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mardi 2 mars 2010

Dans la jungle merveilleuse du capitalisme pur et parfait

Je dois vous avouer que je ne suis pas tout à fait au meilleur endroit pour observer la révolution bolivienne.
C'est un peu comme si j'avais choisi l'Alsace-Lorraine pour faire une étude sur l'athéisme en France.
Ou la Vendée pour évoquer la Commune de Paris ...

Bienvenue en Amazonie bolivienne, entre la province du Beni et celle du Pando, dans cette media luna (demi lune), qui avec la région de Santa Cruz forme l'arc oppositionnel du pays.
Dans une ville reliée au reste du pays (et du monde) par une route, une seule, ou plutôt un sentier de terre qui traverse la ville en direction de la frontière du Brésil toute proche.
Riberalta, (Rive-haute), à la confluence des fleuves Beni et Madre de Dios.

Dans cette zone, pendant des siècles, l'on a exploité, jusqu'à il y encore 50 ans, le caoutchouc, comme disent les locaux, la goma, que ce soient les boliviens comme les étrangers. L'économie était florissante, le paternalisme économique aussi. Et puis la goma fut gommée, la ressource a été épuisée à force de surexploitation, les entrepreneurs sont partis, la pauvreté est revenue, ou plutôt a juste continué, la richesse des terres ne profitant qu'aux riches. Quand aux habitants originaux, les "indiens", ils étaient mis en esclavage pour mles plus pacifistes ou torturés et massacrés pour plus véloces. 
Vient depuis lors l'industrie de la cacahuète, la cascarra, florissante, fournissant une manne financière énorme, elle fonctionne toujours aussi « bien » aujourd'hui.

Quelle que soit la période, le modèle est le même : les maitres sont quelques grandes familles, richissimes et qui détiennent tout. D'une part l'économie, la richesse et avec elle la survie physique de la population, mais plus encore le contrôle des propriétaires des moyens de production porte la vie elle-même. Allant jusqu'à décider de qui se marie avec qui. Et bien entendu de pour qui voter lors des élections. "Indien" et "paysan" sont toujours des injures, pour la majorité de la population. Au niveau de la vie quotidienne, tout est à faire : eau potable, électricité, égouts, aménagement du territoire, routes, … Mais peu importe, la population a survécu ainsi pendant 200 ans, elle peut bien continuer encore un quelques décennies.

Au cœur de ce tiers de quart-monde, les produits les plus visibles se nomment Kawasaki et Toyota, les motos, quasi unique moyen de transport et symbole de reconnaissance sociale, à l'exception de quelques 4x4 pour les plus aisés, ou de simples vélos pour les plus pauvres. Le plus souvent ceux-là n'ont que leurs jambes pour se déplacer. Les paysans sont comme de coutume soumis au patronage des propriétaires terriens, à la monoculture de la cacahuète et la dépendance perpétuelle. S'ils tentent de sortir du cadre obligatoire, ils sont vite rappelés à la raison puisqu'il en coûte plus d'être transporté à la ville que de vendre ses quelques plants de manioc (la yucca) au marché. Le "choix" entre la mort miséreuse dans la dignité et la survie sous dépendance perpétuelle est vite réglé, il faut bien bouffer. Et pourtant avec le climat, il serait possible de faire deux à trois récoltes de céréales à l'année. Mais l'exploitation des terres agricoles est consacrée à l'élevage de bétail, sur des kilomètres de terres libérés grâce à la déforestation.

Le plus gros problème est finalement que la population a intégré totalement jusqu'au plus profond de sa conscience ce lien de dépendance qu'elle doit au maitre, si bien qu'elle se retrouve démunie lorsqu'elle se trouve devant la nécessité de s'organiser collectivement. Et qu'un bon tiers des paysans ayant recu des terres de l'Etat ne les cultivent tout simplement pas, préférant encore acheter leur subsistance à la ville et laisser inactif leur petit bout de terrain. Et de se propager un peu plus dans les villes le discours sur la fainéantise et l'incapacité des paysans et des indiens ... 

Les travailleurs sont d'abord ceux de la cacahuète, très nombreux, exploités, sans syndicat sinon patronal et non organisés. Les lois du travail ont beau avoir été votée à la Paz, ils semblent qu'elles ne soient pas encore arrivées ici. Il faut dire qu'elles n'étaient d'aucune utilité, la population ne sachant ni lire ni écrire jusqu'à l'arrivée récente des programmes gouvernementaux qui ont depuis, fait positif, délivré le territoire de l'analphabétisme.

