lundi 11 janvier 2010

De la militarisation du régime


Cet article est polémique et me place dans une position peu confortable.
Cet article peut alimenter le discours anti chaviste, car il fournit des arguments à ceux qui cmbattent le processus vénézuelien. 


N'étant en rien anti-chaviste, (pas plus que chaviste au passage) je le publie néanmoins, en espérant que mes lecteurs auront suffisamment de recul pour ne pas projeter immédiatement leurs préconçus occidentaux sur ce qui va être dit.
Laissez de côté votre colonialisme intellectuel
. Et lisez jusqu'au bout, ou ne lisez pas du tout.
Il ne s'agit pas de justifier mais d'expliquer et de tenter de comprendre un contexte lointain pour des européens.
Et si vous voulez imaginer d'autres choses, libre à vous, mais ce ne sera dès lors que le fruit de votre imagination fertile.


Car malgré le panorama idyllique et propagandiste que je vous dresse depuis on arrivée,
il y a une chose qui est pour moi très dérangeante dans ce pays, soit :

la MILITARISATION DU RÉGIME (bouh!)


Et je me dois de vous conter la vérité.

Ou presque.

Alors donc le Venezuela se militarise.
Vu l'avez sans doute lu, entendu, vu, même des journalistes plutôt connaisseurs des réalités de terrain le disent, ce doit donc être vrai.

Je n'aime pas les militaires.
Education à la non-violence, ayant vécu à proximité du plateau du Larzac et de la lutte contre l'extension du camp militaire des années 70 ...
La dernière que j'ai vu des militaires ailleurs qu'au Venezuela, c'était à Strasbourg pour le contre-sommet de l'OTAN et ils n'avaient pas des intentions pacifistes.

http://blaaah.files.wordpress.com/2009/04/dsc_242200011.jpg


Le bruit de botte n'est donc pas un son qui m'est spécialement sympathique.

Existe a ce jour, au Venezuela comme partie des forces armées du Venezuela (fuerzas armadas venezolanas):
- L'Ejercito Nacional, soit l'Armée De Terre, armée de métier, qui a pour but de défendre le pays contre les menaces extérieures. Elle intervient principalement le long des frontières. Environ 120 000 personnes.

- La Garde Nationale Bolivarienne (anciennement Guardia Nacional) : autre composante des forces armées qui peut se voir attribuer des compétences civiles comme le maintien de l'ordre public, ou selon les compétences définies par la loi, des missions de police administrative mais également participe au développement du pays. Mais peut servir de support à l'Armée .Facilement reconnaissable à sa casquette rouge. effectifs : 36 000 personnes.

- La Garde d'Honneur Présidentielle, qui protège le président et le palais de Miraflores. On peut la différencier de la GNB de par les lettres GH inscrites sur sa casquette rouge.

- La Milice Nationale : composée d'une part de la réserve, soit des personnes ayant réalisées leur service militaire (volontaire et non obligatoire à ce jour) et d'autres part des milices civiles : Il s'agit de groupes civils qui ont suivi une formation militaire et sont prêts à défendre le pays en cas de nécessité. Il existe les milices populaires (dans les barrios) les milices ouvrières (dans les usines), les milices paysannes (dans els campagnes) et els milices de Femmes. ON estime actuellement son nombre à 600 000 hommes et femmes, l'objectf étant d'atteindre 1,2 millions.

- On doit ajouter à cela l'Armée de l'Air, la Marine Nationale ainsi qu'un corps de services secrets récemment renforcé.

Ils sont donc partout les militaires. On les croise dans la rue. On en croise à l'entrée du parking souterrain de Vive TV. Devant les ministères. Également dans les quartiers, accompagnant la mission Barrio Nuevo Tricolor pour construire des maisons.
Oui, il y a des militaires dans les rues, dans le métro, dans les café, dans les quartiers populaires, dans les usines  ...

Puisqu'il n'y a pas de police.
Ou quand il y en a une, elle est corrompue, au service des fortunés, que ce soit du flic de rue au haut gradé.
(Chose qui risque de changer avec la création de la Police Nationale Bolivarienne qui outre sa formation à l'ordre public, suit un cursus spécial portant sur ... le respect des droits de l'homme.)

En attendant ils sont indispensable pour assurer un semblant d'ordre public dans un pays où criminalité ne se limite pas à un vol de sac à main.

Comme je l'ai déjà expliqué dans un précédent article, (si les exceptions ne confirment plus la règle) il existe ici une doctrine, caractéristique du processus vénézuelien, que l'on appelle l'union civico-militaire.
Et pour la comprendre, il faut en référer avant tout à l'histoire du pays.

Le point de balancement entre la lutte sociale et la naissance d'une nouvelle espérance politique populaire dans ce pays a été le Caracazo, une émeute populaire le 27 février 1989, contre les privatisations et le gouvernement néolibéral, les pauvres ayant été poussés à la rue par la faim. Au delà de l'émeute sanglante (2000 à 3000 morts selon les sources), a pu être observé un élément fondamental :  certains militaires ont refusé de tirer sur la foule.

http://www.megaresistencia.com/megaresistencia/noticias/images/stories/caracazo-fidelvasquez.jpg

Issus des classes populaires, ces militaires ont formé au cours des années 80 des groupes militants internes à l'armée prenant l'appellation de ... bolivariens. Ils portent des valeurs de justice sociale ainsi que l'idée que les militaires ne peuvent être dissociés de la population.

En 1992, ce sont ces mêmes militaires bolivariens, avec à leur tête le colonel Hugo Chavez, qui tenteront un coup d'État contre l'oligarchie encore en place. Malgré l'échec, c'est là que nait l'admiration populaire pour Chavez, qui va oser assumer la responsabilité du coup, et lancer un nouvel espoir.

http://www.notitarde.com/portadas/ediciones/aniver/aniver2006/imgespe/30G/1992/CHAVEZ-GOLPE%204%20FEBRERO.jpg

En 1998, Chavez est élu président. Face à lui, une opposition et une administration largement hostiles. Mais les programmes sociaux ne doivent pas attendre. Qui va sur le terrain, planifier, construire les routes, aider les personnes en difficultés, organiser les constructions de logements ? Les militaires bien sûr, qui nouent ainsi des liens de plus en plus étroits avec le peuple.


http://www.venezueladeverdad.gob.ve/archivos/media/articulos/2009/08/guardia-nacional-bolivariana-celebra-72-aniversario-1.jpg
En avril 2002, c'est le coup d'État de l'opposition appuyé par les États Unis et par les médias privés. Ce coup sera mis en échec par la très large mobilisation de la population ... et une importante partie des personnes d'extraction populaires au sein de l'Armée, mais également des gardes bolivariens et de la garde d'honneur, restés fidèles à Chavez, qui reprendront le Palais présidentiel des mains des militaires putschistes.
A partir de là, du fait d'un travail interne et d'une prise de conscience collective, le secteur bolivarien va devenir majoritaire au sein de l'institution.

