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samedi 13 février 2010

Brèves de canyon

Il est 21h ce vendredi. Je suis à l'hôtel à Puno. Demain je quitte le Pérou. Je pue je suis sale.
Je prend ma première douche chaude depuis 5 jours. Je me soigne. Je constate que les séquelles corporelles sont quand même plutôt profondes. 
M'en fous, la peau ça repousse.
Et malgré les coups de soleils sur les bras, ça m'empêche pas d'écrire

le bled en fête
Cabanaconde. Après 7h de route depuis Arequipa. Il est 8h du soir mercredi. Tout autour de nous c'est la fête, la joie. Nous arrivons en pleine célébration annuelle de la fête du village, perché au bord des falaises. Je me suis joint à des touristes français rencontrés dans le bus, moins horrible que la majorité pensais-je. Peine perdue. Ils ne parlent pas espagnol, ils ne danseront pas, il feront leurs touristes à se plaindre de tout et de rien. Ils sont là pour faire du « treck dans le Colca ». On boira une bière ensemble et je les laisserais lâchement tomber comme des chaussettes sales, sans aucun remord.

Toutes ces choses qu'elles disent
Au lever à 9h, dans cet hôtel pour lequel l'adjectif miteux est une qualité au vu du reste, nous prenons le petit déjeuner. Que de touristes venus sur le lieu, je suis là pour les mêmes raisons qu'eux, mais pas de la même manière, j'espère, là encore. Une musique tourne sur la chaine hi-fi. C'est TATU, groupe de rock féminin russe lesbien (ça ne s'invente pas), très fameux en Europe il y a ... plus de 7 ans. Je repense à cette bonne amie à Guanare, que j'avais rencontré à Noël dernier. Sa chambre était tapissée d'affiches du groupe. Et puis également ce pote de Toulouse, de science po, un fou de la braguette avec les mâles, actuellement à Vancouver au Canada, qui adore également ce groupe. Drôle de sensation en entendant ça ici, après avoir traversé routes, chemins, sentiers, pistes, et pire encore ...


El paisano
Il est dix heures et demi. Dans le village, je harangue un type du coin (un paisano) pour demander mon chemin. Il commence à s'énerver sur les touristes qui ne profitent pas des réelles richesses de ces lieux et de ces péruviens traîtres qui profitent de la situation. Plutôt d'accord, je m'énerve avec lui, on finit par en rire. Il m'indique une autre route, moins fréquentée, plus belle. Je croise quelques ouvriers en train de construire la route, des paysan locaux accompagnant leurs chèvres, leurs vaches aux pâturages, et plus  loin quelques autres travaillent la terre avec des bêtes de somme. La ruralité d'abord. Je trouve le chemin qui 'ma été indiqué. C'est vrai qu'il est beau. Plus long aussi mais ça je ne le découvrirais qu'ensuite.


Le bout du rouleau compresseur
Je vient d'arriver enfin en bas. J'ai doublé tous les groupes de touristes. Je voulais être seul, c'est gagné. 3h de marche pour descendre au cœur de ce Canyon du Colca. Les paysages sont exceptionnels. Je ne suis pas mécontent de moi. J'enlève mes chaussures sentant une vague douleur sous les chaussettes. Ça saigne. J'ai dû un peu trop forcer sur les suspensions plantaires en faisant la descente vitesse grand V. Je désinfecte en plongeant les parties atteintes dans le torrent de la rivière toute proche. C'est froid, ça fait du bien.


Co(l)catour.com
me  voilà dans un petit hameau coupé du monde, juste au dessus des falaises, en bas du canyon. J'ai marché 2h de plus pour arriver là. Je commence à être fatigué. Les pansements aux pieds ne suffisent plus à entacher le mal. Je croise d'autres groupes de touristes, je m'écarte de ceux-ci le plus vite possible et me cache dans un petit pâté de maison. J'appelle. Une vieille, la caricature de la péruvienne à pancho et habits colorés sort de sa baraque. Elle parle un espagnol avec l'accent quechua. Je lui demande si elle vend quelque chose à boire. Je repars quelques minutes plus tard, en sirotant une bouteille de Coca-Cola, à 5h de marche de tout point relié au monde par une route praticable. Les « miracles » de la mondialisation. Je suis à nouveau seul. Sur la route, je suis face à une intersection, je ne sais où aller. Je descends. Raté j'arrive chez une jeune fille, toute seule chez elle, qui m'explique que je me suis planté royalement. Ce ne sera qu'une demi heure de perdue. Je remonte, et je trouve un peu plus loin sur l'autre chemin, enterré dans le sol, un paquet de Haribo qui m'indique sur le chemin à suivre. Les bienfaits de la pollution touristique.


A la bonne sousoupe
Enfin, enfin cette fois j'y suis. J'achève la côte de San Juan à faire passer pour une blague le reste. Je m'écroule à terre pétri de crampe. Tordu de douleur, dans mon délire, je pleure autant que je ris. Je n'ai plus d'eau, plus de force, je viens d'achever la remontée de la deuxième montagne. 1000m de dénivelé en une heure. Il me reste encore 2het demi de marche pour arriver à destination. J'ai mal, partout, froid, en sueur, comme de la fièvre. Je déniche un peu plus loin une ferme. cochon dans un enclos, poules, des gamines qui jouent avec un bébé alpaga, et une femme à qui en échange de quelques sous m'offre des bouteilles d'eau fraiche et une soupe chaude.
Cette soupe, elle était pas bonne, pas digeste, avec des légumes pas assez cuits. Je la déguste brûlante et reprend le chemin. Sans cette soupe, il est certain que je n'aurais pu arriver au bout.


Se brûler les pieds pour arriver à l'oasis du paradis
Au loin on la voit, enfin. J'ai rejoint un autre groupe, avec toute nationalité, la descente est dangereuse, je supporterais, et ils parlent presque tous espagnol. Il nous faudra encore une bonne heure pour arriver tout en bas. Je me séparerais d'eux lorsqu'ils s'arrêteront faire une pause. Je cours presque à n'en plus pouvoir respirer. J'arrive. L'oasis. Et l'hotel. Avec ses cases. Et la piscine. Et un lit. Seulement 8h de marche presque ininterrompue. Et j'ai pas mangé depuis 12h autre chose que des biscuits. Je ris intérieurement ou extérieurement, je ne m'en rend plus tout à fait compte. L'eau est froide. Il n'y a pas d'électricité. Ni de papier toilette. On mangera une soupe éclairés à la bougie.


Un dernier sentier pour la route
Il est 5h 30, je refais mes derniers pansements et opte pour la technique de l'étouffement du pied à l'aide de vieilles chaussettes : si le sang n'arrive plus, je ne pourrais plus avoir mal. Erreur. Les coups de soleil de la veille mon brûlent dans le cou. On s'apprête à remonter, avec une française et son compagnon chilien et un couple de péruviens du nord du pays, tous les quatre voyageurs (et non touristes). 3H de marche en vitesse normale. On parie sur 5h au total étant donné notre état de fatigue. Eux n'ont fait que cette descente la veille, pas le grand parcours de 8h. Menfin ils ont bien morflé aussi.


