi. Dommage.

Il est 15h.

Venue du fond de l'avenue, à présent toute aussi bondée que là où je me trouve, descend une camionnette avec à son bord un type, qui fait des signes de la main. Il semble que cette personne relève d'une certaine importance étant donné le mouvement d'hystérie collective qui se déclenche à sa vision.






Enfin, hystérie serait un mot beaucoup trop faible, ça crie, ça hurle, ça court vers la camionnette, sans se préoccuper des risques importants qu'il y a à se faire écraser sous un pneu.
Le type perché sur le toit de la camionnette sourit, et quand il regarde dans la direction de quelqu'un, celui-ci hurle. rarement on a vu pareil spectacle, sauf peut être à Rome avec Jean Paul IV.





Enfin, hystérie serait un mot beaucoup trop faible, ça crie, ça hurle, ça court vers la camionnette, sans se préoccuper des risques importants qu'il y a à se faire écraser sous un pneu.

Le type perché sur le toit de la camionnette sourit, et quand il regarde dans la direction de quelqu'un, celui-ci hurle. Rarement on a vu pareil spectacle, sauf peut être à Rome avec Jean Paul IV.

La voiture passe devant moi, sans laisser le temps aux journalistes aux alentours de poser une seule question au type. Quel toupet !

Et puis des balcons aux alentours, des gens balancent des confettis. Enfin le type arrive sur l'estrade.

Les gens hurlent des cris animaliers tels "Uh Ah, Chavez s'en va pas"

Et voila que le type commence à prendre la parole en chantant l'hymne national. J'en suis désormais sûr, il y a un grand péril nationaliste ici. La preuve ? Tout le monde chante autour en coeur, plus ou moins juste (ne peuvent-ils pas prendre des cours de chant à la fin ? C'est agaçant pour les oreilles sensibles)






Il enchaîne avec deux trois autres chansons connues également du public. Je commence à comprendre qu'il s'agit d'un amuseur public. En attendant, je suis comprimé entre une représentante de la « Mission santé" et un membre du « Front national (raciste ?) paysan Ezequiel Zamora ». Je révise ma Bible, Ezequiel était une figure maléfique de l'Ancien Testament. Difficulté à respirer, mais je dois rester, pour l'honneur de l'information juste et équilibrée.

Et puis il commence son discours, sous les cris toujours plus animaliers d'une foule qui ne l'écoute pas. Enfin ils se taisent (c'est agaçant vraiment), les quelques groupies à l'avant daignent baisser leur drapeau pour permettre aux autres groupies de voir le spectacle.
Bon le type parle,  parle, parle ;  en fait de parler, il se répète un peu beaucoup.
"Vive les femmes, vive la révolution, vive la socialisme !"
Apparemment, ce qu'il raconte a un peu d'impact sur la foule qui crie de plus belle.
Au-dessus de lui, un écran géant montre le type, puis montre la foule. Il semble qu'il y ait du monde.

Décidé à rendre compte de la réalité de la supercherie (puisque tout ceci est une mise en scène bien entendu).

Je remonte les avenues adjacentes. Non, elles sont vraiment bondées. L'autre avenue ... aussi, sur encore 200 mètres. Et plus bas ? Egalement. Mais il y a vraiment des centaines de milliers de personnes dans la rue ?

Avec toute la mauvaise volonté que l'on peut admettre vis-à-vis de ce genre de sauterie, il faut admettre que oui, il y a vraiment tout ce monde. Et les trois quarts d'entre eux portaient des t shirts, casquettes, drapeaux, rouges, signe qu'ils ne sont pas tout à fait inconscients de pourquoi ils sont là. Mais bon dieu, rentrez chez vous, ça ne sert à rien, vous ne passerez pas à CNN, qu'est-ce que vous croyez ? Vous ne vous rendez pas compte que vous êtes en train d'appuyer démocratiquement une dictature sanguinaire qui outrepasse la liberté de consommation et de spéculation ?







Alors bon, résigné, découragé par tant d'acharnement à détruire ma haute et juste pensée journalistique, je m'en vais, suivant une des avenues, toujours bondée, en fait, on peut croiser des manifestants pendant encore près d'un kilomètre. 1h plus tard, arrivé à mon logis, je regarde Globovision, la véritable télévision : il semble qu'il n'y a pas eu de manifestation place O'Leary aujourd'hui, seulement un rassemblement de l'opposition dans les quartiers de l'est, avec un très très très grand succès. Je regarde les images ... comparativement, c'est quand même un bel un échec pour les forces de la liberté.

Et puis finalement je me rassure, puisque je sais pertinemment que demain l'on ne verra que cette seconde manifestation là dans les médias occidentaux et nullement la première.

Re-motivé, et bien décidé de rendre compte de la réalité objective d'un pays dictatorial sans liberté d'expression j'entame mon article à paraître demain qui s'intitulera : "Malgré les pressions du régime, la population du Venezuela a boycotté massivement la parade militaire du dictateur".




Qui ira vérifier ?


En direct de Caracas, JPL, pour Le monde de la désinformation

PCC Grégoire SOuchay



Post Mortem : On annonce que c'est un confrère d'El pais, journal espagnol toujours objectif et jamais partisan, qui s'est rendu complice de la couverture de cette manifestation de mauvais-sens (en espagnol) :



lundi 11 janvier 2010

De la militarisation du régime


Cet article est polémique et me place dans une position peu confortable.
Cet article peut alimenter le discours anti chaviste, car il fournit des arguments à ceux qui cmbattent le processus vénézuelien. 


N'étant en rien anti-chaviste, (pas plus que chaviste au passage) je le publie néanmoins, en espérant que mes lecteurs auront suffisamment de recul pour ne pas projeter immédiatement leurs préconçus occidentaux sur ce qui va être dit.
Laissez de côté votre colonialisme intellectuel
. Et lisez jusqu'au bout, ou ne lisez pas du tout.
Il ne s'agit pas de justifier mais d'expliquer et de tenter de comprendre un contexte lointain pour des européens.
Et si vous voulez imaginer d'autres choses, libre à vous, mais ce ne sera dès lors que le fruit de votre imagination fertile.


Car malgré le panorama idyllique et propagandiste que je vous dresse depuis on arrivée,
il y a une chose qui est pour moi très dérangeante dans ce pays, soit :

la MILITARISATION DU RÉGIME (bouh!)


Et je me dois de vous conter la vérité.

Ou presque.

Alors donc le Venezuela se militarise.
Vu l'avez sans doute lu, entendu, vu, même des journalistes plutôt connaisseurs des réalités de terrain le disent, ce doit donc être vrai.