Au vu de tous ces éléments, vous devez bien comprendre que les militaires ont eu un rôle plus qu'essentiel dans le processus révolutionnaire actuel.

Au niveau de l'histoire même du pays, l'armée vénézuelienne n'a également que peu de choses à voir avec les armées occidentales. Ainsi que les héros de la cause du peuple ont été aussi des militaires.

http://www.seniorjadore.com/var/plain_site/storage/images/loisirs/genealogie/l_aventure_bolivarienne_de_madame_coquis/77303-3-fre-FR/l_aventure_bolivarienne_de_madame_coquis_large.jpg

Les seules guerres extérieures menées par l'armée vénézuelienne l'ont été contre les Espagnols, soit une guerre de libération nationale. Nous fêtons d'ailleurs cette année le bicentenaire de l'indépendance. Le général Simon Bolivar, commandant cette armée indépendantiste, portait déjà cette idée que l'armée et la population ne font qu'un.

Le projet « expansionniste » du même Bolivar de Grande Colombie n'a consisté qu'à libérer la moitié nord de l'Amérique Latine du colonialisme espagnol et de tenter d'unifier ces nations frères, c'est la seule intervention extra-territoriale jamais menée par le Venezuela. On est loin de la conquête impériale de notre Napoléon national. Ce dernier projet transnational échoua, du fait de trahisons et de luttes pour la succession.

Suivra quelques dizaines d'années plus tard une guerre fédérale, entre les armées de l'oligarchie souhaitant se maintenant au pouvoir après l'indépendance, et l'armée du général Ezequiel Zamora. L'armée de Zamora était constituée de paysans, de pauvres et d'esclaves libérés. Son mot d'ordre : "Terres et hommes libres. Que tremble l'oligarchie !".
On a fêté le 150 anniversaire de son assassinat ce week end.

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEgUmj4nIQlslKVcT64TT5kflfroqwqc6Zj9B6PCTF1yWDzEFA3PDO215vouyzhZzeQVlR02KwdfWSd3ydbl5MkvzGgMOuXxTMlHYnFtHeNRp1__d8rKlT1c63hPTEISmCYLnrj5njyBeExf/s320/2_ezequielzamora+2.jpg

Après cette époque, l'armée a joué pendant des décennies son rôle classique de force répressive au service du pouvoir, en allant, par exemple, jusqu'à intervenir à l'intérieur de l'université centrale du Venezuela en 1969 (el allanamiento) pour mettre un terme à la contestation estudiantine, avec un effectif de 2000 soldats, auxquels s'ajoutaient quelques chars. L'Armée, comme la Police, étaient alors synonymes de répression, de peur et d'injustice.

http://ve.kalipedia.com/kalipediamedia/historia/media/200808/03/hisvenezuela/20080803klphishve_36_Ies_SCO.jpg


Mais le développement de la conscience "bolivarienne" dans les années 80 a peu à peu fait évoluer cette mentalité proprement militaire.
Actuellement, dans le prolongement des idées bolivariennes, l'Armée se forme .. intellectuellement. Cercles de discussion, lecture, alphabétisation, conscientisation politique, études supérieures et action de terrain avec la population, à la fois pour protéger et organiser les projets populaires ...

Alors quoi, serais-je devenu militariste ?
Amoureux de la « ration de topinambour et de la Ligne Maginot ? » comme le chantait (l'ex) chanteur populaire Renaud.
Pas pour un sou.
Il y a simplement une légère différence entre nos forces de répressions occidentales et las Fuerzas Armardas Venezolanas.

Et je crois que le fait que je puisse serrer la main du Garde Bolivarien de garde en allant le matin au boulot,
ou d'en croiser en pleine ville en train de discuter, rire, faire la bise aux passants, à des amis,
d'en voir acheter des clopes, téléphoner, manger le midi dans une panaderia, même d'en voir aux toilettes publiques,
et de voir des hommes mais également un nombre non négligeable de femmes,
se comporter comme n'importe quel "citoyen" ...

constituent suffisamment de preuves à mes yeux de cette différence.

Ça ne vous suffit pas comme explication ?

Très bien.

Alors passons à la deuxième partie de l'explication :


mardi 5 janvier 2010

A l'eau Présidente ? Ca va couper !



NB : billet à haute teneur populiste, a dérive propagandiste et au ton satirico-chaviste intolérant de toute critique constructive.

Me voilà donc à tenter de vous parler d'écologie et de socialisme bolivarien.


Inutile de vous dire que c'est une catastrophe absolue, que le pays court à sa perte et que par la faute des pollueurs vénézueliens, nous arriveront bientôt à jouer pour de vrai la réplique réelle du Jour d'Après ou de l'âge de Glace, selon vos références holywoodo-graphiques. La catastrophe naturelle de Vargas en 1999 (inondations monstre dans un État côtier laissant des centaines de milliers de sans abris) ont donné une bonne mesure, et si on était pas aussi chrétien, on leur dirait : Bien fait pour vous sales cocos ultraproductivistes !

A croire que ça n'a pas servi de leçon, le pays est désormais confronté à une très grave crise de pénurie d'eau et d'électricité.
Les deux problèmes sont totalement liés puisque l'énergie hydroélectrique est produite à 70% par des barrages hydrauliques ...
Le Venezuela est donc (vous allez sourire) le pays avec la part d'énergie propre la plus importante au monde.

Bref, on a deux problèmes : pas assez d'eau, pas assez d'électricité.
Ou plutôt, renversons la chose, trop de consommation d'eau et d'électricité.
Ça semble déjà plus soluble.

Dans ce genre de situation, vous avez une solution très simple, procéder à un rééquilibrage économique basique. On apprend ça dans tout bon manuel d'économie (néolibérale) et à science po : pour réduire la demande, il faut augmenter le prix de l'offre. C'est simple et tous les problèmes sont résolus en un clin d'oeil par la main invisible du marché.

Oui mais voilà, Chavez n'étant pas spécialement "néolibéral", il a choisit une autre solution beaucoup plus compliquée, soit diminuer la consommation d'eau et économiser l'énergie.


http://www.ladecroissance.net/images/fnb.jpg
Et voici que le gouvernement ici aussi se la joue Nicolas Bertrand, ferme ton robinet, débranche ton ordinateur, éteint les lumières en sortant de chez toi, met des ampoule basse consommation. Plus assisté tu meurs. Normal le gouvernement est de gauche donc pour l'assistanat.