Les rapports humains s'organisent ainsi : dis moi qui t'emploie, je te dirais ce que tu penses. La parole d'autorité reste en premier lieu celle du maitre, du patron, puis celle de l'archevêque, du gouverneur, et enfin l'évêque et le maire. Au delà, il faut se rendre dans les quartiers pauvres où un embryon d'organisation populaire existe avec les présidents de quartier, qui défendent les intérêts du voisinage, mais qui ici n'ont que très peu de marge de manoeuvre.

Au niveau politique ce n'est guère plus glorieux. Le MAS est arrivé depuis peu, à construit quelques routes, mais la province comme la mairie sont toujours d'opposition. Fin 2008 ont eu lieu des émeutes sanglantes avec massacres de population. Les « bons citoyens » en venant à tabasser  les paysans et les indigènes. Pendant ce temps à Santa Cruz, coeur oppositionnel du pays, Les étudiants taguaient des croix gammées sur les murs de leur fac pour clamer leur amour de la démocratie. A Riberalta, les militants révolutionnaire ou tout simplement les personnes engagées dans l'aide aux plus démunis ont dû s'exiler de la région pour un temps devant le danger pour leur vie. C'est seulement depuis la fin de cet enième tentative de coup d'Etat intérieur, appuyé par l'administration américaine via son ambassadeur, depuis expulsé, qu'il n'est plus motif de menace de mort que de se dire publiquement massiste (partisan du MAS). Mais là encore, cela reste le plus souvent quelque chose qu'on ne crie pas sur les toits, sous peine de licenciement, problèmes judiciaires ou menaces diverses à son intégrité ou celle de sa famille. De fait, le Mouvement vers le Socialisme n'a pas encore pu prendre racine, seul 30% de la population à soutenu de son vote le MAS aux dernières élections.

Enfin, pour parfaire le tableau, les médias, télé, radio comme journaux, sont tous exclusivement privés, l'Etat n'ayant pas encore pu implanté dans tout le pays sa chaine de télévision publique. Se détache quelques radios dont le propriétaire n'est autre que l'Eglise catholique, ce qui ouvre un peu le champ des possibilités en comparaison avec les médias privés. Avec ces derniers l'on retrouve les si familiers « cubanisation », « dictature », « atteinte à la liberté d'expression ». Là non plus il n'y a aucun fondement concret, mais à la différence au Venezuela, il n'y a rien en face pour contre attaquer.

Et c'est dans cela que je me trouve, travaillant pour une ONG du terroir, pas vraiment ongisto-colonialiste, et beaucoup plus vraisemblablement révolutionnaire, socialiste, protectrice de l'environnement et populaire. Un îlot de résistance avant-gardisé au milieu du poumon de la planète, où l'expression jungle capitaliste peut librement prendre toute son ampleur.


En somme, le paradis sur terre.

jeudi 18 février 2010

Cha'lla malekum à Riberalta


Je vous ferais bien un résumé de mon arrivée à Riberalta,
mais étant donné les circonstances, lisez plutôt ce qui suit
ca vous donnera une idée de mes activités dès le deuxième jour.
et puis vous en saurez plus sur la signification du terme Amazonie,
ca y est-il pas merveilleux ? 


Et le pire c'est que toutca  est arrivée parce que j'ai fait la fête la veille

... mais c'est une autre histoire.


source de l'image : http://impedimento.wordpress.com



Déclaration fondatrice du Movimiento Pachamama


Devant l’évident changement climatique issu de la surconsommation généré par le capitalisme,Face aux conséquences désastreuses du changement climatique qui touche principalement les populations pauvres, dû aux inégalités des richesses, de quelques privilégiés responsables de la pauvreté de la majorité des habitants de la planète,

Devant la menaçante dégradation de l’environnement causée par la démesurée et inhumaine exploitation des ressources naturelles et la pollution destructrice,

Face à l’inhumaine homogénéisation de la culture des peuples due à la mondialisation de la soumission des travailleurs ruraux et urbains aux intérêts des multinationales,

Devant la manipulation commerciale de la démocratie, utilisée par les intérêts des entreprises et les égoïsmes nationaux qui ne cherchent qu’à imposer leurs intérêts par la force de coup d’Etat, d’invasions, de séparatismes, de mensonges, d’abus de pouvoir et de guerres,
Face à la destruction de la Terre Mère,

Devant le défi commun pour empêcher ce désastre et défendre les droits de la Terre Mère,
Nous déclarons sollenellement que :

La Terre peut survivre sans l’Humanité mais l’Humanité ne peut subsister sans la Terre.