Je n'aime pas les militaires.
Education à la non-violence, ayant vécu à proximité du plateau du Larzac et de la lutte contre l'extension du camp militaire des années 70 ...
La dernière que j'ai vu des militaires ailleurs qu'au Venezuela, c'était à Strasbourg pour le contre-sommet de l'OTAN et ils n'avaient pas des intentions pacifistes.

http://blaaah.files.wordpress.com/2009/04/dsc_242200011.jpg


Le bruit de botte n'est donc pas un son qui m'est spécialement sympathique.

Existe a ce jour, au Venezuela comme partie des forces armées du Venezuela (fuerzas armadas venezolanas):
- L'Ejercito Nacional, soit l'Armée De Terre, armée de métier, qui a pour but de défendre le pays contre les menaces extérieures. Elle intervient principalement le long des frontières. Environ 120 000 personnes.

- La Garde Nationale Bolivarienne (anciennement Guardia Nacional) : autre composante des forces armées qui peut se voir attribuer des compétences civiles comme le maintien de l'ordre public, ou selon les compétences définies par la loi, des missions de police administrative mais également participe au développement du pays. Mais peut servir de support à l'Armée .Facilement reconnaissable à sa casquette rouge. effectifs : 36 000 personnes.

- La Garde d'Honneur Présidentielle, qui protège le président et le palais de Miraflores. On peut la différencier de la GNB de par les lettres GH inscrites sur sa casquette rouge.

- La Milice Nationale : composée d'une part de la réserve, soit des personnes ayant réalisées leur service militaire (volontaire et non obligatoire à ce jour) et d'autres part des milices civiles : Il s'agit de groupes civils qui ont suivi une formation militaire et sont prêts à défendre le pays en cas de nécessité. Il existe les milices populaires (dans les barrios) les milices ouvrières (dans les usines), les milices paysannes (dans els campagnes) et els milices de Femmes. ON estime actuellement son nombre à 600 000 hommes et femmes, l'objectf étant d'atteindre 1,2 millions.

- On doit ajouter à cela l'Armée de l'Air, la Marine Nationale ainsi qu'un corps de services secrets récemment renforcé.

Ils sont donc partout les militaires. On les croise dans la rue. On en croise à l'entrée du parking souterrain de Vive TV. Devant les ministères. Également dans les quartiers, accompagnant la mission Barrio Nuevo Tricolor pour construire des maisons.
Oui, il y a des militaires dans les rues, dans le métro, dans les café, dans les quartiers populaires, dans les usines  ...

Puisqu'il n'y a pas de police.
Ou quand il y en a une, elle est corrompue, au service des fortunés, que ce soit du flic de rue au haut gradé.
(Chose qui risque de changer avec la création de la Police Nationale Bolivarienne qui outre sa formation à l'ordre public, suit un cursus spécial portant sur ... le respect des droits de l'homme.)

En attendant ils sont indispensable pour assurer un semblant d'ordre public dans un pays où criminalité ne se limite pas à un vol de sac à main.

Comme je l'ai déjà expliqué dans un précédent article, (si les exceptions ne confirment plus la règle) il existe ici une doctrine, caractéristique du processus vénézuelien, que l'on appelle l'union civico-militaire.
Et pour la comprendre, il faut en référer avant tout à l'histoire du pays.

Le point de balancement entre la lutte sociale et la naissance d'une nouvelle espérance politique populaire dans ce pays a été le Caracazo, une émeute populaire le 27 février 1989, contre les privatisations et le gouvernement néolibéral, les pauvres ayant été poussés à la rue par la faim. Au delà de l'émeute sanglante (2000 à 3000 morts selon les sources), a pu être observé un élément fondamental :  certains militaires ont refusé de tirer sur la foule.

http://www.megaresistencia.com/megaresistencia/noticias/images/stories/caracazo-fidelvasquez.jpg

Issus des classes populaires, ces militaires ont formé au cours des années 80 des groupes militants internes à l'armée prenant l'appellation de ... bolivariens. Ils portent des valeurs de justice sociale ainsi que l'idée que les militaires ne peuvent être dissociés de la population.

En 1992, ce sont ces mêmes militaires bolivariens, avec à leur tête le colonel Hugo Chavez, qui tenteront un coup d'État contre l'oligarchie encore en place. Malgré l'échec, c'est là que nait l'admiration populaire pour Chavez, qui va oser assumer la responsabilité du coup, et lancer un nouvel espoir.

http://www.notitarde.com/portadas/ediciones/aniver/aniver2006/imgespe/30G/1992/CHAVEZ-GOLPE%204%20FEBRERO.jpg

En 1998, Chavez est élu président. Face à lui, une opposition et une administration largement hostiles. Mais les programmes sociaux ne doivent pas attendre. Qui va sur le terrain, planifier, construire les routes, aider les personnes en difficultés, organiser les constructions de logements ? Les militaires bien sûr, qui nouent ainsi des liens de plus en plus étroits avec le peuple.


http://www.venezueladeverdad.gob.ve/archivos/media/articulos/2009/08/guardia-nacional-bolivariana-celebra-72-aniversario-1.jpg
En avril 2002, c'est le coup d'État de l'opposition appuyé par les États Unis et par les médias privés. Ce coup sera mis en échec par la très large mobilisation de la population ... et une importante partie des personnes d'extraction populaires au sein de l'Armée, mais également des gardes bolivariens et de la garde d'honneur, restés fidèles à Chavez, qui reprendront le Palais présidentiel des mains des militaires putschistes.
A partir de là, du fait d'un travail interne et d'une prise de conscience collective, le secteur bolivarien va devenir majoritaire au sein de l'institution.

Au vu de tous ces éléments, vous devez bien comprendre que les militaires ont eu un rôle plus qu'essentiel dans le processus révolutionnaire actuel.

Au niveau de l'histoire même du pays, l'armée vénézuelienne n'a également que peu de choses à voir avec les armées occidentales. Ainsi que les héros de la cause du peuple ont été aussi des militaires.

http://www.seniorjadore.com/var/plain_site/storage/images/loisirs/genealogie/l_aventure_bolivarienne_de_madame_coquis/77303-3-fre-FR/l_aventure_bolivarienne_de_madame_coquis_large.jpg

Les seules guerres extérieures menées par l'armée vénézuelienne l'ont été contre les Espagnols, soit une guerre de libération nationale. Nous fêtons d'ailleurs cette année le bicentenaire de l'indépendance. Le général Simon Bolivar, commandant cette armée indépendantiste, portait déjà cette idée que l'armée et la population ne font qu'un.