Chavez est allé jusqu'à demander dans une de ses interventions télévisées à limiter à 3 minutes la douche et à n'en prendre que deux par jours. Suite à quoi il a aussi déclaré : « regardez moi, j'ai pris ma douche, à l'eau froide en trois minutes, est-ce que je pue ? » Un ministre a dû répondre : « non senor presidente ».
Tiens, la chaine d'État repasse Home samedi prochain.... zy comprennent rien ces communistes à l'écologicisme.

Mais comme cela ne suffit pas, histoire d'emmerder (et uniquement pour cela) les classes moyennes victimes de l'oppression gouvernementale, le gouvernement procède à des coupures épisodiques

Quand la coupure touche l'électricité, on appelle ça un apagon. Une affiche de l'an passé titrait ainsi : « grâce à la révolution énergétique, désormais il y a moins d'apagones ». Le resposable du plan communication a dû être viré depuis.

[apagones.jpg]



Le principal dommage d'un apagon c'est que jusqu'à il y a peu c'était très brutal et non annoncé et les machines électriques en souffraient un peu, ce qui donnait cette année une bonne raison pour changer son frigidaire ou son ordinateur pour la Navidad.

L'avantage c'est que les gens dans les quartiers sortent dans la rue et discute avec leur voisin. Bon, ça ne change évidemment rien et surtout c'est sûr que c'est plus difficile pour mener une campagne de propagande anti-chaviste sur l'Internet, mais bon...

les coupures touchent aussi le service des eaux. La c'est plus dramatique. Malgré une organisation en béton et la promesse de coupures ne dépassant pas 48h, certains quartiers très défavorisés n'ont pas d'eau courante depuis plusieurs semaines. MAIS QUE FAIT LE GOUVERNEMENT POUR AIDER CES ASSISTES !!!

Dans ce que j'ai pu constater de ma vie réelle dans mon quartier les coupures ne dépassaient que rarement les 24h consécutives, elles se produisaient tous les lundis soir jusqu'au mardi matin et pouvaient se reproduire sur une heure ou deux le mardi soir.
Voila pour la situation donc catastrophique d'un pays au bord de la rupture d'anévrisme, qui n'est pas sans rappeler les meilleures heures de l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques.

SAUF que .... en bon lecteurs avides d'information balancée et objective, vous vous demandez ...

mais pourquoi n'y a-t-il pas d'eau et d'électricité ?

Comme nous l'avons dit, 70% de l'énergie dépend de la production hydraulique (vous suivez ?). Pour qu'un barrage fonctionne il faut de l'eau ! Or il n'y pas tombé une goutte ou presque depuis plus de 6 mois dans la zone. Bref, sécheresse aggravée la pire depuis des dizaines d'années.Conséquence, les citoyens pompent toujours plus d'électricité et les barrages ne peuvent plus suivre.

Par conséquent tout le nord de l'Amérique du Sud (Venezuela, Brésil, Equateur, Pérou, Panama, Colombie, oui même la richissime et prospère Colombie (néolibérale) ... ) est sous le coup des mesures de restrictions pour éviter de se retrouver dans une situation désavantageuse. La saison des pluies s'est achevée en décembre et l'on est entré dans la saison sèche jusqu'au moins en mai 2010.
Bref c'est un peu la galère.

Au Venezuela c'est un peu beaucoup alarmant puisque le barrage le plus important, celui de Guri, dans le Sud Est du pays, qui fournit l'essentiel de la production nationale, voit son niveau baisser de plusieurs centimètres par jour et ce depuis bientôt six mois, et a déjà passé le premier seuil de pénurie. Suivra un seuil d'alerte. Puis un seuil critique. Et ensuite le seuil indépassable au delà duquel le barrage cesse de fonctionner.
Au rythme actuel, en moins de 3 mois on l'atteint.



Mais évident, comme vous l'avez sans doute entendu sur Globovision repris par l'AFP (indépendante) dont les dépêches sont reprises par le FigaCroixLibéMonde, le gouvernement bolivarien ne fait rien, rien , rien, enfin si, tout sauf prendre les mesures adéquates qui sont (évidemment) d'augmenter les prix.
C'est tellement plus facile le capitalisme.

Le gouvernement a, par exemple, crée un ministère de l'énergie électrique qui se consacre exclusivement à ce problème et qui ne sert rien rien rien sinon gérer exclusivement les entreprises de l'énergie.
Également, lourde injustice faite à ceux qui ont les moyens de la payer (pas cher), les barrios pauvres reçoivent directement l'électricité et ne payent rien !!! Et comme ce sont des pauvres, il ne savent pas se contrôler, et comme ils sur-consomment, ils nous volent notre électricité à nous, classes moyennes responsables qui faisons des efforts importants ! (Manque plus qu'un immigré haïtien ou colombien dans le tas et l'on est parti pour les Grandébats sur l'identité bolivarienne à l'hexagonale.)

Au lieu de ça le gouvernement attaque les pauvres travailleurs vénézueliens, en leurs imposant de réduire l'éclairage de leur boutiques, en imposant de nouvelles heures d'ouverture et de fermeture des supermarchés, en interdisant de fonctionner après un certain horaire les casinos! Certains dirigeants d'opposition disent qu'il s'agit d'un couvre-feu destiné à empêcher les Venezueliens de manifester leur colère.
Vous rendez-vous compte ?

Au delà des petits (enfin surtout des gros) commerçants qui n'ont rien demandé à personne et qui aimeraient bien maintenir leurs 6 écrans plasma neufs allumés jour et nuit dans leurs magasins, le gouvernement a décidé d'étendre les mesures aux entreprises industrielles consommant trop d'énergie. Cela ne va pas aider l'économie à repartir avec la crise économique, même qu'en fait le gouvernement l'intention de fermer les usines, le tout histoire de ruiner le pays, puisque c'est évidemment son seul objectf.
Et c'est un économiste qui l'a dit.

Malheureusement pour lui, en 2009, alors que le PIB a diminué de 3% environ, l'Indice de Développement Humain du Venezuela a continué d'augmenter. On a donc vérification du principe qui veut que le développement ne nécessite pas forcément avec la croissance économique ... CQFD). Donc restriction voire arrêt temporaire des usines consommant trop dans le secteur industriel, dans le secteur public comme privé.
Il faut préciser que dans tous les cas les salaires sont maintenu.
Vraiment, quel meilleur moyen de gréver la compétitivité du pays en payant les gens à rien foutre !!!

L'objectif du gouvernement à part le suicide psychologique de l'opposition ?
Diminution de 20% de la consommation électrique d'ici à .... en fait c'est immédiatement, enfin en quelques semaines.
Là où à Copenhague on s'écharpe pour ne pas dépasser 20% de réduction des gaz à effet de serre d'ici à 2025, au Venezuela en quelques semaines on va tenter réduire la consommation énergétique de 20%.
Yann Artus Hulot l'a rêvé, Chavez l'a fait.