A ce jour, seules des luttes pour les droits humains se sont engagées, mais ce millénaire, le Troisième Millénaire, est celui de la lutte en faveur des droits de la Terre Mère, la lutte pour la protection de l’environnement pour le bien des sociétés, la lutte pour le « bien vivre » de toute l’humanité en équilibre avec l’environnement, la lutte pour garantir les droits de la Terre Mère pour l’Humanité toute entière.

Il est aujourd’hui nécessaire de donner un cadre institutionnel au mouvement pour les droits de la terrez Mère, initié par la société bolivienne, sous le leadership d’Evo Morales Ayma, premier président indigène de Bolivie et de l’Amérique Latine, proclamé « leader historique des droits de la Terre Mère » par l’Organisation des Nations Unies (ONU)

 

C’est pourquoi, Nous, membres fondateurs,

 
rassemblé-e-s en ce moment historique d’importance, sur le lieu de fondation de la ville de Riberalta, au point culminant de la rive de cette région amazonienne, point de confluence entre le fleuve Madre de Dios, (Manu Ena : fleuve mère) et le fleuve Beni (Manu Tata : fleuve Père), union des hommes et des femmes, des enfants et des personnes âgées, des habitants des villes et des campagnes, au cœur de l’allégresse du carnaval andino-amazonien, dans la joie et la félicité pour « bien vivre » sur cette Terre.

Fondons avec amour et paix,

le mouvement interculturel urbain rural pour la défense des droits de la Terre Mère, Movimiento Pachamama.

Le principe fondateur de notre mouvement est l’Amour, le véritable Amour de notre terre et de notre société, exprimé par la solidarité, la démocratie culturelle, dans un « bien vivre » au cœur d’une société culturellement plurielle, socialement juste, économiquement réussie, dans un environnement équilibré et qui politiquement pousse à agir.

Notre mouvement a pour base la philosophie en quatre points :
Ama Sua, Ama Kella, Ama llulla, Ama Zonas

(Ama sua : Ne pas mentir, Ama llulla : ne pas voler, Ama Kella : ne pas faiblir, Ama Zonas : aimer ton territoire, notre terre, la Terre Mère)



Acte réalisé au point de confluence des fleuves Manu Ena et Manu Tata (Madre de Dios et Beni)



en un mardi de carnaval, jour de cha’lla à la Pachamama (offrande à la Terre Mère)



le 16 février de l’an 2010.


En conscience signent :
...
...
...,    Riberlata, Bolivia
...,    La Paz, Bolivia...,    Barcelona, España
G.S, Toulouse, France.
...


samedi 13 février 2010

Nasca, suivant ma ligne de conduite

Nasca. Petite ville. J'ai pas d'adresse alors je décide de faire confiance à une petite mamie, Maria, me proposant un hôtel pas cher et des excursions « touristiques ». Arrivé hôtel mirador, je retrouve enfin des sensations proches de la coordinadora Simon Bolivar, un lit, une table, salle de bain pour l'étage. Point final.
Je suis bien, enfin décontracté.
Les fenêtres sont juste des barreaux, on entend les voisins, les voitures qui klaxonnent.
Je dors comme un loir.

Au matin, je retrouve Maria à l'hotel qui me présente sa fille, charmante jeune femme de 16 ans, (qui en fait 22) elle aussi guide, et qui se chargera de m'emmener aux Lignes de Nasca.
C'est un des petits extras que je me suis accordé. Si tant est que je ne puisse être "immergé au coeur de la population" et que je sois obligé d'être assimilé touriste avec tout e que cela implique, autant en profiter pour voir des choses bien.
On arrive au petit aérodrome sur les coup de 8h et demi. Ciel très nuageux (pluvieux 2h plus tard), très blanc, (lui aussi décidément). Et c'est parti, un peu cher (50 euros) mais c'est du patrimoine mondial de l'humanité of the Unided States de l'ONU ! Ça rigole pas coco.