Le projet « expansionniste » du même Bolivar de Grande Colombie n'a consisté qu'à libérer la moitié nord de l'Amérique Latine du colonialisme espagnol et de tenter d'unifier ces nations frères, c'est la seule intervention extra-territoriale jamais menée par le Venezuela. On est loin de la conquête impériale de notre Napoléon national. Ce dernier projet transnational échoua, du fait de trahisons et de luttes pour la succession.

Suivra quelques dizaines d'années plus tard une guerre fédérale, entre les armées de l'oligarchie souhaitant se maintenant au pouvoir après l'indépendance, et l'armée du général Ezequiel Zamora. L'armée de Zamora était constituée de paysans, de pauvres et d'esclaves libérés. Son mot d'ordre : "Terres et hommes libres. Que tremble l'oligarchie !".
On a fêté le 150 anniversaire de son assassinat ce week end.

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgUmj4nIQlslKVcT64TT5kflfroqwqc6Zj9B6PCTF1yWDzEFA3PDO215vouyzhZzeQVlR02KwdfWSd3ydbl5MkvzGgMOuXxTMlHYnFtHeNRp1__d8rKlT1c63hPTEISmCYLnrj5njyBeExf/s320/2_ezequielzamora+2.jpg

Après cette époque, l'armée a joué pendant des décennies son rôle classique de force répressive au service du pouvoir, en allant, par exemple, jusqu'à intervenir à l'intérieur de l'université centrale du Venezuela en 1969 (el allanamiento) pour mettre un terme à la contestation estudiantine, avec un effectif de 2000 soldats, auxquels s'ajoutaient quelques chars. L'Armée, comme la Police, étaient alors synonymes de répression, de peur et d'injustice.

http://ve.kalipedia.com/kalipediamedia/historia/media/200808/03/hisvenezuela/20080803klphishve_36_Ies_SCO.jpg


Mais le développement de la conscience "bolivarienne" dans les années 80 a peu à peu fait évoluer cette mentalité proprement militaire.
Actuellement, dans le prolongement des idées bolivariennes, l'Armée se forme .. intellectuellement. Cercles de discussion, lecture, alphabétisation, conscientisation politique, études supérieures et action de terrain avec la population, à la fois pour protéger et organiser les projets populaires ...

Alors quoi, serais-je devenu militariste ?
Amoureux de la « ration de topinambour et de la Ligne Maginot ? » comme le chantait (l'ex) chanteur populaire Renaud.
Pas pour un sou.
Il y a simplement une légère différence entre nos forces de répressions occidentales et las Fuerzas Armardas Venezolanas.

Et je crois que le fait que je puisse serrer la main du Garde Bolivarien de garde en allant le matin au boulot,
ou d'en croiser en pleine ville en train de discuter, rire, faire la bise aux passants, à des amis,
d'en voir acheter des clopes, téléphoner, manger le midi dans une panaderia, même d'en voir aux toilettes publiques,
et de voir des hommes mais également un nombre non négligeable de femmes,
se comporter comme n'importe quel "citoyen" ...

constituent suffisamment de preuves à mes yeux de cette différence.

Ça ne vous suffit pas comme explication ?

Très bien.

Alors passons à la deuxième partie de l'explication :


mardi 5 janvier 2010

A l'eau Présidente ? Ca va couper !



NB : billet à haute teneur populiste, a dérive propagandiste et au ton satirico-chaviste intolérant de toute critique constructive.

Me voilà donc à tenter de vous parler d'écologie et de socialisme bolivarien.


Inutile de vous dire que c'est une catastrophe absolue, que le pays court à sa perte et que par la faute des pollueurs vénézueliens, nous arriveront bientôt à jouer pour de vrai la réplique réelle du Jour d'Après ou de l'âge de Glace, selon vos références holywoodo-graphiques. La catastrophe naturelle de Vargas en 1999 (inondations monstre dans un État côtier laissant des centaines de milliers de sans abris) ont donné une bonne mesure, et si on était pas aussi chrétien, on leur dirait : Bien fait pour vous sales cocos ultraproductivistes !

A croire que ça n'a pas servi de leçon, le pays est désormais confronté à une très grave crise de pénurie d'eau et d'électricité.
Les deux problèmes sont totalement liés puisque l'énergie hydroélectrique est produite à 70% par des barrages hydrauliques ...
Le Venezuela est donc (vous allez sourire) le pays avec la part d'énergie propre la plus importante au monde.

Bref, on a deux problèmes : pas assez d'eau, pas assez d'électricité.
Ou plutôt, renversons la chose, trop de consommation d'eau et d'électricité.
Ça semble déjà plus soluble.

Dans ce genre de situation, vous avez une solution très simple, procéder à un rééquilibrage économique basique. On apprend ça dans tout bon manuel d'économie (néolibérale) et à science po : pour réduire la demande, il faut augmenter le prix de l'offre. C'est simple et tous les problèmes sont résolus en un clin d'oeil par la main invisible du marché.

Oui mais voilà, Chavez n'étant pas spécialement "néolibéral", il a choisit une autre solution beaucoup plus compliquée, soit diminuer la consommation d'eau et économiser l'énergie.


http://www.ladecroissance.net/images/fnb.jpg
Et voici que le gouvernement ici aussi se la joue Nicolas Bertrand, ferme ton robinet, débranche ton ordinateur, éteint les lumières en sortant de chez toi, met des ampoule basse consommation. Plus assisté tu meurs. Normal le gouvernement est de gauche donc pour l'assistanat.


Chavez est allé jusqu'à demander dans une de ses interventions télévisées à limiter à 3 minutes la douche et à n'en prendre que deux par jours. Suite à quoi il a aussi déclaré : « regardez moi, j'ai pris ma douche, à l'eau froide en trois minutes, est-ce que je pue ? » Un ministre a dû répondre : « non senor presidente ».
Tiens, la chaine d'État repasse Home samedi prochain.... zy comprennent rien ces communistes à l'écologicisme.

Mais comme cela ne suffit pas, histoire d'emmerder (et uniquement pour cela) les classes moyennes victimes de l'oppression gouvernementale, le gouvernement procède à des coupures épisodiques

Quand la coupure touche l'électricité, on appelle ça un apagon. Une affiche de l'an passé titrait ainsi : « grâce à la révolution énergétique, désormais il y a moins d'apagones ». Le resposable du plan communication a dû être viré depuis.

[apagones.jpg]



Le principal dommage d'un apagon c'est que jusqu'à il y a peu c'était très brutal et non annoncé et les machines électriques en souffraient un peu, ce qui donnait cette année une bonne raison pour changer son frigidaire ou son ordinateur pour la Navidad.