Chavez pousse aussi le délire un peu loin, même si ça semble une réelle des voies de secours dans cette situation. Des scientifiques ont en effet mis au point une technique d'accélération de la condensation des nuages, en bombardant ceux-ci avec des canons à pluies. On crée de la pluie en somme Le pire c'est que là où c'est expérimenté ça semble marcher et aider les niveaux d'eaux à se maintenir un peu mieux (on ne parle pas encore de remontée), et qu'en plus les pays (et les entrepreneurs) du monde entier confrontés à des sécheresses ou des pénuries d'eau intéresse de près à cette expérience inédite.
Mais rendez-vous compte !
Il contrôle le pays, bientôt le climat, à quand un contrôle général de nos esprits !!! AAAAAAAAAAARggggh.
C'est malheureusement un procédé très localisé, et pour que ça marche il faut déjà qu'il y ait des nuages, et d'un type particulier, d'une taille particulière ...
non désolé chers pays industrialisés, il faut vraiment sortir du capitalisme pour sauver le climat.

Dans tous les cas, on ne saurait exempter l'administration (pas Chavez hein, l'Administration avec un grand A comme Bureaucratie) de quelques « ratées ». Il y a effectivement énormément de pognon à se faire sur le marché de l'électricité ou de l'eau, et il est concevable qu'un certains nombre s'en soient mis pleins les fouilles sans se préoccuper de la production. Ou s'il n'y a pas corruption, il y a bien des éléments de mauvaise gestion, mais ce n'est vraiment pas l'essentiel puisque la gestion se basant sur les expériences antérieures, elle ne pouvait pas non plus prévoir la pluie et le beau temps. Encore moins la plus grave sècheresse depuis ... près de cent ans. Enfin chavez devrait pouvoir le faire LUI.

A côté de ça, Chavez lance tant bien que mal une politique de grands travaux, accélère les investissements pour construire de nouveaux barrages, des centrales électriques, des entreprises produisant des produits consommant moins en nationalisant les entreprises intermédiaires si ça va pas assez vite. Mais ça va toujours pas assez vite. Les investissements sont bien sûr mal faits, la gestion est désastreuse, en somme le socialisme tel qu'on l'a si bien connu (dans les médias privés).

Ce qu'il y a d'incroyable ici c'est que contrairement aux expatriés qui souffrent à l'agonie, ces mesures politiques contraignantes sont plutôt majoritairement appuyées par la population. Je ne parle pas des classes moyennes de l'est de Caracas, je parle des pauvres, du peuple (majoritaire), qui souffre aussi de ces lourdes contraintes, mais qui est conscient que si on fait pas gaffe, on va à la catastrophe. C'est à dire qu'en dessous d'un certain niveau des eaux des barrages, on aura beau vouloir économiser au dernier moment, ce sera l'apagon généralisé. La coupure générale d'électricité dans tout le pays. Je craindrais presque que l'opposition soit assez cynique pour oser prendre ce risque pour tenter à nouveau de renverser Chavez. Ca ne serat pas extrordinaire car els même ont déjà organisé une grève patronale, avec cette fois fermeture totale des magasins, parfois sous pression physique. ce sont les mêmes qui hurlent contre les prétendues restrictions qui ne sont qu'un "couvre-feu" pour mater la population opprimée.
Mais bon, ils ont échoué dans le grève de 2003, comme lors de leur coup d'Etat de 2002 malgré le soutien des États Unis, également en 2005 avec la manipulation des étudiants ... ils échoueront encore, et encore.

En attendant, ce soir mon robinet à l'hôtel fuit. La climatisation a marché toute la journée en mon absence sans que je le sache, les toilettes se vident qu'une fois totalement remplies à raz bord, la lumière du couloir ne peut s'éteindre... et je pille lâchement l'électricité des pauvres vénézueliens des riches classes moyennes pour écrire ce papier. Allez, j'apagone l'article, j'ai déjà sur-consommé sur votre attention, dont je ne fais certainement aucune économie.

La mémoire dans la peau (brune)



Reportage de Vive.

Le programme : « Prohibido Olvidar » (interdiction d'oublier) traite des luttes et de la répression politique avant le processus.



Je vous parlait il y a peu du massacre de Cantaura.


Là il s'agit d'un militant qui a été persécuté, parce qu'il appartenait au même parti que celui de guérilleros, le Parti communiste du Venezuela entré en clandestinité au début des années 60. La guérilla ne touchait pas tout le monde, puisque pour abandonner identité, lien de famille, pour aller vivre dans la forêt et être prêt à donner sa vie pour changer la société, il fallait déjà être pas mal armé.

Lui était juste militant ce qui ne l'a pas empêché de subir un traitement « adapté » de la part des autorités d'alors. Torture, isolement, ... Il y a survécu. Il est mort de vieillesse en 2008.

Vive TV lui consacre cet hommage réalisé début 2009, avec témoignage de membres de la famille, de proches.


L'une des personnes interrogée est une de ses petite-fille. Elle raconte ce jour où son grand père l'avait trouvé en train de se disputer avec son frère, pour qui allait manger un pot de lait en poudre. Le grand père les a calmé et leur a appris à partager la nourriture ensemble "là où une personne peut manger, il y en a pour tout le monde" disait-il. Elle parle du legs de la solidarité, de l'union, du lien familial.


La petite-fille en question, elle s'appelle Betzany Guezdes.


Elle fait partie depuis 3 mois de l'école latino-américaine de formation audiovisuelle en cinéma et télévision.

La formation intégrale à Vive TV quoi.

Dans moins de 6 mois elle sera productrice intégrale de Vive, elle réalisera des programmes complets dans tout le pays sur le processus révolutionnaire.


A VIVE, son bureau est juste à côté du mien



Réveillon bolivarien

Nous sommes donc le soir du 24 décembre.

Un quartier populaire de la petite ville de Guanare, ville du Sud Ouest du Venezuela, au cœur des grandes plaines qui s'étendent sur toute une frange du sud du pays, los Llanos. qui comme leur nom l'indique se caractérise par leur platitude (géographique).
Une sorte d'Ouest Sauvage, avec des cowboys à cheval appelés llaneros, l'harmonica transformé en harpe et cuatro (guitare à quatre cordes) accompagné par une voix masculine le tout formant la musique llanera.

La soirée commence donc sur des airs llaneros, sur la chaine Hi-fi équipée de 4 baffles surpuissantes histoire que tout le monde entende bien sans pouvoir s'écouter. Si à l'origine nous sommes 5 (moi et la famille qui m''héberge (2 adultes, 2 enfants), rapidement d'autres membres de la famille se joignent à nous. Il se trouve que les familles vénézueliennes sont étendues, soit au minimum 5 frères et sœurs et une petite centaine de cousins/cousines. Ajoutez oncles, tantes, grand parents et amis. Plus les conjoints.et les bébés.
Nous n'étions que cinquante ce soir là.