Ça dure 35 minutes. Ça chamboule un peu l'estomac. Mais y a pas a dire, c'est plutôt vachement extraordinaire. Des lignes tracées dans sol il y a .. longtemps, par on ne sait qui, mesurant plusieurs centaines de mètres, et représentant des formes semblables à des animaux.
La légende occidentale voudrait que ce soient des traces laissées par les extra terrestres. Les populations locales pencheraient plus pour un calendrier astral tracé par l'ancienne civilisation nazca. Oui, il n'y a pas que les incas, mayas et aztèques. Ici vivaient les Nazcas, civilisation hautement avancée sur la question de la maîtrise de l'eau, dans cette région désertique en mettant en place un système d'aqueduc vraiment sophistiqué. Aujourd'hui, c'est définitivement une civilisation éteinte.


Au retour, j'interroge la « gamine » qui me guide avec une question toute bête : est-ce qu'elle a déjà vu les lignes ?
Et la réponse c'est non. La raison : trop cher.
Idem pour le Machu Pichu, idem pour les sites précolombiens.
Et sa mère non plus. Elle fait ce boulot de plus de 30 ans. Jamais elle n'a vu ce qu'elle fait visiter à ces touristes.

Voilà peut être ce qui m'énerve tant chez les touristes. Parce que leur plaisir de voyager, de découverte, d'évasion, c'est le travail des populations locales qui doivent vendre leur patrimoine au plus offrant pour survivre. Traduction : les travailleurs (du tourisme) utilisent un moyen de production des richesses sans être propriétaire de ce moyen de production, et sans bénéficier des richesses, sinon recevant une compensation salariale. En somme : on parle juste d'exploitation.
Étonnant comment une théorie carlesque écrite il y plus d'un siècle a toute sa valeur aujourd'hui encore.

Mais j'exagère bien sûr.

Le touriste n'est pas responsable de la misère du pays. Et puis il donne tant d'argent, quelle générosité !
Et puis ils en profitent ici, ils font monter les prix suivant la blancheur de la peau !
Ce sont EUX qui sont les COUPABLES de leur propre misère !

Au Venezuela, en tant que touriste, t'es pas bien accueilli. Insécurité, pas de structure appropriées.
Hormis les « lieux touristiques » (îles de Los Roques, Marguarita, Salto Angel ...) , le pays n'est pas accueillant.
Et c'est tant mieux.

Au Pérou se sont abattues des pluies torrentielles sur la région de Cuzco.
Le Machu Pichu est fermé pour deux mois.15 000 emplois sont directement menacés et avec eux indirectement une grosse partie de l'économie régionale.
C'est ce que me disait le taxiste à Lima : « ici comme dans toute l'Amérique Latine, on a des matières premières, mais on ne manufacture rien, ce sont les entreprises étrangères qui le font, et qui nous revende notre propre produit bien plus cher. Il nous faut construire une véritable économie productive ». Faut croire qu'avoir une économie d'extraction et dépendante du tourisme ne soit pas la panacée. Mais puisque ça crée du travail  ...

« Je ne suis pas coupable d'être occidental » me disait quelqu'un avant de partir.
Je suis en revanche responsable de la reproduction par mes actes des modes de domination de l'Occident.

Je sais, je radote, mais j'ai jamais dit que ce passage ne serait pas politique ...

mercredi 21 octobre 2009

Une histoire de propagande et de contre-propagande


Voici donc hier matin que l'on découvre en arrivant à VIVE un communiqué signé par les plus puissants mouvements populaires, paysans et indigènes latino américains tels le Mouvement des Sans Terre (Brésil), Via CAmpesina International, la CONAIE (Equateur), la MINGA (Colombie) et l'EZLN (les zapatistes du Chiapas, au Mexique)

Communiqué dénonçant les attaques dont sont victimes les indigènes Yukpas, dans la Sierra Perija, au Venezuela. Concernant cette communauté indigène il y a deux problèmes simultanés.

D'abord le gouvernement bolivarien, conformément à la constitution de 1999 qui reconnait leur droit à l'existence et la possession des terres, est en train de procéder à la démarcation de ces terres, pour le plus grand déplaisir des propriétaires terriens locaux qui ont bien déclaré qu'ils opposerait toute résistance.