L'avantage c'est que les gens dans les quartiers sortent dans la rue et discute avec leur voisin. Bon, ça ne change évidemment rien et surtout c'est sûr que c'est plus difficile pour mener une campagne de propagande anti-chaviste sur l'Internet, mais bon...

les coupures touchent aussi le service des eaux. La c'est plus dramatique. Malgré une organisation en béton et la promesse de coupures ne dépassant pas 48h, certains quartiers très défavorisés n'ont pas d'eau courante depuis plusieurs semaines. MAIS QUE FAIT LE GOUVERNEMENT POUR AIDER CES ASSISTES !!!

Dans ce que j'ai pu constater de ma vie réelle dans mon quartier les coupures ne dépassaient que rarement les 24h consécutives, elles se produisaient tous les lundis soir jusqu'au mardi matin et pouvaient se reproduire sur une heure ou deux le mardi soir.
Voila pour la situation donc catastrophique d'un pays au bord de la rupture d'anévrisme, qui n'est pas sans rappeler les meilleures heures de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques.

SAUF que .... en bon lecteurs avides d'information balancée et objective, vous vous demandez ...

mais pourquoi n'y a-t-il pas d'eau et d'électricité ?

Comme nous l'avons dit, 70% de l'énergie dépend de la production hydraulique (vous suivez ?). Pour qu'un barrage fonctionne il faut de l'eau ! Or il n'y pas tombé une goutte ou presque depuis plus de 6 mois dans la zone. Bref, sécheresse aggravée la pire depuis des dizaines d'années.Conséquence, les citoyens pompent toujours plus d'électricité et les barrages ne peuvent plus suivre.

Par conséquent tout le nord de l'Amérique du Sud (Venezuela, Brésil, Equateur, Pérou, Panama, Colombie, oui même la richissime et prospère Colombie (néolibérale) ... ) est sous le coup des mesures de restrictions pour éviter de se retrouver dans une situation désavantageuse. La saison des pluies s'est achevée en décembre et l'on est entré dans la saison sèche jusqu'au moins en mai 2010.
Bref c'est un peu la galère.

Au Venezuela c'est un peu beaucoup alarmant puisque le barrage le plus important, celui de Guri, dans le Sud Est du pays, qui fournit l'essentiel de la production nationale, voit son niveau baisser de plusieurs centimètres par jour et ce depuis bientôt six mois, et a déjà passé le premier seuil de pénurie. Suivra un seuil d'alerte. Puis un seuil critique. Et ensuite le seuil indépassable au delà duquel le barrage cesse de fonctionner.
Au rythme actuel, en moins de 3 mois on l'atteint.



Mais évident, comme vous l'avez sans doute entendu sur Globovision repris par l'AFP (indépendante) dont les dépêches sont reprises par le FigaCroixLibéMonde, le gouvernement bolivarien ne fait rien, rien , rien, enfin si, tout sauf prendre les mesures adéquates qui sont (évidemment) d'augmenter les prix.
C'est tellement plus facile le capitalisme.

Le gouvernement a, par exemple, crée un ministère de l'énergie électrique qui se consacre exclusivement à ce problème et qui ne sert rien rien rien sinon gérer exclusivement les entreprises de l'énergie.
Également, lourde injustice faite à ceux qui ont les moyens de la payer (pas cher), les barrios pauvres reçoivent directement l'électricité et ne payent rien !!! Et comme ce sont des pauvres, il ne savent pas se contrôler, et comme ils sur-consomment, ils nous volent notre électricité à nous, classes moyennes responsables qui faisons des efforts importants ! (Manque plus qu'un immigré haïtien ou colombien dans le tas et l'on est parti pour les Grandébats sur l'identité bolivarienne à l'hexagonale.)

Au lieu de ça le gouvernement attaque les pauvres travailleurs vénézueliens, en leurs imposant de réduire l'éclairage de leur boutiques, en imposant de nouvelles heures d'ouverture et de fermeture des supermarchés, en interdisant de fonctionner après un certain horaire les casinos! Certains dirigeants d'opposition disent qu'il s'agit d'un couvre-feu destiné à empêcher les Venezueliens de manifester leur colère.
Vous rendez-vous compte ?

Au delà des petits (enfin surtout des gros) commerçants qui n'ont rien demandé à personne et qui aimeraient bien maintenir leurs 6 écrans plasma neufs allumés jour et nuit dans leurs magasins, le gouvernement a décidé d'étendre les mesures aux entreprises industrielles consommant trop d'énergie. Cela ne va pas aider l'économie à repartir avec la crise économique, même qu'en fait le gouvernement l'intention de fermer les usines, le tout histoire de ruiner le pays, puisque c'est évidemment son seul objectf.
Et c'est un économiste qui l'a dit.

Malheureusement pour lui, en 2009, alors que le PIB a diminué de 3% environ, l'Indice de Développement Humain du Venezuela a continué d'augmenter. On a donc vérification du principe qui veut que le développement ne nécessite pas forcément avec la croissance économique ... CQFD). Donc restriction voire arrêt temporaire des usines consommant trop dans le secteur industriel, dans le secteur public comme privé.
Il faut préciser que dans tous les cas les salaires sont maintenu.
Vraiment, quel meilleur moyen de gréver la compétitivité du pays en payant les gens à rien foutre !!!

L'objectif du gouvernement à part le suicide psychologique de l'opposition ?
Diminution de 20% de la consommation électrique d'ici à .... en fait c'est immédiatement, enfin en quelques semaines.
Là où à Copenhague on s'écharpe pour ne pas dépasser 20% de réduction des gaz à effet de serre d'ici à 2025, au Venezuela en quelques semaines on va tenter réduire la consommation énergétique de 20%.
Yann Artus Hulot l'a rêvé, Chavez l'a fait.

Chavez pousse aussi le délire un peu loin, même si ça semble une réelle des voies de secours dans cette situation. Des scientifiques ont en effet mis au point une technique d'accélération de la condensation des nuages, en bombardant ceux-ci avec des canons à pluies. On crée de la pluie en somme Le pire c'est que là où c'est expérimenté ça semble marcher et aider les niveaux d'eaux à se maintenir un peu mieux (on ne parle pas encore de remontée), et qu'en plus les pays (et les entrepreneurs) du monde entier confrontés à des sécheresses ou des pénuries d'eau intéresse de près à cette expérience inédite.
Mais rendez-vous compte !
Il contrôle le pays, bientôt le climat, à quand un contrôle général de nos esprits !!! AAAAAAAAAAARggggh.
C'est malheureusement un procédé très localisé, et pour que ça marche il faut déjà qu'il y ait des nuages, et d'un type particulier, d'une taille particulière ...
non désolé chers pays industrialisés, il faut vraiment sortir du capitalisme pour sauver le climat.