Quand les mules nous prennent pour les ânes
6h. On a commencé à monter. Mais j'apprends alors que nos amis péruviens ont pris une incitative originale la veille : réserver des ânes ... ou des mulets, je suis bien incapable de faire la différence vu mon état. Je me retrouve évidemment sur la plus colérique qui dès qu'elle ne voit plus son maître à des poussées d'adrénaline, ce qui l'entraîne à courir et galoper sur les rochers cahoteux, à 10 cm du vide. Je fais pas mon fier. Me revient cette chute il y plus de 10 ans d'un âne, juste après l'avoir monté, celui-ci m'étant tombé sur la jambe et m'avait laissé une jolie entorse.
Ojala que no occura nada (espérons qu'il n'arrive rien)


Ce n'est qu'un début, continuons ... à marcher
Il est 8h. Nous venons d'arriver au sommet après 1h30 de grimpette à dos d'âne dans les sentiers sinueux du canyon. La mule s'est un peu calmée. J'ai un peu mal à l'entre-jambe mais à vrai dire je ne ressens plus de douleur ni rien. Juste épuisé. Je l'ai fait. Je ne sais comment. On croise les touristes déjà vu la veille arrivés à pied. Certains sont partis à 3h et demi du matin. On marche pour rejoindre Cabanaconde. Je peux vérifier que ma théorie de l'étouffement du pied n'est absolument pas efficace, bien au contraire. Pas le temps de s'arrêter, je récupère ma valise et en route dans le premier bus de 9h pour Chivay. Le voyage durera trois heures. Ce n'est pas un bus touristique. Je serais debout tout le long. La route est plutôt sinueuse. Enfin, entre les pieds meurtris, les bras et la nuque brûlée, pas le temps d'avoir mal au cœur.

A quelle heure on arrive ?
Arrivée à la gare routière de Chivay vers 11h. Je défais le massacre piedral et tente quelque chose de plus correct et moins serré. Ca semble plus efficace. On saute dans le bus touristique (avec le prix « touristique ») pour Puno, au bord du lac Titikaka (prononcer Titijaja pour faire local). Juste 5h de route. Les paysages sont extraordinaire. La route serpente à 4000 mètres. Je ne peux m'empêcher de penser « quel petit joueur ce mont Blanc ». Là où il culmine, ici l'on est en « bas ». dans deux heures ont sera au bord du Lac Titikaka, les paysages sont époustouflants. Il commence à pleuvoir. De toute façon il fera nuit, on verra demain.

Nasca, suivant ma ligne de conduite

Nasca. Petite ville. J'ai pas d'adresse alors je décide de faire confiance à une petite mamie, Maria, me proposant un hôtel pas cher et des excursions « touristiques ». Arrivé hôtel mirador, je retrouve enfin des sensations proches de la coordinadora Simon Bolivar, un lit, une table, salle de bain pour l'étage. Point final.
Je suis bien, enfin décontracté.
Les fenêtres sont juste des barreaux, on entend les voisins, les voitures qui klaxonnent.
Je dors comme un loir.

Au matin, je retrouve Maria à l'hotel qui me présente sa fille, charmante jeune femme de 16 ans, (qui en fait 22) elle aussi guide, et qui se chargera de m'emmener aux Lignes de Nasca.
C'est un des petits extras que je me suis accordé. Si tant est que je ne puisse être "immergé au coeur de la population" et que je sois obligé d'être assimilé touriste avec tout e que cela implique, autant en profiter pour voir des choses bien.
On arrive au petit aérodrome sur les coup de 8h et demi. Ciel très nuageux (pluvieux 2h plus tard), très blanc, (lui aussi décidément). Et c'est parti, un peu cher (50 euros) mais c'est du patrimoine mondial de l'humanité of the Unided States de l'ONU ! Ça rigole pas coco.

Ça dure 35 minutes. Ça chamboule un peu l'estomac. Mais y a pas a dire, c'est plutôt vachement extraordinaire. Des lignes tracées dans sol il y a .. longtemps, par on ne sait qui, mesurant plusieurs centaines de mètres, et représentant des formes semblables à des animaux.
La légende occidentale voudrait que ce soient des traces laissées par les extra terrestres. Les populations locales pencheraient plus pour un calendrier astral tracé par l'ancienne civilisation nazca. Oui, il n'y a pas que les incas, mayas et aztèques. Ici vivaient les Nazcas, civilisation hautement avancée sur la question de la maîtrise de l'eau, dans cette région désertique en mettant en place un système d'aqueduc vraiment sophistiqué. Aujourd'hui, c'est définitivement une civilisation éteinte.


Au retour, j'interroge la « gamine » qui me guide avec une question toute bête : est-ce qu'elle a déjà vu les lignes ?
Et la réponse c'est non. La raison : trop cher.
Idem pour le Machu Pichu, idem pour les sites précolombiens.
Et sa mère non plus. Elle fait ce boulot de plus de 30 ans. Jamais elle n'a vu ce qu'elle fait visiter à ces touristes.

Voilà peut être ce qui m'énerve tant chez les touristes. Parce que leur plaisir de voyager, de découverte, d'évasion, c'est le travail des populations locales qui doivent vendre leur patrimoine au plus offrant pour survivre. Traduction : les travailleurs (du tourisme) utilisent un moyen de production des richesses sans être propriétaire de ce moyen de production, et sans bénéficier des richesses, sinon recevant une compensation salariale. En somme : on parle juste d'exploitation.
Étonnant comment une théorie carlesque écrite il y plus d'un siècle a toute sa valeur aujourd'hui encore.

Mais j'exagère bien sûr.

Le touriste n'est pas responsable de la misère du pays. Et puis il donne tant d'argent, quelle générosité !
Et puis ils en profitent ici, ils font monter les prix suivant la blancheur de la peau !
Ce sont EUX qui sont les COUPABLES de leur propre misère !

Au Venezuela, en tant que touriste, t'es pas bien accueilli. Insécurité, pas de structure appropriées.
Hormis les « lieux touristiques » (îles de Los Roques, Marguarita, Salto Angel ...) , le pays n'est pas accueillant.
Et c'est tant mieux.

Au Pérou se sont abattues des pluies torrentielles sur la région de Cuzco.
Le Machu Pichu est fermé pour deux mois.15 000 emplois sont directement menacés et avec eux indirectement une grosse partie de l'économie régionale.
C'est ce que me disait le taxiste à Lima : « ici comme dans toute l'Amérique Latine, on a des matières premières, mais on ne manufacture rien, ce sont les entreprises étrangères qui le font, et qui nous revende notre propre produit bien plus cher. Il nous faut construire une véritable économie productive ». Faut croire qu'avoir une économie d'extraction et dépendante du tourisme ne soit pas la panacée. Mais puisque ça crée du travail  ...

« Je ne suis pas coupable d'être occidental » me disait quelqu'un avant de partir.
Je suis en revanche responsable de la reproduction par mes actes des modes de domination de l'Occident.