On a devant nous toute la brochette de la famille typique de Marcel Dupond et Georgette Dupont, avec la mamie tendre entourée des petits enfants, les frères et sœurs qui s'écharpent sur une discussion politique (le vieux sarkozyste devenant ici jeune cadre anti-chaviste), le pépé qui raconte ses souvenirs d'enfance à des ados avec leurs appareils dentaires qui s'en foutent, préférant plutôt lorgner sur la jolie cousine, qui n'a pas échappé non plus à l'oeil averti du tonton salace, alors que la belle doche drague le beauf de la nièce. D'autres jeunes filles tentent de calmer leur(s) gosse(s) turbulents (âge courant du premier enfant : 16 ans, rarement avec le père qui suit), les tout petits jouent ou braillent ou les deux. Ça parle du petit qui fait ses dents, de le la nouvelle maitresse qui est trop rigide ou trop souple, du nouveau ex petit copain de la sœur de machin, de la nouvelle robe, du dernier 4x4, de ces valeurs morales qui se perdent, de la bonne bouteille de vin chilien ...

La soirée suit son cours, avec d'abord une séance collective de karaoké, plus ou moins réussie, puis arrive enfin la cérémonie des cadeaux. Détail encore une fois relié à la religion, c'est le Niño Jesus (Petit Jésus) qui apporte les cadeaux, pas le père noël, symbole de l'impérialisme américain pour les vénézueliens. (j'avais dit PRESQUE pas de politique). Également, les cadeaux sont groupés, et on ouvre ceux à son nom sans savoir forcément qui offre.

Les plus gâtés sont les plus petits, qui ouvrent en premier : pour les petiTS, un tracteur, un nouveau camion de pompier, une voiture télécommandée, une console de jeux, pour les petiTES, une poupée, une maison de poupée, une trousse de maquillage, ...




Pour les grands, des bonnes bouteilles, des bijoux, la maitresse de maison a même pensé aux sous vêtements : petite culotte pour les femmes, boxer pour les hommes. On ris, on boit, on chante. Et puis détail très important, on danse.
On danse, tout et n'importe quoi. Bien évidemment, la salsa, certes porto-ricaine, mais tellement écoutée qu'on pourrait en parler comme d'une tradition nationale. Également la musique de l'Ouest, de Maracaibo, la Gaita, chants et rythmes de noël devenu patrimoine national. Les plus expérimentés dansent aussi sur la musique llanera, (joropo, vallenato ...). Et puis la rumba, la samba, la musique colombienne, la cubaine, le rock américain, la pop anglaise des années 80, ...




Et puis comme ça jusqu'à tard le matin, où l'on va se coucher.



Au réveil, gueule de bois, aucune énergie, il n'y a plus rien dans le frigo, on range (un peu), puis on va en ville en taxi alors que c'est à 500 mètres, les distributeurs de billets sont vides, les banquiers en vacances, on croise en route le jeune cadre antichaviste qui jure contre Chavez qui fait rien contre les guichets vides, qui nous prend dans sa voiture avec qui on fait le tour de TOUS les distributeurs de la ville, TOUS vides. On va donc demander de l'aide au voisin qui est dans la même situation.
Au retour, la mère de famille fait la vaisselle, la lessive, le ménage et prépare la cuisine. On mangera de la viande sans riz, on boira du Coca ou du Pepsi au petit déjeuner, déjeuner et diner. On regardera les films d'action sur la Fox ou les dessins animés sur Disney Channel sur les chaines cablées. Et puis on discutera avec la voisine, obèse, des derniers ragots du quartier, on dira du mal de certains, du bien d'autres.

Et puis voilà.

Rassurez vous, je ne vous ferais pas tout le détail du jour de l'an. En deux mots, simplement. C'est une fête cette fois entre amis, mais avec son lot de traditions tout bonnement débiles.
Comme brûler un bonhomme remplis de pétards représentant l'année vieille, le 1er à 1h du matin
Comme manger 12 grains de raisins en faisant un voeu à chaque fois, lors des 12 coups de minuit.
Comme porter (pour les filles) une culotte jaune, le 31 pour avoir une année pleine d'amour,
ou avoir un dollar dans la main à minuit, pour avoir une année prospère.




Egalement, je ne vous décrirais pas avec quelle vulgarité les nanas se trémoussent leurs fesses et leurs seins et avec quel sans gêne les mecs les regardent et les collent au son du reggeaton, sorte de mélange entre du ragga et du RNB.
Non je ne vous en parlerais pas.
Ni de l'alcool, ...



par contre, j'ai juste oublié un détail minuscule dont je dois vous entretenir.

Tous ces gens, qui suivent aveuglément des coutumes vieillottes, qui sont consuméristes, qui sont alcooliques, qui n'ont pas de conversation, qui sont machistes, qui font troupeau derrière ces célébrations et qui en plus croient en Dieu (sacrilège) !!!

Tous ceux qui sont décrits là, ce sont eux, les acteurs de la Révolution Bolivarienne.
Le Peuple, que l'on autoproclame souvent, le voilà, dans toute sa révolutionnitude.

Car l'ensemble des gens qui étaient là le 24 décembre sont presque tous membres de la Coordinadora Cultural Simon Bolivar de Guanare, et vont construire des maisons pour les plus exclus, font de la collecte des déchets, donnent des cours du soir aux étudiants, travaillent au Mercal, participent aux conseils communaux, ont crée une radio communautaire. Ils te parlent de la France, de la Tour Eiffel, de Sarkozy l'ami de Chavez, de l'Union Européenne, union des peuples ... et de Voltaire, de Rousseau, de la Révolution Française, de la commune de Paris, de la marseillaise encore ici chant révolutionnaire. De l'Exemple français.
Et ils critiquent les élites bolivariennes qui ne font rien, s'auto-critiquent sur leur attitude au sein du processus, ils sont chavistes, révolutionnaires, sont descendus dans la rue en 2002 pour défendre le processus et se préparent à le faire à nouveau si nécessaire à l'avenir.

C'est aussi ça que l'on apprend ici comme « révolutionnaire » occidental.
A descendre de son piédestal d'intellectuel qui sait, de gauchiste qui donne des leçons de révolution.
A arrêter de mépriser ceux pour qui l'on prétend tout le temps parler.
A arrêter d'être un « gauchiste » qui a absolument raison sur tout,
D'être un « pur », qui a théorisé les conditions de la révolution parfaite, dans les moindres détails
A celui prêt qu'il faut ensuite mettre en pratique cette belle théorie.
A laisser la voix ceux que l'on empêche nous aussi de parler.