Dans tous les cas, on ne saurait exempter l'administration (pas Chavez hein, l'Administration avec un grand A comme Bureaucratie) de quelques « ratées ». Il y a effectivement énormément de pognon à se faire sur le marché de l'électricité ou de l'eau, et il est concevable qu'un certains nombre s'en soient mis pleins les fouilles sans se préoccuper de la production. Ou s'il n'y a pas corruption, il y a bien des éléments de mauvaise gestion, mais ce n'est vraiment pas l'essentiel puisque la gestion se basant sur les expériences antérieures, elle ne pouvait pas non plus prévoir la pluie et le beau temps. Encore moins la plus grave sècheresse depuis ... près de cent ans. Enfin chavez devrait pouvoir le faire LUI.

A côté de ça, Chavez lance tant bien que mal une politique de grands travaux, accélère les investissements pour construire de nouveaux barrages, des centrales électriques, des entreprises produisant des produits consommant moins en nationalisant les entreprises intermédiaires si ça va pas assez vite. Mais ça va toujours pas assez vite. Les investissements sont bien sûr mal faits, la gestion est désastreuse, en somme le socialisme tel qu'on l'a si bien connu (dans les médias privés).

Ce qu'il y a d'incroyable ici c'est que contrairement aux expatriés qui souffrent à l'agonie, ces mesures politiques contraignantes sont plutôt majoritairement appuyées par la population. Je ne parle pas des classes moyennes de l'est de Caracas, je parle des pauvres, du peuple (majoritaire), qui souffre aussi de ces lourdes contraintes, mais qui est conscient que si on fait pas gaffe, on va à la catastrophe. C'est à dire qu'en dessous d'un certain niveau des eaux des barrages, on aura beau vouloir économiser au dernier moment, ce sera l'apagon généralisé. La coupure générale d'électricité dans tout le pays. Je craindrais presque que l'opposition soit assez cynique pour oser prendre ce risque pour tenter à nouveau de renverser Chavez. Ca ne serat pas extrordinaire car els même ont déjà organisé une grève patronale, avec cette fois fermeture totale des magasins, parfois sous pression physique. ce sont les mêmes qui hurlent contre les prétendues restrictions qui ne sont qu'un "couvre-feu" pour mater la population opprimée.
Mais bon, ils ont échoué dans le grève de 2003, comme lors de leur coup d'Etat de 2002 malgré le soutien des États Unis, également en 2005 avec la manipulation des étudiants ... ils échoueront encore, et encore.

En attendant, ce soir mon robinet à l'hôtel fuit. La climatisation a marché toute la journée en mon absence sans que je le sache, les toilettes se vident qu'une fois totalement remplies à raz bord, la lumière du couloir ne peut s'éteindre... et je pille lâchement l'électricité des pauvres vénézueliens des riches classes moyennes pour écrire ce papier. Allez, j'apagone l'article, j'ai déjà sur-consommé sur votre attention, dont je ne fais certainement aucune économie.

mercredi 16 décembre 2009

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le pouvoir populaire

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Vous le savez maintenant, l'organe de base de la révolution bolivarienne est le conseil communal. On en parle beaucoup, souvent, et pourtant il est difficile de se représenter ce que c'est exactement. J'ai pu rencontré un membre d'un conseil communal qui a su très simplement m'expliquer tout ce qui peut se passer là dedans, y compris les problèmes rencontrés.

-Un peu d'histoire

Les conseils communaux ne sont pas nés avec la Révolution. Ou plutôt, il existait auparavant des structures multiformes, comités de voisins, comités de santé, comité pour la terre, pour les plus anciens. Avec l'entrée en campagne en 1994 de Chavez, des groupes de citoyens ont commencés à former des cercles bolivariens, organisations politiques d'appui populaire, qui ont demeurés après l'arrivée au pouvoir de Chavez et ont commencé à entrevoir une structuration des quartiers. Mais sous l'impulsion de Chavez, cette idée de « conseil communal » prend son ampleur véritable avec le cadre de la nouvelle constitution approuvée à 70% en 1999 et surtout la loi des Conseils Communaux en 2006. Les principes sont simple : « démocratie participative et protagonique ».

Reste à les mettre en application. A partir de 2007, l'élan est lancé. Des conseils se créent dans tout le pays selon des règles plus ou moins strictes. Il existe selon le ministère aujourd'hui les 34 000 conseils communaux dans tout le pays.

- la naissance d'un conseil communal

Tout commence par un groupe de gens dans un quartier qui ont peu ou prou envie de faire bouger les choses, chavistes ou non d'ailleurs. Que ce soit dans les quartiers populaires des grandes villes ou dans les communautés rurales, paysannes ou indigènes, les conditions de vie sont souvent difficiles, parfois extrêmes, et certains problèmes locaux urgents ne sont visible que par les habitants de la communauté. Ce groupe de gens commence à se réunir et forme un comité électoral. Celui-ci va avoir eux tâches :

d'une part faire du porte à porte dans la zone concernée pour établir un état des lieux complet de la situation avec les attentes de chacun des habitants. Il n'y a aucune obligation de participation et tout le monde a droit à prendre part à cet état des lieux.

D'autre part, organiser les élections des membres du conseil communal. Dans celles-ci, chaque habitant va voter pour au minimum 3 différents comités. Un comité des finances, un comité de contrôle, et le comité exécutif.


Ce comité exécutif est lui-même composé de l'ensemble des comités du conseils, cela peut varier, j'ai pu assister à une élection où il y avait 16 comités différents : santé, éducation, location, sécurité, sport, culture, égalité des genres, ...


- l'élection


Pour être valables légalement les élections doivent rassembler les votes de plus de 60% des habitants de la communauté.
On élit donc ses représentants, avec un vote à bulletin secret avec comme preuve de vote un doigt trempé dans l'encre.
Le dépouillement est réalisé par le comité électorale et doit systématiquement être public. Si une personne pose un doute sur ne serait-ce qu'un bulletin de vote en trop ou manquant, l'ensemble des bulletins doivent être recomptés.
Les représentants sont élus pour une durée de 5 ans. Le conseil prend alors son nom, généralement celui de sa communauté, ou parfois d'autres noms plus parlants pour les habitants.