Je sais, je radote, mais j'ai jamais dit que ce passage ne serait pas politique ...

mardi 9 février 2010

Les touristes, c'est pas le Pérou

Arrivé à Lima sur les coups de 8h du matin.
Aéroport tout tranquille, avec une somme de taxiste qui t'attendent à la sortie .. normal pas de transport en commun pour aller en ville.
J'en prends, qui me fait également office de guide touristique.
Et on commence à parler de l'histoire du pays, des problèmes actuels, de la colonisation, des Incas, etc ...
On arrive finalement à un hôtel que ce brave taxiste m'eut conseillé :
la Posada del marquez, traduction : l'auberge du marquis.

C'est vrai que c'est pas totalement faux, et autant le prix me semble légèrement élevé, mais n'ayant pas d'autres repère je fais confiance, autant il faut avouer que WOUAH ! La classe.
Immédiatement, j'entreprends d'essayer le lit, et fait la sieste.
Je tenterais ensuite la douche avec 3 shampoings de différentes parfums.
Midi, enfin propre, je sors pour de découvrir les alentours..
Après avoir fait près de deux cent mètres j'ai une subite envie d'éructer des jurons vomitifs aux passants :
tout est écrit en anglais, italien, français, des blancs, à gauche à droite, des allemands, des américains, des brésiliens pas bronzés, des blancs, partout. Des européens, des américains, des argentins. Je suis dans le quartier Miraflores, qui est le quartier ultra touristique de la ville. Mal tombé.
 
J'entreprends de m'éloigner un peu.
A gauche pizzéria, à droite crêpe bretonne. C'est une sorte de cauchemar où l'on fiat 10 000 km pour retrouver ses voisins. Les feux rouges  sont minutés, les voitures sont cossues, les habitations grillagées, je trouve même à quelques pas des casinos ...
bienvenue dans l'ex grande cité de l'Empire Inca.
Et tous ces touristes dédaigneux, avec leur air de touriste en « vacance » traduction « toi agrémenter positivement confort et me laisser poser mon gros cul chez toi à moi sinon moi pas claquer bezef ».

Je hais les touristes. Ce n'est pas pour rien que j n'ai visiter quasiment AUCUN lieu touristique au Venezuela, Pantheon, musée, NIET, j'ai juste grimpé au pic Avila à Caracas et ça m'a suffisamment traumatisé de croiser là haut plus de boutiques que dans n'importe quelle rue commerciale de la ville.

Le touriste : c'est quelque chose que je n'arrive pas à comprendre

Faut bien faire gaffe sur le mot hein.
Je parle pas de l'aventurier, qui en gros prend un sac, une gourde, parle pas un mot de la langue et va s'immerger dans une zone qu'il ne connait pas et où il n'est pas forcément le bienvenu, et qui parfois prendrais même des risques.

Je parle pas non plus du voyageur, ce que j'espère être, qui tente de découvrir un peu ce qu'est le pays dans lequel il est, en parlant si possible la langue et en essayant de s'acclimater aux manières de vivre locales.

Non, le touriste est une espèce à part, et pas en voie d'extinction malheureusement.
il sera sur des sentiers balisés, les « lieux touristiques », il sera dans les hotels pour touristes, avec un guide touristique.
Visiter seul la ville, errer dans des quartiers non touristiques sans objectif précis ? Pensez vous ! Avec ses lunettes de soleil et son appareil photo au cou il pourrait être agressé ! C'est qu'ils sont pauvres ici, et donc ils n'ont qu'une idée : voler le riche touriste.
Soyons en conscients, qui est touriste ? Quelle catégorie de personne à la moyen de se payer un voyage autour du monde ?
Un prolo de chez Continental ? Un paysan de l'Aveyron (sauf José Bové) ? Au mieux un type des classe moyenne, beauf ou pas, avec sa femme et ses gosses, au pire un groupe de vieille mamies bourgeoises, avec leur « ah ben oui mais quand même hein, c'est pas tout ça mais il faudrait trouver un lit un semblant plus confortable ». c'est pas une blague, j'en ai croisé ce matin, elles venaient de Châtillon.

Avec un peu de chance on croisera un autre qui trimballe son guide du routard. Qui tente de faire cool, voyageur etc ... mais qui au fond suit exactement es mêmes sentiers balisés que mamie et papy en croisière sur le Nil. J'en rajoute ?
Sont pas tous comme ça ? J'espère bien. Sinon je suis foutu.
Mais il faut bien avouer que la grande majorité sont assez puants.

Ou s'il est hype, avec couchsurfing, qui comme son nom ne l'indique pas consiste à se faire croire qu'on découvre un pays en allant chez des gens qui sont internationalistes, branchés sur le net, bilingues, ouvert à l'accueil permanent d'étrangers et ayant de l'espace pour cela, et acceptant de faire visiter la ville, et jeunes. Soyons sérieux.
D'ailleurs les seuls couchsurfeurs rencontrés au Venezuela, au demeurant bien sympathique, avec qui j'ai pu visiter quelques bars sympa, étaient tous sans exceptions anti chavistes. Représentatifs me direz-vous.

C'est un fait je n'aime pas le touriste, quand bien même j'en sois actuellement un.

Je me ballade dans le quartier Miraflores et tente un contact langagier avec une autochtone tenant un guichet d'office de tourisme pour qu'elle m'indique un restaurant où l'on ne croise pas de touriste. Elle me déniche un petit troquet bien tranquille un peu à l'écart. Avant de partir, petit mot sur le livre d'or, indiquant si le conseil a été « beaucoup » « très » « moyen » « peu » utile.
Je peux alors enfin rencontrer des gens, qui parle péruvien et non castillan, avec les accents et les gueules qui vont avec.
De courte durée. Viendront se pointer dans ce même troquet un couple de touristes allemands qui comme on le sait, le touriste allemand parle allemand, fort et est gros. Ca n'a pas manqué.

Je décide de dégager vite fait de là en prend le premier bus pour sortir de la ville. Sauf que la compagnie qui fait les longues distances, Cruz del Sur est une compagnie de touristes. Résultats en attendant au guichet je croise 2 québécois, 3 belges et 5 français. Je commence à désespérer.
Dans le bus, un confort digne d'une 1ere classe surclassée, plateau repas, siège / lit, rafraichissements, air conditionné. Et hôtesse de bord qui présente les consignes de sécurité dans une tenue .. d'hôtesse.
Avec écouteurs et films, américains bien entendus. Un blanc qui quitte son boulot parce que ça l'emmerde, une blanche qui sauve un noir de la misère, et des gentils mutants qui sauvent le monde des méchants mutants.
Bref typiquement local.
Et l'on suit la route panaméricaine. Et l'on traverse le désert. Oui désert, vraiment, avec une petite côte pacifique et quelques espaces verts puis le déserts puis les montagnes.

Au soir, arrivée à Nasca. Dans la rue, il y a moins de blancs que de péruviens. Sauvé ?

lundi 8 février 2010

La Colombie ne fait pas le moine

Le pont franchi, j'entre dans un nouveau pays, inconnu.

La Colombie on le dit et le sait, est un pays démocratique, où règne l'ordre, et où la population ne souhaite que sa sécurité et lutte courageusement contre les terribles guérillas des FARC-EP (pyuisque c'est leur nom : Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia - Ejercito Popular) et de l'ELN (Ejercito de Liberacion Nacional).

j'entre donc dans ce pays terriblement démocratique.
D'emblée ce qui surprend, c'est l'ordre. c'est propre, rangé, les limitations de vitesse sont respectées, il y des policiers un peu partout, même qu'ils sont extrêmement aimables, polis.
Certains diront " ah ben ça change des vénézueliens !". je dirais juste que la révolution bolivarienne est ce qu'elle est, soit foutraque, bordélique, parfois hasardeuse. Mais révolution quand même.