Deuxième problème, il y a quelque jours, les indigènes ont été attaqués et 2 d'entre eux ont été tués. Pour le moment, on n'en sait pas plus sinon que cela semblerait être un règlement de compte entre personnes.

Ils se trouve que la remise des terres et l'attaque des Yukpas ont eu lieu à un jour d'intervalle.

Des petits malins ont cru bon de mettre cette attaque sur le dos de .... Chávez.
Sauf qu'aucune preuve existe que ce soient des militaires (donc le gouvernement) qui aient organisés l'attaque, d'une part parce qu'ils n'ont pas de mobile pour cela, d'autre part parce que c'est la Garde Nationale, arrivée peu après sur les lieux, qui a tout de suite emmené les blessés à l'hôpital.

Mais c'est quand même ce que sous-tend le communiqué diffusé sur tous les réseaux “alternatifs” ce qui signifie au Venezuela plus gauchiste que les gauchistes.

Le problème est que ce communiqué n'a jamais été signé par aucune de ces organisations. Pour preuve, un des représentants du MST et de Via Campesina Brésil était présent à Vive et ni lui, ni les portes-parole officiels du MST n'ont jamais entendu parler de ce problème ni jamais signé quelconque communiqué. IDEM pour Via Campesina Brésil. Et après rapide recherche, rien de tel pour la MINGA, la CONAIE ou pour l'EZLN


Alors le camarade du MST écrit un contre-communiqué en urgence.
C'est moi qui l'ai traduis. Mais je ne me suis pas arrêté en si bon chemin.

Je commence à faire la chasse sur le net à ce faux communiqué pour donner un droit de réponse. Et là je découvre la puissance du réseau. Je vois d'abord que c'est parti très très vite en quelques heures ça inonde les sites d'info sur l'Amérique Latine, même si ça se restreint pour l'heure surtout à la communauté vénézuelienne anti-chaviste gauchiste, alternative. Je cherche un peu et découvre le site à l'origine du communiqué, vers lequel toutes les sources mènent : http://www.soberania.org/

Je vous invite à y faire un tour pour voir ce que c'est qu'un site de propagande.

Conforté dans mon jugement originel, je me lance dans la propagande à proprement parler. Et je vous assure que c'est un travail de fourmi qui créerait tellement d'emplois de devoir diffuser continuellement des contre-informations. Sarkozy devrait y penser. J'y passe deux heures, pendant lesquelles l'info continue de se propager. Mail, commentaires sur des blogs, tout y passe.

Enfin je commence à recevoir des mails de sites que j'ai contacté. Après vérification ils se rendent compte que leur source n'est pas sûre du tout et ils enquêtent. L'article n'est pas encore traduit ni en anglais ni en français. Ça y est le message est passé, les articles sont retirés peu à peu de certains site. J'ai propagandisé.

Je prends une pause et un café, c'est pas une vie propagandiste.

Cela me permet de réfléchir. Quand il s'agit de quelques imbéciles devant leur ordi qui utilisent le rayonnement symbolique du Mouvement des Sans-Terre pour faire de la propagande, il est toujours possible de contre-attaquer. Mais quand cette même propagande est l'œuvre de "journalistes" tout ce qu'il y a de plus officiels et professionnels, c'est éminemment plus difficile. Et le seule moyen de contrer la désinformation, c'est d'informer, mais différemment, en partant du terrain, du concret.

Alors je reprends mon boulot classique de traduction d'articles, aujourd'hui sur la loi organique du travail. Qui prévoit indexation des salaires sur l'inflation, création de régimes spéciaux pour les professions travaillant plus que la moyenne, augmentation des primes de nuit, de vacances, pour les jours fériés et qui étudie la possibilité d'une réduction du temps de travail, qui interdit les licenciements sans justification ainsi que l'externalisation des tâches. :http://www.larevolucionvive.org.ve/spip.php?article508

Quoi qu'en pensent les anti-chavistes les plus gauchistes, qui dénoncent à juste titre une bureaucratie d'Etat, ce pays avance, progresse, envers en contre toutes les oppositions qu'il affront, ce pays met en marche une Révolution et progresse vers le Socialisme.

Et là je fais effectivement de la propagande.

Vous vous en étiez doutés non ?

mardi 20 octobre 2009

la révolution par le golf

El lider bolivariano a eu une idée pour le moins saugrenue qui, assez étrangement, fait peur en Europe.