Et je sais bien que cela est difficile à entendre, moi même j'ai souvent envoyé balader des gens qui nous disaient justement cela. Et j'en enverrais encore balader une fois rentré pour éviter de me remettre en question. C'est comme ça, certains appellent ça la maladie infantile du gauchisme.
Une grosse baffe dans la gueule en somme, mais qui fait du bien.

Ne voyez là pas d'ouvriérisme, de basisme aucun.
Le peuple n'est pas parfait, le peuple n'est pas une élite avant-gardiste révolutionnaire. Le peuple sent mauvais, pollue, pousse des jurons, est réac, vieillot, attaché à sa sécurité, son bien être personnel, ne voit pas l'intérêt collectif, ne comprend pas qu'il doit suivre la voie révolutionnaire. Le peuple peut se tromper.

Mais, Il nous faut juste ouvrir nos oreilles et écouter, et entendre, et comprendre.

Et quel meilleur moyen de commencer l'année avec cette bonne résolution d'un vieux barbu (citation approximative) : « la révolution ne pourra être l'œuvre que des prolétaires eux-mêmes ».

Ca ne s'invente pas, le maitre de maison chez qui j'étais s'appelait Carlos..

Il est handicapé, en fauteuil roulant, il a la maladie de Guillain-Barré,
... oui celle que l'on attrape en se faisant vacciner contre la grippe A H1N1.
La même grippe qui tue majoritairement les indigènes dans la forêt amazonienne vénézuelienne, plus sensibles à ces maladies occidentales.
Comme les maladies occidentales ont décimées des civilisations lors de la découverte européenne de l'Amérique.
Cette année 2010 l'on célèbre le bicentenaire de la guerre d'indépendance, conduite par le général Simón Bolívar.

J'ai aussi rencontré un des cousins de Che Guevara ce soir là.
On a parlé nanas, bouffe et fait des blagues de beaufs.


Le monde est petit, la terre est ronde, ou carrée, ou plate. Dieu existe, ou pas, ou est une femme.
La révolution continue son chemin, que l'on le veuille ou nous, avec ou sans nous.





Bonne année 2010 ! ....







.... Qu'elle vous soit populiste ....
















....  et populaire ...
















à plus d'un titre !

lundi 4 janvier 2010

Feliz Chavidad !

Comme vous vous en êtes éventuellement rendus compte, il y a un peu plus d'une semaine, c'était Noël.
Le 25 décembre plus exactement, oui comme chaque année depuis ... non pas deux milles ans, je ne pense pas qu'on a fêté la naissance du piti jésus dans le monde entier pour ses 2 ans ou ´pour ses premiers pas, bien qu'il fusse déjà très précoce pour son âge selon certains dires écrits.

Les fêtes, ici on appelle ça la Navideña, la période de la Nativité en bon françois.
Disons simplement qu'il n'y a pas que le petit Jesus qui renait.
Au Venezuela, Navidad, c'est une période très particulière.
Alors, avis aux amateurs, voilà deux billets PAS DU TOUT (ou presque) POLITIQUE.

La « renaissance » touche de fait l'ensemble de la société : riches, classe moyenne, pauvres, chavistes, anti chavistes, c'est comme ça, c'est un rite. Le Père Chavez a beau mettre en garde lors de ses dernières allocutions télévisées du 23 décembre sur les abus, sur les excès, rien n'y fait.

Pour Noël il faut acheter. 

Tout, n'importe quoi, mais en quantité.

Il y a bien sûr les septentrionaux cadeaux de Noël pour les petits, soit une poupée blonde à poitrine pour les filles, une grosse voiture pour les garçons (me ferez penser de leur passer la vidéo de la conférence sur les jouets sexistes)






Ces cadeaux sont bien évidemment importés de Chine, et l'équation pitinenfan surexcité + cadeau chinois ne se vérifie pas positivement au delà de 24h date à laquelle le jouet réduis à un tas de cendre/blocs de plastique signe son acte de décès.

Mais Noël c'est également synonyme de réveillon de noël et donc de bon gros gueuleton en perspective.
Le plat traditionnel vénézuelien c'est l'hallaca : une sorte de ragoût de viande/légumes/épices/olives/raisins secs, dans une pâte à base de farine de maïs, l'ensemble enroulé dans une feuille de bananier, le tout fermé avec un fil en lui donnant la forme d'un paquet cadeau, cuit au bain marie pendant plusieurs heures . C'est un plat fait collectivement, voisins, amis, famille, généralement fait en grande quantité (on parle de centaines d'hallaca,sa chant qu'une personne en mange deux maximum) sur deux ou trois jours et partagé ensuite avec la famille, les voisins, les amis ...

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La légende voudrait que les indigènes luttant contre l'envahisseur espagnol dans les années 1492, réfugiés dans les montagnes bordant les côtes du Venezuela, gardaient les restes de nourriture de la tribu dans des feuilles de bananiers enfouissaient leur plat sous terre, où il était maintenu au chaud par le soleil, leur fournissant les ressource pour survivre plusieurs jours au combat  sans que les espagnols puisse débusquer le source de nourriture.


L'hallaca s'accompagne du pan de jamon qui comme son nom l'indique est un pain au jambon, agrémenté d'olives et de raisins secs. Enfin, on a joute au tout une tranche de rôti de porc. Une petite salade. Et des bières.
Et l'ensemble est particulièrement savoroso ! (délicieux).

https://blogger.googleusercontent.com/img/b/R29vZ2xl/AVvXsEjtA5uNS8HbkVKQHxB0bQKQ98CUOF9_jE2hPc5dpU5Axw5yn2n16yJwcbL887WeMHlH4-6tXmZ_CqfPImsyVVWMbhAIqXE5wI15fuEuHUFNZsbzx2BTDBV_cPeXx-4DZ1_SaOKiXINwhw0/s320/foto-hallaca.jpg

La bière ... ça doit être la chaleur, mais effectivement, la consommation de cerveza est plutôt comato-alcolémique. On parle en terme de cajas (caisses) une caisse étant égale à 30 bières. Parfois on parle de dizaines de caisses en une soirée.
Pour Noël on multiplie le nombre de caisse par le nombre d'invités.

On fait des cadeaux, on mange bien, mais il faut s'habiller, Estrenar, soit acheter avant le jour J des beaux habits neufs (et chers) que l'on ne pourra porter que le 24 et le 25, avec éventuelle réutilisation pour le réveillon du 31.



Cette période permet également de mettre à jour son environnement, sur tous les plans, donc on repeint bien sûr la maison à l'extérieur, parfois de jour comme de nuit, puisque tout ce tintoin se met en branle réellement à la mi-décembre et donc il faut aller vite. On change la machine à laver (neuve de l'an passé), le téléphone portable, l'ordinateur, la chaine hifi pour une nouvelle plus neuve.... note importante, on ne jette rien, on donne généralement à ceux qui n'ont pas les moyens de se livrer à cette folie.