Ici point de révolution. Ordre et liberté, la devise de l'armée. On peut leur faire confiance.
Après avoir pris un mini-bus, qui respecte  étrangement le code de la route, j'arrive au terminal, où un type m'offre une réduc de 50% sur le billet en échange d'une petite compensation. Service rendu entre bons amis en somme.

Billet en main, je grimpe dans le bus juste avant son départ.
Confort, ceintures de sécurité, peu bruyant; On est bien.
Je remarque juste un numéro à l'arrière suivi de : "dites moi comment je conduis". Et à l'avant un compteur, qui indique aux passagers la vitesse suivie.

Et on part, on dépasse pas les limites, la route est plutôt en bon état. 
Premier arrêt : douane. Contrôle de routine. Sauf qu'un contrebandier s'est glissé dans le lot. DVD, TV, Hifi, venant du venezuela, moins cher (malgré la terriiiiiible inflation), pour être revendus en Colombie.
Douanier signifie guerrier sous apparence policière armé d'une mitraillette dans le dos. Accueillant.
Ils ouvrent la soute. Ils déchargent quelques valises et les mettent à l'écart.
La mienne.
non
Il vont ...
pas possible.
ils vont trouver ma casquette à étoile rouge, m'emprisonner, me livrer aux paramilitaires, je suis foutu ! Je prépare déjà mon discours pour la vidéo de la séquestration et la demande de rançon.

Non en fait 'est juste qu'il y avait 4 autres sacs de contrebande cachés derrière.
je suis profondément déçu.

Après une heure et demi, le type reste sur place, il aura 72h pour fournir les preuves d'achat, sinon il sera l'objet d'une procédure judiciaire.

Et l'on repart. Tranquillement sur des routes de plus en plus montagneuses et sinueuses et cahoteuses.
Jusqu'à arriver au deuxième point crucial du voyage.
Dans une descente digne du col de l'Izoard, la foret en contrebas en plus, le bus s'arrête. Plus bas des lumières  clignotes, les voitures éteignent les phares.
cette fois ça y est, j'en suis sûr, c'est la guérilla, je savais bien que le voyage était pas sûr.
Et je l'avais déjà prédis cette nuit dans un rêve prémonitoire. séquestration misère, et puis je vais même choper le paludisme si ça continue dans cette jungle hostile avec l'armée colombienne qui nous bombarde à tout bout de champ.
On s'approche ... arrive au coin du tournant. 
BAM
Eboulement de terrain. une canalisation d'eau en surplomb percée et un bout demontagne est tombé. 
Alors, ben on y va tous, enfin certains plus que d'autres. Les chemises blanches un peu moins, soit les  chauffeurs de bus, quelques autres et moi. On me tane : Hé Gringo, arrête de prendre des photos, viens filer un coup de main. Je réponds que ma chemise en tweed anglais risque d'être endommagée par le contact avec la surface telurique d'une boue dégueu.



Et j'ajoute que je suis aps gringo, mais zeuropéen.



Et comme les Colombiens sont des perfides soldats de l'Empire, fanatique de cocaïne et de sécurité :


"tu sais ici, les gringo, (les zétasuniens) ils ont font 3 choses : 
ils prennent les richesses, 
ils construirent des bases militaires 
et ils font du commerce de drogue".
 
Bon après il enchaine un couplet enchanteur sur l'Europe qui les aide au développement, je modère ses ardeurs. 
On finit par en sortir. 3 heures plus tard.

plus tard, j'écoute des conversations au téléphone dans le bus histoire de m'habituer à l'accent :
" tu vas là-bas ? bon alors fais bien attention, tu sais comment sont les choses" (...)
"Et n'oublie pas que ... tu sais bien".


En Colombie, le dernier président a été élu avec un taux de 60% d'abstention, il est un des plus gros narcotrafiquant du pays : il s'appelle Alvaro uribe. Le même qui a vendu son pays aux Etats-Unis en leur offrant sur un plateau sept ases militaires, "pour lutter contre le narcotrafic". On imagine bien le type se rendre dans la base américaine : "coucou, emprisonnez moi, je suis un narcotrafiquant". Soyons sérieux, c'est une nouvelle forme 'intervention pour reprendre le contrôle de l'Amérique Latine, c'est juste tellement évident qu'il faut quand même le dire.
Le même Uribe qui a une solidarité féroce avec les paramilitaires, dont sont plus que très proches certains membres du gouvernement colombien, et pour qui il a gentillement crée une loi d'amnistie. Ces paramilitaires qui sont responsables de 70% des assassinats et enlèvements en Colombie. Les guérillas c'est 30 %.

effectivement, on verra des manifestations mondiales contre les terribles criminels FARC. Mais on entendra moins de monde  pour se mobiliser contre le paramilitarisme.
Pas principalement par blocage idéologique. Tout simplement par sécurité physique.


j'arrive à Bogota après 17 heures de route depuis Cucuta. Une ville ultra moderne, bien carrée, bien rangée, bien propre, bien sécurisée. j'y reste que très peu, le temps d'appeler un ami, qui m'explique qu'il doit partir, je dois faire gaffe, avec les élections (sénatoriales) c'est très tendu dans la ville et dans le pays.
On me rétorquera que la criminalité a fortement diminué et que la ville al plus dangereuse est Caracas. Certainement, pour les touristes, ça doit être Caracas, pas super accueillante pour le chaland international.
Mais pour les gens qui y vivent, Bogota est bien moins sûre. 
la criminalité, la peur, elle existe, même si elle n'est pas visible. Elle est souterraine.
L'ami travaille dans les questions de droits de l'homme, et les réunions qu'il tient sont clandestines. SInon, il a des chances de se faire butter.
Oui parce qu'il bosse pour les droits de l'homme.


J'ai oublié de vous dire qu'ici les mots "révolution bolivarienne", "socialisme", "lutte des classes" sont interdits. pas par principe. Par sécurité. On retire la casquette à étoile rouge, les T-shirt compromettants. Le mieux c'est même de ne pas parler de politique.On vote quand on nous le demande et on se tait,Ou alors on en parle mais très doucement, que "l'on" ne vous entende pas.
Et si l'on vous entend, vous en aurez les conséquences à subir.
et puis tout ira bien, tout ira bien.


finalement je retourne à l'aéroport, ce même aéroport qui avait été mon point d'entrée sur le continent. Toujours le cireur de pompe. Cette fois maitrisant la langue, je peux discuter avec les gens, de tout de rien (sauf de politique) et j'ai désormais 5  nouveaux points de chute en terre Colombienne au cas où je repasserais par là.

je passe une nuit dans cet aéroport. Toujours aussi peu confortable le siège en bois, mais ça remet en place les 3 vertebres déplacées pendant les ... 26 heures de bus depuis Mérida.
Au matin, tôt, très tôt, 6h du matin, je décolle pour Lima.

dimanche 7 février 2010

Derniers instants avant début du commencement de la suite

Me voila parti donc. 
15h de trajet, de nuit. Au matin, arrivée à la première étape : Mérida, 
Une ville du sud ouest du Venezuela, au pied des montagnes, et du Pic Bolivar, 4981 mètres.
Une ville bien différente pour qui a vécu un peu à Caracas.

c'est calme, pas violent, peu bruyant, posé, tranquille.