Chavez veut éradiquer le golf au Venezuela

Déjà là on peut se dire que c'est foutu, foin de révolution c'est le totalitarisme le plus absolu. Parce que la dernière fois qu'on a parlé d'éradication, c'était dans le Staline, Pol Pot et Mao. et le Fig le sait bien.

Donc peur du Figaro et peur sur la France puisque le Figaro n'a pas de journaliste sur place mais reprend les dépêches AFP des correspondants locaux, locaux au sens des journalistes de l'entre soi de journalistes dans un appartement de journaliste dans les quartiers riches de Caracas. Ou dans les locaux de l'opposition médiatique, c'est selon.

Maintenant, parlons d'information brute, et voyons ce qu'à effectivement déclaré le Grand Père du peuple :

"Le golf est un sport bourgeois"

AHHH stupeur et tremblement, le monde s'écroule. IN CRO YABLE ! le golf est un sport bourgeois. Mais c'est promptement révolutionnaire ça monsieur. La découverte du siècle.

Quoi on joue PAS au golf dans les barrios de Catia ou de Gramoven ? mais c'est incroyaaaaaable.
Quoi nous sommes une ultra minorité qui peut prétendre pouvoir accès à cette liberté fondamentale qu'est de pouvoir jouer au golf ? Et le tyran a

"Le meilleur terrain de golf au Venezuela est celui dans lequel on plante du maïs et sur lequel on construit des maisons pur le Peuple"

ALEEEERTE ROUGEEEEEE STALIIIIIIIIIIIINNNNE GOULAAAAAAAAAG

Et donc Chavez va fare fermer 2 terrains de Golf.

Et c'est tout ? pas d'emprisonnement, de torture, de massacre ?

Voulez vous mon avis ?

L'opposition de ce pays a beaucoup de chance car dieu sait que nombreux leaders politiques peu scrupuleux s'en seraient débarrassés depuis longtemps d'une manière ou d'une autre. Mais Chavez a l'intelligence de se comporter "démocratiquement" avec une opposition usant de tactiques quasi-dictatoriales (2002, 2003, 2005 ...)

Il ne les a pas expulsé, il a lancé un processus révolutionnaire envers et malgré cette opposition. Il n'a pas abattu les contestations, il a fait avec.

Soit la voie la plus difficile, puisque démocratique.

D'un point de vue extérieur, on pourrait penser que c'est plutôt un recul des libertés individuelles. Mais bon, il y a, au delà des libertés individuelles, la question de l'indécence collective.

Ainsi, l'existence ne me semble pas vraiment justifiée de dizaines d'hectares en pleine ville arrosés continuellement, soit gouffre écologique incroyable, alors que un bon quart du pays n'a toujours pas l'eau courante, et qui plus est un espace vacant quand on crève dans la ville pour trouver un logement, soit expérience faite près de 4500 euros à raquer en une seule fois pour trouver le plus petit studio.

Sachant que le salaire minimum, pas vraiment respecté s'élève à 1200 bolivars (moins de 500 euros)

Alors bon, vous connaissez le proverbe, "ma liberté s'arrête là où commence celle des autres". Je pense que la liberté des pauvres habitants opprimés du quartiers du Country Golf Club (qui existe réellement et c'est à voir au moins une fois dans sa vie) empiète un tout petit peu sur la liberté de survivre des pauvres de ce pays.

Et au passage, le tyran a aussi décidé de fermer l'hotel Hilton sur l'île ultra touristique de la Marguarita, île de riche pour riches, blancs, occidentaux.

Vla lbaleze ...


samedi 17 octobre 2009

De la vente à la sauvette aux salles de marché

Allez, pour finir ce détour par le quotidien, le billet sur les vendeurs à la sauvette.

La question de l'économie informelle est un problème majeur du Venezuela qui mine son développement économique majeur.

Non en fait non, pour une fois, pas d'inspiration, mais je vous ai promis un billet,

et puisque je n'aurais sûrement pas accès à internet avant un petit temps,
je me dois d'honorer ma promesse.

donc l'économie informelle. soit la vente à la sauvette.

personne n'a un angle d'attaque là ? non je demande juste.