- Le développement des projets


Chacun de ces comités va ensuite se consacrer à son domaine et proposer un projet. Ce projet ne sort pas de nulle part puisque chaque comité va se référer aux besoins de la population qui ont été exprimés dans l'état des lieux précédemment réalisé. Le comité a également la charge d'établir le budget nécessaire pour son projet.

Une fois établit le projet et budgétisé, celui-ci sera présenté par le/la ou les portes paroles élus devant l'ensemble de la communauté, réunie en assemblée du comité exécutif. Quand on parle d'une réunion de conseil communal, il s'agit de ce rassemblement général de l'ensemble des comités. Les portes paroles y sont bien sûr présents mais tout membre de la communauté peut y assister. S'il y a des votes à faire, l'on convoque les habitants pour le conseil communal suivant.

L'exécutif va alors décider en fonction encore une fois des besoins les plus urgent exprimés par la communauté, quel projet sera lancé en priorité et ces informations sont transmises au comité de finances. Celui-ci est là encore bien structuré puisque qu'il y a toujours au minimum un porte-parole, un secrétaire et un conseiller financier. Toutes ces personnes sont formées par des ateliers et des formations données de manière gratuite par le ministère.
Le ministère du Pouvoir Populaire pour les Communes va alors allouer les fond via le Fond de Développement Communal (Fundacomunal), qui sont parfois très importants et la gestion revient à la banque communale, soit au comité financier. Le comité de contrôle s'assure que les fonds alloués seront bien acheminés vers leur destination, et surveille également la bonne tenue des mandats, le suivi des projets etc ...

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L'exécution pratique



Le projet est lancé, l'argent est arrivé, on passe à la phase d'exécution. Il s'agit d'une dynamique locale donc doivent être systématiquement privilégiés les travailleurs de la communauté. C'est seulement si la communauté ne dispose pas des équipes nécessaires que celle-ci peut utiliser un main d'œuvre extérieure, là encore sous l'œil du comité de contrôle. Ces travailleurs seront embauchés de manière contractuelle, pour exécuter la tâche précise demandée, avec toutes les conditions sociales légales qui vont avec : tickets resto, 13e mois, retraites, assurance maladie, ...

Parfois, il n'y a pas besoin de finances étatiques, juste de main d'œuvre volontaire : nettoyage des rues, réparation d'un transformateur électrique. Les choses s'organisent évidemment aussi de manière moins formelle et beaucoup plus rapide, entre voisins.


- Formation permanente


Tout ce travail est évident plutôt compliqué pour des personnes n'ayant jamais géré un budget ou ne sachant pas dépsoer un projet. Le gouvernement par le biais de l'Ecole de Planification du Pouvoir Populaire et du Fond de Développement des Conseils Communaux (Fundacomunal) organise donc régulièrement des ateliers de formation pour les représentants des conseils communaux. Fonction politique du conseil, organisation des projets, structure pratique, tous ces aspects évoqués sont ensuite diffusés dans les communautés par les représentants présents, afin de multiplier les savoirs.

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-Les salles de bataille sociale

autre du président du Venezuela, mise en pratique depuis 2007. Les Salles de bataille sociale (SBS) sont des lieux de rencontre, de partage d'expérience et de coordination des différents conseils communaux. Ils n'ont pas de valeur décisoire. Les seuls maitres des décisions restent les habitants organisés.

Cependant, certaines communautés (comme celle de Gramoven) sont allées plus loin puisqu'elles ont décidées d'unir plusieurs conseils communaux pour donner naissance à un conseil sectoriel (consejo parroquial). Cela a pour principal avantage de donner naissance à des projets de plus grande ampleur.


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- Les problèmes courants


Les conseils communaux rencontrent deux principaux problèmes :
le manque de participation de la communauté, dont parfois cela tient à des motifs purement idéologiques, les conseils communaux étant perçus par l'opposition anti-chaviste comme un organe local de contrôle du gouvernement. Mais la majorité des habitants ne participant pas ne trouve pas tout simplement pas d'utilité à sa présence et délègue aux représentants des comités le travail militant.

L'exposition des individualités. On retrouve quasi systématiquement des gens qui vont vouloir imposer leur vision, écraser celles du voisin, déclencher des querelles de personnes qui parasitent les conseils, et qui contribuent à parfois décourager de nombreux participants. Les querelles d'organisation sont souvent de ce ressort elles-aussi, sommes toute, le lot de n'importe quelle organisation collective.

Il y a également les problèmes de corruption, les sommes en jeu étant très importantes, l'argent est parfois mal géré, ou pas géré du tout. Et des larges part disparaissent parfois dans la nature.


-La réforme de la loi des conseils communaux


Pour parer à tout cela, le gouvernement est actuellement en train de discuter une loi, devenu organique, soit à valeur supérieure, réformant l'ancienne loi des conseils communaux. Les représentants des conseils communaux ainsi que la population participe au travers de tables rondes dans le pays à l'élaboration de cette loi.
Celles-ci alourdit considérablement les sanctions à l'égard de ceux qui seraient pris en train de se servir dans les caisses. Également la loi me en place un guichet unique, soit une instance unique dépendant du Ministère pour les communes, qui se charge de l'ensemble des questions, certaines touchant souvent plusieurs ministères à la fois (finance, communes, éducation, santé ...). enfin cette loi crée également un droit à la remise en question d'un mandat à n'importe quel moment si un ou une représentant-e: n'effectue pas son mandat ou agit pour son intérêt propre.


- Les conseils populaires de communication


cette fois l'idée revient à la chaine de télévision Vive TV, qui au travers de l'école latino-américaine de cinéma et de télévision a impulsé dans les quartiers la naissance des conseils populaires de communication. Il s'agit non plus d'une simple commission communication dans les communautés, mais bien d'un processus de ré-appropriation de l'information par en bas. Là encore, des formations sont dispensées, les principaux thèmes abordés étant l'aspect théorique de la communication populaire avec la critique du modèle médiatique dominant, et la guérilla communicationnelle : il s'agit juste des outils pour donner les informations sur ce qu'il se passe dans sa communauté : fabrication de pochoirs, peinture murale, journal communal en sont les principaux. L'idée est toute récente mais ceux ci se développent rapidement au travers de l'ensemble du pays.


- Vers les communes socialistes

Un récent projet gouvernemental prévoit d'aller encore plus loin. Il ne s'agit plus seulement de gérer localement la communauté mais bien qu'elle participe à la vie politique nationale et qu'elle puisse construire ses propres outils politiques populaires, en démocrate directe. C'est l'idée des communes socialistes, l'objectif étant qu'à terme, les communes surpassent les mairies et les governaciones (gouvernement étatique) pour avoir une exécution directe des politiques nationales sans organe intermédiaire. c'est le dernier projet en date, qui est encore à l'état théorique et commence à peine à être envisagé sur le terrain.