C'est plutôt propre, assez touristique bien qu'il n'y ait pas une foule incroyable.
Une ville contrastée, ni chaviste, ni antichaviste, ils veulent ici l'unité national, ils en ont assez de voir le pays être divisé.

symbole inconnu suivi de 
"Regarde ! c'est comme ça que Cavez s'en va !"
Etudiants de l'Université des Andes pour le Oui
 (Je précise que l'opposition n'est pas beaucoup plus fine dans ses représentations symboliques)

Une ville où deux étudiants ( un chaviste et un anti) se sont fait butter dans les manifestations suite aux récentes mesures prises de suspension de 6 chaines de télé câblées pour non respect de la loi, donc la fameuse RCTV.

Mérida c'est fleuri, des fleurs longtemps que je n'en avais pas vues, de toutes les couleurs. Ca a beau être la ville la plus froide du pays, il fait une bonne petite chaleur.

Un jour, pas plus, juste le temps de flâner. De croiser cette place Bolivar avec ses artistes ressemblant à s'y méprendre à Montmartre.
Ou ce quai de rivière tendant vers les quais du Rhone.
 
Et le lendemain c'est repartit, tôt, croyais-je, 10h, pour San Cristobal, 7h au sud ouest. Pas encore la frontière.

La route, c'est un avalanche de paysages, désertiques, boisée, forestiers, mointagneux, de toutes les couleurs.
Arrivée à San cristobal, grande ville, pas de bol, c'est au moment de la coupure d'électricité, donc des feux tricolores ... un sacré merdier dans les avenues.

On sort de bus et monte dans un autre, un micro comme ceux de Caracs, petit inconfortable et bruyant. Direction San Antonio, qui marque la frontière avec la Colombie.
2h et demi au lieu d'une. J'y arrive à 8h du soir.
Passage à l'office de l'immigration, dernier perro caliente et dernière discussion politique avec les vendeurs avant de quitter le pays.

J'ai préféré parcourir le demi kilomètres qui me sépare de l'Autre Pays, à pied. 
En traversant un pont. Un simple pont.

Je me retourne une dernière fois. Je suis rassuré. 
De toute façon, il serait présomptueux pour moi de ne pas l'être.
Ils n'ont pas besoin de nous. Ils mènent leur vie, je ne suis que de passage, et bien qu'ayant activement participé durant mon séjour, je n'en reste pas moins un élément extérieur, observateur, de passage. Comme tous ces expatriés français.

Ils n'ont pas besoin de nous, ils savent très bien la faire leur révolution, à leur manière, certes avec des aspects très dérangeants pour nos petites consciences occidentalo-centrées. Mais de toute façon, ils en ont un peu rien à faire de savoir qu'un tel ou tel groupuscule gauchiste les critique sur tel ou tel point.
Et puis elle y est la dynamique, ces gens, cette chaleur humaine, cette humanité, ça existe.


Rassuré, je passe sous l'arche marquant l'entrée du pont avec une dernière banderole :
"revenez vite dans la République Bolivarienne du Venezuela, terres de grands progrès"

Je marche droit devant. Non pas que j'y tourne le dos. Au contraire. 
C'est juste que cette fois ... c'est fini.

En avant.

mardi 2 février 2010

Alors, c'était comment ?

On a dû me poser 20 fois cette question cette semaine, et plus de 15 en ce jour.

Évidemment, c'est un petit peu logique. vu que je pars demain, enfin presque.

Comment c'était ?

Au soir, je quitte Caracas. 12 h de route plus loin, j'arrive à mérida, petit plaisir de touriste avant de s'en aller.
Non, pour ceux qui demandent, je ne vais pas enquêter sur la mort des 2 étudiants dans les manifs de ces derniers jours. Je suis réellement en voyage, non plus au travail.

C'était comment ?

c'était bien, oui bon mais encore ? très bien, exceptionnel, fantastique, incroyable...

Un jour à Mérida et ensuite direction Bogota, en bus branlant passant par des zones où il ne fait pas bon être touriste, ou autochtones. On va espérer qu'il n'y aura pas de problème. j'ai survécu à un mois et demi au 23 de Enero, je peux bien traverser des zones tribales ?

Et ben, dis, c'était comment ?

Des images qui reviennent.

Cette nana, à Gramoven, casquette rouge, t shirt rouge, pantalon rouge, rouge à lèvre rouge. pas plus que 17 ans. Un sourire rouge, avec en gros sur sa poitrine : SI CHAVEZ. 
Ces chavistes, partout, cet amour pour un homme, prêts à mourir pour leurs (ses?) idées. Et cette humanité sans limite pour autrui.

A Bogota, on passe une journée on en profite pour voir des gens qu'on verra jamais ailleurs et puis ensuite avion, direction le Pérou, Lima.

Ou ce jeune allemand, en brigade internationale, rencontré à la Coordinadora Simon Bolivar, beau, blond, musclé, sûr de lui, trotskyste, qui n'a réussi au Venezuela qu'à internationaliser son sexe avec toutes les révolutionnaires du quartier. Tous ces beaux parleurs qui ne s'écoutent que parler. Incapables d'écouter le réel qui s'offre à leurs yeux. j'ai failli en être il fut un temps.

Lima, on y passe une journée, pas envie de rester en ville. Immédiatement, montée dans un bus direction le sud, la route panaméricaine, en évitant d'aller jouer touriste à Cuzco, Machu Pichu, aussi beau que ce soit.

Alors c'était comment ici ?

Y avait aussi ces gosses à Guanare, le soir du jour de l'an, s'amusant à jeter des pétards. Les gosses ici, y en a partout, jouant, criant, ça nous change de la maison de retraite France. Pays jeune, y a de l'avenir. On prendrais presque un coup de vieux à presque 20 ans.

On arrive ensuite dans une zone rurale, visitant les Canyons de Colca, pourquoi ? Pourquoi pas ?

Et ce type à Maracay. Un qui était tout jeune quand la dictature est tombée en 1958, et qui dans les années 80 à rejoint les autres dans les montagnes. Un guérilléro, qui participera au coup d'Etat de 1992. Il ira en prison, sera torturé, libéré, suivra Chavez, aujourd'hui travaillant dans un média communautaire. le même totalement bourré dans cette voiture, faisant tomber sa bière sur mes genoux rouges feu des coup de soleil.

Quand est-ce que tu reviens ?

Après cette escapade, c'est repartit pour Arequipa, une ville belle, ça changera de la grande Caracas. Deux jours. Puis direction Puno, qui comme le dit si bien celle qui m'a conseillé ce chemin : "Puno, c'est ... Puno quoi". Et puis si on a le temps, une ballade sur le lac Titicaca.

Y a eu aussi cette nuit au Mani, LE bar à salsa dans les quartiers courus, incapable d'aligner deux pas de danse, plus occupé à vivre cette effusion générale salsera au son des trompettes et percussions. Ou ces nanas de l'Oriente, aux blagues machistes à faire rougir les mecs, les vrais.