L'économie informelle n'est pas formelle.Non ça c'est pas terrible.
L'économie informelle dans le formol, non plus.
Quelle formule pour l'économie informelle mouais ...

Faire simple, pour une fois.
Dans cette bonne ville de Caracas, il se trouve des gens pour vendre des choses.

Au sortir du métro, déjà ils attaquent.

avec les petits automates de chiots qui font ouaf ouaf et des petits chatons miaou miaou

(oui je sais mais là je peux plus reculer)

et autres délices de l'importation chinoise.

Plus loin ce sera le vendeur de colliers africains.

On croisera aussi le vendeur de bijoux, en toc évidemment, on va exposer 3 briques en pleine rue comme ça.

J'aime bien celui qui vend la méthode pour apprendre à lire 'les tables et la méthode" il est toujours au même endroit, juste devant la maison natale de Simon Bolivar.

Il y a aussi des vendeurs plus originaux comme ce vendeur de ciseaux, ou celui de brosse à dents. Il y a aussi ceux qui vende le peu qu'ils ont : un boulon, un clou, ...

Il y a les habits, pantalons, débardeurs, chaussettes,

Ah, il y a aussi des vendeurs de bouquins. Un qui est très prisé c'est celui qui vend ...
les textes de loi et les gens s'arrêtent et l'achètent.

Et les vendeurs de journaux, très clairement identifié :
d'un côté El Universal, Noticias del Dias
et de l'autre Caracas Info, Le courrier de l'Orénoque.
je vous laisse deviner qui soutien qui.

On croise également les EFE, les vendeurs de glaces et de ce qui ressemble à nos mister freeze qui arrivent à vendre un bâtonnet vanille tout simple bien plus cher qu'en France (10 bolivars, 4 euros). Habillés avec la pub pour la marque et avec soit une petite clochette, soit la musique cette éternelle musique qu'il faut entendre un jour si on ne connait pas les musiques des vendeurs de glaces.

Le pire c'est que ces vendeurs contrairement aux autres, il s'en trouve absolument PARTOUT. Au fin fond du quartier bourgeois où j'étais tout à l'heure en ballade, au sommet des collines de l'est, il y en avait encore un.

Il a aussi les vendeurs de nourriture, le matin c'est jus d'orange, pressé sur place s'il vous plaît !
Ou de croissants ... à la viande, plat courant au petit déjeuner.
le midi, ils vendent des parts de pizza, ou arepas, des galettes dans lesquelles ont met ce qu'on veut. Et le soir aussi ils sont là.

Toute la journée, ce sont les breuvages locaux, les jus d'abord, de noix de coco, de papaye, de fruit de la passion, la chicha, du lait et des céréales avec des épices, et tant d'autres.

... les vendeurs de fruits, pas de jus cette fois, avec "4 pastèques pour 3 euros" ou des fruits de la passion, "bien doux "

Yen a qui vendent du café, du thé dans des engins roulants dont on ne sait pas d'où ils sortent tellement les machineries sont étranges

Et au milieu de tout ça il y a ceux là, mes préférés

Ils se concentrent tous autour des sorties de métros, quelques dizaines de mètres plus loin.

Et quand tu passe, il lance leur cri :

OROOROOROOROOROOROORODOLLAREURO.

t'en a toujours une quinzaine qui couvent chacun quelques mètres carrés. Vingt mètre plus loin, panneau officiel interdisant la vente informelle, sur les murs de l'Assemblée, là personne effectivement, mais 20 mètres derrière, ils sont tous là.

Ca va très vite toujours. chacun son rythme, homme femme, vieux jeune, mais ils sont tous là devant les bijouteries et boutiques de luxe, entre l'Assemblée Nationale et la Place Bolivar a t'acheter de l'or.
Et te change tes dollars ou tes euros au taux de change parallèle qui permet avec 1 euro d'avoir 6 bolivar (au lieu de 3 à l'officiel) mais pour ça faut que t'ai les euros en liquide, et comme en bon occidental t'étais pas au courant, tu l'a dans le OROOROOROORO

Mais surtout ce qu'ils cherchent c'est l'or. Ca brille dans leurs yeux.

OROOROOROOROOROdolareeeeeuro

Parce que l'or sur les marchés financiers en ce moment c'est la valeur qui monte.

Étrange paradoxe que d'avoir ces vendeurs à la sauvette soumis à la dictature des spéculations des marchés financiers.