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-La mort d'un conseil communal


Sachez également que les conseils communaux ne sont pas toujours éternels. Dans certaines communautés, on en a déjà crée un troisième, parce que le premier n'avait aucune participation, ou le second avait été récupéré par l'opposition qui ne faisait aucun projet communautaire mais s'en servait comme d'une tribune politique.

Une chose est dans tous les cas bien certaine, sans les conseils communaux, le Venezuela ne vivrait peut être pas ce qu'on ose appeler une révolution.

mardi 15 décembre 2009

Antichavisme : généralités populistes

Les anti-chavistes sont ignorants. Pas imbéciles ni stupides, ignorants.
Ignorants de la politique de leur pays, des dynamiques collectives, ignorant de leur conditionnement social, confondant révolutionnaire et chaviste, socialisme et communisme, droits de l'homme et propriété privée
ignorance qui les pousse a accepter comme possible une autre réalité.
A tel point qu'en 2002 alors que le coup d'Etat de ceux là même suivait son cours, plusieurs millions de personnes défilait dans le centre de Caracas en soutien à Chavez. Mais ils ne "savaient pas".

Les anti chavistes sont méprisant pour Chavez qu'ils haïssent jusqu'au plus haut point, mais aussi pour ceux "d'en bas" ce "Peuple" dont on ne sait qui il est, tantôt stupide, dogmatisé, ou manipulé,
tantôt violent, voleurs, paresseux, sales. Et puis dépensier, qui leur volent leur électricité, leur eau, alors que, eux, subissent les coupures d'eau, les apagones (coupures d'électricité).
Avec des discours flânant parfois avec le classique "ils sont trop mal éduqués pour voter".
Classe laborieuse, classe dangereuse disait-on il y a déjà un siècle.


Et à l'inverse ils ont aussi un complexe de supériorité qui leur fait croire que eux, la classe moyenne, sur-visible à la télévision, représentent la majorité voire la totalité de la population : "Chavez doit être le président de tous les Vénézueliens" disent-ils. Ils sont dans les faits entre 25 et 35% à être anti chaviste, taux évoluant assez peu au fil des élections.Ce n'est pas pour rien que Chavez a gagné TOUS les scrutins sauf un (en 2007) depuis le début du processus.

Ils sont anti chaviste comme nous avons chez nous les anti sarkozystes. (soit ceux qui ne militant pas pour un changement de société bien entendu). Sans projets, sans débouché politique, avec des divisions internes pour le leadership, ne portant rien sinon du vent, aucun idéal, dans la contestation systématique, chaque mouvement de Chavez étant perçu comme une attaque contre eux, ils s'opposent à tout, y compris à des mesures pouvant aller dans leur intérêt personnel. Et pour cela ils peuvent, comme en 2002, utiliser la violence.


Le plus surprenant, c'est qu'ils doivent tout ou presque au processus.
Ceux-là même vont acheter leur nourriture moins chère au Mercal, tout en expliquant qu'il n'y a rien à manger à cause des rationnements. Ils se font soigner à Barrio Adentro tout en expliquant que les cubains font du mauvais travail. les mêmes bénéficient des programmes d'aide aux personnes âgées, aux handicapés, aux femmes enceintes, et crachent sur l'assistanat.


Cette classe moyenne anti chaviste a tout simplement peur.
Peur de l'autre, du pauvre, peur de la dictature, peur de son voisin,



Car il ne faut pas se faire d'illusion. Si l'on enlève les crédits et les quelques avantages en nature de leur travail intellectuel, plus favorisé que le travail manuel, ils sont comme les autres.


Bassement marxiste comme idée, mais la question de la classe moyenne a depuis longtemps été un outil pour diviser la classe des exploités. Avec succès.


Comment leur en vouloir de défendre leurs "minimes privilèges", de haïr le pauvre et d'envier le riche ?
Et la crise actuelle leur en a fait brutalement prendre conscience. 40 ans de néo libéralisme, et bien plus d'éducation à l'individualisme, l'égoïsme laissent des traces. Ils ont voté pour les partis qui ont exécuté la répression pendant 40 ans allant jusqu'à faire entrer les chars et l'armée dans l'université. Et ce sont leurs enfants dans cette même université (l'UCV) qui manifestent aujourd'hui contre les lois de démocratisation de l'enseignement.

Un chiffre ? Taux de pauvreté : 1996, 80% de la population. 2006, 30%. Chiffres ? de l'ONU bien sûr.

Cette classe moyenne n'était que peau de chagrin avant le chavisme.


Ou alors tellement réduite que ridicule. Elle s'est considérablement développée grâce à lui et ses politiques de redistribution (et mourra avec lui)
Et c'est peut être ça qui les rends si haineux, si anti chavistes. C'est qu'ils ont une dette envers Chavez. Il les a enrichis au début en commençant à redistribuer à les richesses. eux qui n'était pas tous forcément aussi fortunés qu'ils le sont aujourd'hui. Ce n'est pas qu'ils se sont enrichis sur la révolution (ça c'est la bourgeoisie bolivarienne ou boliburgesia), c'est plutôt qu'en diminuant les inégalités ils se sont retrouvés de fait avantagés. Et aujourd'hui, Chavez continue de redistribuer plus largement à ceux qui n'ont toujours rien et ce sont ceux-là même qui se retrouve "victimes des politiques redistributives". Ils font une fixation sur Chavez, car il représente tout ce qu'ils haissent : l'autre, l'étranger, le métis, le pauvre, le populaire.
Tout ce qui sort de leur idéal : occidental, blanc, riche, autoentrepreneur, libéral.
Ils dénoncent le castro-communisme rampant, le culte du chef qui est extrêmement fort chez eux, en permanence focalisé sur Chavez, qu'ils haïssent autant qu'il leur est indispensable pour se sentir exister.
Ils se disent en dictature, disent qu'ils n'ont pas possibilité de s'exprimer, et le disent sur tous les médias d'opposition, télé radio, journaux, à l'étranger, même sur les murs ou dans la rue.


Les voila donc les anti chavistes. Demain ils manifesteront pour la liberté d'expression. Après demain ils se plaindront de leur pouvoir d'achat qui diminue, le surlendemain, ils s'insurgeront contre la violence qui augmente. Puis ils manifesteront contre la nouvelle loi de la Police Bolivarienne, nouvel instrument de la dictature chaviste.OU contre la fermeture (non renouvèlement de concession hertzienne) d'une chaine d'opposition (disponible sur le câble) et pour les droits de l'homme.
Et c'est comme ça depuis 10 ans m'affirme-t-on ici. Ils sont tellement dans leur monde parallèle qu'il est très difficile pour les déçus du chavisme de se rallier à eux. Ils ne montent pas en puissance.
C'est la critique des problèmes dans la révolution qui prend (un peu) d'ampleur.