Du Titicaca, on retourne sur terre, au Pérou ou en Bolivie, suivant où le vent nous portera. En quelques heures on est à la Paz. La paix ? pas de suite. Juste une journée pour visiter la capitale la plus haute du monde, et puis il faudra déjà repartir.

Que restera-t-il du Venezuela ? Des émotions, des gens, des rencontres, des contacts, un peuple debout et digne, un pays chaleureux et accueillant, qui avance propose et réalise ses rêves.

Au 15 février je serois arrivé à Riberalata, dans le département Beni.
Ca ne s'invente pas une telle escapade bolivarienne.

Un Venezuela auquel on dédiera cette chanson douce, pour un peuple vaillant :

Le larmier des salines
couvre toutes les terres
Il clame la vie 
et lui donne cent ans, 
mais il ne se passe rien.
 Ma douce terre ...

 
Quand est-ce que je reviens ?

samedi 12 décembre 2009

La Gaviota (2) : autogestion et festival culturel


Mais où sommes nous donc me direz vous ?


La Gaviota est une fabrique de conserves de sardines et de fruits de mer. Une usine qui emploie 330 ouvriers, majoritairement des femmes, qui distribue les sardines en conserve dans le pays.
Il y a 6 mois ces travailleurs ont commencé une lutte pour obtenir la nationalisation de l'entreprise. Condition de travail difficile, faibles salaires, exploitation des gérants. Les ouvriers effectuait alors les deux 12, en non pas les trois 8, en étant payé la moitié des (au minimum) 58 heures de travail hebdomadaires.Comme chaque fois dans ce cas, le gouvernement a pris une mesure d'occupation temporaire afin de mesurer la viabilité de l'entreprise et si elle est d'importance à l'économie nationale, dans le cadre d'un programme de souveraineté alimentaire.


Après quelques mois de lutte, le gouvernement a accepté rapidement la nationalisation.

Ce 5 décembre 2009 est la date où l'usine est officiellement nationalisée.

Mais pas dans n'importe quelle condition car comme nous l'explique un des ouvrier, l'usine est totalement gérée par les ouvriers. Il n'y a pas de patron, un simple comité de coordination. ils sont arrivés à s'organiser pour les commandes, les contrats, les ventes. Les pêcheurs du coin livrent la matière première, les travailleurs font leur travailleur de mise en conserve et les produits sont exportés sur les marchés locaux, mais également dans tout le pays via les réseaux de distribution à bas prix Mercal et Pdval.
Dans cette organisation, ils ont réussi en diminuant la production de 50% pour retrouver un niveau de pénibilité du travail acceptable, en réorganisant la structure avec des salaires garantis pour tous et non plus au fonction du rendement, avec tout cela, ils ont encore un bénéfice record et peuvent s'octroyer à tous un salaire de 2500 BsF mensuel, presque le triple de leur salaire antérieur.

Nous sommes donc dans une usine nationalisée ET autogérée.

Alors, pour fêter cet évènement exceptionnel, les ouvriers et les communautés de Cumana ont organisé un festival intitulé : "la Gaviota a fait le saut vers le socialisme"


Comme dit précédemment, l'usine accueille la salle de bataille socle et les ouvriers sont aussi investits dans la vie de quartier, dans le PSUV et des les luttes sociales extérieures.

On se réveille sous le coup de 16h. Beaucoup de monde est arrivé. On voit défiler les camionettes et descendre les groupes de musique et de danseurs.

Programmé à13h, le spectacle commence à 16h30.

La musique commence.

Un groupe de danseuses folkloriques de musique traditionnelle vénézuelienne nous fait une démonstration de robes de couleurs et de mouvements pleins d'allégresse.
Vient ensuite sur scène une chanteuse locale, apparemment très connue ici, qui dans un sanglot d'émotion déclame un chant composé à la gloire des travailleurs de la Gaviota.


Puis vienne le tour des jeunes de l'école de danse de Cumana. Devant nous une démonstration de sensualité, de rapidité et de maitrise ..

... Le joropo, danse traditionnelle des llanos, les plaine du centre, une danse majestueuse, avec les tenues qui vont avec.


Puis c'est le tour d'une groupe de la gaïta, chant traditionnel de noël, venu de Maracaibo, dans l'Ouest, devenu culture nationale, sauf qu'ici il n'y a que des femmes qui chantent et elles parlent de socialisme et de la Gaviota.


Peu après vienne un autre groupe de danse, cette fois des enfants, qui procèdent aux aussi un joropo endiablé, au milieu d'une coupure d'électricité du secteur.


Entre chacune des chansons, les organisateurs remettront un titre de reconnaissance aux groupes. Les pauses et les installations de chacun des musiciens laisseront un laps de temps disponible pour des lectures, déclarations ou poèmes en tous genres. Il y en aura à la fin de chaque chanson.

Je me souviendrais longtemps de ce musicien, ouvrier de la Gaviota, timide et tremblant, amené sur le devant de la scène guidé par la main, prenant le micro et déclamant un poème de sa composition, qui fit l'effet d'un soufflet qui s'abat sur nous et nous laisse cois d'admiration.

Il y a aussi cet autre ouvrier qui au moment de débuté une chanson, prendra soudainement le micro et déclarera la Gaviota "base de Paz, base de paix contre l'impérialisme yankee dans Notre Amérique".
Je discute avec mon voisin, lui parle du 23 de Enero, il connait, évidemment.

Viendront ensuite des mariachis (chanson traditionnelle mexicaine) vénézueliens, avec leur chanteur complètement ivre qui tentera en vain de nous convertir à une secte protestante évangéliste, tout en chantant horriblement faux. Moment de fou rire collectif mémorable.


Et puis viennent des groupes de jeunes, de Caracas, du reggea, du rock, on change de ton.
Lorsque ... (à suivre)

jeudi 10 décembre 2009

La Gaviota (1) : sur la route de Cumanà

A l'origine, une nouvelle lubie de notre camarade de Vive, nous faire voir du pays.

Et le voici qu'il nous parle d'une entreprise nommée La Gaviota qui va être nationalisée officiellement le jour même et que ce serait bien qu'on y aille, admettons.

Nous, c'est le camarade toulousain Maxime Vivas (écrivain, auteur notamment de la Face Cachée de Reporters sans Frontières) et moi même.

Il est donc 6h du matin quand nous quittons Caracas pour Cumana, dans l'Etat de Sucre, à 8h de route (en comptant les heures de bouchons).

Voyage cahoteux avec des nids de poule en plein milieu des "autoroutes", si gros qu'on parlerais plutôt de nids d'autruches, mais pas chaotique pour autant. Quelques arrêts dans les panaderias (boulangeries) pour touriste, à vous faire regretter les mêmes des quartiers chics de la capitale pourtant déjà excessivement chers.

Nous traversons l'Etat de Miranda, descendant les collines vers les plaines verdoyantes. Puis la forêt touffue, ou jungle, ou ne sais plus, avec les vendeurs de fruits, bananes, fruits de la passions, mandarines, ...