Évidemment, noël ne serait pas noël sans son Sapin de Noël, importé du canada ou en plastique selon le budget, qu'on trouve dans toutes les maisons,ni ses décorations, parfois ça va un peu loin : chaises, tables, dessous de table, sièges, murs, toit, extérieurs, avec les éclairages correspondants, qui cette année en raison des nécessités vitales d'économie d'énergie, sont remplacées par des basses consommation.






Enfin, n'oublions jamais qu'ici Noël c'est essentiellement Jésus, christianisme et tous ces trucs de cathos et donc, la crèche (el pecevre) avec ses figures traditionnelles quasi identiques à celles des européennes... même si la mairie de la ville où je me trouvais avait fait une crèche « écologique », soit avec des bonhomme en papier mâché et des moutons en laine. Folklorique.






Bon, à ce moment vous devez vous dire, mais tout ce fric qu'ils jettent ainsi par les fenêtres, d'où il sort ? Il faut comprendre que ce n'est pas une lubie d'hystériques noélophiles, c'est la société qui est organisée comme ça.

On a donc pour tous les travailleurs, y compris les fonctionnaires publics (l'État cautionne, outrage !) la prime de noël qui est un pourcentage économisé chaque mois sur le salaire destiné uniquement cette période, auquel s'ajoute l'équivalent de notre treizième mois, auxquels s'ajoute d'autres primes de vacances de noël. Et si ça ne suffit pas, il suffit de ... s'endetter. Tout simplement, contracter un crédit à taux plus ou moins variable et le rembourser pendant le reste de l'année. Évidemment, il serait plus simple d'honorer la tradition mais d'acheter le tout un mois avant, quand les prix sont 50% moindres. Mais non.

On assiste encore au spectacle étrange des files d'attentes des banques dans, devant, derrière, à 500 mètres, où tout le monde vient exactement en même temps retirer l'argent nécessaire. Le but de tous étant le même, sortir les sous pour la Navidad, on est loin du jeudi noir de 1929, ici ça se passe généralement plutôt très calmement, les vénézueliens étant un peuple très patient pour faire la queue (on en reparlera très bientôt ici même).

Les course sont faites ! (le jour même), les habits sont prêts (depuis la veille), les cadeaux sont empaquetés (depuis une heure), les convives arrivent (deux heures après).

Le réveillon peut commencer.

lundi 28 décembre 2009

Ouvrir les cimetières de la démocraties représentatives

Il y aurait beaucoup de choses à dire sur Noel, que j'ai vécu ici comme une fête populaire, un grand rendez-vous familial et amical.

Mais il se trouve qu'un article de ma plume ( mon clavier) vient de paraitre sur le site Legrandsoir.info. Il traite de chose pas gaies, mais qui sont tout aussi importantes pour comprendre ce qui se passe aujourd'hui ici.
On parle de mémoire, de guérilla et de IVe République. c'était il y a à peine 27 ans.

mercredi 16 décembre 2009

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le pouvoir populaire

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Vous le savez maintenant, l'organe de base de la révolution bolivarienne est le conseil communal. On en parle beaucoup, souvent, et pourtant il est difficile de se représenter ce que c'est exactement. J'ai pu rencontré un membre d'un conseil communal qui a su très simplement m'expliquer tout ce qui peut se passer là dedans, y compris les problèmes rencontrés.

-Un peu d'histoire

Les conseils communaux ne sont pas nés avec la Révolution. Ou plutôt, il existait auparavant des structures multiformes, comités de voisins, comités de santé, comité pour la terre, pour les plus anciens. Avec l'entrée en campagne en 1994 de Chavez, des groupes de citoyens ont commencés à former des cercles bolivariens, organisations politiques d'appui populaire, qui ont demeurés après l'arrivée au pouvoir de Chavez et ont commencé à entrevoir une structuration des quartiers. Mais sous l'impulsion de Chavez, cette idée de « conseil communal » prend son ampleur véritable avec le cadre de la nouvelle constitution approuvée à 70% en 1999 et surtout la loi des Conseils Communaux en 2006. Les principes sont simple : « démocratie participative et protagonique ».

Reste à les mettre en application. A partir de 2007, l'élan est lancé. Des conseils se créent dans tout le pays selon des règles plus ou moins strictes. Il existe selon le ministère aujourd'hui les 34 000 conseils communaux dans tout le pays.

- la naissance d'un conseil communal

Tout commence par un groupe de gens dans un quartier qui ont peu ou prou envie de faire bouger les choses, chavistes ou non d'ailleurs. Que ce soit dans les quartiers populaires des grandes villes ou dans les communautés rurales, paysannes ou indigènes, les conditions de vie sont souvent difficiles, parfois extrêmes, et certains problèmes locaux urgents ne sont visible que par les habitants de la communauté. Ce groupe de gens commence à se réunir et forme un comité électoral. Celui-ci va avoir eux tâches :

d'une part faire du porte à porte dans la zone concernée pour établir un état des lieux complet de la situation avec les attentes de chacun des habitants. Il n'y a aucune obligation de participation et tout le monde a droit à prendre part à cet état des lieux.

D'autre part, organiser les élections des membres du conseil communal. Dans celles-ci, chaque habitant va voter pour au minimum 3 différents comités. Un comité des finances, un comité de contrôle, et le comité exécutif.


Ce comité exécutif est lui-même composé de l'ensemble des comités du conseils, cela peut varier, j'ai pu assister à une élection où il y avait 16 comités différents : santé, éducation, location, sécurité, sport, culture, égalité des genres, ...


- l'élection


Pour être valables légalement les élections doivent rassembler les votes de plus de 60% des habitants de la communauté.
On élit donc ses représentants, avec un vote à bulletin secret avec comme preuve de vote un doigt trempé dans l'encre.
Le dépouillement est réalisé par le comité électorale et doit systématiquement être public. Si une personne pose un doute sur ne serait-ce qu'un bulletin de vote en trop ou manquant, l'ensemble des bulletins doivent être recomptés.
Les représentants sont élus pour une durée de 5 ans. Le conseil prend alors son nom, généralement celui de sa communauté, ou parfois d'autres noms plus parlants pour les habitants.


- Le développement des projets


Chacun de ces comités va ensuite se consacrer à son domaine et proposer un projet. Ce projet ne sort pas de nulle part puisque chaque comité va se référer aux besoins de la population qui ont été exprimés dans l'état des lieux précédemment réalisé. Le comité a également la charge d'établir le budget nécessaire pour son projet.