Mais ce qui sauvera le processus pendant encore un bout de temps, c'est qu'ils sont tellement pétris de haine, d'individualisme, tellement irrationnels, qu'ils ne peuvent pas s'organiser collectivement pour défendre leur vision politique commune. Et quand ils le font, corruption et lutte de pouvoir reprennent le dessus très rapidement. Le seul moyen pour eux de détruire le processus est la violence. Ils le savent et ont échoué en 2002, où ils auraient pu renverser la dictature.
Mais voila, si pour eux rien n'a changé, les pauvres, les miséreux, les exclus, ont retrouvés leur dignité.
Et ça ils l'avaient oublié en 2002, et ils l'oublient toujours. Et c'est ce qui sauvera ce processus.
car les pauvres eux, s'organisent, s'éduquent, critiquent et s'auto-critiquent, manifestent, et avancent, lentement (trop?), mais surement.


PS : je sais que ceci était un panorama totalement à charge, né de ma défiance contre les propres membres de ma classe sociale, dans une tentative de rejet systématique pour expier en vain mon habitus petit bourgeois. Merci de me le rappeler.

Antichavisme : ballade dans les quartiers Est

Au delà du discours parfois troublant (c'est le moins que l'on puisse dire) juste quelques mots sur ces quartiers de l'est. Je ne les connais pas, où très peu. La première fois que je suis allé dans un barrio, c'était pour célébrer la naissance d'un programme de construction autogérée. Donc mes a priori (ils sont pauvres, ils sont malheureux, comment les aider ?) sont vite tombés. En revanche, n'ayant pas pu m'intégrer aussi facilement au cadre de vie des classes moyennes, je n'ai que l'apparence. la voici.

Je me suis donc baladé hier rapidement dans les quartiers de l'est. J'ai commencé par le plus fameux, le rendez-vous branché de tous les jeunes de la vie caraquègne (de Caracas) : Sabana Grande.

De part et d'autre de la rue de grands immeubles, en bon état, les rues assez propres, des gens habillés de manière bien plus fashion ou à la mode.
Sur les côté les boutiques, d'habits, d'électronique, de tout ce que l'on veut, 2 fois plus cher qu'un km plus loin évidemment. même les gobelets en plastique sont plus solides, différents de ceux qu'on trouve ailleurs dans la ville.
Le prix aussi. Le jus de fruit de base dans la boutique de base coute 10 BsF (bolivars fuertes), dans le centre c'est 5. Les repas, le menu ejecutivo (une soupe, un plat chaud, une boisson, le déjeuner du venezuelien moyen) c'est 50 BsF, contre 20 à 30 ailleurs.
Et tout est comme ça, comme une société parallèle, avec ses propres règles, ses propres prix, ses propres habitants. On peut vivre ici sans jamais voir une seule fois un barrio. c'est ici qu'atterrissent et restent les "journalistes" des agences de presse européennes.

Rien que la station de métro est différente, plus luxueuse. Les sortis de la station sont des noms de centre commerciaux, pas des rues. En sortant, on croise des affiches de la police du municipe (équivalent d'une maire d'arrondissement, Caracas est comme Paris avec un maire central et des mairies d'arrondissement) qui appellent les gens à dénoncer les crimes et actes de délinquance.
Les rues sont pleines de passants, mais plutôt désertes au niveau des restants, des gens qui sont là toute la journée.
A droite un Mac Donald, à gauche un burger king, plus loin un autre Mac do.
Une boutique pour avoir des vols pas cher pour la Colombie et l'Europe. ici on a les moyen et le temps pour voyager.
Les boutiques ne lésinent sur rien pour attirer le client, "el palacio del blummer" dispose d'une sono extérieure très puissante avec un type au micro qui fait des commentaires sur les allées et venues des personnes dans le magasin. c'est une boutique de lingerie.
Il y a des pubs partout, parfois immenses, plus large que la route du bruit, la musique surtout du reggeaton, pas de salsa par ici. ca consomme ça achète, les bolivars pleuvent. les gens passent repassent vivent à cent à l'heure. Je change de quartier décidé à retrouver le calme.


Passage sous un pont d'autoroute et j'entre dans le municipe Baruta, le quartier Las Mercedes. Là c'est un standing différent d'entrée de jeu. Plus propre, ce n'est plus "bien habillé" mais chic. On croise des voitures de luxe.
Je me ballade et première impression : c'est mort. Pas un chat, les rues désertes. Quelques balayeurs, quelques vigiles, mais rien. Deux trois poivrots, chavistes, les seuls avec qui j'aurais l'opportunité de discuter dans la rue.
Des vendeurs de bijoux, de jaccuzi, d'art japonais. Galeries d'art contemporain.
Les gens d'ici s'étonnent que les "pauvres" ne viennent pas se "cultiver".
J'entre dans le premier restaurant venu : pas de menu ejecutivo, seulement à la carte, le premier prix est à 70 bolivars. Il y en a quelques uns moins cher heureusement. Pas de bario adentro, pas de mercal ici. Supermarché privé, cliniques privées, vie privée.
On croise la rue Madrid, la California, l'avenue Mexico,on est comme dans un rêve, pas de ranchos, pas de bidonvilles à l'horizon. Rien pureté, et en plus avec les cocotiers. Caracas est très agréable finalement.
Je passe devant un grand bâtiment, imposant avec des écritures plutôt inhabituelle. Un énorme portail et un mur de 2,5 m de haut m'empêche de voir de l'autre côté, mais derrière émerge un bâtiment imposant avec de nombreux étages : l'ambassade de Chine.
On continue, on croise une petite affiche d'un candidat d'opposition.
Pas de graffitis, pas de vendeurs ambulants.


En repartant, je remarque un bâtiment à l'entrée du municipe que je n'avais pas vu jusqu'alors : Centro Venezolano Americano. Un air de Miami. Ici on n'est plus chez les anti chavistes, c'est l'opposition.
Les gens me dévisage étrangement. Je me ballade avec un T-shirt de solidarité avec le Honduras récolé lors d'une des manifs de ces dernières semaines, j'ai alors presque envie de l'enlever tellement il fait contraste dans le paysage. Finalement je m'en vais, retrouver un peu le 23 de Enero, un quartier populaire, populeux, dangereux, où certains me saluent désormais dans la rue.