Voici un péage, le seul, nous payons quelques centimes. On croise des postes de péages sur toutes les routes au Venezuela mais il est rare que ceux-ci servent encore à leur usage premier. les routes du Venezuela appartiennent elles aussi au domaine public.

Nous voici dans l'Etat Azoantegui, avec ses grandes plaines entre plaines semi-désertiques, faisant penser au Mexique, avec les cactus au bord de la route, sous un climat chaud et sec.


Puis une lagune, bleue océan, calme, au bord de laquelle j'ai appris par une traduction du début de mon séjour qu'il s'y trouve une coopérative socialiste de pêche. Invisible à l'oeil de l'autoroute mais bien réelle

On roule, roule, et on passe devant les puits de pétrole, le cœur de la richesse de cette nation. Cette richesse qui est aussi source de beaucoup de problèmes, comme un cadeau empoissonné. Rien n'est possible sans, mais on ne put rien faire tant qu'il est là. cette richesse qui appauvrit. Encore un paradoxe. pas des moindres.

On traverse les villes, on arrive à Barcelona, eh oui ici aussi, et on reprend l'autoroute.

Puis voici Puerto la Cruz, à la limite avec l'Etat Sucre, une ville clairement touristique et nous commençons à grimper les montagnes pour suivre la route du bord de mer et redescendre vers notre destination, avec tout le long vue sur la mer, la côte, les plages, qu'on dit ici encore plus paradisiaques qu'à Choroni.


Enfin, nous finissons notre périple et derrière les collines on arrive à Cumanà, une cité balnéaire, hôtels, plages, vendeurs, tout pour les touristes. Sauf que ce n'est pas précisément le motif de notre visite.


En bon gauchistes, nous sommes une fois de plus là pour suivre le processus révolutionnaire à partir de la base (révolutionnaire). Et évidemment, nous nous concentrons dans les lieux où ça marche afin de généreusement collaborer à la (honteuse) propagande chaviste.

Nous arrivons sur place sur les coup de 14h. On passe le portail et nous entrons.

Un immense espace s'offre à nous, avec devant une grande usine, plutôt sobre, même austère, s'il n'y avait devant tout un petit monde s'affairant à monter une scène de spectacle, et ces gens discutant tranquillement sur les chaises installées devant la scène.


Au dessus de la scène, cette photo, si explicite, et pourtant ce n'est que plus tard que nous comprendrons un peu mieux de quoi il s'agit vraiment. "La Gaviota alzó el vuelo al socialismo"


Je retrouve Rafael, notre contact, que j'avais rencontré Fama de America quand ces ouvriers étaient venus jouer pour ces autres travailleurs en lutte une pièce de théâtre sur leur combat. Embrassades chaleureuses, présentation de tout le petit monde. Il y a là des ouvriers et ouvrières, des militants sociaux, des membres du conseil communal, des représentant des fonds d'aide du gouvernement.

Devant nous la scène, derrière nous et plus loin dans la place, un bâtiment plus petit avec des groupes s'affairant devant. On se rapproche.


On se trouve face à la Salle de Bataille Sociale "Subversion Caribe", un lieu où peuvent se rassembler les conseils communaux, les commissions, les lutteurs sociaux.

Devant, une sono crache à plein poumon la voix d'Ali Primera et ses chants populaires et révolutionnaires.
On entre dans les lieux et on nous dirige vers les cuisine où les ouvrières et les ouvriers de l'usine préparent la hallaca, le plat de noël au Venezuela, et nous en offre une immédiatement, que nous dégustons avec saveur.


Étant passablement épuisés, Rafael nous désigne en souriant des matelas stockés dans un coin et nous nous écroulons dans une sieste réconfortante.

(to be continuar)

dimanche 29 novembre 2009

La vie ... le rêve ... et la vie



La situation,
- un bus, une buseta, un poil plus grande que les habituelles citadines avec un moteur ronflant à décoiffer un tracteur
- un klaxon, bruyant, utilisé pour dire bonjour à la voiture en face, engueuler celui qui va trop lentement, remercier celui qui laisse passer, signaler sa présence ou pour le fun du chauffeur qui semble beaucoup s'amuser.
- Une musique, la salsa, enfin les salsa, la romantique, l'agressive, la douce, avec à chaque chanson le commentaire lo mejorrr del mejorrr de los Didjeyyys de Puerto Rrrrico , à plein tube, dont les décibels arrivaient presque à occulter le bruit du moteur. Après 2h de salsa, le chauffeur a changé, on est passé au reggeaton. Beaucoup ont regretté la salsa.
- Un chauffeur, violent, abrupt, à la conduite plutôt chaotique, mais sobre, du moins paraissait-il.


C'est dans ce joyeux foutoir qu'on prend la « route » pour aller à la plage.
Et plutôt que d'un grand axe à touriste, l'unique axe qui rejoint la petite plage non encore totalement envahie par les touristes a plus à voir avec les sinueuses routes en épingle d'Aveyron, qu'avec quelconque autoroute. On a serpenté dans les montagnes bordant la mer pendant 2 bonnes heures. En descendant, on a dû s'arrêter, apparemment les freins tenaient pas le coup. Ca a dû rester une apparence puisqu'on a fini la route tout aussi violemment et que je suis encore vivant. On a dû également faire face aux croisements intempestifs, mais là je suis habituer, croiser un camion énorme sur une route à une seule voie, c'est du gâteau pour qui a connu les routes du Rouergue aveyronnais.

C'est quand qu'on arrive ?

On finit de « chuter » de la montagne de manière douce et on arrive au terminus, un dépôt à la sortie d'un village. Sanitaires, poste de police, tout le nécessaire pour touriste mais seul souci, on est au milieu de la forêt avec les montagnes tout autour. Bref point de plage à l'horizon. On marche un petit peu et on entre dans Choroni, village à touriste, avec tout l'attirail nécessaire ou pas, comme les mannequins dans les magasins avec eux aussi du silicone là où c'est nécessaire.

On se rend sur la place du village et on découvre la mer des Caraïbes. Bleue, foncée, avec des rochers de tout côté. Sur les murailles qui borde, les restes des canonnières d'antan. Sur la place les vendeurs pour touristes et quelques petits vieux qui jouent aux dominos, comme à leur habitude.
En fait c'est pas là. Demi tour.


Au cœur du village on prend un petit pont et suit une route sous un soleil de plomb. Au bord, des petites cabanes qui vendent rafraichissements, ou nourriture. Celles-ci se raréfie suivant le chemin goudronné et après quelques tournants, on voit apparaitre des cabanes et des arbres d'un nouveau type devant nous, vendeurs de crème solaire et quelques jeunes filles en bikini annonçant la chose.

Enfin nous arrivons. Devant nous, une palmeraie borde la forêt dans laquelle nous nous trouvions quelques temps auparavant. Ensuite le sable, clair, fin. Et la mer. La voilà.

Au pays des rêves bleu azur

La mer ou l'océan, peu importe. Un Bleu azur avec toute les teintes selon la distance de la plage, avec des vagues de près d'un mètres, bordée par des collines tombant à pic vers la mer. On se pose, enfin on paye les transats pour la journée et on se pose. Celui qui nous accompagne a apporter de quoi survivre, quelques caisses de bières. On se jette à l'eau, on se prend des plats verticaux par les vagues plus grande que nous, on apprend à entrer dans les rouleaux et se laisser glisser à la vitesse de l'eau vers la plage.