Une fois établit le projet et budgétisé, celui-ci sera présenté par le/la ou les portes paroles élus devant l'ensemble de la communauté, réunie en assemblée du comité exécutif. Quand on parle d'une réunion de conseil communal, il s'agit de ce rassemblement général de l'ensemble des comités. Les portes paroles y sont bien sûr présents mais tout membre de la communauté peut y assister. S'il y a des votes à faire, l'on convoque les habitants pour le conseil communal suivant.

L'exécutif va alors décider en fonction encore une fois des besoins les plus urgent exprimés par la communauté, quel projet sera lancé en priorité et ces informations sont transmises au comité de finances. Celui-ci est là encore bien structuré puisque qu'il y a toujours au minimum un porte-parole, un secrétaire et un conseiller financier. Toutes ces personnes sont formées par des ateliers et des formations données de manière gratuite par le ministère.
Le ministère du Pouvoir Populaire pour les Communes va alors allouer les fond via le Fond de Développement Communal (Fundacomunal), qui sont parfois très importants et la gestion revient à la banque communale, soit au comité financier. Le comité de contrôle s'assure que les fonds alloués seront bien acheminés vers leur destination, et surveille également la bonne tenue des mandats, le suivi des projets etc ...

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L'exécution pratique



Le projet est lancé, l'argent est arrivé, on passe à la phase d'exécution. Il s'agit d'une dynamique locale donc doivent être systématiquement privilégiés les travailleurs de la communauté. C'est seulement si la communauté ne dispose pas des équipes nécessaires que celle-ci peut utiliser un main d'œuvre extérieure, là encore sous l'œil du comité de contrôle. Ces travailleurs seront embauchés de manière contractuelle, pour exécuter la tâche précise demandée, avec toutes les conditions sociales légales qui vont avec : tickets resto, 13e mois, retraites, assurance maladie, ...

Parfois, il n'y a pas besoin de finances étatiques, juste de main d'œuvre volontaire : nettoyage des rues, réparation d'un transformateur électrique. Les choses s'organisent évidemment aussi de manière moins formelle et beaucoup plus rapide, entre voisins.


- Formation permanente


Tout ce travail est évident plutôt compliqué pour des personnes n'ayant jamais géré un budget ou ne sachant pas dépsoer un projet. Le gouvernement par le biais de l'Ecole de Planification du Pouvoir Populaire et du Fond de Développement des Conseils Communaux (Fundacomunal) organise donc régulièrement des ateliers de formation pour les représentants des conseils communaux. Fonction politique du conseil, organisation des projets, structure pratique, tous ces aspects évoqués sont ensuite diffusés dans les communautés par les représentants présents, afin de multiplier les savoirs.

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-Les salles de bataille sociale

autre du président du Venezuela, mise en pratique depuis 2007. Les Salles de bataille sociale (SBS) sont des lieux de rencontre, de partage d'expérience et de coordination des différents conseils communaux. Ils n'ont pas de valeur décisoire. Les seuls maitres des décisions restent les habitants organisés.

Cependant, certaines communautés (comme celle de Gramoven) sont allées plus loin puisqu'elles ont décidées d'unir plusieurs conseils communaux pour donner naissance à un conseil sectoriel (consejo parroquial). Cela a pour principal avantage de donner naissance à des projets de plus grande ampleur.


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- Les problèmes courants


Les conseils communaux rencontrent deux principaux problèmes :
le manque de participation de la communauté, dont parfois cela tient à des motifs purement idéologiques, les conseils communaux étant perçus par l'opposition anti-chaviste comme un organe local de contrôle du gouvernement. Mais la majorité des habitants ne participant pas ne trouve pas tout simplement pas d'utilité à sa présence et délègue aux représentants des comités le travail militant.

L'exposition des individualités. On retrouve quasi systématiquement des gens qui vont vouloir imposer leur vision, écraser celles du voisin, déclencher des querelles de personnes qui parasitent les conseils, et qui contribuent à parfois décourager de nombreux participants. Les querelles d'organisation sont souvent de ce ressort elles-aussi, sommes toute, le lot de n'importe quelle organisation collective.

Il y a également les problèmes de corruption, les sommes en jeu étant très importantes, l'argent est parfois mal géré, ou pas géré du tout. Et des larges part disparaissent parfois dans la nature.


-La réforme de la loi des conseils communaux


Pour parer à tout cela, le gouvernement est actuellement en train de discuter une loi, devenu organique, soit à valeur supérieure, réformant l'ancienne loi des conseils communaux. Les représentants des conseils communaux ainsi que la population participe au travers de tables rondes dans le pays à l'élaboration de cette loi.
Celles-ci alourdit considérablement les sanctions à l'égard de ceux qui seraient pris en train de se servir dans les caisses. Également la loi me en place un guichet unique, soit une instance unique dépendant du Ministère pour les communes, qui se charge de l'ensemble des questions, certaines touchant souvent plusieurs ministères à la fois (finance, communes, éducation, santé ...). enfin cette loi crée également un droit à la remise en question d'un mandat à n'importe quel moment si un ou une représentant-e: n'effectue pas son mandat ou agit pour son intérêt propre.


- Les conseils populaires de communication


cette fois l'idée revient à la chaine de télévision Vive TV, qui au travers de l'école latino-américaine de cinéma et de télévision a impulsé dans les quartiers la naissance des conseils populaires de communication. Il s'agit non plus d'une simple commission communication dans les communautés, mais bien d'un processus de ré-appropriation de l'information par en bas. Là encore, des formations sont dispensées, les principaux thèmes abordés étant l'aspect théorique de la communication populaire avec la critique du modèle médiatique dominant, et la guérilla communicationnelle : il s'agit juste des outils pour donner les informations sur ce qu'il se passe dans sa communauté : fabrication de pochoirs, peinture murale, journal communal en sont les principaux. L'idée est toute récente mais ceux ci se développent rapidement au travers de l'ensemble du pays.


- Vers les communes socialistes

Un récent projet gouvernemental prévoit d'aller encore plus loin. Il ne s'agit plus seulement de gérer localement la communauté mais bien qu'elle participe à la vie politique nationale et qu'elle puisse construire ses propres outils politiques populaires, en démocrate directe. C'est l'idée des communes socialistes, l'objectif étant qu'à terme, les communes surpassent les mairies et les governaciones (gouvernement étatique) pour avoir une exécution directe des politiques nationales sans organe intermédiaire. c'est le dernier projet en date, qui est encore à l'état théorique et commence à peine à être envisagé sur le terrain.

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-La mort d'un conseil communal


Sachez également que les conseils communaux ne sont pas toujours éternels. Dans certaines communautés, on en a déjà crée un troisième, parce que le premier n'avait aucune participation, ou le second avait été récupéré par l'opposition qui ne faisait aucun projet communautaire mais s'en servait comme d'une tribune politique.

Une chose est dans tous les cas bien certaine, sans les conseils communaux, le Venezuela ne vivrait peut être pas ce qu'on ose appeler une révolution.