Avec Julieta, d'Argentine et Luciano d'Uruguay, on fait un petit tour de la plage. Arrivé de l'autre côté, plus personne. Un touriste isolé échoué comme une baleine cramant au soleil.

Et puis plus rien. Un petit chemin mène à on ne sait où. A peine a-t-on franchis quelques mètres qu'on se retrouve en pleine jungle, impossible d'avancer dans nos tenues « légères ».


En rebroussant chemin, je prends cette photo, qui vaut toutes les cartes postales du monde. Le reste ...

Un deuxième paradis pour la route

le reste c'est le retour. On part à 16h30. Avec les premières rougeurs. On est venu nous chercher tout spécialement. Tout la bande se retrouve dans une sorte de Jeep, serrés sur des banquettes face à face dans ce qui semble être un coffre aménagé. A la base, à peine la place pour les pieds mais vu qu'il y a les caisses de bières, c'est un peu plus juste que juste.On fait quelques kilomètres dans l'autre sens sauf qu'avant de regrimper tout en haut des montagnes on fait une halte.

Et là le type qui nous accompagne, un gars du coin, nous amène dans un endroit aussi incroyable que ceci.
L'eau est a 15 degrés, on plonge, laissant découvrir l'étendue du désastre chez les « blancs » (le français, l'uruguayen et les argentines donc) qui ont bien rougis et cette eau glacée permet d'apaiser quelque peu nos souffrances. Les compagnons ont trouvé une nouvelle caisse de bière qu'ils s'empressent de boire, pour parer au risque de déshydratation.


Un film d'horreur pour enfants



Enfin on remonte en voiture, après avoir pris une nouvelle caisse de bière, plus grande, qui nous fera cette fois l'ensemble du voyage. Les vénézueliens étant aussi écologiques que consuméristes, ils gardent toutes les canettes de bière vide, car celles-ci ne sont pas ici considérées comme un déchet mais comme une marchandise. Trois cents euros pour quelques kilos de canettes, c'est toujours ça de pris. Oui vous aussi imaginez vous des kilos de canettes de bière dans une jeep avec 7 personnes dedans. Qui plus est sur les routes de montagnes dont le confort dans quelque véhicule que ce soit n'est pas la vertu première.


Mais ce n'est pas fini, la suite pouvant être assimilée à un film d'horreur pour enfants. De fait, malgré leur résistance hallucinante (30 bières par vénézuelien en 3 heures je rappelle) les effets biéro-alcooliques ont commencé à se faire sentir. Selon mes observations, le vénézuelien ivre, hormis « parler » en espagnol, ne fait pas grande différence avec le français moyen en état d'ébriété. Mais je n'ai pas encore suffisamment creusé la question. Dans tous les cas il a tendance à faire comme le français bourré de grand geste et de plus trop savoir ce qu'il fait occasionnant des jolies mandales se retrouvant sur des coups de soleil de plus en plus rougeoyants. Pendant ce temps la caisse de liquides se vide dangereusement, avec un concourt non marginal du chauffeur qui goulotte tout aussi bien que les autres.


Arrivé à l'entrée de Maracay, au vue des informations contradictoires des burrachos locaux, on serpente un peu avant de se retrouver évidemment coincés dans les bouchons. Il se trouve qu'ici en ce moment, il y a coupure sectorielle de l'électricité. Et qui dit pas d'électricité dit pas de feux tricolores. Avec les même busetas dans l'autre sens, qui usait tout autant du klaxon, avec le concourt non négligeable des automobilistes lambdas. Bref un joyeux bordel encore une fois.


Après deux heures de routes dans ces conditions plutôt légère, on se retrouve à zoner dans les rues de la ville. On a dû faire ça un bon moment, entre les bouchons à répétition et les secteurs sans électricité qu'on essayait d'éviter. Enfin on reprend les directions « normales ». Mais avant de rentrer, il faut manger. Pour cela, nul besoin d'aller acheter quelque chose à la panaderia (boulangerie) la plus proche, allons chez les parents de notre hôte. On y était allé 3 jours auparavant, extrêmement bien reçus, malgré la coupure de courant qui touchait ce quartier ce soir là.


Arrivés, malgré la bonne volonté de notre ami, ses parents n'ont pas compris que l'ont venait. Donc on va acheter un perro caliente (hot-dog avec plus de sauce que de pain et de viande confondus) au vendeur le plus proche. La moitié d'entre nous n'a pas faim, l'autre le veux pas vexer notre ami en refusant un deuxième perro caliente, même si nous sommes rassasié avec un seul. On finit de manger., on va pouvoir rentrer. Sauf que la voiture qui nous a ramené est déjà repartie avec un de nous camarades totalement ivre pour le ramener chez lui. Pendant ce temps, la femme du plein-de-bière appelle notre ami plein de bonne volonté qui lui explique à 5 reprises l'état des lieux, celles-ci ne comprenant effectivement pas que l'autre n'était plus avec nous depuis une demi heure, rappelant 5 fois successives pour engueuler son mari ... qui devait être en train d'arriver chez lui.


On retourne chez les parents pour attendre la voiture. Au passage, on en « profite » pour faire connaissance avec une autre belle sœur du frère du gars nous accueillant qui vit dans la même rue. Ce sont des familles plutôt nombreuses ici. Deux gosses jouent avec un briquet/lampe qui montre quand on fait marché la loupiote la tête de Chavez, ou de Bolivar on ne sais plus. On s'en fout un peu en fait à ce stade.
Finalement une voiture arrive. Enfin une carrosserie sur patte dans un état de décomposition sur patte. La preuve en est faite, la voiture cale devant nos yeux médusés. 10 minutes passent le temps de réparer, de refroidir le moteur, et de remettre de l'huile apporté par un ami pendant ce temps. La voiture démarre finalement dans un bruit rappelant un râle d'asthmatique avec une laryngite. Ou une pneumonie, je laisse les experts juger de la chose.


La voiture roule plus calmement, mais étant donné l'âge des suspendu, on arrive à être plus secoué que dans la jeep. Pour finir, on arrive à la télévision où nous logeons. Nous entrons, et nous affalons sur nos lit. Chacun panse ses blessures, chacun sa technique, Biafine, eau fraiche, aloe vera, ... On se couche.


Les compagnons sont quelques peu irrités de la tournure des évènement. Moi c'est ma peau qui est irritée, rougeâtre vif hormis sur certains secteurs protégés, comme les doigts de pieds que j'avais eu l'idée d'enterrer dans le sables pendant la bronzette.


Mais je fais le tour de la question, et je me marre, un bon moment, les camardes réveillés s'énervent et puis se mettent à rire aussi parce que bon... D'une parce qu'il y a rien d'autre à faire, et surtout parce que comparé à ce qu'on a vécu là bas, à Choroni, ces petits désagréments du quotidien, même cumulés de manière incroyable dans un court laps de temps ne sont pas grand chose au final. Je crame de partout, j'ai une soif terrible.

J'ai vu un paradis, et m'y suis brûlé la peau. Et je ne regrette rien.